AZ
Présentation alphabétique et chronologique de la théorie des opérations sémantiques (1979-2012)




XV




Synecdoque  ·  Zeugme




table d'orientation de la page 15
synecdoque I  ·  synecdoque II  ·  synèse  ·  synonyme  ·  synonymie I  ·  synonymie II  ·  syntagmation I  ·  syntagmation II  ·  syntagmatique (axe)  ·  syntagme I  ·  syntagme II  ·  syntaxe  ·  syntaxe II  ·  tables de vérité  ·  tautologie  ·  témoignage  ·  temps  ·  terminaison  ·  terminatif  ·  terminologie  ·  tests sémantiques  ·  thème  ·  théorème de Herbrand  ·  théorie  ·  tiers exclu (principe)  ·  transcodage  ·  transfert  ·  transformation  ·  transformationnelle (grammaire)  ·  transitivité I  ·  transitivité II  ·  trope  ·  unipersonnel  ·  univers de/du discours  ·  universel  ·  universel (quantificateur)  ·  valeur  ·  variable  ·  verbal  ·  verbe  ·  verbe auxiliaire  ·  vérification  ·  vérité  ·  verrouillage  ·  vide  ·  virtuème  ·  vision du monde  ·  vocabulaire  ·  voix  ·  vrai  ·  Whorf (B. L.)  ·  xénomorphisme  ·  zéro  ·  zeugme ou zeugma


SYNECDOQUE I  ⇨  trope ;  métonymie ;  métaphore
descriptionFigure de rhétorique consistant à désigner une réalité par une autre qui entretient avec la première une relation de tout à partie, le terme employé recouvrant alors un sens plus étendu que dans son emploi ordinaire, ou inversement.
exemplevoir au loin une voile (=un navire)
LetFDu grec sunecdochê, compréhension, la synecdoque est une sorte de métonymie qui exprime le plus pour le moins, ou le moins pour le plus.  La synecdoque remplace :
exemple /ibid.1° l'espèce par le genre :  Quel mortel peut se flatter d'une popularité constante.  Le genre mortel pour l'espèce homme.
2 ° Le genre par l'espèce.  Nous parcourûmes une Tempée délicieuse.  L'espèce Tempée mise pour le genre vallée.
3° Le tout par la partie.  Il comptait vingt printemps, c'est-à-dire vingt années.  Le printemps n'est qu'une partie de l'année. payer tant par tête, c'est-à-dire par personne (PL 1918)
4° La partie par le tout.  Un bouclier fait de trois taureaux.  Avec les peaux de trois taureaux.  acheter un castor, pour un chapeau fait avec du poil de cet animal (PL 1918)
5° Un nombre par un autre ou une quantité déterminée par une quantité indéterminée.  Le Français né malin créa le vaudeville.  Le Français pour tous les Français. — Je vous l'ai dit vingt fois pour je vous l'ai dit un grand nombre de fois.
6° Le nom d'une chose par celui de la matière dont cette chose est faite.  L'airain pour le canon.


SYNECDOQUE II  ⇨ figure, indirection [sens par], métonymie ;  énoncé connecteur  ;  trope
Cas particulier de dénotation indirecte, dont le détour est explicité par un énoncé connecteur, ainsi le rapport année - printemps est rendu par "le printemps n'est qu'une partie de l'année" pour la phrase "Il comptait vingt printemps".  On note ici que l'explication passe à côté de la véritable corrélation par juxtasémie :  « début de la vie » rendu par « début de l'année », qui serait un énoncé connecteur rival.  On note aussi la contrainte culturelle dans le fait que l'on ne trouve pas « vingt janviers ».
notesynecdoque — figure de rhétorique consistant à désigner une réalité par une autre qui entretient avec la première une relation de tout à partie, le terme employé recouvrant alors un sens plus étendu que dans son emploi ordinaire, ou inversement :  le fer qui les tua ;  l'époque des cavernes pour la préhistoire.
symboleLe dernier en date ne me convainc pas, c'est-à-dire ▣.  Auparavant, j'avais retenu une portion du symbole de l'interdéfinition (le papillon), l'autre allant à la métonymie, soit ⋈ (interdéfinition), ⋉ (métonymie) et ⋊ (synecdoque) ;  mais en réalité ce sont des notions que j'ai examinées, mais que je n'ai jamais employées systématiquement dans la mise au point des outils de la théorie (je parle de la métonymie et de la synecdoque).  La métonymie n'est en réalité qu'un cas de la contiguïté et peut donc être notée ∥.
[2012]Et la synecdoque est un cas très limité de contiguïté, où ce sont des éléments qui jouxtent leur ensemble et inversement  ;  le cas particulier de la synecdoque est une quantité pour une autre, avec variation de la détermination, qui en fait une sorte d'algèbre.  Je la disais logique dans l'Essai, mais elle est presque mathématique.  C'est d'ailleurs faire une mauvaise synecdoque que de faire de celle-ci une varainte de la métonymie où seul le nom change de désignation.  Une étude de la synecdoque ne devrait pas négliger le rôle de l'analogie (clair dans l'exemple de ‘printemps’).


SYNÈSEconnexion ;  modèle sémiocognitif ;  sémiogramme
schéma relationnel cognitif qui se présente selon toute vraisemblance comme le modèle réduit du sémiogramme dont les postes rendent le maniement difficile.  Bien que rien n'empêche une synèse de ne compter que deux nœuds (et leur relation), on suppose qu'elle est généralement ternaire et peut par superposition et juxtaposition se déformer jusqu'à saturation de l'espace cognitif ou de l'état de conscience..
forme /exempleLe sémiogramme (que je dois à Pottier dans sa forme à quatre relations) était au départ un instrument d'analyse des relations et sa forme actuelle, le sagittal, le rend impropre à l'emploi confié à la synèse.  Dans le cours de mes lectures pour « De l'inférence sémantique », je cherchais un moyen de rendre les connexions cognitives de façon moins contraignante et je suis tombé sur les schèmes de Revault d'Allones.  Le modèle (ci-dessous) rappelle le stemma :  tramer-machiner-ourdir-conspiration ;  outrager-bon sens-raison-morale.
cf. « association médiate »« Quelle idée se fait-on de l'association médiate ?  Soit trois idées A, B, C. A est liée à B.  B est liée à C.  L'association fait en général apparaître B après A et C après B.  Mais si alors que les termes A et C ne sont pas liés entre eux, il arrive que C vienne aussitôt après B, on dira qu'il y a eu association médiate, que le terme B a servi d'intermédiaire nécessaire, mais inconscient. »  Henri Piéron (1903a).
[Fiche ajoutée en 2010].


