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Présentation alphabétique et chronologique de la théorie des opérations sémantiques (1979-2011)
XIV
Sémio-syntaxe · Synapsie
| sémiosyntaxe · sémiotaxie I · sémiotaxie II · sémiotique · sémiotisation · sémique · sens I · sens II · sens (critère formel du) · sens reconnus par la théorie · si · si ... alors · setting · signe · signifiant I · signifiant II · signification I · signification II · signifié I · signifié II · signifier · signique · situation I · situation II · sophisme · sous-entendu · stemma · stylistique · subalternation · subordination · subordonnant · subordonné · subordonnée · substitut · substitution I · substitution II · suffixation · suffixe · sujet · sujet de l'énonciation · sujet parlant · superordonné · suprasème (anosème) · suprasémie (anosémie) · surface (structure de) · suspension · syllepse · syllogisme · syllogisme disjonctif · syllogisme et inférence · symbole (I) · symboles (II) · symétrie I · symétrie II · synapsie |
| SÉMIOSYNTAXE dite fondamentale ⇨ incidence ; opérateur ; base ; syntagmation | |
| description/1987 | La réduction de la syntaxe au titre de condition et l'importance donnée à la position et à la proximité (avant, après, entre), ainsi que les rapports que les conditions entretiennent entre elles permettent de parler d'une syntaxe beaucoup plus fondamentale et qui règle le sens. Deux éléments en cooccurrence sont réciproquement base et opérateur l'un de l'autre. Les opérateurs sémiotiques modèlent leur fonctionnement sur cette sémiosyntaxe, antérieure à l'orientation du procès et la hiérarchie d'incidence qu'introduit la syntaxe classique, décrite dans les grammaires. L'incidence de l'opérateur sur la base est, ne l'oublions pas, l'effet d'un « sémème » sur un « sémème ». |
| SÉMIOTAXE | [REM] désignation de la sémiosyntaxe fondamentale (O/B ⇄ B/O) afin d'éviter la confusion avec la syntaxe grammairienne qui s'occupe de la description structurale des phrases ou de leur « génération ». |
| variante | O ⇄ B ⇒ B ⇄ O |
| remarque | La dernière phrase de la description de 1987 ci-dessus se lirait autrement aujourd'hui : ce ne sont pas des sémèmes qui sont mis en rapport, ni simplement des formes, mais des formes avec leur potentiel sémantique, c'est-à-dire leur sémantisme. Le procès qui a lieu est celui que Benveniste a appelé la syntagmation, et elle est réciproque. Voir fiche suivante ⇩. REM Vers 1995, en discutant la compositionnalité, j'ai employé l'expression de juxtaposibilité du sens. À l'époque, je ne m'y suis pas attardé, mais aujourd'hui je suis obligé de noter que c'était effectivement un moyen de découvrir la façon dont je considérais le phénomène du sens. Si la tradition veut que le sens puisse être décomposé, cela n'entraîne pas qu'en retour il soit composable. La tradition philosophique parle aussi de concept composé (l'exemple est celui du centaure, chez Thonnard), ce qui veut dire que les notes du concept sont incompatibles. Rien à voir, semble-t-il, avec la composition de Frege. Je résume : dans le sens, ce qui n'est pas réductible à l'autre lui est juxtaposable. En français l'article défini pluriel ‘les’ fait corps sémantiquement avec le nom qu'il accompagne, bien que la forme soit juxtaposée, en particulier si l'on met en regard l'équivalent anglais « les pommes poussent sur les arbres = Apples grow on trees ». |
| SÉMIOTAXIE I ⇨ sémantisme ; sémiotaxie | |
| 1979-1987 | Notion empruntée à E. Nida et Pierre Guiraud et qui constitue un syntagme discriminant, c'est-à-dire dont un terme au moins permet l'identification (par sélection dans le sémantisme) du sens de l'élément cooccurrent. |
| exemple | « la ratatouille (A) des gargotes (B) », où B distingue le sens de A parmi ℄[mauvais ragoût, mauvaise cuisine, préparation culinaire, volée de coups]. |
| observation | Le commentaire de l'exemple doit être débarrassé de l'anthropomorphisme, qui me venait sans doute de sources américaines, x selects y, mais aussi de la mode d'une époque. C'est l'être humain qui distingue et qui interprète et non le cooccurrent (le DDL parle de contexte qui sélectionne...). C'est d'ailleurs pourquoi le verbe vérifier en logique me déconcerte. |
| SÉMIOTAXIE II ⇨ paramètre ; corrélateur ; sémiotaxie ; syntagme | |
| origine | Terme d'une double origine : on trouve la sémiotaxie chez Pierre Guiraud et, chez Eugene Nida, une semotaxis. |
| description | deux intercorrélateurs forment une sémiotaxie (assemblage) où la sélection (incidence) sémantique est réciproque ; cf. base et opérateur, ci-dessus ; structure conditionnelle du sens | Forme primordiale de la contextualisation. |
| note | On peut admettre au rang de sémiotaxie les syntagmes où seul un terme exerce une discrimination suffisante. L'équivalent classique est naturellement le terme de ‘construction’, mais celui-ci tend à privilégier le rôle de la syntaxe dans le sens. |
| rem [2010] | En réalité, il n'y a pas lieu d'établir de classification des syntagmes, comme on ne distinguera pas non plus un objet comme le strict « groupe de mots ». C'est le point de vue qui change : le syntagme saussurien était global (infralexical-phrastique), comme le rappelle le DL ; en linguistique structurale (toujours la même source), c'est « un groupe d'éléments formant une unité dans une organisation hiérarchisée » ; avec la sémiotaxie, il s'agit de la juxtaposition de formes à sémantiser, c'est-à-dire que la valeur attribuée à l'une des formes conditionnera l'attribution des valeurs aux formes cooccurrentes. |
| SÉMIOTIQUE ⇨ signique ; signe | |
| définition/n. | Discipline qui étudie les systèmes de signes et les théories qu'ils engendrent. |
| définition/adj. | 1) relatif à cette discipline ; 2) relatif au signe. Syn. relatif de « signique ». |
| Suppl. 2010 | Pour un essai de classification des sémiotiques, on se reportera au dictionnaire de Greimas. |
| SÉMIOTISATION ⇨ doxologie ; signification | |
| description | Dans le phénomème général de la sémiosis, la sémiotisation prend la relève de la sémantisation dès que la référence intervient de façon majeure dans le procès de signification (étape que l'on présume postérieure à « l'élaboration » du sens). La sémiotisation concerne à la fois les scénarios et les jugements qu'on en infère. |
| note | Dans la conception de la disproportion du signe, la sémiotisation peut être entendue comme fonction sémiotique. La constitution d'un signe, à partir d'un élément de situation. Le cas du schnauzer qui agite la queue quand il me voit régler la minuterie pour la cuisson d'un plat, ou quand la minuterie sonne et que je l'arrête. Les deux signes ont la même valeur (ils sont « synonymes », comme « aller dehors » et « sortir », toujours pour le schnauzer). |
| SÉMIQUE ⇨ métasémie | |
| définition | (issu de polysémique) Qui concerne le sens || relatif au sème. |
| remarque | Dans la théorie, avec le recul de la notion de sème, « sémique » devient « monosémique » et se rapporte alors aux phénomènes généraux du sens, notamment dans les composés qui dérivent de -sémique : hypersémique, isosémique, etc. |
| SENS I ⇨ signification ; sens | |
| définition /PL 1918 | Signification. |
| exemple /ibid. | Mots à double sens ; sens propre, figuré. |
| définition /DQ | Signification d'un discours, d'un mot. || Ce qu'a voulu dire un auteur : je saisis mal le sens de ce passage. |
| exemple /Ibid. | sens absolu, relatif (ville est un terme absolu, capitale est relatif), sens propre, figuré, non-sens, faux sens |
| remarque | Dans la théorie des opérations sémantiques, le sens est distingué de la signification et du sémantisme. Le terme de « contenu » est proscrit, faute d'un contenant adéquat. Si l'on devait établir une progression, on adopterait la suivante : le sémantisme (avant les opérations), le sens, résultat d'une première inférence, et la signification non déduite, mais ajoutée sous forme d'assertions. Entre le sens et la signification s'intercale la référence. |
