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Présentation alphabétique et chronologique de la théorie des opérations sémantiques (1979-2012)
XII
Racine · Répartitivité
| RACINE ⇨ préfixe ; suffixe ; radical ; dérivé | |
| description /LetF | On appelle racine la syllabe qui, dans un mot, représente l'idée principale. |
| exemple /ibid. | Dans amont, mont est la racine. |
| description /Alpha | Morphème considéré comme important du point de vue de la sémantique ou de la linguistique historique. Dans l'étude de la dérivation (suffixation, préfixation), on a recours également au terme de base. |
| exemple | -calcul- |
| PRE | Élément signifiant (morphème lié) irréductible d'un mot complexe, obtenu par élimination des affixes et indices grammaticaux, et qui constitue un étymon. [Section ajoutée en 2010]. |
| RADICAL ⇨ dérivé | |
| description /LetF | Le mot, simple ou composé, dont un dérivé est formé, se nomme le radical de ce dérivé. |
| DDL | Élément de base du mot appartenant au lexique et portant les marques grammaticales et les affixes ; c'est l'élément commun à la série de mots formellement et sémantiquement apparentés. |
| exemple | chant-, dans chant, chanteur, chantons, etc., livr-, dans livrer et livraison |
| précision [EUL]© | Forme réelle prise par la racine ⇧ d'un mot à travers ses diverses réalisations. |
| RAISONNEMENT DÉDUCTIF | |
| [Fiche ajoutée en 2010]. | « Le raisonnement déductif consiste, étant donné qu'une notion est contenue dans une autre, à montrer que si une chose ou une notion est comprise dans la première de ces notions, elle sera contenue dans la seconde. - Or, dans une telle opération, on peut bien se tromper en affirmant à tort soit le premier, soit le second de ces rapports ; mais non pas en tirant la conséquence, une fois les identités posées. En d'autres termes, si un syllogisme est faux, l'erreur est toujours contenue dans les prémisses, c'est-à-dire résulte toujours d'une généralisation ou d'une induction ; le procédé déductif en lui-même ne crée pas plus l'erreur qu'il ne la fait disparaître ; il est indifférent au vrai et au faux. » V. Brochard (1879) |
| RAISONNEMENT PAR CONTRAPOSITION ⇨ contraposition | |
| définition /DM | Pour démontrer un théorème de la forme « P implique Q », on raisonne par contraposition lorsqu'on démontre son contraposé, c'est-à-dire le théorème « (non Q ) implique (non P) ». |
| observation | Ce type de raisonnement néglige l'histoire de ce procédé et la mise en garde de Thonnard sur son application à des universelles affirmatives, en raison des résultats peu probants qu'on obtient. Voir la définition de Cuvillier. |
| un sceptique | Paul Tannery (1878) : « Les diverses tentatives qui ont été faites, plus ou moins récemment pour représenter les propositions logiques par un symbolisme algébrique, ont supposé en général que la copule est devait être remplacée par le signe de l'égalité. Il en résulte que, puisque dans toute égalité l'ordre dans lequel on écrit les deux membres est indifférent, toute proposition symbolisée se trouve immédiatement convertible. » Il remplaçait le signe d'égalité par celui d'inégalité. |
| REALIA ⇨ extralinguistique ; extension référent | |
| description | Toute réalité non linguistique qui permet de retrouver le signifié d'un mot (par ex. dans un dictionnaire une illustration représentant un objet). |
| précision /DLL | En philologie, synonyme de référent : toute réalité non linguistique (vestige archéologique, objet de musée, peinture, etc.) qui permet de retrouver le signifié d'un mot (en dehors du texte). |
| exemple | L'illustration du platane dans le PL 1918 est de l'ordre de la synecdoque, au contraire du plantain qui figure en entier. |
| Suppl. 2010 | [Verest] Une des difficultés que rencontre l'interprétation des anciens, surtout des lyriques, provient de ce que nous ignorons une foule de circonstances, d'usages, d'événements qui étaient familiers à leurs lecteurs et dont les mots employés par eux évoquaient l'image. |
| RÉCEPTEUR ⇨ destinataire ; communication | |
| définition | Personne qui reçoit un message. |
| DL | Syn. interlocuteur ; complément : « et qui décode un message réalisé selon les règles d'un code spécifique. » — décodage du message : c'est-à-dire à la « recherche en mémoire » des éléments appartenant au code (...) |
| remarque | Avec le recul, le modèle technologique d'appareils « communiquant » (déjà une métaphore) a quelque chose de simpliste. Même dans son application dans la fiche suivante, on est toujours dans la caricature. |
| RÉCEPTEUR (GRAMMAIRE DU) | |
| description /DL | Grammaire d'interprétation de phrases destinée à donner à l'utilisateur la possibilité d'analyser et de décrire toute phrase de la langue en lui donnant un sens ; la grammaire du récepteur est l'ensemble des règles qui permettent de rendre compte de la compréhension des phrases (par opposition à la grammaire de l'émetteur, qui rend compte de la production des phrases). |
| remarque | L'espèce d'image en miroir que semblent donner l'une de l'autre ces grammaires est le moindre des problèmes (mais la plus grosse difficulté). La simple correspondance de deux lexiques (sans faire intervenir le sens) pose déjà un problème. Mais le fait de rapporter le sens à une analyse et à une description de phrase est sans doute la partie la plus faible du modèle. |
| observation | On aura compris que la théorie des opérations sémantiques n'est pas une « grammaire du récepteur », quoiqu'elle se situe en aval dans un schéma de « communication » allant du producteur du message à son « destinataire », c'est-à-dire à son interprète. Le sujet interprétant n'a aucune raison a priori d'analyser ce qu'il entend ou lit. Dans un premier temps, il compare, identifie et déduit, avec une certaine automaticité. Ce n'est qu'avec des énoncés incertains que la recherche de solutions peut prendre une forme analytique, mais après avoir épuisé les formes disponibles. Ce sera sans doute le cas, par exemple, avec ce segment, sans autre coordonnée : « le réarmement d'un bateau de guerre » (Petit Larousse 1918). On peut toutefois considérer que la condition modulaire constitue une intrusion de la description de phrase dans le processus d'interprétation. réarmement → réarmer → armer de nouveau → armer ≍ {fournir d'armes} ⋁ armer ≍ {équiper un vaisseau} (PL 1918). ▴ ‘réarmement’ ∁ ⊥ bateau de guerre ⋀ [x[réarme]y] ⊢ {rééquipe} |
| [2012] | L'analyse, pour bien faire, n'interviendra qu'après une première conjecture soldée par un échec. |
| RÉCIPROCITÉ ⇨ complémentarité ; antonymie | |
| description /DL | La réciprocité est l'une des trois relations (v. antonymie, complémentarité) qui est impliquée quand on dit qu'un mot est le contraire de l'autre. Correspondant au schéma : sn1 A à sn2 ⇒ sn2 B à sn1, où A et B seraient acheter, vendre ou mari, femme. |
| exemple /ibid. | sn1 frappe sn2 ⇒ sn2 est frappé par sn1. |