synèse  synèse-type


SYNONYME  ⇨  neutralisation ; équivalence
Sont synonymes des mots qui dans un même environnement ont la même paraphrase ⇔ ⋁ ℘ (ou la même définition ≝ ) — l'identité de sens est remplacée par une « équivalence motivée par une opération ».  Cf. Deux contextes sont équivalents s'ils permettent également l'attribution d'un sens à un mot (si la sémantisation qu'il autorisent est la même).
observationÀ ce titre, on comparera la définition du Petit Robert (2001) à celle du Petit Larousse 1918 pour le mot croisade, dans sa redirection dénotative que le PL dit Fig. : « Tentative pour créer un mouvement d'opinion dans une lutte. » (Petit Robert) — « Vive campagne menée pour une réforme » (PL 1918).
noteLe Millésime 2007 maintient la curieuse qualification.  Au chapitre des curiosités, on mettra le fait que le sens de campagne sur lequel la définition de croisade s'appuie dans le PL 1918 n'est pas clairement cerné par une acception singulière — En campagne, en course, en mouvement ; entrer en campagne, faire campagne, respectivement « marcher contre l'ennemi », « aller en guerre ». On remarquera que « Expédition militaire » est considéré comme « sens figuré ».
observationGêné par la synonymie, F. Rastier (1987:131n.) voudrait la voir dans des formes analogues ou apparentées, indépendamment des classes « morphologiques » (catégories), ainsi cercle serait synonyme de circul- dans ‘circulaire’ et cours- dans course le serait de cour- dans coureur.  Comme la synonymie est une relation entre signes, il lui faudrait forger celle d'homosémie pour parler d'identité de «  contenus », mais comme il débouche sur l'impossibilité de reconnaître un même signe, il est dispensé de parler des mêmes formes ou de formes ayant le même sens (cf. Rastier 1991:114).  Un autre cas d'héraclitéisme.  —  note [2010]  On s'étonne que de cer-cle il n'aille pas à cerf et à clé et que circulaire ne l'entraîne pas au cirque, en l'air et sur le cul.  On voit que la solidarité saussurienne est proche de l'indécrottabilité.
note [2010]Dans la théorie des opérations sémantiques, la synonymie n'est pas de statut particulier autre que l'équivalence de sens entre unités lexicales, comme la paraphrase est un cas d'équivalence relative entre syntagmes et propositions (sauf pour la dénotation matérielle bien entendu).
[2012]Les antisynonymistes ne savent plus quoi inventer :  comme la nature jadis avait horreur du vide, la linguistique moderne a horreur du sens.  On sait que Bertaud du Chazaud pousse l'aveuglement ou la cécité jusqu'à en faire de la syntaxe et Rastier peut lui tendre la main avec son jeu de lettres.  Personne n'a encore argué pour le son, et c'est dommage (sait don mage) car ‘serre-vis’ est un excellent exemple de synonymie phonique (funny) :  cerf-vice, service.


SYNONYMIE  ⇨  substitution ; paradigme
descriptionRelation sémantique d'équivalence entre deux ou plusieurs formes d'une langue || Analogie de sens entre différents mots, qui peut devenir équivalence.  La synonymie est à la base de l'analyse sémantique, comme de la pratique de la lexicographie.
remarque /DLEn théorie sémantique moderne, deux unités ne sont synonymes que si elles ont le même sens structurel défini au moyen d'une analyse rigoureuse.
observationL'article sens de la même source ne nous apprend rien sur le sens « structurel », et montre que Saussure n'en avait pas une idée précise.  L'article sémantique présente quatre thèses opposées ou complémentaires, si l'on ne compte pas la sémantique interprétative de Jackendoff (en fait, c'est Katz & Fodor et Uriel Weinreich qui, à l'époque m'ont le plus marqué, même si j'ai abandonné leurs apports par la suite).  Mais je n'ai pas trouvé de sens structurel (ni de structure sémantique), ni au sens d'une structure phrastique ni au sens d'un sens structurellement déterminé (la langue ou le lexique).  Quant à déterminer ce qui fait d'une analyse sémantique une démarche rigoureuse, nous ne sommes guère plus avancés.  On sait par ailleurs que rigoureux est souvent pris dans l'acception {formel}, ce qui a pour effet d'évacuer le sens de l'analyse sémantique.  Le Petit Larousse 1918 présente la rigueur d'un raisonnement comme « sa forme exacte ».  Bertrand Russell n'y avait pas encore fait son entrée.
rem[2008]  La rigueur d'une analyse sémantique est un vœu pieux.  Même dans les cas où il n'y a pas à proprement parler de polysémie, on peut découvrir une forme d'interférence.  Un locuteur ayant appris le sens de synopsis avant celui de synoptique, risque d'ajouter la valeur {bref} au second, contamination rendue possible et favorisée par le fait qu'une synthèse peut prendre la valeur {exposé synoptique}.
[2012]Le tableau synoptique des identificateurs (c'est-à-dire des têtes de série synonymiques) de Charles Bally fait trente-sept pages.


SYNONYMIE II  ⇨ 
descriptionIndépendamment de la synonymie qui peut exister dans le système des notions de la théorie, celle-ci reconnaît la relation de synonymie comme la plus puissante d'une métalangue naturelle fonctionnelle, mais préthéorique.  Dans la théorie, la notion intuitive de synonymie (entre lexèmes) est déplacée au plan descriptif et modalisée sous les formes respectives de « l'identité relative », de l'équivalence, et plus particulièrement de l'intersection.
remarqueHistoriquement, l'étude de la synonymie (que Mme de Maintenon appelait la « dissertation des mots ») est avec la rédaction des premiers dictionnaires l'amorce d'une préoccupation pour le sens qui ne soit pas entièrement redevable à la rhétorique ou à la logique.
observ.L'obstacle épistémologique qui rend la perception de synonymes impossible pour certains théoriciens tient à la conception qu'ils se font du sens.  Dans cette conception le sens est prisonnier de sa forme, à l'égal de ce qui se passe dans le signe saussurien.  Mais c'est passer outre le fait que ‘immémorable’ a le même sens que ‘immémorial’, sans avoir la même forme (cf. Petit Larousse 1918) ;  le choix d'une identité formelle partielle n'est pas un hasard.
[2012]L'erreur de Saussure a été de voir double :  il a pris le « reflet » du signe (sa représentation cognitive) pour un aspect indissociable du signe et n'a pas pu faire autrement que de subordonner l'emploi du signe à sa forme (c'est la prison où se débat aujourd'hui Rastier) à propos de la valeur, alors que la forme est plus proche de la variable algébrique que de la pièce de monnaie.


SYNTAGMATION I  ⇨  syntagmation
description [1987]Processus sémantique par lequel les unités lexicales mises en contexte (entrant en cooccurrence) subissent un appauvrissement de leur signifié, que l'on peut caractériser comme le passage du sémantisme au sens  ;  autrement dit, de « naturellement » polysémique, le mot devient monosémique.
exemplepose {{action de poser ; attitude ; affectation ; prétention}} → pose ≍ attitude ∁ prendre une pose indolente
citationPar syntagmation le mot ne retient que très peu de la valeur qu'il peut avoir en tant que signe (Benveniste)
remBien entendu, par naturellement, je ne signifie pas « dans la nature » ou « à l'état de nature », mais simplement dans la nature du mot en question.  Il est clair que je cherche à éviter de parler de choses comme des mots « dans l'absolu », expression redoutable.
[2012]On voit que le signe de Benveniste était disproportionné, comme je le disais entre 79 et 89.


SYNTAGMATION II  ⇨  sémantisme ;  syntagmation  ;  tableau
descriptionPhénomème issu de la cooccurrence dont la sémio­syntaxe essaie de rendre compte au moyen des notions de base et d'opéra­teurs.  Grosso modo on considère que le sens de a dans ab est déterminé par b et que le sens de b est déterminé par a.  La mise en syntagme construit un sens (sens syntagmé) à partir du sémantisme préanalytique.
[2012]Il s'agit d'une description analytique et non intuitive.  Quand je songe à fourbu, il est évident que la synèse rattache cet adjectif à fatigue, effort, travail...  Il y a aussi un soupçon terminatif.
exempleJe vais prendre un exemple extrême, puisque « b » est ici une préposition :  « hasarder ⇄ de ».  Si l'incidence de hasarder sur de est difficile à établir, la réciproque est claire, par opposition aux autres formes, c'est-à-dire hasarder qqch ≝ faire, émettre avec le danger d'échouer ou de déplaire, [et aux autres acceptions] 1) exposer au péril, à la fortune ; 2) aventurer, risquer ; 3) (fig.) se décider à tenter.  Les valeurs potentielles d'une préposition comme ‘de’ sont particulièrement nombreuses, mais on peut retenir {objet de l'action}.


