De la sémantique, perspective cavalière
Table d'orientation générale
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| 60. ergo · 61. L'absolu de la pensée · 62. Pensée facultative · 63. Pensée figurée · 64. Vivre en soi · 65. Vie intérieure · 66. Pensée et connaissance |
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| 67. Pensée immatérielle et immédiate · 68. Pensée confuse · 69. Pensée abstraite · 70. Pensée opératoire · 71. Pensée opératoire bis · 72. Pensée définie |
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| 73. Définition : méthode et mythe · 74. Définition : mythe et réalité · 75. Clairement obscur · 76. Kilogone forever · 77. Harmonia mundi · 78. Un mot n'est pas une idée |
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| 85. Imperfection du langage · 86. Antisémantique ? · 87. Antisémantique 2 · 88. Le fin mot · 89. Deux sortes de mémoire · 90. La mémoire et les signes |
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| 97. Synthèse, dites-vous · 98. Contradiction · 99. La fin du syllogisme · 100. Est-ce bien nécessaire ? · 101. Nécessité apodictique ? + l'impossible nécessité de Goblot éclaircie · 102. En zigzag |
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| 103. Erreur et vérité · 104. Renoncer à toute certitude logique · 105. Pas plus nécessaire que probable · 106. Le refus de croire comme croyance · 107. Tenir pour vrai |
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| 126. L'argument de Rignano · 127. « Formes supérieures » · 128. Le concept de coupe-papier · 129. L'intuition · 130. Survol · 131. Tout est pour le mieux... · 132. Intention travaux |
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| 133. Attention métaphysique · 134. Fonction du langage : métaphysique · 135. Mentalités logiques · 136. La fin du raisonnement · 137. Langage et science · 138. Culture contre nature |
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| 139. Induction rigoureuse · 140. Géographie linguistique · 141. Il faut bien commencer quelque part · 142. Pensez vous · 143. Il faut raison garder · 144. Où l'on croit avancer |
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| 159. Son et sens · 160. Comparaison n'est pas raison - bis · 161. Autant de langues, autant d'avis · 162. Quand le son empêche d'entendre · 163. Le langage à sa naissance |
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| 164. Son adolescence [sa croissance] · 165. L'inflexible Grimm battu en brèche · 166. Allées et venues · 167. De mot en mot · 168. Lois du langage · 169. Son idée · 170. Grammaire et réalité |
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Pour toute obscurité terminologique on peut se reporter soit au tableau terminologique de De l'inférence sémantique ou à l'index d'Az
L'annexe à la Perspective cavalière a sa propre page ici⇩.
| Annexe originale · Descartes au kilo · Binet et le syllogisme · Place et fonction d'après Goblot · Les curieux raisonnements d'un logicien |
De la sémantique, perspective cavalière
Annexe
Descartes au kilo : Clair et distinct, le kilogone ? (22)
Descartes nous a légué cette expression, mais il semble qu'il n'ait pas livré le mode d'emploi. On se remet à Leibniz, généralement, pour distinguer le clair de l'obscur et éclairer les distinctions. Du moins si l'on en croit Élie Rabier (1899) et Edmond Goblot (1918).
Il s'agit d'idée, bien sûr. Une chose est certaine, chacune des propriétés a son opposite. Clair entraîne obscur et distinct est corrélé à confus. L'idée claire, selon Leibniz, est celle qui permet de reconnaître son objet lorsqu'on le rencontre. Ainsi j'aurais une idée claire de l'âne du Poitou. Aucun lien de famille avec le crétin des Abruzzes.
Pour répondre à la question du titre, Goblot précise que ce polygone à mille côtés « n'est pas absolument clair » comme concept empirique. C'est tomber de machin en truc, de Charybde en Scylla, car qu'est-ce donc qu'un concept empirique ? Une sorte d'idée concrète ? Non seulement y a-t-il un clair-obscur, mais également comme un confus-distinct.
Goblot considère que les explications des Cartésiens sont assez embarrassées. On notera que dans la mesure où Descartes est cartésien, la connaissance qu'il décrit comme distincte, « tellement précise et différente de toutes les autres, qu'elle ne comprend en soi que ce qui paraît manifestement à celui qui la considère comme il faut », est soumise, dirait-on, à une considération idoine. La question a eu des répercussions jusque chez Cuvillier qui n'a pas bien lu l'extrait que je lui emprunte pourtant.
Il prétend à tort que Leibniz seul considère la distinction en compréhension, mais le passage entre guillemets dit textuellement: elle ne comprend en soi que ce qui paraît manifestement. Bon, Descartes aurait pu être plus élégant, mais il n'est pas Vaugelas, et la compréhension (connotation que Mill remettra à l'honneur) est claire, justement.
Là où le bât blesse vraiment, comme m'expliquait l'âne, c'est que ces messieurs (surtout Leibniz) insistent pour associer la confusion à la clarté, ce qui me gêne « intuitivement ». L'exemple est celui du jardinier qui a une idée claire des plantes, mais confuse si on le met à côté du naturaliste, chez qui les idées sont distinctes.
Descartes se serait tiré une fameuse épine du pied (et du cerveau de ses disciples et commentateurs) s'il n'avait pas complètement tourné le dos à la Scolastique. Loin de moi l'idée saugrenue de ressusciter ce carcan de la pensée, mais il est possible que Descartes ait jeté le bébé avec l'eau du bain, comme disent les Outre-Manchots.