| note | On trouve parfois « converse ». |
| RECONFIGURABILITÉ ⇨ autogommage ; délestage ; déformabilité ; synèse | |
| [2012] description | Propriété des relations lexico-sémantiques et des synèses qui les regroupent. Si cette reconfiguration est particulière à l'apprentissage, elle ne s'y limite pas, sauf à intégrer cette fonction dans la réception en général (la propriété ne se limite pas au cognitif). |
| obs. | La reconfigurabilité a été largement décrite en syntaxe, mais elle la trouve également dans la néologie sémantique et dans la notion de définition : donner une définition, c'est reconfigurer certains éléments lexicaux en fonction d'un autre. La polysémie reconfigure une dénotation pour en produire une nouvelle (matérielle ou notionnelle) ou par indirection pour produire un sens : L'indirection implique une « dématérialisation » (pyramidal au sens d'énorme), alors qu'en botanique (par redirection, donc) l'adjectif reste lié à une dénotation matérielle. |
| RÉCURSIVITÉ ⇨ itération ; redondance I et redondance II | |
| description | En grammaire générative, propriété que possède une règle ou un élément constituant de pouvoir se répéter d'une manière théoriquement indéfinie au cours d'une dérivation. |
| exemple /DL | un mur gris, moussu, délabré |
| REDIRECTION ⇨ indirection ; dénotation ; critères et dépistage | |
| description | La redirection, dans un dictionnaire comme le TLF, est généralement marquée « Par méton(ymie) ». Mais on y ajoutera un autre signe dictionnairique, « Par ext. ». Pour passer à π un monstre de cruauté à partir de π les fleurs doubles sont des monstres, la dénotation est redirigée vers un autre référent. Dans le cas présent, on peut spéculer sur la nature exacte du référent, qui semble plutôt notionnel, mais c'est sans doute l'explication qu'en donne le Petit Larousse 1918 qui aide à la roue : ≝ être dont la la conformation diffère de celle de son espèce. Avec ‘montagnes russes’, la redirection est nette et on a toujours un référent matériel. C'est également le cas entre ‘la montée d'une côte’ [par un être vivant] et ‘la montée des ⇕[eaux]’ ⇕[paradigme : larmes, sang, lait]. |
| ≢ | L'intervention de la laideur, de la taille, ou de la frayeur donne lieu à une indirection, c'est-à-dire le sens. a) π épouser un monstre ; b) π les monstres marins ; c) π se faire des monstres de tout. L'analogie entraîne généralement la formation d'un sens, comme avec ‘montagne’ → une montagne de livres (≍ amoncellement, grand amas). L'indirection se caractérise par la négation du dénoté matériel : ℟. |
| [2012] | Pour la mise à jour, il suffit de substituer « dénoté » à « référent », sauf s'il s'agit non d'une redirection mais d'une indirection. Or « monstre de cruauté » est plus que notionnel : il s'agit de la déréférence ou de l'inréférence (℟). La difficulté dans le dépistage de la dénotation n'est pas la matérialité, qui tombe sous le sens, sans jeu de mots, mais la dénotation notionnelle qui est déjà une incursion dans l'indirection, mais pas enntièrement achevée. |


| REDONDANCE I ⇨ restrictions de sélection ; règles de dépendance ; relations sélectionnelles ; intersection ; mma (matrice) | |
| description | Répétition de l'information ; caractère d'un énoncé qui réitère, sous plusieurs formes différentes, un même trait (un « sème », par ex.). Une analyse comparative (mma) des traits sémantiques (éléments de sens ou de définition) permet d'identifier le degré de redondance sémantique d'un énoncé ou d'un syntagme, ou de termes choisis en raison d'une présomption de communauté de sens (cf. les séries d'identification de Bally [paradigmes sémantiques]). |
| exemple | Dans le langage écrit, la redondance de marques est l'indication la plus évidente de la redondance : « les enfants sont heureux » porte quatre fois la marque du pluriel. Dans le langage parlé, ce seront certaines liaisons qui en témoigneront. |
| REDONDANCE II ⇨ sème II ; sème I ; reprise ; isosémie ; homosémie ; connexité ; relation ; intersection | |
| description /1979-1987 | La redondance sémantique est la clef de voûte de toute la théorie sémantique ; même dans le parcours de classe, c'est l'homosémie qui sert de fil conducteur. Elle prend divers noms selon son incidence ou sa forme de réalisation. Dans l'axe syntagmatique, on parle d'isosémie ; dans la structuration du lexique, il est question de connexité. La reprise de sèmes est d'ailleurs la raison d'être de l'énoncé connecteur de l'interdéfinition artificielle : recréer une cohérence sur fond de redondance en naturalisant la relation par interposition d'un partage sémique [cf. étalement]. |
| REM révisée | Ce programme apparemment organique et organisé a été un peu bousculé au cours des années. Afin de contrer les discussions à n'en plus finir sur la redondance ou l'itérativité, et ainsi de suite, le terme adopté a été celui des logiciens (Euler-Venn), quand deux classes au moins se recoupent. L'intersection a le grand mérite de ne pas traîner derrière elle l'idée de pléonasme ou de superflu, ni de faire allusion à la communication, bien que chez moi, la redondance a eu autant pour origine le principe technologique de redondance (sécurité). L'autre remaniement touche au déplacement de l'isosémie de la phrase au continuum du volume des reprises par intersection au sein d'un texte : elle tient lieu maintenant de la saturation entre la sous-saturation et la sursaturation, entre l'hyposémie et l'hypersémie, dans le processus d'interprétation. Mes excuses à mon directeur de thèse, Bernard Pottier. L'interdéfinition (observable et artificielle) et la connexité (compatibilité et affinité) ont mieux résisté, mais la seconde perd du terrain depuis que l'analyse de segments de discours est délaissée au strict profit la description des opérations qui caractérisent la compréhension et l'interprétation. |
| RÉÉCRITURE (règles de) | |
| description | En grammaire générative, règle donnée sous forme d'instruction et consistant à convertir un élément (ou suite d'éléments) en un autre élément (ou suite d'éléments) : si la règle est de la forme A → B + C, cela signifie que A doit être réécrit par B suivi de C |
| exemple | P → SN + SV |
| [2012] | On la verrait mieux SN +SV → P |
| RÉEL (SUJET) | |
| description /DL | Dans une construction impersonnelle, le sujet réel est le syntagme nominal ou la proposition infinitive ou complétive qui sont sujet du verbe et qui, déplacés après le verbe, ont été remplacés par un pronom neutre (il ou ce). |
| exemple /ibid. | La phrase « Un malheur est arrivé » peut être transformée en « Il est arrivé un malheur » ; en ce cas, un malheur, sujet de la structure profonde, est sujet réel de la structure de surface. Le pronom il est le sujet apparent. |
| RÉFÉRENCE I ⇨ dénotation ; extension ; désignation | |