SYNTAGMATIQUE (axe)  ⇨  syntagmatique ;  axe paradigmatique  ;  paradigmatique
descriptionAxe [imaginaire] sur lequel se combinent les unités linguistiques (les phonèmes pour constituer les morphèmes, les morphèmes pour constituer les syntagmes, les syntagmes pour constituer les phrases) ; se dit des relations ou des rapports existant entre des unités linguistiques qui apparaissent effectivement dans la chaîne parlée.  Axe des successions et des contiguïtés, opposé à paradigmatique.  C'est le lieu des substitutions « paradigmatiques ».  Sa contrainte est la linéarité, qui se traduit dans la perspective sémantique par l'impossiblité de donner deux sens (ou plus) en un même point de l'énoncé, sauf jeu de mots ou opérateur sémiotique bisémique, cf. « au propre comme au figuré »
exempleDans « L'art permet de sublimer les tendances », sublimer ne peut pas recevoir à la fois /faire passer de l'état solide à l'état gazeux/ et /élever jusqu'au sublime/.


SYNTAGME I  ⇨  syntagme II ;  sémiotaxie  ;  syntagmation
descriptionCombinaison de deux ou plusieurs éléments lexicaux en un seul ensemble syntaxique cohérent ; le syntagme a également une incidence sémantique.
définition /DDLGroupe de mots formant un ensemble à l'intérieur de la phrase.  Le syntagme est formé d'une suite de morphèmes (lexicaux et grammaticaux), unités de rang inférieur au sien.  Ses unités s'organisent soit autour d'un nom, (syntagme nominal), soit autour d'un verbe (syntagme verbal).
exemple /ibid.[[Les petits [enfants]] [[aiment] les gâteaux]]


SYNTAGME II  ⇨  interaction ; sémiotaxie ;  syntagme  ;  syntagmation  ;  paramètre
descriptionUnité variable constituée d'au moins deux mots qui sont en corrélation réciproque ; fonction de base et d'opérateur interchangeable et mutuelle dans la sémiotaxie.  D'un point de vue sémantique, le syntagme ne commence pas avec le déterminant du type de l'article défini ou indéfini :  ceux-ci sont pertinents, sauf exception, au niveau référentiel.  Même « les hommes » n'est pas suffisamment déterminé sémantiquement.  Quand il s'agit de la construction stabilisée du dictionnaire, j'adopte la lettre grecque phi (φ) pour le représenter, qui tient lieu également de la locution, normalement stabilisée sémantiquement, c'est-à-dire le paramètre.
exemplea+b (ou, mieux, a ⇄ b) / φab


SYNTAXE ⇩ ⇨ sémiosyntaxe
descriptionPartie d'une grammaire qui analyse un énoncé en ses éléments constituants et qui décrit en outre l'agencement des unités aux différents niveaux.  [description d'origine obscure, donnée sous toutes réserves.]
Chapsal (1855)La Syntaxe est l'art d'exprimer les rapports qui existent entre les mots, et d'assigner à ces derniers la place qu'ils doivent occuper dans le discours pour exprimer la pensée avec exactitude et clarté.
PL 1918Partie de la grammaire qui traite de la fonction et de l'arrangement des mots.
noteDans la théorie des opérations sémantiques, la syntaxe est récupérée sous forme de condition dite « modulaire », suivant le terme de Pottier 1974.


SYNTAXE II ⇧ ⇨ sémiotaxie
définition/Petit RobertÉtude descriptive des relations existant entre les unités linguistiques (dans le discours) et des fonctions qui leur sont attachées.
remarqueDans la théorie, la syntaxe apparaît au titre de module (verbal, prépositionnel, conjonctif) et donc comme condition.  La sémantique, relativement autonome, n'en dérive pas bien qu'elle soit conditionnée par la disposition des formes (cf. sémiotaxie).
observationRègles de combinaison des constituants phrastiques ;  son incidence sémantique est de l'ordre de l'orientation du procès [c'est-à-dire référentiel].  —  La syntaxe a toujours cherché à s'approprier une part de la sémantique en faisant valoir par exemple que « Jean bat Paul » n'a pas le même sens que « Paul bat Jean ».  La question ici est de savoir en réalité si ‘battre’ dans « les flots battent les flancs du navire » a le même sens que ‘battre’ dans « Le président s'en bat les flancs ».  Et non pas dans quelle direction vont les coups, ce qui est un autre sens de sens et une question référentielle [qui fait quoi à qui]. 
[2012]Sans empiler les objections, on notera également que quand « Jules bat Julie », les voisins appellent la police, sauf s'il la bat aux cartes, aux échecs, au tennis, au badminton, à la course, etc.


tables de vérité
Table de vérité [note]négation
A˥A
vf
fv


Table de vérité - implication
ABA ⇒ B
vvv
vff
fvv
ffv
Table de vérité - incompatibilité |
ABA | B
vvf
vfv
fvv
ffv


Table de vérité - équivalence
ABA ⇔ B
vvv
vff
fvf
ffv
Table de vérité - conjonction (et)
ABA ⋀ B
vvv
vff
fvf
fff


Table de vérité ⋁ disjonction
ABA ⋁ B
vvv
vfv
fvv
fff
Table de vérité - énoncé
AB˥A˥A ⇒ B
vvfv
vffv
fvvv
ffvf
note  Tirée, comme celles qui l'accompagnent, du DM (Dictionnaire des mathématiques de Bouvier, George et Le Lionnais - 1979) ;  elles ne sont a priori d'aucune utilité en sémantique linguistique.  On les trouve également, avec quelques variantes chez Blanché

Le texte qui accompagne la table de la négation ne permet pas de la « lire ».  « Ensemble de deux applications particulières de {A, ˥A} dans {V, F} que l'on définit par le tableau... 

Si je suis la description qu'en fait Blanché, on peut procéder par inférence (ou pour les amateurs de nécessité, par implication).  Si A est faux et B est faux alors A ⇒ B est vrai (cinquième ligne de la table de vérité de l'implication).