Il suffisait de recourir aux notions d'extension et de compréhension, justement, pour éviter ces jeux de lumière qui tiennent de la lanterne magique. L'idée claire, c'est celle qui est envisagée du point de vue de l'appartenance à une classe et de la dénotation (la référence et l'image, je vois encore la tête de mon âne), tandis que l'idée distincte est analytique, définie par ses caractères, et c'est là que devrait se trouver la différence que Descartes attribue à la clarté.
En d'autres termes, contrairement à une idée qui a eu cours, tout n'est pas bon chez Descartes (on ajoutait « mêmes ses erreurs sont fécondes »), et il aurait gagné à inverser le rapport clarté-distinction. Le pensum consisterait à dessiner les yeux bandés un chiliogone (ou chilogone) dont les côtés auraient 5 mm.
Les fichiers-sources du tri totalisent environ 415 ko, après le boulot d'aujourd'hui. On avance, puisque le recul n'est pas visible. [à suivre, malgré les embûches]
Extrait du blogue aujourd'hui disparu « Les mots du sens », de l'auteur.
Le syllogisme est en réalité son modèle, puisqu'il tient à « faire coller » les termes de la perception et ceux du syllogisme. Dans la prémisse majeure « tous les hommes sont mortels », selon Alfred Binet (1886), « psychologiquement, la proposition a un autre sens [que celui que lui donne le logicien J. S. Mill] ; elle veut dire qu'il existe dans notre esprit une association entre deux groupes d'images, un groupe d'images abstraites qui représente l'homme et un groupe d'images génériques qui représentent la mort. Par association nous entendons que ces deux images se produisent simultanément ou en succession immédiate dans notre esprit. On dit encore que les deux images sont contiguës. » La majeure devient donc une proposition de contiguïté [ou de coexistence]. La mineure (« Socrate est mortel ») est « un acte d'assimilation entre l'image de certains attributs de Sacrate et l'image générique de l'humanité. L'esprit saisit ici une ressemblance (...) » La proposition de la mineure est donc une proposition de ressemblance. Quant à la conclusion (« Socrate est mortel »), « psychologiquement, cette proposition indique qu'il s'est établi un rapport de contiguïté dans nos esprit entre l'image de Socrate et l'image de la mortalité. »
Le schéma de Binet, sur le modèle du syllogisme est
B — C
A = B
(A = B) — C
« Valable » pour les perceptions simples, comme il dit. Nouvelle définition (p. 141) Le raisonnement est l'établissement d'une association entre deux états de conscience, au moyen d'un état de conscience intermédiaire qui ressemble au premier état, qui est associé au second, et qui, en se fusionnant avec le premier, l'associe au second. Alfred Binet (1886)
Place et fonction d'après Goblot
Ainsi, au lieu de définir les figures par la place du moyen terme dans les prémisses, nous les définissons par la fonction de ce moyen terme. La fonction du moyen en explique fort bien la place; mais la place n'en fait pas comprendre la fonction. Le moyen terme est dans la première figure, un genre, dans le seconde un caractère, dans la troisième un sujet. Edmond Goblot (1927)
Dans la première figure, le moyen terme est un genre, le petit terme un sujet, le grand terme un attribut. La mineure range le sujet S dans le genre M. Edmond Goblot (1927)
Dans la seconde figure, le moyen terme est un caractère, le petit terme un sujet, le grand terme un genre. Le syllogisme de la seconde figure est toujours un syllogisme de classification. Sa fonction est d'exclure (car la conclusion, dans cette figure, ne peut être que négative) un sujet S d'un genre P, soit parce qu'il n'a pas un caractère M que le genre possède universellement, Edmond Goblot (1927)
Dans le grec d'Aristote, le moyen terme, dans la première figure, se trouve au milieu, tandis qu'avec notre langage, il occupe des positions extrêmes : sub-prae. Tout M est P S est M. Edmond Goblot (1927)
Les curieux raisonnements d'un logicien
« Elles [les objections de Mill contre le syllogisme] ne sont irréfutables que dans son système elles ne le sont plus pour la logique traditionnelle, qu'il a indûment combattue au nom de principes qu'elle n'avoue pas. » Victor Brochard (1881). [Curieux raisonnement.]
« Cette objection [le syllogisme est une pétition de principe] est sans réplique si l'on se place au point de vue de Stuart Mill, c'est-à-dire si l'on considère la logique comme portant, non sur des idées, mais sur des choses. » Victor Brochard (1881)
« Seulement on peut reprocher à Mill d'avoir confondu deux choses fort distinctes et d'avoir introduit dans la logique de la conséquence, ainsi qu'il l'appelle, des considérations qui ne sont légitimes que dans la logique de la vérité. » Victor Brochard (1881)
« Au surplus, s'il en était autrement, il est aisé de voir que la logique disparaîtrait tout entière en voulant sauver le syllogisme de l'accusation de pétition de principe, Stuart Mill, comme un médecin maladroit, l'a tué. » Victor Brochard (1881) [c'est l'inverse qui s'est produit : pour se sauver elle a sacrifié le syllogisme].
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