| Suppl. 2010 | Par « non déduite », il faut entendre que la signification peut très bien avoir contaminé la phase du sens et que si l'on doit lui appliquer le schéma inférentiel, le sens et la référence en sont les conditions principales. Un exemple de contamination, par exemple, dans ma source principale (mon « sujet parlant »: le Petit Larousse 1918) est l'occurrence de termes comme oisiveté : « la rouille de l'oisiveté ». |
| variabilité | « Mais a-t-on assez insisté sur ce fait qu'un mot n'a jamais tout à fait le même sens pour deux personnes différentes, ni pour une même personne à deux moments différents? Sans doute ces variations sont parfois insignifiantes, n'empêchent pas de s'entendre, permettent d'agir en harmonie. Si insignifiantes soient-elles, elles n'en indiquent pas moins l'extrême variabilité du sens et sont une occasion perpétuelle pour l'esprit soit de divaguer, soit, s'il sait en tirer profit, de discerner et de rendre des nuances d'idées nouvelles, de signifier et de suggérer plus et mieux qu'il ne l'a fait. » Frédéric Paulhan (1927). |
| SENS II ⇨ sémiogramme ; synonymie | |
| description/1987 - 1995 | Dans une première saisie, on dira que le sens est ce qui n'est pas la forme, mais dont la forme semble tenir lieu. Rastier (1989 : 9) rejette ce qu'il appelle « l'opposition »[note même fiche] entre forme et sens, pour adopter l'idée d'une « forme sémantique ». Corrélation que tentent de cerner la règle et ses « descriptions » sémantiques, en mettant en présence les valeurs et les conditions. On suppose que la règle s'applique sur le sémantisme (valeurs intuitives indifférenciées) pour le transformer en sens qui n'est pas la valeur, mais le rapport existant entre la valeur, la forme et les conditions qui régissent ce rapport. Intuitivement le sens est observable dans ses relations : entre l'identité et la différence, diversement manifestées. |
| remarque | Le sens est un ensemble de corrélations contextuelles à l'intérieur d'un univers de discours (domaine) ; cf. référence : motℝ. — Contrairement à J. Cervoni (1987 : 17), on ne fait pas ici du choix entre sens et signification une décision terminologique, mais bien épistémologique. Les énoncés peuvent, dans le présent cadre, comme les unités qui les constituent, avoir un sens et une signification, qui seront distincts (pouvant même aller jusqu'à l'opposition), alors que Cervoni suit O. Ducrot (1972) dans le choix de signification pour la phrase et de sens pour l'énoncé. REM Pour bien me démarquer de cette curieuse distinction (comme si c'était la longueur qui déterminait le phénomène), Verrès est un nom propre et donc n'a normalement qu'une référence, toutefois, ce que je sais de celui dont parle Cicéron va se constituer en prédicats, qui formeront sa signification. C'est donc le type de connaissances (jugements de valeur) qui motive la décision d'opter pour un terme ou un autre. Le Petit Robert cite un sens linguistique de signification, qui serait le rapport « réciproque » entre le signifiant et le signifié. C'est de là, sans doute, que découle l'emploi qu'en faisait Pierre Guiraud dans la première version de sa sémantique. |
| observation | Au début des années 80, j'étais préoccupé par la place des recherches sémantiques et l'épistémologie de la discipline. Une des tâches de la sémantique devait être de démontrer ce qui est testable linguistiquement, en ce qui concerne le sens. La répétabilité appartient à la panoplie du testable. L'autre consiste à distinguer clairement le sémantique de la référence en marquant la nature de classe des phénomènes exprimés par les mots (généralité), alors que la référence, sans s'y confiner, tend à la singularité [désignation au sein de la dénotation]. Un autre aspect notable tient à la nature de condition d'un cooccurrent, repris plus tard sous la forme de la sémio-syntaxe primitive où chaque terme est tour à tour base et opérateur. |
| complément | En adoptant, comme le fait désormais Pottier (1992b : 38), une position impénétrable vis-à-vis du sens, toute démarche analytique [ou descriptive] devient vaine : « une lexie [signe] est un condensé de sens, et toute glose en est une paraphrase qui en principe ne peut en expliciter toutes les composantes. » Je pourrais tenir le même discours mystique en considérant les particules électriques de mon écran, mais mon ordinateur tourne quoi que je pense des mots. Plutôt que d'y voir un condensé (concentré ?), ne serait-il pas plus pragmatique d'y voir une matière spongieuse ? La véritable « nature » du sens, ce dont il est fait, n'est pas vraiment pertinente dans la mesure où toute activité cérébrale se ramènerait à des échanges électro-biochimiques (cf. Uexküll [1956]) ou autres. Tant qu'à donner dans la métaphore, autant opter pour une notion plus vérifiable (d'un locuteur à l'autre ou d'un dictionnaire à l'autre), comme celle de « déformabilité » d'Antoine Culioli. Le sens (et sa version déformée la signification) sont, comme tous les faits cognitifs, déformables ou labiles. C'est ce dernier terme que j'avais retenu dès mes premières réflexions sur le sens. |
| [note] | Il ne s'agit pas d'une véritable opposition, mais d'une différence de nature, de la même espèce qu'entre matériel et intellectuel. Quant à « forme sémantique », il y a là un parfum danois rappelant Hjelmslev, en l'espèce, la forme du contenu. Il y a des glissements sémantiques qui entraînent des fractures ou foulures de toutes sortes. |
| SENS (CRITÈRE FORMEL DU) ⇨ Héraclite (principe d') | |
| description | La métaphore saussurienne de la feuille de papier dont le signifiant serait le recto et le signifié le verso a trouvé son écho dans le critère bilatéral de différenciation exprimé généralement de la manière suivante : one form/one meaning, qui subordonne le sens à la forme et réfute toute possibilité de synonymie, alors qu'en principe l'homéomorphisme devait faire correspondre les homophones/homographes à des correspondants sémantiques. |
| note | Ce critère se complète d'une contrainte logique impossible à satisfaire pour la synonymie : la double implication (implication réciproque), qui fait du sens quelque chose d'inorientable et d'inorienté et inséparable d'une forme unique. Ce critère, comme le principe d'Héraclite, rend impossible la description du sens. rem [2010] On notera que la double implication telle qu'elle est appliquée [aux phrases et non aux termes x et y] dans le DL laisse entrouverte la porte de la synonymie lexicale. |
| SENS RECONNUS PAR LA THÉORIE ⇨ objectifs | |
| position | Le « sens » de la phrase ne fait pas partie des objectifs de description d'une sémantique opératoire ni d'une théorie des opérations sémantiques, comme elles n'ont pas pour objet de rivaliser avec les grammaires ou autres quêtes pragmatistes. Janet Fodor et Ruth Kempson insistent sur le fait qu'un sémanticien doit corréler phrases et sens et Kempson va jusqu'à affirmer que cela doit être fait pour chacune des phrases de chacune des langues. Cette objection vaut également, a fortiori, pour la signification. |
| remarque | Cet objectif [de corrélation], que j'ai dit « infini » dans une communication, est également irréaliste, en plus de se substituer aux sujets parlant les langues en question. L'exhaustivité comme principe conduit à des attentes absurdes, à l'égal de celles de la pragmatique. La sémantique phrastique repose en fait sur le faux principe qui voudrait qu'une langue soit faite de phrases. Le rejet du « sens phrastique » entraîne le rejet de la compositionnalité du sens. L'observation de Russell à propos du fait qu'il nous est parfois possible de comprendre tous les mots d'une phrase pris sépararément, mais pas la phrase qu'ils forment, circonscrit ce que j'ai appelé l'effet de nomenclature, mais suggère (à tort) que le sens de l'une devrait résulter de la combinaison des autres. Le nombre de facteurs empêchant de comprendre une phrase est malheureusement invérifiable, comme toutes les phrases n'ont pas encore été produites (en supposant que quelqu'un tienne un registre de celles déjà produites et que l'on puisse en prendre connaissance en une vie humaine). |