TAUTOLOGIE  ⇨  vrai ;  contradiction ; propositions contraires
définition /DM, AlphaÉnoncé/proposition dont la fonction/valeur de vérité est toujours « vraie », quels que soient les contenus et les valeurs de vérité attribuées aux composants atomiques de cette proposition.
lois de Morgannon-[p et q] = non-p ou non-q
non-[p ou q] = non-p ET non-q
exemple /ibid.Socrate est mortel = p ;  Aristote est un bipède sans plume = q ;  Platon court = r
exemple /suitesi p alors q = si Socrate est mortel alors Aristote est un bipède sans plume
[Tautologies, toujours vraie — toujours fausse] si Socrate est mortel alors Socrate est mortel
Platon court OU Platon ne court pas
[Contradictions tantôt vraie — tantôt fausse] Platon court ET Platon ne court pas.
noteAlpha cite Wittgenstein :  « Une tautologie est vide de sens. » Ce que vérifient les exemples.  Blanché, pour sa part, oppose curieusement ‘contenu’ et ‘sens’.  Sans vouloir mettre en cause la compétence de Wittgenstein en matière de vacuité sémantique, on admettra que cette propriété (ou absence de propriété) est partagée par de nombreux énoncés, certains particulièrement célèbres, d'autres moins.  Soient :  « Lorsqu'on pèse au trébuchet les phrases... » (Huysmans) ;  « Picasso combat la pesanteur de l'existence. »  Il est clair que les logiciens parlent de ce que la phrase peut signifier... pour eux.  « Les images des phrases que je donne ne sont que des images, et il y a certainement deux poids et deux mesures. »  Personnellement, je comprends difficilement que l'on dise « Socrate est mortel » et à peine qu'on puisse imaginer une classe de bipèdes (le PL 1918 le confirme :  « l'homme est un bipède ») et une autre de bipèdes sans plume, mais pas à l'intérieur de la première...  je n'en vois surtout pas l'utilité ni la signification (est-ce par esprit de dérision envers les Scolastiques parfaitement capables de ridicule par eux-mêmes ? *⇩).  Je ne vois pas où court Platon, sinon à sa perte, ni dans quel univers de discours on peut parler de la mortalité de Socrate, car il n'est plus mortel depuis longtemps.  Serait-il possible que les tautologies aient une référence, mais ni sens ni signification (qu'elles soient ininterprétables) ?
⇨* noteLe « bipède sans plumes » est en réalité une « platonnerie » ou une « platonnitude », même si certains l'attribuent à Aristote.  La légende veut que Diogène le Cynique se soit moqué de la naïveté démontrée par Platon dans le Politique en plumant un poulet qu'il présenta ensuite comme l'homme selon la définition de Platon.  Il s'agit donc d'une erreur de catégorie/de taxonomie, d'observation et de généralité.  Il est entendu que l'origine n'éclaire pas l'emploi qu'en font les logiciens.  S'il s'agit d'un clin d'œil, il est généralement perdu, s'ils cherchent à montrer que le sens importe peu dans la proposition logique, puisqu'elle serait affaire de vérité, qui n'est pas structurelle, contrairement à ce que suppose la logique moderne (en fait, dès Aristote...), pas plus que la syntaxe n'épuise la description linguistique.  On comprend que certains auteurs préfèrent parler de validité.
[2012]J'ai largement remanié la première note, comme mon point de vue a changé.  La bipédie est à l'intérieur des mammifères dans le cas de l'homme, pas par assimilation à une classe que formeraient l'homme et l'oiseau. — Ma propre phrase en italiques et guillemetée a été le pivot des retouches :  je ne comprenais pas, sauf par allusion à Wittgenstein et sa notion de « Bild », et sans former une tautologie à proprement parler, elle est certainement difficile à interpréter.  D'où une sorte de confirmation que le sens n'est pas « donné » et n'est pas « dans la langue », selon le vœu pieux de Saussure.


TÉMOIGNAGEerreur ;  croyance
[Fiche ajoutée en 2010].« Il n'y a point de certitude qui se produise vi formae, en vertu de la seule forme. »  Martial de Fornel de la Laurencie (1906)

L'unanimité n'a de valeur que pour les faits dont la constatation n'exige que des sens dans l'état normal, et nul effort d'intelligence. (...) Le témoignage ne demande pas à être cru, ;  il demande à être examiné.  J. Duval-Jouve (1844).
« Un témoignage est un fait humain.  Quelle est la cause de ce fait ?  La recherche de la cause s'opère ici comme à l'égard d'un phénomène physique, par la méthode des exclusions.  Trois causes seulement peuvent être assignées à un témoignage :  1° la réalité de l'événement attesté  ;  2° l'erreur du témoin  ;  3° la fraude du témoin. »  Martial de Fornel de la Laurencie (1906)
André Cresson (1920)« témoignage d'autrui : Car si nous lui devons tous bien des croyances exactes nous lui devons aussi bien des opinions, soit douteuses, soient complètement fausses. »
J. Duval-Jouve (1844)(témoignage) transmission présente et vivante (conversation, discussion, enseignement) - transmission absente et morte (lecture, témoignage historique).


TEMPS  ⇨  sémantique du verbe

TERMINAISON  ⇨  désinence
définition[PL 1918]  1 º Désinence d'un mot ;  2 º Partie d'un mot variable par opposition au radical
exemples1 º « -asse » est une terminaison péjorative ;  2 º Terminaisons des formes conjuguées d'un verbe. [Petit Robert pour celui-ci]


TERMINATIF  ⇨  aspect
descriptionSe dit de l'aspect verbal selon lequel l'action est envisagée dans son achèvement, son aboutissement.
exemple /DLLIl le frappa au visage


TERMINOLOGIEsens  ;  dénotation  ;  sémantique
définition /d'apr. DLLÉtude de l'ensemble des termes techniques d'une science ou d'un art ou encore d'un secteur de l'activité humaine ;  comme telle, elle constitue une discipline apparentée à la lexicographie.
remarqueÉpistémologiquement on peut distinguer une terminologie référentielle (description du monde et de ses objets) et une terminologie sémantique (description des moyens linguistiques de décrire le monde).
[2012]Il s'agirait alors d'une métaterminologie, sans pour autant vraiment former une sémantique.  C'est le dilemme actuel de la théorie des opérations sémantiques :  peut-on vraiment par mimétisme, comme la langue ordinaire, assimiler la dénotation (sa classe de dénoté(s)) à un sens (une valeur sémantique) ? 


TESTS SÉMANTIQUEStautologie
descriptionSelon Weinreich (1969:52), deux tests peuvent être utilisés dans l'analyse sémique pour mettre en évidence certains sèmes ou leur absence.  On utilise mais et et + : il a souri mais n'a pas ri ; she giggled but did not laugh.  Il a pratiqué la médecine et le piano.  Il a mangé de la soupe et des spaghetti. 
noteCes tests ne semblent pas suffire par eux-mêmes et exploitent ce qui semble être une connaissance intuitive du sujet-parlant-la-langue.  Il s'agit probablement de la présomption de cohérence, que met à mal le jeu de mots, entre autres (comme le fait autrement la tautologie logique, qu'on distinguera de l'ordinaire :  du style « au jour d'aujourd'hui »).


THÈME  ⇨  prédicat ;  protase
description /DDL‘Ce qui est posé’ par rapport à ‘ce qui est dit’ (de ‘ce qui est posé’).  ‘Ce qui est dit’ est le prédicat, mais ce ‘qui est posé’ n'est pas nécessairement le sujet.
note /DESLthème (topic) ≢ propos (comment) ou rhème.  Ex.  dans « Pierre est venu » Pierre est sujet et thème si la phrase répond à l'une des questions suivantes :  « qu'a fait Pierre ?, qui est venu ? que s'est-il passé ? »


THEORÈME DE JACQUES HERBRAND (métathéorème)  ⇨  règles d'inférence (déduction naturelle)
description /GDEL[1928] soit H = hypothèse, si H1, ... Hn, A ⊢ B, on peut déduire A ⇒ B.
exempleH1, ... Hn, A ⇒ B.
remOn constate clairement l'antériorité de l'inférence sur l'implication.


THÉORIE  ⇨  objectifs d'une théorie sémantique
description/1987 rév.Dans la perspective de la sémantisation, on peut envisager trois théories interdépendantes : une théorie de la sémantisation proprement dite, dont l'objet est de décrire les opérations d'inférence sur le sens ; une théorie sémantique parallèle, issue de la sémantisa­tion et qui en exploite les principes dans le cadre plus classique de la description du sens dans la langue (y compris figures et relations) : son produit, la description sémantique, s'inscrit entre la représentation classique et le dictionnaire qu'elle permet de contrôler au cours de son élaboration; la troisième théorie (de la sémiotisation) englobe les deux précédentes et se constitue une théorie sémiotique qui prend en charge les opérateurs.
noteAu cours des années, la théorie descriptive a nettement évolué vers un rapprochement avec le premier volet, celui de la description des opérations et s'est éloigné de la description de la « langue » pour s'intéresser davantage au discours, seul réellement observable, même dans le cadre restreint des énoncés cités ou produits par les lexicographes (ce qui n'exclut pas le corpus de glanures).
Suppl. 2010Plus précisément, aujourd'hui, on peut avancer que le sens et, partant la sémantique, n'est pas un phénomène de langue, ni d'ailleurs d'énonciation, mais strictement de « réception », c'est-à-dire d'interprétation.
[2012]Il faut croire que c'est mon voyage au XIXe siècle qui a radicalisé mon point de vue, car les fiches marquées 2010 ont suivi le point final mis à « De l'inférence sémantique ».