| description/Alpha | Rapport d'un énoncé à la réalité extra-linguistique ; ensemble des opérations qui relient les énoncés à ce à quoi ils renvoient (ne pas confondre la référence avec l'objet du monde). |
| note | Cette (dernière) mise en garde pose un dilemme au locuteur comme au théoricien. Si, quand je demande à Moustache d'ouvrir la porte, je ne réfère pas à l'objet dont il sait qu'il doit pousser le battant, nous sommes tous les deux bien embêtés. Je veux bien admettre que la porte à laquelle on réfère a une représentation mentale (cognitive) qui peut prendre le nom de référent, mais l'expression « la porte », sauf paramètre ou locution (ou suivi d'un nom propre), désigne un objet du monde réel correspondant à la classe des portes [comme dénotation] (≝ ouverture dans un mur, pour entrer ou sortir, fermée par un battant ou un vantail). Moustache a un référent différent [qui implique pourtant le battant], car il réagit de la même façon quand je lui dis « pousse ». |
| description /DLL | La langue, en elle-même ensemble structuré de formes, n'a de raison d'être que dans la mesure où elle est en relation avec l'expérience que les locuteurs ont du monde. Au sens le plus large, la référence est cette relation, orientée du signe au réel. Plus précisément, on emploie référence pour la relation qui unit une forme du discours à un objet ou une manifestation particulière de l'expérience des locuteurs. On peut l'opposer alors à dénotation. |
| observation | Dans la théorie des opérations sémantiques, la référence est effectivement d'abord une relation/opération (dénotative et désignative) et le référent est matériel, s'il s'agit d'une chose matérielle, un objet du monde ; le référent peut également être un phénomène (cf. la planche des météores ou des fléaux dans le PL 1918) ou une activité naturelle ou humaine (solaire, d'insectes, commerciale, etc.). Conceptuel ou imaginaire, s'il s'agit d'une idée, d'une notion (les dix parties du discours, l'implication, un élément), ce sont des objets sémiotiques qui entrent dans la constitution du référentiel, au même titre que les autres référents (procès ou objets) sous forme de représentations. Il y a donc trois éléments engagés dans cette relation, en plus du signe dans son emploi discursif. [retouchée - 2010] |
| rem | Pour être plus clair, disons que ce sont les coordonnées et le cadre de la conversation qui détermineront la nature du référent. Elle sera double si je parle à Dominique, la fille de mon voisin, d'un de mes schnauzers et qu'il est présent. Certaines réalités sont forcément contraintes à un statut référentiel unique : l'Isthme de Panama, par exemple. Si je le désigne sur une carte, le référent est double, mais seulement en ce qui concerne le relais iconographique, car l'isthme reste une représentation dont la « réalité » est aussi déformable que les objets cognitifs. |
| RÉFÉRENCE II ⇨ référent | |
| description /1987 | La référence appartient au plan de la sémiotisation, mais est présente à la fois dans la théorie sémantique, au niveau de la règle, et dans la théorie de la sémantisation sous la forme des opérateurs de référence. Elle est aussi présente dans l'anaphore comme condition. Elle peut faire l'objet d'un parcours de classe où l'on cherche un candidat. C'est sur elle que se construisent les notions de pragmatique et d'énonciation, dans certaines linguistiques. À titre d'exemple, les premiers travaux de Bierwish déplaçait complètement le domaine d'application de la théorie sémantique dans celui de la référence. Le domaine de la référence est distinct de la zone tampon que représente le sens dans la langue. La plupart des théories qui sont polarisées par la référence se construisent en sacrifiant le sens. |
| exemple | (assiettée ℝ ; assaillant ℝ ; assistant ℝ ). Ensemble de corrélations dans un univers de coordonnées matérielles (situation) et intellectuelles et affectives (connaissances du monde|expérience). Voir opérateur référentiel. Dans la règle au centre de la théorie des opérations sémantiques, la négation de la référence intervient comme condition d'interprétation d'un signe syntagmé : ¬ℝ ⋁ ℟ — il s'agit d'une indirection du sens, comparable à la distinction que faisait Guiraud entre sens de base (citron {fruit du citronnier}) et du sens contextuel (citron {tête}). |
| RÉFÉRENT ⇨ denotatum ; désignation | |
| description | Réalité à laquelle se réfère un signe (peut être imaginaire, comme c'est le cas de la licorne, de la chimère ou du cyclope). Le référent comporte automatiquement une représentation mentale, qu'il soit de cette nature (psychique) ou qu'il soit un être individuel susceptible de désignation, membre d'une classe, dans la réalité. |
| description /DLL | Objet ou manifestation du monde observable auquel renvoie une forme linguistique, par la relation de référence. Pour distinguer, dans l'exposé, si l'on parle du signifiant, du signifié ou du référent d'un signe, on utilise des transcriptions différentes : le mot oiseau est ainsi représenté par [wazo], « oiseau » et oiseau. |
| rem | On note que ces conventions deviennent insuffisantes dans la perspective où une réalité peut même perdre son lien avec la réalité dans une expression collective ou plurielle. « Les gendarmes », « la foule ». On notera que cette perte de « réalisme » s'observe aussi dans les prédicats. « Mon père était un ouvrier. » |
| complément [2010] | Avec l'étude du sens dans les phrases il est possible de bien distinguer la dénotation de sa redirection d'une part et de l'autre de son référent matériel et/ou notionnel, du sens lui-même et de leurs représentations. Voir ci-dessous. |

| RÉFÉRENTIEL ⇨ référent ; référence ; sagittal | |
| [2012] | En mathématiques, il s'agit de l'ensemble dans lequel on cherche les solutions à une équation. Dans la théorie des opérations sémantiques, elle m'est venue par ricochet, de Brice Parain, probablement de la mécanique physique, c'est-à-dire comme système de repérage. |
| t.o.s. | Le référentiel est un espace cognitif construit à partir d'une suite de propositions et de phrases, en fonctions des circonstances et des événements ; on ne peut pas prévoir sa durée ni s'il est mémorisé intégralement, mais il a cette propriété de l'état de conscience de pouvoir opérer un délestage ou autogommage à intervalles réguliers. Le découpage auquel se livrait Jules Vernes dans les plans détaillés de ses chapitres en donne une idée. Quand J. S. Mill écrivait que nous pensons en image, c'est au référentiel qu'il se rapportait. |
| RÉFLÉCHI (pronom) ⇨ co-référence | |
| description | Pronom spécifique marquant, dans un énoncé, que l'on a une relation réflexive entre deux « sujets ». |
| exemple | (DL) Pierre lave Pierre ssi Pierre = Pierre, « Pierre se lave » (construction réfléchie). |
| RÉFLEXIVITÉ I ⇨ symétrie | |
| description /DL | Propriété de l'égalité de l'ensemble que l'on considère comme égal à lui-même ; |
| exemple /ibid. | elle s'écrit A = A comme l'égalité de deux ensembles s'écrit A = B. |