| exemple/PL 1918 | Sparte subjugua la Messénie. || Le Sud a rarement envahi le Nord. || Le laudanum pallie certaines douleurs. || De vastes forêts couvraient jadis la Gaule. |
| observation | Le lieu du sens dans la chaîne parlée ou écrite reste le syntagme. D'où la notion de sémiotaxie. Dans une sémantique, la grammaire est réduite à son rôle syntactique le plus succinct, ordonner et orienter le procès, [outre le fait de fournir des redondances autocorrectrices]. Elle a un rôle de condition, dans les modules qui correspondent aux schémas fondamentaux. Dans les exemples ci-dessus, le même schéma intervient, mais pas comme condition. Seule la position suffit dans leur interprétation. |
| note | On ne retiendra pas « l'aspect argumentatif » du sens (ni de la « signification ») que voit Oswald Ducrot. C'est la langue qui sert à argumenter (au sens de l'argumentation) et non le sens (ni d'ailleurs la « signification ») ; que l'on parle de l'aspect argumentatif du discours, d'accord, et même de sa nature (au moins épisodique) argumentative ou potentiellement telle. Naguère Ducrot travaillait sur le propriétés scalaires de la langue, il semble qu'aujourd'hui il parle de blocs sémantiques... à quand une théorie pyramidale ? rem La composante argumentative de la signification (au sens où je l'emploie, c'est-à-dire comme prolongement interprétatif et gnostique du sens) est indubitable. On pourrait même suggérer qu'elle est une opinion sur le sens. Soit, ce que je pense de ‘garnir’, mais qui ne m'empêche pas de l'employer de façon neutre. Ce sera à la lecture ou à l'audition que l'interférence pourra se produire. rem [2010] Il me semble important de signaler que l'argumentation n'apporte rien à la sémantique, comme elle constitue un retour aux scolastiques ; mais naturellement la philosophie est fondée sur ces retours successifs, sur ces « marées », pour métaphoriser. |
| SETTING ⇨ contexte ; décor ; cadre | |
| description | (terme anglais employé parfois pour contexte) selon Katz-Fodor, a sentence cannot have readings [i.e. meanings] in a setting that it does not have in isolation. Oller (:22) commente et corrige : a sentence cannot have any meaning in isolation that it could not have in some setting. |
| Macmillan | (sélection) « place and time of a dramatic or literary work ; ⇨ that which surrounds a person or thing ; background ; environment » |
| rem | Il conviendrait d'abandonner l'idée d'opposer un mot isolé du mot dans une phrase. Un mot isolé peut avoir un sens (et éventuellement constituer ladite phrase [cf. les interjections]). Soit « quadrige ». |
| SI ⇨ conditionnelle ; hypothétique | |
| ≝ | conjonction (hypothétique) - Introduit soit une condition (à laquelle correspond une conséquence dans la principale), soit une simple supposition ou éventualité. PR. |
| note | Voir ci-dessous. |
| SI... ALORS ⇨ inférence ; implication | |
| description /DM | Quand l'énoncé P ⇒ Q est vrai, on dit souvent « si P est vrai, alors Q vrai » (sic). [P ⇒ Q : soit encore « P implique ou entraîne Q »]. |
| rem /2007 | Une déduction d'ordre sémantique ne s'encombre pas de la vérité. Cette apparente absence de servitude expose toute étude du sens aux apories, comme la syntaxe s'expose aux ambiguïtés. On évitera de faire du raisonnement déductif (ou inductif) de l'interprétation sémantique une implication, notamment parce que celle-ci dépend, hors de la logique, de l'appartenance, par le biais de l'inclusion. (A ⊂ B) → ( A ⇒ B) ≡ (B ∈ A) Sgada. |
| SIGNE I ⇨ signe ⇩ | |
| définition | On retiendra que généralement le « signe linguistique » est constitué de deux entités distinctes, associées pour les nécessités de la communication et de la représentation, la forme (cf. gr. homos) et le {sens} (cf. {semblable}, soit ‘forme’{sens}, en fonction de certaines conditions. Cette position est une variante de la solidarité saussurienne, dans justement le dogme de la solidarité. |
| note | On peut aussi envisager le signe comme miroir du modèle de traitement, et à ce moment-là, le doter de deux composantes supplémentaires, la référence et la signification, mais en réalité ce sont des fonctions, sur le principe bipartite, dénotation/connotation. rem [2010] malgré les conventions graphiques employées, ce n'est pas tout à fait le point de vue de la théorie des opérations sémantiques, explicité ci-dessous. |
| Bos ou Saussure ? | « Le langage tout entier repose sur l'association indissoluble de chacune de nos images mentales avec un mot qui en est le symbole. Une idée abstraite sera donc d'autant plus puissante, agira d'autant plus sur notre esprit, qu'elle aura, pour s'exprimer, plus de symboles,c'est-à-dire qu'elle pourra s'associer avec plus de signes extérieurs : mots, gestes, images visuelles, sensations de tous ordres. » Camille Bos (1901) |
| SIGNE II ⇨ signique | |
| description | Objet linguistique ou non linguistique constitué par le phénomène de semiosis (sémiotisation ou fonction sémiotique) qui fait en sorte qu'un élément quelconque devient signifiant, en vertu de rapports avec d'autres objets combinant tous les degrés de l'identité à la différence, et de rapports internes, entre la forme et le sens qui s'élabore. Les conditions fondamentales du signe [dans les systèmes humains] sont la systémicité qui entraîne la motivation externe au signe en tant qu'unité et l'arbitraire interne de cette unité comportant au minimum deux composantes: a) forme, b) sens. L'arbitraire externe est hors-système (intersystème) et touche le rapport entre le signe et l'objet-du-monde. |
| remarque | On parle d'iconicité si pour une raison ou une autre (ressemblance) on considère que le signe est motivé dans son rapport entre les deux objets intervenant dans la sémiotisation. Le crocodile des chemins de fer (probablement mis à la retraite) et la gueule du caïman [je sais : ce n'est pas un crocodile, mais un crocodilien]. Cette caractéristique est très sélective dans les métaphores. |
| note | La sémiotisation ou semiosis existe chez les animaux, dans ce qu'on a tendance à réduire au réflexe conditionné ou conditionnel, mais le processus n'attend pas une expérience humaine pour se mettre en place. Les connaissances du monde que possèdent un chien, par exemple, sont des signes au sens où des données sensibles ou cognitives sont associées à d'autres. Il est en outre capable de reconnaissance vocale, avec les deux apories propres au langage, la synonymie et la polysémie. |
| observation | Stabilité et permanence des signes. À propos de l'univers de discours, J. Lerot (1993 : 46) adopte un héraclitéisme korzybskien. « Il serait erroné de croire, écrit-il, que le sens des énoncés est construit uniquement à partir de la signification (sic) des mots utilisés. Si Julien dit à Julie : Je t'aime et que Julie lui répond : Je t'aime, ils n'ont pas dit la même chose bien que les mots soient les mêmes. » Je ne conteste pas la différence entre l'amour de l'un et celui de l'autre, mais le télescopage d'au moins trois plans en un seul. On donnera raison à Lerot en ce qui concerne les pronoms (déictiques) : ni le je ni le t'(e) n'ont la même référence, mais ils ont le même sens grammatical (c'est ce qui leur permet d'embrayer sur n'importe quelle situation) et le procès |aimer| n'est pas affecté par ses modalités de réalisation (ni par l'idée que chacun, y compris l'observateur-linguiste, se fait de cet amour). Avec la Sémantique générale, on pourra numéroter les amours, mais le type |amour| reste indépendant de ses occurrences : ne perdons pas de vue le caractère d'abstraction inhérent à la langue. |
| note sur l'observation | Contrairement à ce que pense Lerot, ils ont effectivement dit la même chose, quant à ce qu'ils pensaient ou qu'ils cherchaient à communiquer, les paris sont ouverts, mais il ne s'agit pas de sens. On peut imaginer le « même » type de dialogue entre Ursule et Antoine. L'un dit à l'autre « je t'aime », l'autre répond « je t'aime plus », à quoi le premier réplique « non, moi, plus », et le second enchaîne, « non, moi plus plus ». Et ainsi de suite. Cherchez le sens. Trouvez la fable. |
| SIGNIFIANT | |