TIERS EXCLU (PRINCIPE DU)  ⇨  contradiction (principe de)
EUL ©principe qui s'énonce :  « De deux propositions contradictoires, l'une est vraie, l'autre est fausse » (il n'y a pas de moyen terme, de troisième hypothèse).
complémentPar contradictoire, entendre le rapport entre « tout spinoziste est panthéiste » et « quelque spinoziste n'est pas panthéiste » ou entre « quelque idéaliste est kantien » et « nul idéaliste n'est kantien ».


TRANSCODAGE  ⇨  conversion  ;  déconversion
description
/1987
Opération fondamentale par laquelle un élément de la langue objet passe au plan descriptif en raison de la nécessité où l'on se trouve d'y avoir recours pour dé­crire le sens d'un autre élément de la langue objet.  Le transcodage est une provision théorique et méthodologique qui assure la création de « sèmes » indépendamment des limites inhérentes à la notion de combinatoire ou de primitifs.  note :  le terme était emprunté à A.J. Greimas ;  aujourd'hui cette méta-opération porte le nom de conversion ou métaconversion.
exemple [m. d.]En tant qu'opération le transcodage correspond à une règle, soit ellipti­quement x=:X/y:=X, où le lexème x est promu au rang de sème en raison de la propriété qu'il a de sémantiser le lexème y (variante :  dans le contexte où le lexème y reçoit la valeur X).
observation [remaniée]La définition et l'exemple sont de l'époque.  Aujourd'hui, l'obligation où l'on est de convertir une unité lexicale en unité sémantique utilise la notion et le signe d'interdéfinition [⋈] (la possibilité pour un terme de se constituer en métaterme d'un autre) :  Comme à l'époque, cependant, c'est l'inférence d'interprétation qui est la condition de la métaconversion.
schéma & exemple
mis à jour
‘m’ ⋈ {⊥} ∁ n ⊢ {⊤}

‘privé de’ ⋈ {⊥} ∁ [vide de ∁ ⊥ ⊢ {⊤}]
noteLa métaconversion n'a donc, contrairement à la règle d'inférence sémantique, qu'une seule condition.  Comme telle, la métaconversion est une provision théorique et technique.
complément [2010]L'assertion ⊣ a tout d'abord été remplacée par le signe de l'analogie, ‘⊨’ et ensuite par celui de l'interdéfinition.  Autre exemple : 

‘ternir’ ⋈ {⊥} ∁ ‘ternissement’ ⊢ {⊤}.  Dans sa dernière version retouchée :  ℳ a ⋈ {⊥} ∁ [b ⊢ {⊤}]


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TRANSFERT  ⇨  assimilation
descriptionDéplacement, transposition d'une propriété d'un objet (sémiotique) à un autre.
remarqueCette notion est un piège à éviter.  Dans la langue, les phénomènes n'ont pas d'immanence.  Ils résultent tous de modifications externes, généralement discursives. Le terme même de métaphore est piégé.  La métaphore, objet d'observation, est le résultat d'un changement dont l'origine est un agent humain, qui procède consciemment ou non.  Une propriété ne passe donc pas d'un objet à un autre : elle est transférée par un tiers [animé, lui] de l'un à l'autre.


TRANSFORMATION  ⇨  profonde ; surface (structure de) ; paraphrase
descriptionEn grammaire générative, règle de réécriture qui permet de transformer la structure profonde d'une phrase en structure de surface.
exempleabc → cba
TRANSFORMATIONNELLE(grammaire) nom donné au composant de la grammaire générative qui définit les règles de transformation
TRANSFORMÉEPour Martin (1976) la transformation suppose une relation de paraphrase indépendante du sens, mais le risque est alors assez grand d'assimiler la transformée à la paraphrase.
Suppl. 2010On remarquera qu'il est parfaitement possible d'envisager les transformations, à la croisée des axes « définis » par Saussure, sans recours à la bipartition en structure de surface et structure profonde.


TRANSITIVITÉ (logique I)  ⇩ ⇨ relation ; symétrie ; réflexivité
définition /DMRelation binaire ℛ dans un ensemble E telle que x ℛ y et y ℛ z impliquent x ℛ z pour tout triplet (x, y, z) de E3.
exemple /ibid.l'inclusion dans l'ensemble des parties de E
[2012]La version non mathématique me semble mieux formée (« deux choses égales à une troisième sont égales entre elles ») :  c'est de leur rapport à z que x et y tiennent leur égalité, soit xz, yzxy. — on peut supposer que la déformation tient au fait que les mathématiciens favorisent des exemples comme Marseille est au sud de Paris et Paris est au sud de Bruxelles, donc Marseille est au sud de Bruxelles qui illustre une déduction de type sullogistique plutôt que la transitivité. ⇩


TRANSITIVITÉ (logique II)formulation verbale de la transitivité logique
raisonnement« Le processus de raisonnement consiste à former des représentations d'ensemble appropriées :  quand on dit Paris est au nord d'Orléans, Orléans au nord de Bordeaux, donc Paris est au nord de Bordeaux, on se donne, sous une forme ou sous une autre, une représentation schématique, d'où il suffit de dégager ce que l'on cherche. Il faut lier d'abord pour abstraire ensuite. »  Henri Delacroix (1924)
[Fiche ajoutée en 2010].  Voir ci-dessous.
Note 2011Le schéma est A-B, B-C, A-C, mais aurait-il pu être A-C, B-C, A-B ? (= Paris est au nord de Bordeaux, Orléans est au nord de Bordeaux, Paris est au nord d'Orléans ?)
[2012]L'erreur est déjà enracinée quand Delacroix s'en sert pourtant avec raison comme d'un syllogisme, où il faut mettre un peu d'ordre.  Cf. figures et modes


remanient du syllogisme de Delacroix
Gardeil
M T
t M
t T
Delacroix
P ℛ O
O ℛ B
P ℛ B
se lit mieux
O ℛ B
P ℛ O
P ℛ B
gloseSi Orléans est au nord de Bordeaux (et) si Paris est au nord d'Orléans, (alors) Paris est au nord de Bordeaux


TRANSITIVITÉ comme propriété sémantique
transitivité d'une relation sémantiqueSont transitives :  l'analogie, la contiguïté, l'interdéfinition, l'intersection, l'équivalence.  Voir Les opérations sémantiques
EuclideDeux choses égales à une troisième sont égales entre elles ;  ce à quoi on comparera la linéarité de la formule du DM dans la première fiche :  si une chose est égale à une autre et que cette autre est égale à une troisième, la première est égale à la troisième (ce qui aurait dû être le point de départ) :  le schéma moderne perd sa « propre » transitivité.
[Fiche ajoutée en 2011 comme le tableau comparatif, agrandi [2012] ci-dessous].