| RÉFLEXIVITÉ II ⇨ relation ; symétrie ; transitivité | |
| définition/DM | Relation binaire ℛ sur un ensemble E telle que tout élément x de E soit en relation avec lui-même. |
| exemple/DM | l'inclusion dans l'ensemble des parties de E |
| [2012] | La réflexivité logique n'est pas importable en sémantique : auncune forme lexicale ne peut être considérée comme « égale à elle-même », en raison de deux contraintes, la première et la plus forte, la polysémie et la seconde l'homonymie. Cf. « dure » (féminin de ‘dur’) et « dure » (conjugaison de ‘durer’) ; les oscillations d'un pendule et les oscillations des valeurs. |
| RÈGLE ⇨ règles de réécriture | |
| description | En grammaire, norme dont l'application correcte permettra de produire un énoncé qui est reconnu comme correct par la communauté des locuteurs. || (DL) en linguistique, une règle est une hypothèse au sujet d'un mécanisme de la langue. |
| exemple | A → N ; A → N/_B |
| sémantique | Une règle sémantique est une règle d'interprétation, basée sur la forme la plus fondamentale du raisonnement. Voir les fiches plus bas ⇩ règle complète, règle d'interprétation sémantique, règle (première formulation), schémas A et B, première application et règle d'interprétation 2008. |
| RÈGLE DE DÉPENDANCE ⇨ redondance ; restrictions de sélection ; relations sélectionnelles | |
| Notes (1980) | Il s'agit, chez Leech (1974), de règles de présupposition entre traits sémantiques, par où le trait [±male] est subordonné au trait [+animate] et l'inclut. Il semblerait ainsi que les génériques (genres prochains) soient redondants. Leech suggère l'existence d'une redondance contextuelle, au moyen de règles de dépendance contextuelle qui exigent la présence d'un trait donné dans l'argument si tel autre trait est présent dans le prédicat d'une même prédication. |
| remarque | Il s'agit d'une reformulation des relations sélectionnelles. |
| RÈGLE DE PANINI ⇨ règle ; sémiotaxie | |
| Sinha/1978 | Selon Amil C. Sinha, la grammairien indien Panini de la période védique tardive utilise une règle de production décrivant comment un sens (une abstraction) est transformé en unité linguistique concrète. |
| schéma | A/_B(C) → D |
| adaptation | Comme il s'agit d'une flèche de réécriture, comme celle qui m'était d'abord venue de la phonologie américaine, grâce à une collègue phonologue, il me fallait la remplacer par un signe plus apte à rendre compte de l'opération à décrire, qui est à l'opposite de celle qui en faisait l'objet. Dans un premier temps, je me suis servi du signe composite de Moreau (1975), emprunté aux langages formels, sous l'influence du signe également composite de la logicienne américaine Susanne K. Langer =int, c'est-à-dire « égale par interprétation ». |
| modèle 1982 | a/_b := X et b/a_ := Y |
| a(⌉R)b | a/_b (S(M)) := VS | aRbS(VSn) → P |
| ab(⌉M) | ||
| symboles | ‘a, b’ = constituants du syntagme (sémiotaxie) ou de la locution ; ‘/’ = dans le contexte de ; ‘a/_b’ = a dans le contexte avant b ; ‘S’ = sème flottant ; ‘M’ = condition du monde réel ; ‘:=’ = se voit assigner (attribuer) ; ‘VS’ = valeur sémantique ; ‘P’ = paraphrase | |
| [2012] | Il s'agit de la règle d'interprétation idiomatique, portant sur les locutions, d'abord élaborée sous le nom de set meaning, set étant un raccourci pour sémiotaxie. Voir ci-dessous règle, première formulation | |
| RÈGLE D'INTERPRÉTATION SÉMANTIQUE ⇨ formulation de la règle ; règle de Panini | |
| ancien nom | règle d'assignation |
| description | Les deux théories reposent sur la même hypothèse qui se traduit par une semi-formalisation hétérogène, où figurent des formes de la langue, des métatermes (lexèmes promus par transcodage) et des symboles d'opérations. La règle fondamentale est une règle d'attribution (:=) en fonction de la position (a/__b), du sens (C), de la syntaxe (xCHERCHEy), et qui attribue une valeur dont les autres éléments sont les conditions, y compris la forme qui reçoit cette valeur pouvant entrer dans une paraphrase de contrôle. Voir la première formulation dans la fiche suivante et la première application plus bas. |
| historique | Avant d'être influencée par les règles de production qu'exploitent les moteurs d'inférences de la programmation logique, c'était la condition du langage BASIC qui avait retenu mon attention, sous l'influence combinée de Susanne K. Langer et de R. Moreau (encore l'informatique). J'ai très vite découvert que la relation sa/Sé (signifiant-signifié) n'était pas aussi solidaire qu'on le disait et qu'elle dépendait de conditions, comme l'instanciation des variables de la tête d'une règle de production. Le raisonnement devait être d'une grande généralité et assez fruste. Mon choix s'est porté sur l'inférence, dont la réputation est de passer d'une vérité à une autre en vertu de rapports qu'elles pourraient avoir (cf. Thonnard & Oléron, mais aussi Cuvillier et Lalande). |
| forme | [schéma] ▴ ‘_’ ∁ ⊥ ⋀ [ℂ] ⊢ {_} [application partielle]* ▴ ‘dichotomique’ ∁ classification ⊥ ⋀ [se[subdivise]] ⊢ {de deux en deux} Source : PL 1918 selon lequel Lamarck (1744-1829) serait à l'origine du classement binaire (méthode dichotomique). On lui devrait aussi malheureusement la génération spontanée : je suppose que pour compenser on en a fait l'ancêtre de Darwin et du transformisme. |
| *qui se lit : | dichotomique dans le contexte après classification et correspondant au module se subdivise infère {de deux en deux} |
| RÈGLE (PREMIÈRE FORMULATION) ⇨ conditions | |
| description/ 1981 | Dans le cadre de l'étude de locutions anglaises (Set meaning) et des jeux de mots, la première formulation de la règle comportait trois volets. Le premier, celui d'un transfert de sèmes par corrélation établissant la redondance, condition nécessaire à l'interprétation et à la compatibilité du syntagme (T). Le second, sélection des valeurs respectives des éléments (S). Le troisième et dernier, paraphrase de l'ensemble consistant dans la combinaison des valeurs. |
| principe/1980 | Le mot M a la valeur V dans la sémiotaxie S. Sur ce modèle déjà conditionnel, se greffaient d'emblée deux conditions, la première, dite en anglais feature-raising est devenue par la suite la condition « flottante » ; la seconde était dite du « monde réel », devenue depuis la condition référentielle. Dans le premier schéma A ci-dessous, il s'agit du ⌉M. |
| note | Même si le modèle peut être appelé TSP (transfert-sélection-paraphrase), le transfert n'était sollicité que dans le cas où l'intersection sémique faisait défaut (à l'époque je parlais de cooccurrence de non-collocables). Dans la version de 1980 (Schéma B), R=redondance, S=sens et P=paraphrase |
| a + b Δℝ /⌉M ⇧ | ∴ a → s/_b | ∴ a + b → P |
| ∴ b → s/a_ |
| A+B → [R] | ∴ A → [S] /_B | ∴ A+B → [P] |
| ∴ B → [S] /A_ |
| RÈGLE (PREMIÈRE APPLICATION [1981]) ⇨ Voir la carte conceptuelle de la version actuelle sur Glinkr.net. ou sur ce site la version avec Cayra | |||