| description | Terme signalé pour mémoire, car il n'occupe pas de place dans la théorie développée ici, pas plus que son corollaire, le signifié, malheureusement assimilé au concept. On lui préfère « forme » (phonique ou graphique). Le découpage de la forme ici n'a pas d'incidence sur le sens [thèse de la disproportion]. La forme n'est pas non plus un support (vecteur), mais une grandeur sémiotique physique. |
| REM/DL | Le signifiant, comme le rappellent Dubois et al. (articles « signifiant » et « signifié »), en tant qu'image acoustique, trahit son origine phonologique et ne peut d'emblée être assimilé au mot, ce qui pose un problème dans la civilisation occidentale. Le signe saussurien est encore, semble-t-il, plus arbitraire qu'il ne le croyait. |
| SIGNIFICATION I ⇨ sens | |
| définition /PL 1918 | Ce que signifie une chose. |
| exemple /ibid. | Contester la signification d'un mot. |
| note | Pour Martin (1976), la signification combine sens et situation ; c'est également comme cela qu'elle est entendue, dans un premier temps, dans la théorie des opérations sémantiques. |
| SIGNIFICATION II ⇨ axiologie ; doxologie ; idéologie | |
| description/1987 | Dans un modèle sémiotique constitué de trois phases successives de traitement, la signification est la dernière étape du processus général ainsi que de la sémiotisation : elle consiste en l'évaluation des produits des phases antérieures. |
| observation | ensemble de corrélations dans un univers de coordonnées, de comportements et de jugements collectifs et individuels. |
| complément/DESL | Ce complément est involontaire, puisqu'il y est d'abord question de la connotation à la Hjelmslev. « Lorsque Stendhal emploie un mot italien, le signifiant, ce n'est pas seulement le terme utilisé, mais le fait que, pour exprimer une certaine idée, l'auteur ait décidé de recourir à l'italien, et ce recours a pour signifié une certaine idée de passion et de liberté, liée, dans le monde stendhalien, à l'Italie. » rem Cette citation est un exemple d'interprétation axiologique basée sur une doxa qu'on prête à Stendhal. Je la rapporte parce qu'elle illustre la signification à l'œuvre, avec des emplois très métaphoriques sinon poétiques de ‘signifiant’ et de ‘signifié’, dignes de Barthes. On note le signifié à rallonges. |
| SIGNIFIÉ ⇨ signifier ; signe | |
| description | terme saussurien remplacé ici tantôt par « sens » ou « valeur » [dans le cadre de la règle d'interprétation] et tantôt par « élément de sens », sans que soit conservée l'adéquation au concept que lui reconnaissait Saussure. Ni le « contenu » ni le concept n'ont de place dans une sémantique opératoire, où les formes ne sont pas des contenants ; dans un tel cas, elles déborderaient dans le lexique et se videraient dans le syntagme. Le sens est une grandeur sémiotique cognitive. |
| REM | À l'arbitraire du signe (rapport intrasignique entre le signifiant et le signifié), s'ajoute, dans la théorie, la disproportion, notée par Michel Bréal, et illustrée par « l'analyse » qui clôt la fiche précédente. |
| SIGNIFIER (v.) ⇨ dénoté | |
| définition /DQ | Dénoter, marquer quelque chose, être signe de quelque chose. Cela ne signifie rien, se dit de paroles dont on ne peut rien conclure. |
| spécialmt. | En parlant de langue et de grammaire, exprimer, avoir tel sens. Ce mot latin signifie telle chose en français. |
| SIGNIQUE ⇨ signe ; semiosis | |
| description | Qui concerne le signe en tant qu'articulation de formes et de valeurs, « transcodables » dans le cas des signes non verbaux, et en tant qu'élément d'un système. |
| voir ⇨ | intrasignique ; intersignique |
| REM | Le terme permet d'éviter une surcharge polysémique de l'adjectif sémiotique. |
| SITUATION I ≢ contexte ⇨ cadre ; décor ; coordonnées | |
| description | Ensemble des conditions de production et de réception de l'énoncé, extérieur à l'énoncé lui-même ; facteur intervenant dans le passage du sens d'une phrase à la signification d'un énoncé. |
| DESL | On appelle situation de discours l'ensemble des circonstances au milieu desquelles se déroule un acte d'énonciation (qu'il soit écrit ou oral). Il faut entendre par là à la fois l'entourage physique et social où cet acte prend place, l'image qu'en ont les interlocuteurs, l'identité de ceux-ci, l'idée que chacun se fait de l'autre (y compris la représentation que chacun possède de ce que l'autre pense de lui), les événements qui ont précédé l'acte d'énonciation (notamment les relations qu'ont eues auparavant les interlocuteurs, et surtout les échanges de paroles où s'insère l'énonciation en question). |
| remarque | Quelque exhaustive que paraisse cette énumération, il y manque les attentes des locuteurs vis-à-vis les uns des autres, surtout dans une conversation (le moindrement qu'elle sorte de l'ordinaire et s'insère dans des rapports de domination). |
| observation | Néanmoins, la liste n'a pas à être exhaustive du point de vue non pragmatique du sens. Lors d'une convocation à une réunion du personnel relativement au régime de retraite, un collègue à qui je demandais ce qu'il subodorait, m'a répondu : on va nous dire à quelle sauce nous allons être mangés. J'ai parfaitement compris, sans me livrer à un examen approfondi de la situation. Quant à l'importance qu'aurait l'énonciateur dans la détermination du sens, elle est toute relative. Un énoncé comme « l'homosexualité est une maladie » n'est pas affecté par le statut social de l'énonciateur, mais je confesse que l'image que je me fais de lui [qui n'entraîne pas de nouvelle interprétation de l'énoncé] tend à ramener son quotient intellectuel autour de soixante-dix. |
| rem | Dans la règle d'inférence sémantique, la situation est une condition ␏ qui peut être complétée par le domaine ⌂. L'une ou l'autre peuvent intervenir dans l'élucidation d'un énoncé comportant le mot ‘pyramise’. |
| SITUATION II ⇨ deixis ; situation ; condition situationnelle | |
| définition/ | Ensemble des conditions matérielles, psychologiques, sociales et historiques (facteurs extralinguistiques) de la communication linguistique. Complément [2010] La définition tirée du DESL, citée dans la fiche précédente, est, on s'en doute, essentiellement pragmatique (c'est-à-dire appartenant à la discipline qui porte ce nom) : Dans la théorie des opérations sémantiques on préférera en préciser les éléments plutôt que d'en faire une bouillie indigeste et incompatible avec les capacités des interlocuteurs. |
| description | La situation appartient à la déixis, première étape de la sémiotisation. La situation est un facteur d'interprétation, mais ne produit de sens que dans les rares cas où la situation est intégrée au syntagme; elle donne lieu plutôt à une réévaluation du sens, qui se transforme alors en signification. |
| renvoi | Le DDL consacre deux excellentes pages à la notion et à ce qu'elle peut embrasser. |
| note/DL | Dubois et al. parlent de conditions qui déterminent la communication (émission d'un énoncé). À l'époque ils remarquent que l'usage en linguistique favorise contexte et contexte situationnel. Ils n'y signalent pas la pression de l'anglo-américain. |
| remarque | La situation désigne ce qu'on oppose au contexte linguistique et qu'on appelle parfois contexte situationnel. Il s'agit des coordonnées spatio-temporelles de l'énoncé ou de l'énonciation/réception. L'artifice h&n [Hic et Nunc] désigne le rapport à la situation contemporaine de l'énoncé, par opposition à une situation imaginaire. C'est dans la théorie de l'énonciation que la notion de situation a été le plus développée, cf. Groussier, Groussier et Chantefort (1972 : 230) qui la définissent comme les « Circonstances qui conditionnent une énonciation donnée et réseau de relations entre ces circonstances en fonction de l'énonciation », et qui, pour Guillemin-Flescher (1981 : 508) est le « Terme qui renvoie au domaine extra-linguistique et qui implique un ensemble de coordonnées permettant de situer un événement (au sens large) de telle façon que celui-ci soit défini, par exemple par rapport à une origine et un espace spatio-temporel. » |