COMPARAISON DES SCHÉMAS
transitivité logico-mathématique (classique)x ℛ yy ℛ zx ℛ z
transitivité sémantique (conforme à l'énoncé)x ℛ zy ℛ zx ℛ y


TROPE  ⇨  métaphore ;  métonymie ;  synecdoque ;  antonomase ;  catachrèse
description /LetFUn trope est une figure qui détourne un mot de sa signification habituelle pour lui en donner une autre qu'il n'a qu'accidentellement. 
exemple /ibid.Les principaux tropes sont la métaphore, la catachrèse, la métonymie, la synecdoque et l'antonomase.
description /LLTerme de rhétorique qui s'applique, en fait, à deux réalités différentes.  Dans la rhétorique ancienne, l'opposition se faisait entre figures de pensée (litote, hyperbole, antiphrase, ironie, etc.), les figures de construction qui relevaient de la syntaxe (ellipse, zeugma, parataxe, etc.) et les figures de mots (métaphores, allégorie, synecdoque, etc.).  Ces dernières étaient appelées tropes.  Avec un sens plus élargi, ce terme de trope s'est appliqué à toutes les figures qui entraînaient un changement de sens (...).
Source /LL(Emprunté au Langage, dictionnaire dirigé par B. Pottier, 1973  ⇨ LL, le cas échéant, par la suite) ;  pour les autres sources complémentaires, consulter le tableau en infra, sur la page de l'index.


UNIPERSONNEL  ⇨  verbe
définition /PL 1918Qui ne s'emploie qu'à une seule personne.
note /ibid.Se dit d'un verbe qui ne s'emploie qu'à la troisième personne du singulier et que les grammairiens appellent aussi impersonnel.


UNIVERS DU/DE DISCOURSvision du monde ;  encyclopédie du sujet
descriptionL'univers de discours est l'ensemble des éléments qui constituent les conditions de production d'un énoncé qui comprennent le contexte linguistique et la situation extralinguistique, mais aussi un sous-ensemble encyclopédique, cerné par le domaine ou le thème de la communication/du texte ou discours.
note/log.Notion d'origine logique ou mathématique (symbole U, univers de la théorie des ensemble). || GDEL  ⇨  domaine des objets mis en jeu par un raisonnement. || Petit Robert — ensemble des objets, des éléments logiques impliqués dans un jugement ou un raisonnement donnés.
rem/ling.Le DL la rattache à l'analyse du discours et y intègre les « formations idéologiques » (croyances, conventions, etc.).  La notion recoupe donc la « vision du monde », qui est plus ou moins implicite dans l'encyclopédie du sujet.


UNIVERSEL (plur. UNIVERSAUX)   ⇨  sème ;  primitif
définition/PL 1918Nom sous lequel les scolastiques désignaient les idées ou termes généraux qui servaient à classer les êtres et les idées.
référencesGardeil et Thonnard
observationLa difficulté pour l'universel de se constituer en unité de description du sens tient justement à sa généralité.  Ce n'est pas en combinant des notions générales que l'on obtient une ou des notions particulières.  Il n'y a donc pas de combinatoire d'universaux et s'il ne peuvent pas se combiner ont-ils une justification épistémologique autre que le butoir qu'ils forment avec ou contre l'inconnaissable ? 


UNIVERSEL (QUANTIFICATEUR) ou proposition universelle ⇨  carré logique
description /Gardeil, ThonnardLes propositions universelles classiques sont soit affirmatives, comme « tout homme est animal », soit négatives, comme « aucun homme n'est ange ».  Elles s'opposent aux particulières, également divisées en affirmatives et négatives.  Pour les relations du carré logique, on se reportera aux trois fiches, dont la première est indiquée en rubrique.  Les particules tout, aucun (nul), quelque expriment l'extension du sujet de la proposition.  Dans l'affirmative, le prédicat est pris particulièrement.  C'est l'inverse dans la négative (le prédicat est pris universellement) :  « la pierre n'est pas vivante ».
suppl. (Gardeil)On distingue aussi des propositions singulières (« Pierre est philosophe » et définies (« l'homme est mortel »).
suiteDans la terminologie moderne, les particules sont remplacées par des quantificateurs, dont l'universel et l'existentiel.  L'universel est un A renversé — ∀ —, rappelant l'anglais « for all ».  L'existentiel inverse un E en le retournant — ∃ — :  « il existe au moins un » ou « il y a ... ».
observationDans les exemples anciens ou classiques, les universelles ont toujours un air contraint ou factice.  On se demande, par exemple, à quoi rime un énoncé comme « tout être est vivant », sinon à figurer dans le carré logique.  Si l'on introduit les modalités, c'est encore plus saugrenu.  « il est nécessaire que Dieu existe », « il est nécessaire que tout homme soit métaphysicien ».  Mais ma remarque vise aussi le syllogisme, friand d'universel (-le).  Ex.  « tout être spirituel est immortel », « tout être intelligent est libre », « tout homme est raisonnable »
propositionComme dans le discours ordinaire et l'emploi littéraire de la langue l'universalité correspond en réalité à une hyperbole (exagération), la description du phénomène gagnerait à employer une généralisation relative :  au lieu de ‘quel que soit’ ou « pour tout », on emploierait la lettre grecque, omega, inversée, avec le sens de {la plupart des}, soit ‘℧’.
Charles T. Waddington (1857)« Entreprendre de passer de « quelque » à «  tout » par voie d'énumération c'est vouloir l'impossible ».  [Rang ajouté en 2010].
quelques abus de l'universelle[qui sont dus à Louis Dugas (1896)]  « Toute connaissance étant symbolique, il y aura autant de connaissances que de symboles divers. » ;  « Toute connaissance est un langage » ;  « Toute pensée est symbolique ».


VALEUR  ⇨  règle d'interprétation sémantique ; condition ; conversion
description/1987La valeur sémantique n'est pas à proprement parler « le sens ». Ce n'est que l'un des éléments de la corrélation forme-condi­tions-valeur. La valeur est l'une des deux formes du « sème » dans la règle ;  l'autre est la condi­tion (y compris le module :  direction:=xDIRIGEy).  Ce sont les conditions qui déterminent la monosé­mie et l'application de la valeur, sous le contrôle de la paraphrase.  Il ne s'agit pas de la valeur-nuance dont on fait parfois état en sémantique [psychologique ou logique], mais de valeur en tant que détermination (l'équivalence proposée est aussi déterminante que les conditions) ou dimension (grandeur) d'une autre dimension dont on cherche à établir la place dans le système et « ce à quoi elle équivaut ».
observationAprès vingt ans de réflexion, il est souhaitable de se montrer moins catégorique.  À l'époque, je cherchais à poser les jalons d'un nouveau champ d'investigation.  On peut aujourd'hui admettre que ce qui sature le poste de la valeur peut passer pour le sens, comme dans la formule « ce qu'un mot veut dire ».  Le sens, après tout, n'est pas du ressort de l'intentionnalité du producteur de l'énoncé, mais résulte d'une décision raisonnée du récepteur et sujet interprète.
exemple/1987En abrégé, on peut faire figurer la valeur comme escorte de la forme : direction:=ORIENTATION (direction au sens de orientation).
notation/auj.direction ≍ orientation.  La notation au moyen de l'inférence (⊢) appartient à l'appareil de la règle, tandis que l'expression métalinguistique « au sens de », ≍, est du domaine de la description au sein de la théorie.  Cf. tête vide ≍ sans idées.


VARIABLE  ⇨  lier une variable
définition /AlphaNom d'un élément indéterminé d'un ensemble appelé domaine de la variable
exemplex, y, z
notea, b, c... sont alors des « individus ».