| schéma | (avoir) l'esprit de l'escalier → */⌉M ⇧ ∴ | esprit → réplique/_escalier | ∴ (avoir) l'esprit d'escalier → tarder à répliquer |
| escalier → lenteur/esprit_ | |||
| se lit | l'esprit de l'escalier reçoit l'isosémie /temps/ si la condition du monde réel n'est pas satisfaite, alors | esprit reçoit la valeur /réplique/ devant escalier | alors avoir l'esprit de l'escalier se paraphrase par /tarder à répliquer/ |
| et escalier reçoit la valeur /lenteur/ après esprit | |||
| note* | la barre oblique seule, à l'américaine, indique « dans le contexte de » ; cependant quand elles encadrent un terme il s'agit de la convention européenne pour les traits sémantiques que j'ai remplacée depuis par les accolades, comme ici {valeur}. note [2010] Le symbole ∴ signifie « alors » ou « par conséquent ». Il est parfois accompagné (précédé) de « si » : ∵ | ||
| RÈGLE D'INTERPRÉTATION (2008) [schéma d'application partielle] ⇨ condition(s) | |
| schéma canonique | ▴ ‘_’ ∁ ⊥ ⋀ [ℂ] ⊢ {_} |
| traduction | ▲ application partielle (se distingue de ␞ règle et de ▴ - règle ou exemple de travail +/- complet) ‘_’ les pseudo-guillemets encadrent la forme à sémantiser ∁ remplace la barre oblique contextuelle /_ et introduit les conditions, signe normalement suivi de la condition positionnelle (syntagmatique ou sémiotaxique) ⊥ (antitruc) marque le point d'incidence et la position avant, entre, après ⋀ (et) coordonne les conditions [ℂ] paradigme des conditions spécifiques, précédé de ≟ introduit une condition conjecturale ; comme condition modulaire peut être assortie d'une valeur en exposant ou en indice ⊢ signe de l'inférence ; se lit « infère » {_} encadrent la valeur sémantique attribuée, sens ou élément de sens ou éléments de sens regroupés. |
| exemple d'application | ▴ ‘zoolâtrie’ ∁ pratiquer la ⊥ ⋀ ⌂[Égypte] ⋀ ≟[⊨ [μ[idolâtrie]]] ⊢ {adoration des animaux} d'après « Les Égyptiens pratiquaient la zoolâtrie » dans la règle, ⌂ indique le domaine, ≟[...] condition conjecturale et le rapport analogique ⊨ morphologique (μ). |
| rem [2010] | C'est dans cette forme que la règle est entrée dans l'avant-dernier texte d'importance, « De l'inférence sémantique ». Voir surtout du chapitre 7a au chapitre 9a. |
| [2012] | La forme générale de la règle a peu changé : les pseudo-guillemets n'y ont plus de rôle ; les triangles et l'indice ␞ ont disparu au profit de theta Θ. Les princiaux changements touchent l'application de la règle à la dénotation. ⇩ |

| RÉGULATION ⇨ opération ; opérationnalité | |
| description | Principe de la théorie (1987) selon lequel toutes les descriptions sémantiques, « assignations », sémantisations et relations sémantiques sont régies par des règles et peuvent être représentées au moyen de règles. |
| remarque | L'ambition de ce principe théorique était destinée à assurer une provision pour de nouvelles règles, or, en dehors de la règle d'interprétation anaphorique ou de la règle de métaconversion (ou métarègle de conversion), aucune autre règle n'est parvenue à prouver son statut indépendant. Chacune des conditions était candidate, mais chacune semble se borner à n'être qu'une sous-règle, mise à contribution et en œuvre par la règle d'inférence. |
| [2012] | On peut considérer la règle de référence comme partielle,ent indépendante , ainsi que la règle de signification, dont le symbole d'inférence a été modifié en inférence assertive prédicative. La règle dénotative ne se distingue que par ;es objets qu'elle manipule. |
| RELATIF (pronom) ⇨ pronom relatif | |
| description | Pronom rattachant une proposition relative à un nom ou pronom, auparavant exprimé, qu'il remplace |
| note /DESL | Le pronom relatif est un anaphorique qui joue un rôle essentiel dans l'organisation de la phrase. Pour la Grammaire de Port-Royal, il serait anaphorique et conjonction, cf. les soldats qui avaient peur s'enfuyaient. ⋁ les soldats s'enfuyaient s'ils avaient peur. |
| RELATION(S) | |
| description/2007 | Dans les limites de la théorie, on recense normalement trois types de relations : a) lexicales (les plus courantes et les plus évidentes), b) logiques (c'est-à-dire utilisées en logique et par les logiciens) et c) sémantiques, c'est-à-dire qui concernent les rapports entre sens et éléments de sens, entre conditions et valeurs dans le cadre de la règle d'inférence sémiocognitive. Les relations mathématiques ne sont pas directement touchées, sauf en ce qui concerne les notions de base de la théorie des ensembles et certains signes arithmétiques (différence ≠ et congruence ≡). Elles sont cependant généralement assimilées aux relations dites logiques. |
| exemple | La relation d'ordre (math. ; antisymétrique, transitive) n'est pas directement utilisée à l'heure actuelle.[1] Cf. Gennart 1969 |
| observation | L'emprunt de notations et de symboles n'implique pas un transfert conceptuel. L'antitruc, ‘⊥’, qui marque le point d'incidence (position) d'une unité dans la règle n'importe pas dans celle-ci l'univers du discours de la perpendicularité (dont ⊥ est le signe). |
| note | [1] Je laisse de côté la substitution logique, peu iconique et compliquée « (x/a) », [la substitution est notée ici a ↺ b : a se substitue à b], la disjonction que le DM dit « exclusive, alternative », notée ‘W’, le tau de Hilbert, τ et le symbole de Peirce —je ne connaissais pas l'emploi de ces deux derniers signes, où la flèche vers le bas ↓ de Peirce tient lieu de la double négation, ¬(A ⋁ B), tandis que le signe de Hilbert risque de rester dans l'ombre, à moins que je le trouve chez Largeault, Chauvineau ou Boll et Reinhart. |
| [2012] | Les deux représentations sagittales des relations sont plus récentes que la fiche qui les suit. |
| RELATIONS (liste des) [2007](1) | |||
| sémantiques(2) | opératoires | dérivées | générales & extérieures |
| appartenance | définition(3) | interdéfinition | comparaison - sélection |
| intersection | prédication | attribution - connexité | extension - dénotation(7) |
| équivalence | inférence | sémantisation | intension - connotation(8) |
| analogie | transfert(4) | métaphore | désignation - référence(9) |
| contiguïté | métonymie - synecdoque | asymptote | |
| association | « connotation » | substitution | |
| opposition | contraire - contradiction | antonymie - antithèse | négation - différence |
| inclusion(5) | implication(6) | hyperonyme - hyponyme | inversion - permutation |