| Suppl. 2010 | Dans la théorie, une situation peut se résumer par un nom (généralement un lieu, une activité, un phénomène naturel) : « aux barres parallèles », « à la gare », « en voyage », « pendant l'orage », etc. Sa pertinence se mesure à son incidence sur l'attribution d'une valeur donnée à la forme à sémantiser. |
| symbole | Dans la formulation ou l'application de la règle d'inférence sémantique, la situation, intervenant comme condition est noté sit, avec ou sans libellé, sit[x] ou avec un symbole des caractères spéciaux : ␏ ⋁ ␏[x]. ▲ ‘camaraderie’ ∁ ␏[littéraire] ⊢ {esprit de coterie}. La condition de situation est une sous-classe de la condition référentielle, avec celle de domaine. |
| SOPHISME ⇨ paralogisme | |
| définition /Verest | Raisonnement vicieux volontaire. |
| compl. /DQ | Fait avec l'intention d'induire en erreur. |
| exemple /ibid. | L'école d'Élée a imaginé de nombreux sophismes pour démontrer la non-existence du mouvement. |
| SOUS-ENTENDU ⇨ présupposé | |
| description | Ce que le locuteur/auteur laisse conclure à son auditeur/lecteur |
| définition /PL 1918 | Sous-entendre, c'est ne pas exprimer une chose qu'on a dans la pensée ; se dit des mots qu'on n'exprime pas et qui peuvent être aisément suppléés. |
| exemple /DL | Dans la phrase impérative Venez demain à cinq heures l'interprétation sémantique peut laisser supposer un complément de lieu comme à la maison, chez moi, qu'il est aisé de suppléer par le contexte. |
| remarque | L'auteur de l'article étend le sous-entendu à l'absence du sujet vous par référence au cadre syntaxique de la phrase assertive. On peut ne pas être d'accord. Comme on peut se demander quel contexte va suppléer les éléments qu'on actualisera. |
| STEMMA ⇨ boîte de Hockett ; module ; synèse | |
| ≝ DLL | Schéma représentant la structure de la phrase à la manière d'un arbre généalogique, dû à L. Tesnière (1893-1954). |
| /Ibid. | Les nœuds du stemma représentent les éléments de la phrase, les traits de connexion entre ces nœuds matérialisent les rapports de dépendance entre les éléments. [S. C.] Voir subordonné. |
| EX. /DLL et DL | Jean voit un ours blanc / mon jeune ami lit un beau livre [⇩ graphique] |
| rem | Sans nécessairement retenir la hiérarchie, le stemma se prête à la représentation graphiques des synèses, telles qu'elles ont été définies dans « De l'inférence sémantique », sous l'influence des schèmes de Revault d'Allones. |
| [Fiche ajoutée en 2010]. | |
| STYLISTIQUE | |
| définition/PL 1997 | Étude scientifique du style. (Le terme est absent du PL 1918.) |
| remarque | Malgré des travaux souvent d'un intérêt indubitable pour le linguiste, la stylistique s'est concentrée, depuis Bally, sur les faits d'expression et tend à avoir une conception « foisonnante » du sens : « Le mot dans son contexte verbal, autant dire son emploi, se charge donc de valeurs, passées et présentes, constantes ou éphémères, liée à la vie d'une communauté, d'un groupe, d'un individu », note d'une part P. Joeffroy-Faggianelli (1981:62) et de l'autre : « L'emploi d'un mot, dans une circonstance donnée, confère à ce mot une tonalité dérivée d'un contexte, une tonalité qui n'a qu'une valeur individuelle, car elle est le fruit d'associations intimes. » Il est clair que ce n'est pas sur de pareilles bases que peut se constituer une sémantique (même dont l'ambition ne serait que technique plutôt que scientifique), et pourtant la micro-macrosémantique de Rastier (1987-1991), en structurant la virtualité comme l'inhérence, perpétue une certaine héméneutique-exégèse du texte. Sur les conditions scientifiques d'une stylistique, on se reportera à l'ancienne synthèse de P. Guiraud (1954) qui montre bien l'ambiguïté de la démarche des linguistes de la première moitié du siècle, séduits par la stylistique et presque tous portés à assimiler langue et style. Je ne nie pas l'intérêt des énoncés hors du commun, ni les lettres de noblesse de l'explication de texte (que Durozoi et Roussel [1987 : 124] font remonter à Platon), mais il importe de dégager le sens du sentiment si l'on veut ne fût-ce que l'approcher. Si cette condition paraît inutilement contraignante, on pourra se consoler en consultant la section consacrée aux opérateurs, dont je donne deux exemples (soulignés) dans cette citation : « Sa parole (et donc sa pensée) a repoussé jusqu'à l'infini « ou l'indéfini » les limites du temps et de l'espace. » [P. Joeffroy-Faggianelli.] Par réaction, on ne fera pas du sens le niveau conceptualisé que veut y voir Pottier 1992a:7), lieu des noèmes [qui seraient les nouveaux universaux, indépendant des langues particulières]. Contrairement à ses propositions, dans le modèle sous-jacent, le linguistique n'est jamais tout à fait banni, même au stade épistémique : le jugement reste une forme linguistique quelconque. Dans la tradition rhétorique des manuels de composition, la stylistique a conservé ses liens avec la pédagogie, comme en témoigne le manuel de Cressot (1947), remis à jour. Mon goût pour les vieux manuels me porte vers Chapsal, Larie et Fleury et Verest. |
| SUBALTERNATION | |
| définition /VTCP | Inférence immédiate en vertu de laquelle on conclut de la vérité de la subalternante à celle de la subalternée ; ou de fausseté de la subalternée à celle de la subalternante (à condition : 1° que la subalternée soit une particulière minimale, c'est-à-dire s'appliquant à quelque individu au moins de la classe considérée, sans exclure le cas où le prédicat qu'elle énonce serait vrai de tous ; 2° que l'on n'accorde pas à la particulière une valeur existentielle alors qu'on ne l'accorde pas à l'universelle). |
| remarque | Pour rendre cette définition plus intelligible, on peut se reporter au carré logique1. Cuvillier signale les propositions subalternes, c'est-à-dire différant seulement en quantité : |
| exemple | « Tous les A ne sont pas B » et « Certains A sont B » |
| note | La subalternante et la subalternée sont les deux termes de l'opposition, mais une universelle peut être une subalternée si l'on se fie à Gardeil. Réflexion faite, je transpose ci-dessous le tableau de Gardeil en espérant que les relations seront compréhensibles. |
| A | tout homme est juste | ← contraires → | nul homme n'est juste | E |
| sub-alternées ↓ | ↖ ↗ contradictoires ↙ ↘ | sub-alternées ↓ | ||
| I | quelque homme est juste | ← sub-contraires → | quelque homme n'est pas juste | O |

| SUBORDINATION ⇨ subordonnée ; stemma | |
| description | Relation de dépendance qui lie une proposition, que son contour mélodique incomplet et le fait d'être introduite par un terme particulier empêchent de fonctionner de manière autonome, à une autre proposition qui lui sert de support syntaxique et sémantique |
| définition /PL 1918 | Gram. — Dépendance d'un mot par rapport à un autre mot. |
| SUBORDONNANT ⇨ coordonnant | |
| description | Qui annonce une proposition subordonnée ou indique une subordination. |
| DLL | La thèse de Martinet distingue clairement les subordonnants des coordonnants (conjonctions de coordination, qui n'introduisent jamais un élément dont le rôle syntaxique serait différent de celui auquel elles le rattachent, ne marquent jamais le rôle syntaxique proprement dit de cet élément). Ce qui lui fait rapprocher les conjonctions de subordination (ou subordonnants) des prépositions, comme indicateurs de fonction ou monèmes fonctionnels. |
| SUBORDONNÉ ⇨ superordonné | |
| description/1987 | Utilisé comme substantif dans une hiérarchie d'inclusion, équivalent d'hyponyme quand il s'agit de termes du lexique ou d'infrasème, quand il s'agit d'unités de description métasémantique. |
| syntaxe de Tesnière | Dans la connexion syntaxique, le subordonné est le terme inférieur alors que le régissant est le terme supérieur (DL). Voir ⇧ stemma. |
| Observation/2007 | Le terme d'infrasème est mal formé (comme son complémentaire, le suprasème) ; il faudrait leur préférer catosème (en dessous) et anosème (au-dessus). Les dérivés d'inclusion et d'inclure posant divers problèmes (on rencontre « incluant »), j'ai opté pour ‘subordonné’ qui ne comporte pas de risques. En particulier depuis que j'ai abandonné l'idée d'unités de l'ordre du sème. |