VERBAL (adjectif)  ⇩   ⇨  sémantique du verbe
définition /PL 1918Adjectif tiré du verbe et ayant la forme du participe présent
note /ibid. L'adjectif verbal varie (on aime les enfants obéissants), tandis que le participe présent est toujours invariable (on aime les enfants obéissant à leurs parents)


VERBE  ⇨  sémantique du verbe  ;  unipersonnels
description /PL 1918Partie du discours qui exprime une action ou un état sous une forme variable, suivant les dispositions du sujet qui parle.  Un verbe peut être à la forme active, à la forme passive, ou à la forme pronominale.  Il y a aussi des verbes impersonnels ou unipersonnels.
note /ibid.Le verbe est sujet à quatre modifications ou changements de forme :  il peut changer de personne, de nombre, de temps et de mode.  Il se compose de deux parties distinctes :  le radical et la terminaison ; au point de vue de la conjugaison, on divise les verbes en trois groupes.  On distingue enfin les verbes défectifs.
Suppl. 2010
citation
« D'ailleurs le verbe n'est pas un élément constant de toute phrase.  Il y a deux sortes de phrases les phrases nominales où une chose est affirmée d'une autre chose, et les phrases verbales où est exprimé un procès.  Dans les phrases nominales telles que la maison est neuve, il est chez toi, il ne figure un verbe que pour la commodité de la phrase ;  les langues sémitiques n'y ont aucune forme verbale  ;  l'indo-européen n'en avait pas le plus souvent ;  le russe dit encore aujourd'hui, dom nov, « dont la maison est neuve », on u tebé « il est chez toi ».  C'est dire à quel point l'analyse de j'aime en je suis où s'est complue longtemps la grammaire dite logique, est artificielle, et loin de la réalité.  La phrase nominale et la phrase verbale diffèrent de nature, et il est aussi vain de vouloir ramener l'une à l'autre, qu'il le serait de vouloir ramener le nom au verbe, et inversement.  (...)  Par le fait que le verbe exprime un procès, la langue est amenée à marquer à qui ou à quoi s'applique ce procès. »  Antoine Meillet (1920).


VERBE AUXILIAIRE  ⇧   ⇨  opérateur (verbe)
définition /PL 1918Se dit des verbes avoir et être, parce qu'ils aident à conjuguer les autres verbes.
Petit RobertLes auxiliaires :  formes verbales réduites à la fonction grammaticale de formation des temps composés des verbes.  Avoir et être sont les auxiliaires purs. 

Semi-auxiliaires :  verbes qui servent à construire des formes composées mais gardent un sens (venir, aller, devoir, faire, laisser).
Suppl. 2010[TLF]  « Verbes semi-auxiliaires. "On appelle quelquefois semi-auxiliaires des verbes qui servent habituellement d'antécédents à des infinitifs ou participes pour former avec eux une sorte de locution verbale : faire savoir, entendre dire" (Mar. Lex. 1961). »


VÉRIFICATION  ⇨  contraposition ; conversion des propositions
description/GDELdit aussi « Paradoxe de Hempel ». Supposons que l'on veuille établir la loi « Tout corbeau est noir », c.-à-d.

∀x (Cx ⇒ Nx).

Cette affirmation oblige à passer en revue tous les corbeaux passés, présents et futurs. Elle oblige d'autre part à vérifier la proposition obtenue par contraposition :  « Tout ce qui n'est pas noir n'est pas corbeau », c.-à-d. :

∀x (¬Nx ⇒ ¬Cx)

Cette double impossibilité de vérification entraîne à redéfinir préalablement l'univers de discours et à poser que « les corbeaux ne sont pas dénombrables ». L'existence de ce paradoxe amène ainsi à penser que les lois physiques ne relèvent pas d'un formalisme propositionnel, puisqu'il est probable que le fait que les corbeaux sont « en général » noirs dépend d'une loi intrinsèque à cet animal, d'ordre biologique. C'est l'analyse par la démarcation qui permet de distinguer les sciences entre elles et leur logique interne spécifique.
observationLes deux défauts de cette démonstration sont signalés aux renvois, notamment à contraposition. Le problème soulevé par un usage contestable de la contraposition (ici appliquée à une universelle, difficulté déjà signalée par Thonnard) et compliqué du fait que « noir » est une propriété du sujet (comme la domesticabilité) et non un prédicat résultant d'une attribution. Il existe selon moi une troisième difficulté, mais elle remet en question une opération fondamentale de la logique et n'est donc pas recevable par les logiciens, c'est-à-dire l'emploi de l'implication pour introduire l'attribut.
rappel/carré logiqueA = affirmative universelle ; E = négative universelle (formant les contraires) ; I = affirmative particulière ; O = négative particulière (formant les sous-contraires). A et O et E et I forment les contradictoires.
exemple(A) Tout paradoxe est erroné ; (E) Aucun paradoxe n'est erroné ; (I) Quelque paradoxe est erroné ; (O) Quelque paradoxe n'est pas erroné
observationHempel écrivait donc « tout paradoxe est erroné » pour obtenir « tout ce qui n'est pas erroné n'est pas paradoxe ». Remarquable circularité, alors que la contraposition normalisée annule la négation du prédicat et du prédiqué : le non-paradoxe détruit le ‘n'est pas’ qui le précède.
— en formule (suivant Hempel)

∀x (Px ⇒ Ex) [↺↻]⇨[˥]⇨ ∀x (¬Ex ⇒ ¬Px) ;

on voit que je n'en tire pas la même conclusion, car l'astuce de Hempel consiste à transférer « non-paradoxe » à « n'est pas paradoxe », ce qui n'est pas absolument convaincant.
observation/bisAu lieu de prendre (A), c'est-à-dire l'affirmative universelle, il faut prendre (O), la négative particulière, soit

∃x (Px ⇏ Ex) [↺↻]⇨[˥]⇨ ∃x (¬Ex ⇏ ¬Px) [⇏ ¬Yx = ∅]⇨ ∃ (¬E ⇒ Px) —

il existe au moins x si x est P n'implique pas x est E, donne, par contraposition, il existe au moins x si x est non-E n'implique pas non-P, on obtient par annulation de la double négative, il existe au moins un x si non-E implique P.
— plus clairement, « quelque paradoxe n'est pas erroné » donne par contraposition « quelque non-erroné n'est pas non-paradoxe », et par annulation de la double négative, quelque non-erroné est paradoxe.
conclusionS'il y en avait une à tirer, c'est que Hempel n'était pas catholique [la logique de Thonnard est thomiste, comme le confirme la découverte de l'ouvrage de H.D. Gardeil (1964)].