| notes du tableau | (1) Seules les trois premières colonnes (en partant de la gauche [sémantiques, opératoires, dérivées]) ont un rapport quelconque de rang à rang, à l'exception du cas de la négation par rapport à l'opposition. Les relations générales et extérieures sont soit des métarelations, soit du domaine de la référence (y compris le référentiel cognitif, qui est « extérieur » au sens). (2) L'ordre dans lequel se présentent les éléments de la première colonne est celui qui, à l'heure actuelle, me semble le plus organique (ou génésiaque, comme dit le PL 18). (3) Si la définition et l'interdéfinition sont des opérations sur l'appartenance, la prédication et l'inférence sont distinctes de l'équivalence et de l'intersection, même si ces dernières interviennent à un moment quelconque. (4) Il s'agit du « déplacement » d'une propriété, basé sur une intersection réelle ou imaginaire ; comme il s'agit d'une attribution, on peut le ranger soit sous l'inférence soit encore sous la prédication (d'un objet, on prédique une propriété qu'il n'a pas). (5) Le concept supérieur est celui qui en contient d'autres en son extension. (...) Le concept inférieur est celui qui est contenu dans l'extension d'un autre. Thonnard 30:28. L'inclusion se subdivise en superordonné (ou surordonné) et subordonné. Gennart ne parle de relation que dans le cas d'une relation réciproque (assimilable à l'inclusion : est_le_père_de, a_pour_père) et de relation d'équivalence, en plus de la relation d'ordre. L'intersection, la réunion et la différence sont présentées comme partie d'un ensemble et non comme relations. (6) L'implication rend compte de l'inclusion au sens actif (contient ou comporte ou renferme), soit chien ⊃ schnauzer ; mais attention à « l'implication sémantique » schnauzer ⇒ chien, qui reproduit le schéma prédicatif. Pour éviter ces risques de confusion, l'appartenance a détrôné l'inclusion pour la description du rapport mot-élément de sens. L'extension est en réalité un problème logico-philosophique et concerne une théorie de la référence. (7) L'extension d'une idée est l'ensemble des sujets auxquels convient le contenu objectif de cette idée. Thonnard 29:27 || dénotation ≝ propriété que possède un terme de désigner certains sujets constituant l'extension du concept correspondant. Cuvillier :65 (8) La compréhension d'une idée est l'ensemble des notes qui en constitue le contenu objectif. L'extension et la compréhension [intension] des idées sont en raison inverse. Thonnard. Ibid. || connotation ≝ propriété que possède un terme de désigner certains attributs constituant la compréhension du concept correspondant. Cuvillier :52. — Le sens que lui donnent certains linguistes (ainsi que le sens courant) a inversé le rapport et entraîne une confusion regrettable. Voir colonne 3, rang 7. (9) Relation qui va d'un nom à un objet ou à une classe d'objets existants ou non, c'est-à-dire du langage au designata. J. Rey-Debove. Designata (designatum, sing.) Ce à quoi le signe réfère dans l'esprit de l'émetteur ou du récepteur et selon le code. [le denotatum serait extérieur]. Idem. | ||
| Suppl. 2010 | Il est possible que certaines relations fassent double emploi au niveau sémantique, comme implication, inclusion, appartenance, superordination et subordination. La discussion est reprise dans les chapitres huit et huit A de « De l'inférence sémantique ». Ici même elles font l'objet d'une fiche indépendante à son ordre alphabétique ci-dessous et plus bas. | ||

la même carte après cinq ans de réflexion 
| détails des modifications ⇩ ⇨ liste des relations avec leurs notations sous forme de tableau | |
| [2012] Le souci d'exhaustivité et l'emploi de catégories héritées ou créées au besoin a fait place à une économie liée à la règle et aux conditions que peuvent former les relations. La catégorie « opératoire » prend un nom qui n'évoque pas la chirurgie, où je ne retiens parmi les opérations que celles qui sont clairement cognitives. | Les « dérivées » disparaissent ou sont récupérées ; elles consistaient presque essentiellement en relations lexicales. C'est la classe des relations sémantiques qui s'enrichit, mais cette dénomination n'exclut pas qu'elles puissent se présenter comme des opérations. La classe « générales » passe presque entièrement dans la classe des opérations et ce qui demeure prend le nom de notions métalinguistiques ou métasémantiques. |
| dérivées — la connotation fait double emploi avec la relation d'association et disparaît. Les relations lexicales n'ont de pertinence que par leur insertion dans la règle à titre sémantique : elles sont défalquées ; les tropes ont le même sort, comme elles sont représentées par l'indirection comme phénomène et la contiguïté, ainsi que l'analogie. La connexité par dans les « méta » et l'attribution, après un détour par les opérations, rejoint les relations. La flèche rouge qui fait passer l'antonymie dans l'opposition est aussi valable pour l'hyperonymie et l'hyponymie dans leur rapport à la superordination et la subordination. La connexité rejoint la terminologie métasémantique. L'attribution, qui s'était égarée, est assimilée à l'inférence et/ou à la prédication : cette dernière passent dans les relations sémantiques, comme l'interdéfinition, classée là de prime abord en raison de sa nature mixte. | opérations — l'implication passe dans les relations, comme la prédication, avec laquelle elle peut entrer en concurrence. La contradiction et le contraire hérités de la logique historique font double emploi avec l'opposition. Le transfert disparît pour la simple raison qu'il ne correspond à rien dans la t.o.s. ; la sémantisation a perdu des plumes quand la contrepartie descriptive est devenue encombrante, hypostasiant le contexte et le mot. L'opération fondamentale est naturellement l'inférence ; les autres sont soit des sous-opérations quasi-physiologiques, soit des manipulations de la chaîne linguistique (comparaison, sélection, inversion, négation) ou métalinguistique (permutation, substitution-commutation). |
| méta — asymptote ; intension - extension ; dénotation - désignation - référence ; connexité [+ dénomination ; valeur ; classe ; dénoté ; signification ; sens ; indirection ; redirection...] — la différence disparaît. Passent dans les opérations : substitution, permutation, inversion, négation, comparaison, sélection. | relations — la suppression de l'inclusion est logique, comme sa fonction (doubles et trouble) est tenue par la superordination et la subordination ; l'interdéfinition rejoint la prédication et l'implication. Les relations du sagittal sont présenytes à l'appel : analogie, appartenance, association (double), contiguïté, équivalence, implication, interdéfinition, intersection, opposition, prédication, subordination, superordination, |
| RELATIONS LEXICALES ⇨ signique ; liste des relations sémantiques et de leurs naotations | |
| description | Une relation lexicale est extérieure au signe et intervient entre signes ; elle appartient au lexique et le structure. L'hypothèse que propose la théorie issue de la sémantisation fait reposer les relations lexicales classiques sur des relations sémantiques qui sont des aménagements de la redondance, entre l'identité et la différence. Il ne faut pas négliger le genre et l'espèce (cités dans l'exemple de cette fiche sous les noms que leur a donnés Lyons), et qui dans la théorie deviennent superordonné et subordonné (mots ou éléments de sens). |