| Note/Cuvillier | Subordonné semble être employé en biologie (dans la systématique classique) pour désigner certains caractères soumis à un caractère dit « dominateur » |
| exemple/Cuvillier | « vertébré » par rapport à « mammifère », « oiseau », « reptile » |
| REM | La mention de Cuvillier est faite à l'article caractère ; on se souviendra que c'est le terme, en concurrence avec celui de « note », qui servait à désigner les éléments d'une classe générique ou spécifique, dans l'analyse conceptuelle classique, quand la sémantique était un domaine que les grammairiens et philologues disputaient aux philosophes et logiciens. |
| SUBORDONNÉE ⇨ subordonnant | |
| description | Proposition qui en complète une autre, soit au titre de la circonstance, soit au titre de sujet ou de complément d'objet, soit enfin au titre de complément du nom. — note [DL] la subordonnée n'a pas d'autonomie grammaticale, et ne pourrait pas être utilisée telle quelle comme une phrase simple ; classées selon le mot introducteur (relatives, conjonctives, interrogatives indirectes) ou le mode (infinitif). |
| définition/PL 1918 | Qui exprime une idée conçue comme dépendant d'une autre idée exprimée par une proposition dite « principale ». |
| proposition subordonnée /Ibid. | Celle qu'une conjonction rattache à une proposition principale pour en compléter le sens ou pour y ajouter l'idée de quelque circonstance. |
| exemple /ibid. | Les hommes regrettent la vie quand elle leur échappe. |
SUBSTANCE ⇨ expression
| SUBSTITUT ⇨ anaphorique (a-m) ; pronom ; représentant ; possessif | |
| description | Forme linguistique qui en remplace une autre (généralement plus longue) pour éviter sa répétition dans l'énoncé. |
| description /DL | Il s'agit des pronoms (personnels, démonstratifs, possessifs) considérés dans leur fonction principale qui est de se substituer à un mot ou à un groupe de mots, qu'ils représentent ou remplacent. |
| exemple /ibid. | Dans Il lui parle, lui est un sbstitut remplaçant un syntagme nominal animé, masculin ou féminin, singulier. |
| SUBSTITUTION I ⇨ commutation ; permutation | |
| définition /PL 1918 | Action de mettre une personne, une chose, à la place d'une autre. |
| ling. | Opération apparentée à la commutation et à la permutation. On peut substituer une unité à une autre, à son rang d'intégration dans l'ordre de la forme, un phonème à un autre, une lettre à une autre, un mot* à un autre, une expression à une autre, un syntagme à un autre, une proposition à une autre. Avec la phrase, on entre dans le domaine du style ou de la correction, au sens de remédier à une « faute », mais la notion de phrases équivalentes n'est pas exclue. La substitution de sens ne peut se faire que par l'entremise du plan de la forme. |
| *note | Le rang du mot accepte des « mots à expansion », comme le suggère l'emploi du terme d'expression. Une expression peut être substituée à un mot et inversement, et la chose peut être étendue au syntagme et à la proposition. On y ajoutera les locutions diverses (au sens strict, comme les locutions prépositives ou verbales) et au sens large comme les locutions dites idiomatiques. On notera que les phrases figées, avec statut de locution (v. g. les jeux sont faits), ne se plient pas à cette possibilité d'insertion substitutive, sauf au rang de proposition. V. l'exemple forgé. |
| exemple | Il jeta les dés pour pouvoir dire que les dés étaient jetés. |
| SUBSTITUTION II ⇨ permutation | |
| description/1987 | Comme la notion de paraphrase cette procédure de contrôle appartient à la panoplie des outils conceptuels de la linguistique en tant que discipline-cadre de la sémantique. Dans le contrôle du dictionnaire le test de substitution permet de distinguer les "valeurs" possibles des "conditions", dans l'élaboration d'une description sémantique lexicographique ou d'une description sémantique autonome, mais peut tout simplement permettre de tester l'efficacité de sémantisation d'un dictionnaire. Le sens (identité, équivalence, différence) se contrôle par la substitution. |
| définition/ | Opération par laquelle un mot ou un équivalent (y compris un élément de sens, un sens ou une paraphrase) est inséré à la place d'un autre mot. Cette opération appartient également à la panoplie de contrôle (vérification) du sens et aux critères manipulatoires des opérateurs [sémiotiques]. |
| note | Cuvillier fait intervenir la substitution dans la définition qu'il donne du verbe comprendre suivi de « un signe, un symbole, une langue ». |
| SUFFIXATION ⇨ préfixation ; sémantique du composé | |
| description | Procédé par lequel on adjoint un élément à une base (le suffixe se place derrière) pour créer une nouvelle unité lexicale. Cette suffixation est dite dérivationnelle, et se distingue de la suffixation flexionnelle qui concerne les marques (cas, genre, nombre, temps, personne) et qui ne donne de nouveaux « mots » qu'accessoirement. A la différence du préfixe, le suffixe semble plus étroitement lié à sa base. |
| exemple | strie → striure ; duc → duchesse. |
| SUFFIXE ⇨ racine | |
| description /LetF | On appelle suffixe (littéralement : fixé à la suite toute syllabe placée après la racine. Les suffixes expriment des idées secondaires ajoutées à l'idée principale. |
| exemple /ibid. | Dans monceau (littéralement : petit mont), ceau est un suffixe. |
| remarque /ibid. | On appelle dérivé tout mot formé d'un autre mot par l'addition d'un ou plusieurs suffixes. Le mot monceau est un dérivé par rapport à <mont>. Le mot, simple ou composé, dont un dérivé est formé se nomme le radical de ce dérivé. Mont est le radical de monceau. |
| SUJET ⇨ réel (sujet) | |
| description | Fonction exercée dans la phrase par un terme obligatoire appartenant à la catégorie du nom ou à des catégories équivalentes (pronom, forme nominale du verbe [infinitif], proposition conjonctive), qui confère au verbe ses catégories de personne et de nombre. |
| Log. | Dans une proposition attributive, l'être auquel est attribué le prédicat, l'attribut [Petit Robert]. |
| SUJET de l'énonciation[1] | |
| description/Guillemin-Flesher | Le terme sujet est réservé A) aux sujets énonciateurs qui sont à l'origine des repérages dans la construction des valeurs référentielles. Ainsi on établit la valur référentielle du pronom personnel dans les deux énoncé suivants : |
| exemple /ibid. | 1) « J'ai fait une erreur » ; 2) « tu as fait une erreur », comme étant dans le cas (1) une valeur de coïncidence (sujet de l'énoncé je = sujet énonciateur) et dans le cas (2) une valeur de non-coïncidence ou de différence (sujet de l'énoncé tu = co-énonciateur, donc différent de l'énonciateurrem |
| suite | Le terme sujet est réservé B) aux sujets de la relation intersubjective (ou inter-sujets), c'est-à-dire deux sujets mis en relation de telle façon que l'un agit sur l'autre : 3) « He can play the piano » ; 4) « He can play the piano when he's finished his homework. » En (3), la relation privilégiée est la relation sujet-prédicat — le procès can play the piano exprime une propriétérem du sujet de l'énoncé he. En (4), la relation privilégiée est la relation inter-sujet. Grâce à l'ajout de la proposition temporelle le procès est envisagé en tant qu'occurrence et la valeur filtrée est la valeur de permision. Cette valeur met en jeu le sujet énonciateur et le destinataire de la permission he. |
| fin | Le terme sujet est réservé C) au sujet de l'énoncé, c'est-à-dire le terme origine d'un procès qui a la propriété animé humain. |
| exemple/ibid. | 5) Mary kissed the baby : 6) John decided to go home. |
| remarque | a) Le tu n'est pas co-énonciateur si le sujet énonciateur s'adresse à lui-même (monologue). — b) Le terme de propriété me semble employé mal à propos : il ne s'agit ni d'une chose (qualité) possédée en propre, ni d'un caractère ni d'une vertu. C'est une aptitude. — Seuls les spécialistes pourront démêler ce qui appartient à Culioli dans le contenu de cette fiche. |
| note | [1] Comme je l'ai signalé à propos du complément, Jacqueline Guillemin-Flescher s'inspire de la théorie d'Antoine Culioli et a mis au point, en fin de son ouvrage, un ample glossaire très détaillé. |
| SUJET PARLANT ⇨ idiolecte | |
| description | être humain capable de langage et possédant une compétence linguistique qui est la grammaire de sa langue. |
| remarque | Dans la théorie, le sujet parlant est remplacé par le sujet interprétant ou sujet interprète (je crois même avoir utilisé « sujet comprenant », bien que ce soit préjuger de l'issue). L'auteur du message redevient banalement le locuteur, s'il s'agit d'un énonciateur physique, ou plus généralement « le producteur de l'énoncé ». |
| SUPERORDONNÉ ⇨ suprasème ; générique ; inclusion ; genre | |
| définition/1987 | Dans une classe hiérarchisée, le terme occupant le poste "genre" dans la relation « genre ⊃ espèce ». Ainsi ringard pour « tire-braise ». Cette relation est labile, c'est-à-dire qu'elle se déplace dans la classe, ainsi avec barre, « ringard » n'occupe plus le même poste. |
| exemple | superordonné ⊃ subordonné ; suprasème ⊃ infrasème ; genre ⊃ espèce ; hyperonyme ⊃ hyponyme |
| Suppl. 2010 | Le symbole ‘⊃’ n'a plus cours, mais se lit « contient » ou « inclut », par opposition à x ⊂ y, « est inclus dans ». Le symbole actuel [2010] est x ⇗ y et le schéma se lit : x domine y ou x est le su[pe]rordonné d'y. |
| SUPRASÈME (≡ANOSÈME) ⇨ infrasème ; superordonné ; subordonné ; générique | |
| définition/ | Sème générique, correspondant au genre dans la taxonomie. |
| exemple | /converser/ est le suprasème [anosème] de /dialoguer/ dans un paradigme où /parler/ serait le terme le plus primitif, qui pourtant pourrait inaugurer une nouvelle classe : /articuler/. |
| Voir la remarque de la fiche qui suit. | |
| SUPRASÉMIE [≡ANOSÉMIE] | |
| description/1987 | La suprasémie est une des trois opérations métasémiques, c'est-à-dire un parcours de la série (classe) formée par des sèmes connexes, organisés dans une progression de l'abstraction. La suprasémie parcourt la classe vers l'abstraction (contr. infrasémie [= catosémie]). |
| remarque | Si les termes de suprasème et d'infrasème sont aujourd'hui abandonnés, les notions correspondant au genre et à l'espèce demeurent et prennent ici les noms de superordonné et de subordonné (comme il s'agit d'adjectifs servant de noms, ils peuvent être précédés de ‘élément de sens’ ou de ‘mot’ (lexème, lexie) |
| SURFACE (structure de) ⇨ profonde | |
| description | En grammaire générative, organisation syntaxique de la phrase réalisée produite par l'application des transformations à la structure profonde. |
| exemple /DDL | Pierre promet à Marie de venir par rapport à (issu de) [Pierre promet qqch à Marie] et [Pierre viendra] |
| SUSPENSION ⇨ neutralisation ; parcours | |
| description | Le cas de la synonymie des boucles terminales des classes est un exemple caractéristique de la suspension sémique que produit la nécessité de décrire le sens. On remarquera que la suspension sémique dans le cas des figures peut être abandonnée si l'on adopte le point de vue de l'assignation indirecte. [Thèse de l'indirection du sens.] |
| remarque | Il s'agit des boucles des parcours génériques/métasémiques |
| SYLLEPSE | |
| description /LetF | La syllepse est une figure qui fait accorder les mots, non d'après les règles de la grammaire, mais d'après l'idée dominante de la phrase. En vertu de la syllepse on viole les règles d'accord relatives au genre, au nombre et à la personne. |
| exemple /m.s. | Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge ; Vous souvenant, mon fils, que, caché sous ce lin, Comme eux vous fûtes pauvre, et comme eux orphelin. |
| exemple /PL 1918 | il est six heures (syllepse de nombre) ; les vieilles gens sont soupçonneux (syllepse de genre). |
| commentaire /ibid. | Le pronom eux, dans cette phrase (de Racine), ne peut représenter que les pauvres ; or, ce substantif n'est pas exprimé ; il y a seulement le pauvre qui fait penser aux pauvres en général. De là le pluriel du pronom, ce qui constitue une syllepse par laquelle est enfreinte la règle d'accord relative au nombre. |
| SYLLOGISME ⇨ catégorique (syllogisme) ; syllogisme et inférence ; conditionnel (syllogisme) | |
| définition /PL 1918 | Argument qui contient trois propositions : la majeure, la mineure et la conclusion, et tel que la conclusion est déduite de la majeure par l'intermédiaire de la mineure. |
| exemple /ibid. | Tous les hommes sont mortels (majeure) ; or, tu es un homme (mineure) ; donc tu es mortel (conclusion). |
| description /Omnis | Ce raisonnement a la forme d'une implication dont l'antécédent est la conjonction de deux propositions appelées « prémisses ». La théorie systématique des syllogismes, ou syllogistique, remonte à Aristote ; ses principales thèses sont les lois de la conversion (v. ⇩). La syllogistique d'Aristote a été entièrement transcrite en logique symbolique par J. Lukasiewicz. Voir ci-dessous le développement plus fourni du GDEL. |
| exemple /ibid. | si tout B est A et si tout C est B, alors tout C est A. |
| exemple /ibid. | [Conversion] si tout B est A, alors quelque A est B. |
| développement /GDEL | Aristote a défini le syllogisme par l'idée que la conclusion dérive nécessairement de la position des prémisses. Il faut ajouter à cette définition que le syllogisme est le raisonnement médiat fondé sur les rapports d'implication des termes. Ex. ⇩. Le syllogisme se construit sur trois termes : le grand (prédicat de la conclusion), le petit (sujet de la conclusion) et le moyen (qui met les deux autres en rapport). Il se compose donc de trois propositions : la majeure (grand et moyen terme), la mineure (petit et moyen terme) et la conclusion (petit et grand terme). La conclusion résulte des rapports logiques des termes sous ce double principe : ce qui vaut de l'universel vaut également des espèces et des individus ; ce qui ne vaut pas de l'universel ne saurait légitimement s'appliquer aux espèces et aux individus. (...) [J'omets le développement sur les figures (place du moyen terme dans les prémisses) et les modes (nature quantitative et qualitative des propositions), parfaits ou imparfaits, affaire de la scolastique, qui se termine par cette intéressante conclusion : « Le raisonnement par syllogisme est aujourd'hui complètement abandonné. », ce qui est incompatible avec l'adéquation faite avec l'implication. cf. ⇩] |
| exemple /ibid. | Si « homme » implique « mortel » et que « Socrate » implique « homme », il faut conclure que « Socrate » implique « mortel ». |
| note | Lambert (1763, dans son Neues Organon) remarquait déjà que les mathématiciens commencent par la mineure et reprenait par anticipation : ce qui vaut du genre vaut de toutes les espèces, rattachant le syllogisme à l'inclusion. Il indiquait notamment que « souvent la majeure n'est que mentionnée, le lecteur pouvant la trouver de lui-même, on la retrouve à partir de la mineure et de la conclusion. » Pour se faire une meilleure idée, je propose les tableaux suivants du schéma fondamental ⇩. J'attire l'attention sur le fait que pour le GDEL le verbe ‘être’ est l'équivalent d'une implication, ce qui n'est pas absolument évident (mais courant en logique moderne). |
| observation | On ne manquera pas de noter la difficulté que présente le principe gouvernant les rapports logiques : l'universelle n'est pas le genre. Les philosophes appelaient la première la quantité (tout, quelque, aucun), tandis que le genre n'a qu'un cran de généralité de plus que l'espèce, et constitue un rapport labile, entre superordonné et subordonné. |
| Si homme implique mortel | Si tout B est A | majeure | grand et moyen terme |
| et que Socrate implique homme | (et) si tout C est B | mineure | petit et moyen terme |
| il faut conclure : Socrate implique mortel | alors tout C est A | conclusion | petit et grand terme |
| Termes : définitions | ||
| grand terme | A | prédicat de la majeure et de la conclusion |
| petit terme | C | sujet de la mineure et de la conclusion |
| moyen terme | B | sujet de la majeure et prédicat de la mineure, qui met en rapport les deux autres, c'est-à-dire le sujet (C) et le prédicat (A) de la conclusion |