| note/DL | relations syntagmatiques (parole[2]) & paradigmatiques (langue), dites aussi rapports, contrastifs et d'opposition. |
| note Mounin | Dans ses Clefs pour la sémantique, il signale les identités relevées par Dubois, substituts sémantiques ou variantes combinatoires, comme masse ⋁ prolétaires ⋁ travailleurs. Il cite Jean Dubois : « Le contenu d'une unité lexicale est donc défini dans une phrase par un double système de relations, par des oppositions paradigmatiques et par des corrélations syntagmatiques. » |
| exemple | Les relations lexicales les plus couramment citées sont la synonymie, l'antonymie, l'homonymie, l'hyponymie (espèce) et l'hyperonymie (genre ou générique) (et l'hétéronymie), mais on peut y ajouter certaines figures, métonymie (cf. contiguïté), métaphore (cf. analogie), la synecdoque (le plus pour le moins et inversement), celle-ci devenue binaire : méronymie et holonymie. |
| note | [2] Au sens saussurien, naturellement. Mais la parole y est la parente pauvre, comme Bally l'a appris à ses dépens. |
| RELATIONS LOGIQUES | |
| définition/Lalande | Il s'agit du « caractère de deux ou plusieurs objets de pensée en tant qu'ils sont conçus comme étant, ou pouvant être compris dans un acte intellectuel unique, de nature déterminée. » |
| exemple/Lalande | identité, coexistence, causalité, filiation. Chez Kant, cause à effet, action réciproque. Hamelin, tout posé exclut un opposé. V. Copule, inhérence, prédicat chez Lalande. |
| liste sélective/DM | [ENSEMBLES] ∈, appartenance ; ∉, n'appartient pas ; ⊂, inclusion ; ⊃, contient ; ∪, réunion ; ∩, intersection ; ∅, vide ; ∁, complémentaire. |
| liste/DM | ∀, ∃, ⊢, |, ⇔, ⇒, ⋁, ∧, ˥ |
| noms | [Dans l'ordre de la liste] quel que soit (pour tout), il existe au moins un (there exists), inférence, barre de Sheffer (tels que ⋁ incompatibilité), équivalence, implication, disjonction, conjonction, négation.[3] |
| REM | L'inventaire des relations logico-mathématiques et le rôle des signes dépend souvent des sources. Ainsi, ma source anglo-saxonne (le manuel de référence DOS-WordPerfect de 1993) donne pour l'identité ‘::’ et pour la congruence, ≅, tandis que ≡ tient lieu de l'équivalence. L'inférence y est décrite comme énantiomorphe de l'assertion (Mirrored Assertion), ce qu'est effectivement le signe ⊢ par rapport à ⊣. Le même manuel reprend les opérateurs de la conditionnelle (qui me servaient pour l'inférence), soit ∴ pour alors et ∵ pour si. Dans le DM on trouve par ailleurs à « propositionnel (calcul) » le signe de l'implication qui est alors « lu » entraîne. Il y a là un écho de l'expression anglo-saxonne « entails » avec l'entailment cher à Quine, et qui, selon mon Macmillan, viendrait du fr. taille. |
| note | [3] L'équivalence sémantique ne correspond pas à la double implication (implication réciproque) par laquelle la logique la représente et ce en raison de son caractère asymptotique, mais aussi parce « A ⇔ B » ne dirait rien du sens, comme l'a démontré, a contrario Lyons : A est B et B est A. |
liste des relations avec leurs notations
| RELATIONS OPÉRATOIRES[5] | |
| description | Sont considérées comme relations opératoires certains connecteurs[6], comme la négation, disjonction et conjonction. En logique, il semble que la négation suffise à établir la fausseté, puisque la vérité de P est sa seule expression. Non-P (¬P) est alors l'équivalent de « P est faux » (si j'ai bien compris Blanché). La négation va affecter l'asymptote (au sens de), l'appartenance, l'intersection, l'équivalence, ainsi que la plupart des autres relations sémantiques, l'opposition et la différence et les rapports superordonné-subordonné, sauf peut-être l'interdéfinition ou l'association. On remarquera que la différence se définit par négation de l'identité. || L'inférence est certainement l'opération la plus importante dans la panoplie de la théorie ; elle peut même se présenter en double sur une autre relation. On peut donc inférer par implication ou par appartenance, comme on pourra asserter par prédication et les deux —asserter et inférer— par intersection. |
| inventaire | À l'époque de l'Essai de sémantique (début des années 90), l'implication cohabitait curieusement avec l'inférence dans le tableau que je dressais des relations opératoires. Certaines partageaient le même symbole : attribution & prédication ∋ et inférence et sémantisation ∴, l'ancien signe de l'inférence (par conséquent ou par déduction ; en angl. therefore), codé en html par &then;. Certaines opérations citées étaient des analyses d'autres relations. C'est le cas de la comparaison et de la sélection. Le parcours figure dans la liste, mais il est normalement implicite dans l'application des conditions (et dans le paradigme), et il comporte comparaison et sélection. La substitution y figure aussi, mais elle est présente dans la notion même de paraphrase. |
| observation | La paraphrase a régressé comme opération. Elle est releguée d'une part dans les phénomènes observés et de l'autre, dans les moyens de vérification. La sémantisation désigne aujourd'hui un double processus (A ↷ B, qui se lit A sémantise B, où A peut être un mot dans un contexte ou un contexte, ou encore un individu interprétant un mot B), plutôt qu'une opération singulière. La définition demeure une opération et la relation entre le défini et ses définisseurs (ou définissants). La substitution est une opération plutôt qu'une relation, mais elle est présente dans plusieurs relations, et surtout l'équivalence. L'attribution ne concurrence plus la prédication, puisque je ne l'emploie que pour remplacer le terme « assignation ». L'interdéfinition est probablement l'opération complexe qui conduit à la métonymie et à la synecdoque. L'intersection est non seulement une relation-opération de plein droit, mais elle est présente dans la définition, qui faisait aussi partie de l'inventaire de 1993, elle-même opération complexe. |
| notes | [5] Nouvelle entorse à l'ordre alphabétique, elle se justifie par le fait que les relations peuvent prendre la forme d'opérations du même nom, en être le résultat ou se prêter à des règles, ce qui m'avait poussé à poser l'adéquation relation-opération-règle (R. O. R.). [6] J'emploie connecteur dans un sens moins large que le DM qui, conformément à l'usage logique et non grammatical, fait de l'implication un connecteur, comme de l'équivalence, mais il opère également un parfait recouvrement d'« implication » par « inférence », soit « Lorsque l'énoncé A ⇒ B est vrai, on dit parfois que A infère B et l'on écrit A ⊢ B; le symbole ⊢ est dit symbole d'inférence. » (p. 443) |