| SYLLOGISME DISJONCTIF | |
| définition /Cuvillier | celui qui a pour majeure une proposition disjonctive |
| schéma | A est R ou S. Or A est R. Donc A n'est pas S. Ou bien — Or A n'est pas R. Donc A est S. |
| SYLLOGISME ET INFÉRENCE ⇨ conditionnel (syllogisme) ; catégorique (syllogisme) ; syllogisme | |
| note | On peut s'interroger sur la pertinence de mon intérêt pour la question du syllogisme qu'on dit abandonné (Omnis, GDEL), après lui avoir reproché d'être stérile, d'être une tautologie ou encore un cercle vicieux. Il y a naturellement quelque chose de mécanique dans le syllogisme (je ne m'intéresse pas aux raffinements scolastiques —figures et Barbapapa (sic)—, mais au schéma de base), puisqu'il cerne le principe de la déduction ou, plus justement, du raisonnement. Gardeil écarte les reproches des « modernes », sauf celui de stérilité, mais chercher dans le raisonnement un instrument de découverte c'est prendre une horloge pour une machine à voyager dans le temps. Gardeil lui reconnaît des vertus de remplacement ; le syllogisme permettrait de classer ou de vérifier, dans l'incapacité où il serait de faire progresser la connaissance. Comme si le progrès des connaissances était synonyme de découverte. La réorganisation de celles-ci a autant d'importance. [Sans oublier la re-découverte, c'est-à-dire la rectification.] Là où il apporte un argument intéressant, c'est quand il explique que pour le nominaliste l'universel serait une collection de cas particuliers. Pour Gardeil, le syllogisme n'est pas la détermination d'un cas particulier de cet universel, mais l'identification de deux extrêmes par un moyen terme, une « opération de médiation causale ». |
| exemple | Pierre (t) est contemplatif (T) parce qu'il est philosophe (M). t=petit terme ; T=grand terme ; M=moyen terme. Tout philosophe (M) est contemplatif (T) Or Pierre (t) est philosophe (M) Donc Pierre (t) est contemplatif (T) Gardeil utilise trois cercles concentriques qu'il dit emprunter à Euler. En partant du centre, on a (((t)M)T). On peut aussi considérer que les individus héritent de la propriété de la classe à laquelle ils appartiennent. [cf. « ce qui vaut du genre vaut de toutes ses espèces. »] Les cercles concentriques de Gardeil illustrent ce qu'il appelle le point de vue extensionniste. En termes de compréhension (intension), T fait partie de la compréhension de t, parce que t fait partie de la compréhension de M. |
| rem | Cette dernière affirmation est mienne [dans le graphique, Gardeil 2] ; elle est peut-être erronée, puisque le langage courant dirait que Pierre est contemplatif parce qu'il est philosophe (en admettant que ce soit vrai), ce qui marque le caractère de médiation indiqué par Gardeil. Le bec recourbé du calao est une propriété, mais on ne songerait pas à le mettre à la place du caractère contemplatif. Je ne crois pas qu'en dehors de son appartenance à l'arsenal (ou la panoplie) des raisonnements, le syllogisme se prête particulièrement bien à la description du sens. |

| SYLLOGISME (FIGURES DU) | |
| source | emprunté au Thésaurus d'Universalis |
| note | les quatre tableaux comprennent toutes les combinaisons possibles des deux prémisses (majeure et mineure), réparties par figures et modes (par type de proposition), c'est-à-dire A = universelle affirmative, E = universelle négative, I = particulière affirmative, O = particulière négative. Première figure, où le moyen terme est d'abord sujet puis prédicat ; Deuxième figure, où le moyen terme est prédicat, puis prédicat ; Troisième figure, où le moyen terme est sujet, puis sujet ; Quatrième figure, où le moyen terme est prédicat puis sujet) — pour la compréhension, on se reportera fréquemment à l'exemple ci-dessus, tiré du GDEL. L'astérisque (d'EUT) indique les modes reconnus valides au Moyen Âge (plus que n'en reconnaissait Aristote, disent-ils). « Des 64 paires de prémisses possibles pour les quatre figures, seules dix-neuf permettent d'inférer validement une conclusion. » remarque : chaque paire forme un mode, soit en exemple, les quatre modes légitimes de la première figure (Gardeil) : AA - AI - EA - EI. Dans le syllogisme emprunté au même auteur, le moyen terme est sujet, puis prédicat : Tout philosophe (M) est contemplatif (T) [majeure] Or Pierre (t) est philosophe (M) [mineure] Donc Pierre (t) est contemplatif (T) [conclusion] |
| 1re figure - le moyen terme est d'abord sujet, puis prédicat | ||||
| A | E | I | O | |
| A | AA* | AE | AI* | AO |
| E | EA* | EE | EI* | EO |
| I | IA | IE | II | IO |
| O | OA | OE | OI | OO |
| 2e - le moyen terme est prédicat, puis prédicat | ||||
| A | E | I | O | |
| A | AA | AE* | AI | AO* |
| E | EA* | EE | EI* | EO |
| I | IA | IE | II | IO |
| O | OA | OE | OI | OO |
| 3e - le moyen terme est sujet, puis sujet | ||||
| A | E | I | O | |
| A | AA* | AE | AI* | AO |
| E | EA* | EE | EI* | EO |
| I | IA* | IE | II | IO |
| O | OA | OE | OI | OO |
| 4e - le moyen terme est prédicat, puis sujet | ||||
| A | E | I | O | |
| A | AA* | AE* | AI* | AO |
| E | EA* | EE | EI | EO |
| I | IA | IE* | II | IO |
| O | OA | OE | OI | OO |
| SYMBOLE (litt.) | |
| définition /Verest | Le symbole revêt d'une forme sensible caractéristique une idée, une pensée abstraite. |
| exemple | Le chien est le symbole de la fidélité (PL 1918). |
| SYMBOLES ⇨ barre de Sheffer | |
| description | Les relations et les opérations sémantiques et sémiocognitives sont, dans la théorie, contraintes par une notation symbolique. La page du site consacrée aux symboles est toujours valable ⇨ , avec les précautions d'usage. |
| exemple | ≠ (différence) ; ∧ (et) ; ∩ (intersection) ; ≝ (définition) ; ⊂ (inclusion) |
| observation | En vingt ans, les symboles et les notations ont connu de nombreux changements, comme de nombreuses adjonctions. Ce flottement est évidemment contraire au but recherché dans le recours à des signes qui devraient demeurer monosémiques. Mais l'évolution des notions et les lectures sont à compter parmi les facteurs de changement. L'idéal serait de revoir les notations des divers ouvrages du site pour les unifier, avec cette réserve qu'il faudrait ménager une place à l'historique de chaque signe au sein de la théorie. |
| rem | Si l'unification et la standardisation se révèlent compliquées en créant un aplatissement du caractère évolutif de la théorie, il serait possible de faire figurer un double mis à jour de chaque formule et de chaque exemple. Un autre rocher de Sisyphe jeté dans le tonneau des Danaïdes. |
| voir | les symboles des relations sémantiques figurent dans le graphique sous la fiche des relations en question. |
| SYMÉTRIE ⇨ (en général) symétrie ; antisymétrique ; relation | |
| définition /DL | La symétrie est la propriété de l'égalité des ensembles qui permet d'inverser la proposition A = B en B = A. |
| verbe symétrique | (DL) Le soleil jaunit les papiers → les papiers jaunissent au soleil (au contact, sous l'effet de). |
| définition /DM | Relation binaire ℛ sur un ensemble E telle que x ℛ y entraîne y ℛ x pour tout couple (x, y) de E2. |
| remarque | Toutes les relations sémantiques ou englobées dans la sémantique ne sont pas nécessairement symétriques. Le cas du DL est une relation d'égalité (ou d'identité). La relation d'inclusion (entre le genre et l'espèce et inversement) est a[nti]symétrique. Voir antisymétrique. |
| note | « entraîne » est synonyme d'implique. |
| SYNAPSIE ⇨ pléonasme ; syntagmation | |
| description | Unité lexicale de signification (sic) composée de plusieurs lexèmes, obéissant généralement aux schémas N de N, N à N, N à V. |
| exemple | pince à ongle, lit de camp, pompe à essence, moulin à vent, veilleur de nuit. Notion que l'on doit à Émile Benveniste. |
| remarque | L'insertion d'un déterminant dans la synapsie semble provoquer l'éclatement synaptique dont l'expansion (notamment par actualisation pléonastique) serait mal tolérée. |
| exemple /rem | un mirage ≍ {⇗{phénomène [d'optique]}} → ‽ un mirage d'optique |
| qui se lit : | mirage au sens de [genre] phénomène d'optique → mirage d'optique ? |