| [2012] | Le schéma ci-dessous, l'un de ceux qui devaient conduire à les nommer des sagittaux est plus riche en opérations : la paraphrase concurrence la définition et l'attribution la sémantisation. Le parcours est implicte dans la comparaison et la sélection. L'abstraction devrait porter le nom d'induction, mais on sort alors du domaine qui est celui de la théorie. |
schéma intermédiaire — spéculatif 
| RELATIONS SÉLECTIONNELLES ⇨ restrictions de sélection | |
| Notes (1980) | Synonyme de restrictions/contraintes de sélection. |
| observation | L'intersection de traits que supposent ces règles de sous-catégorisation est mieux décrite par l'isosémie de Pottier ou l'isotopie de Greimas. On se souviendra qu'une grammaire générative est un automate qui doit bloquer la production d'énoncés comme (exemples du DLL) « la fascination mange des haricots » ou « les ouvriers effrayent le bâtiment ». Inversement, ces règles risquent de lui fermer l'intelligence de phrases comme « quand le bâtiment va, tout va. » |
| remarque | Milner 1978 les restreint aux éléments structuralement contigus : verbe-objet, sujet-verbe. |
| note | Pour certains auteurs (Weinreich, Leech), il existe un mouvement dans ces apparentes structures contraignantes : ils parlent alors de transfert de traits. rem [2010] [Notion que j'ai personnellement abandonnée : pas de personnification, pas d'anthropomorphisme. Si un trait passe d'un mot à un autre dans un syntagme, c'est que quelqu'un « le fait passer ».] |
| RELATIONS SÉMANTIQUES ⇨ homosémie ; isosémie ; asymptote | |
| description/1987 | Les principales relations sémantiques sont la connexité, la compatibilité, l'affinité, l'isosémie, l'homosémie, l'interdéfinition : ce sont elles qui fondent les relations lexicales classiques comme la synonymie, l'antonymie et les figures comme la synecdoque et la métaphore. |
| observation/2007 | À partir de 1993, les relations retenues par la théorie s'étendent et s'alignent parfois sur des notions héritées de la logique, mais jamais gratuitement. Si l'intersection en est venue à pratiquement détrôner la redondance, c'est qu'elle ne traîne pas derrière elle la réputation d'être en trop et, de ce fait, mal vue. Le principe reste le même. L'absorption de l'isosémie par l'homosémie témoigne également d'un resserrement de la notion fondamentale, la connexité qui conduit à l'interdéfinition (qui malgré son origine logique prend le contre-pied des tentatives d'en faire une circularité. La circularité n'implique qu'un plan et correspondrait à la formule a ≝ b ⇒ b ≝ a. Cf. plus haut l'implication réciproque comme équivalence. |
| inventaire actuel | analogie, appartenance, association, asymptote, compatibilité (connexité), contiguïté, différence, équivalence[4], implication, intersection, interdéfinition, opposition, prédication, subordonné, superordonné. En filigrane, identité et congruence. rem [2010] cet inventaire s'est appauvri en corrélation avec la règle : comme le montre le tableau du chapitre huit ou le graphique repris ci-dessous, d'où l'implication est absente. 2012 — l'asymptote, la compatibilité et la différence sont également exclues, mais pour des raisons différentes. L'asymptote (≍) est la version métasémantique de l'inférence comme règle. |
| note | On remarque l'absence de l'inclusion comme telle, en raison de sa nature quelque peu confuse[4]. L'appartenance rend mieux les rapports du sens à ses éléments et inversement, et la relation genre ⇗ espèce et espèce ⇘ genre est prise en charge par les termes subordonné et superordonné à l'intérieur du parcours métasém(ant)ique. Dans la liste ci-dessus, les termes en gras sont aussi considérés comme des relations opératoires. [révisé 6-X-2007/2012] |
| remarque | Toute relation sémantique est explicable par la redondance (reprise) de traits (1982) [auj. intersection]. Ce qui n'est pas le cas des relations entre un signe et un objet extérieur ou même une représentation mentale (référence ou dénotation). C'est ainsi le plus sûr moyen de distinguer le sens de la référence. |
| note | [4] Si l'inclusion est surtout connue sous sa forme passive, est-inclus-dans, ‘⊂’, la forme active (inclut/contient) a longtemps servi a noter l'implication, ‘⊃’, cf. Lalande. La forme ⊂ fait désormais double emploi avec l'appartenance qui laisse le champ libre au rapport genre-espèce/espèce-genre rendu par les complémentaires superordonné et subordonné. On n'emploiera pas l'appartenance dans le cas suivant, mais plutôt la relation sub/sup : ⌉(dégradation ∈ destitution) ⇨ dégradation ⇘ destitution ⇔ destitution ⇗ dégradation (≍ perte d'un grade/d'une dignité). L'autre possibilité (pour un versant, seulement) est bien sûr l'implication. dégradation ⇒ destitution, mais pas l'inverse — ⌉(destitution ⇘ dégradation) ⋁ destitution ⇗ dégradation. L'appartenance serait justifiée par la forme suivante : {destitution} ∈ ‘dégradation’ et confirmée par la prédication une dégradation est une destitution. |
| rappel | La discussion écarte les rapports conçus en extension. ≍ se lit au sens de (signe de l'asymptote). Normalement le mot en tant que forme est désormais encadré par ‘ ’, et les accolades (utilisées en 1995) sont revenues en usage pour identifier le sens ou un élément de sens — {graisse} dans le cas de ‘dégraisser’ ; cf. ‘rance’. Dénotation qui produit un sens par indirection analogique. |
| RÉPARTITIVITÉ ⇨ mouvement ; disproportion | |
| description/1987 | La paraphrase s'appuie sur la liberté théorique du principe d'assignation : n'importe quelle forme linguistique peut recevoir n'importe quelle valeur, mais toute valeur est fonction d'une condition au moins. |
| (répartitivité) PARADIGMATIQUE | La répartitivité sémique se manifeste par la constitution de classes de lexèmes reproduisant sur un chemin générique un minimum de sèmes communs, correspondant au lexème le plus abstrait de la série, situé à la boucle terminale (v. suprasème). |
| (répartitivité) SYNTAGMATIQUE | Dans la cooccurrence de deux lexèmes, on note la reprise d'un sème au moins (v. compatibilité, affinité). Ce partage (ou redondance; ou encore intersection ⇨ ‘∩’) sémique fonde la connexité (sémantique) des unités lexicales entre elles. |
| remarque | Toute cette fiche date de 1987. Avec le resserrement de la conception de ce qu'est une opération sémantique, la notion de répartitivité devient caduque. L'idée de « manifestation », comme celle de « reprise », est d'ailleurs proche d'une conception animiste des phénomènes. Même le principe devrait préciser que la valeur ne tombe pas du ciel et qu'elle est attribuée par un sujet comprenant (l'interprète) procédant à une inférence. [Retouchée et mise en évidence.] |
| [2012] | La remarque s'étend au renvoi au « mouvement » : conception quasi-organique des phénomènes qui demeurent immatériels (même la classe de dénotés est une notion) et ne sont que des représentations cognitives métaphoriques comme le transfert qui prenait la relève de la contagion du XIXe siècle. |
révision achevée le 09/05/2012 22:45:43