VÉRITÉ  ⇨  vision du monde ;  tables de vérité ;  vrai
description/1987Le champ linguistique échappe à son empire.  Aucun système de signes n'est « conforme à la réalité », et cette prétendue conformité ne peut être prouvée.  Même la validité d'une règle répond à d'autres critères (reproductibilité et généralité).  La vérité est du domaine du droit et de la logique, autrement dit, dans sa forme bénigne, de l'argumentation et dans sa forme dure, de l'idéologie.
REM/1987Le même type de problème se pose avec la notion de réalité.
observationSelon J. Lerot (1993 : 44) « l'énonciation de propositions manifestement fausses, c'est-à-dire qui ne trompent pas le destinataire, déclenche un effet de style (métaphore, ironie, litote, etc. »  Ce n'est pas l'énonciation qui « déclenche » quelque chose, mais l'interprète de l'énoncé qui, obéissant à la présomption de sens, parcourt la situation à la recherche d'une référence qui se révèle défectueuse.  La fausseté n'est pas d'ordre strictement sémantique (pas plus que la vérité) :  l'explication par la métaphore est d'une économie redoutable.  Si l'on m'adresse l'exemple de Lerot (Tu es une mère), il m'est impossible d'instancier « moi ⊢ mère », alors je cherche dans mes attributs ce qui permet de m'assigner le sémantisme de ‘mère’ et je trouve {mon comportement}.  Mais le procès ne s'arrête pas là.  Si Lerot conclut à une métaphore, je peux, selon les facteurs extralinguistiques, estimer que mon interlocuteur fait 1) de l'ironie ou 2) une litote, selon l'idée que j'ai de mon comportement et de son attitude à mon égard, mais j'écarte la métaphore parce qu'elle n'est que l'occasion d'une réinterprétation.
Suppl. 2010[Cuvillier] vérité formelle :  « C'est dans l'accord avec les lois de l'entendement que consiste le formel de la vérité. »  Kant, R. pure, Dial. introd.  —  [GDEL]  ...la définition de la notion de vérité doit toujours être relative à un langage donné, qui doit être un langage exactement spécifié et qui ne doit pas être un langage sémantiquement clos, sous peine de se heurter à l'antinomie du menteur.  La définition de la vérité pour un langage L exige que l'on se place au sein d'un métalangage L', essentiellement plus riche que L.  Car sinon une interprétation de L' dans L serait possible, et on pourrait formuler dans L l'antinomie du menteur (cf. Tarski, pour qui cette condition est nécessaire et suffisante.)
rem [2010][c'est un non-logicien qui parle]  Deux observations [et leurs corollaires] que je me permets du fait que la logique fait usage de la notion de sémantique :  tout langage est toujours sémantiquement clos* ;  tout métalangage ML d'un langage L est toujours plus pauvre que le langage L et ne consiste pas en une sémantique de ce langage L.  La référence ou dénotation [cf. « un état de choses existant »] n'est pas une sémantique, pas plus qu'elle n'est un métalangage et encore moins un langage.  Enfin, la sémantique d'un langage n'est pas un énoncé tautologique de ce langage [cf. « la neige est blanche » si et seulement si la neige est blanche].
[2012]* Une proposition en français n'est interprétable qu'en français, n'en déplaise aux traducteurs (je l'ai été pendant une dizaine d'années) et la même observation est répétable sur toute langue.  Le métalangage du français a le français pour objet et non comme partie dont il serait le tout.  La sémantique de L se forme dans L et au moyen de L :  Une interprétation sémantique de abc par cba implique que abc et cba so(ie)nt des formes du même langage.  ‘sémantique’ ici correspond à « ce qui est relatif au sens » et non à un travesti de la référence.  La logique peut parler de la « signification » d'un système formel, mais elle ne peut pas prétendre que ses signes sont interprétables autrement qu'en formalisme.


VERROUILLAGE  ⇨  interlocking ;  condition
description/1987Asservis­sement d'un élément à un autre, plus préci­sément d'une condition à une autre dans le cadre de la règle, où les conditions ont principalement pour objet d'exclure toute valeur concurrente et parasite, notam­ment le sémantisme au sens de sémèmes indifféren­ciés.  On peut comparer l'assignation condi­tionnelle à une série de filtrages successifs, écartant les corréla­tions en trop. Par opposition, la ludisémie consiste à les assurer.
observationCe terme appartient à la terminologie des années 77-80, où je m'inspirais beaucoup des modèles technologiques.  Le terme de redondance est aussi de cette époque.  Le nombre de conditions dépend du pouvoir discriminant de chacune.  On peut effectivement comparer la nécessité d'un plus grand nombre de conditions dans une inférence à une sécurité technologique, mais il s'agit surtout de satisfaire au dosage de la généralité et de la spécificité, que le sujet-interprète n'est pas tenu d'appliquer.  Personne ne lui reprochera de ne pas avoir fait intervenir la {puissance} dans la « vigueur des lois ».
noteAllusion à la définition et l'exemple du PL 1918, à ‘vigueur’ ≝ puissance d'effet :  la vigueur des lois.  Cf. aussi :  Être en vigueur, subsister avec autorité, en parlant des lois, des règlements, etc.
Plus neutre, le Petit Robert parle de :  efficacité, effet, application.  La forme répertoriée par le PL 1918 est donnée en citation de Voltaire, avec le verbe ‘rendre’ :  « Rendre toute sa vigueur à une loi »


VIDE  ⇨  asémanticité ;  zéro
description/DML'un des axiomes de la théorie des ensembles postule l'existence d'un ensemble E tel que pour tout x, on ait x ∉ E (axiome de l'ensemble vide), c'est-à-dire l'existence d'un ensemble n'ayant aucun élément.  Un tel ensemble est unique ;  on l'appelle ensemble vide et on le note ∅.  Il est sous-ensemble de n'importe quel ensemble.
observationL'adaptation du signe ∅ dans la t.o.s. s'est fait sans la connaissance de la définiton de l'axiome de l'ensemble vide.  On ne peut en réalité que comparer le sens à un ensemble, sans affirmer qu'il l'est ni qu'il se conforme à ses règles.  Les éléments d'une définition ou d'une paraphrase posent en particulier la question de l'organisation à l'intérieur d'un ensemble, c'est-à-dire sans doute de sous-ensembles dans un ensemble.
remarqueAccessoirement, il faut éviter de prendre ‘vide’ à la lettre.  L'expression « vide de sens » est en réalité un jugement (de valeur) sur la pensée de l'autre, ou sur sa façon de s'exprimer.  L'expression figure dans le PL 1918, [voir exemple] avec un exemple, plus bas, π le vide de l'esprit.  Le Petit Robert renvoie à ‘dépourvu’ et cite l'exemple π‘propos vides’.
ex. [2010]« mot vide de sens » → ‘vide’ ∁ φ ⊥ de sens ⋀ [[x[n'[a]pas]de]y] ⊢ {privé}.  [D'après le pl18 qui donne aussi ‘dégarni’ comme élucidation de ‘vide de’.]


VIRTUÈME  ⇨  association ; connotation
définition/Sous-ensemble du sémème, regroupant les sèmes connotatifs, terminologie issue des travaux de Pottier (1974) ; instable, du domaine de l'évocation, se situe dans la compétence à un moment donné.
note1) gueule↘populaire ∁ humain
2) armoire→en bois
rem/2007Les deux exemples sont de Pottier, mais la formulation est mienne.  Le cas de l'armoire n'est ni péjoratif ni mélioratif, dans l'exemple donné, en tout cas, donc la flèche est horizontale, cas que l'on supposera peu fréquent, les associations tendant à s'inscrire sur une échelle de bon à mauvais (cf. en mauvaise part).
noteDans la théorie, il n'y a pas de virtuème, ni de sème, et encore moins de sémème.  La connotation y est décrite comme relation qui est une association, sous la forme suivante :  en ville ↘⌉chez soi, dans le cas péjoratif ;  dans l'association méliorative la flèche pointe vers le haut et la valeur apparaît en exposant.  Ici l'opérateur de négation ¬, variante de ˥, peut être remplacé par le signe de l'opposition, puisqu'il s'agit de cette relation. 
en ville↘≢chez soi


VISION DU MONDE  ⇨  hypothèse Sapir-Whorf ; modèle ; Whorf ; Sapir
« Hypothèse Sapir-Whorf » :  toute langue contient une vision propre du monde, qui organise et conditionne la pensée et en est, de ce fait, inséparable.
observation/2007Si l'hypothèse en question a sans doute quelque validité pour les sociétés observées lors de son élaboration, la vision du monde est moins collective qu'individuelle dans les sociétés occidentales, bien que l'idéologie (les idéologies en réalité) et la doxa tendent à assurer une homogénéité.  La vision du monde appartient au dispositif sémiocognitif de l'individu, au stade de la sémiotisation, mettant en œuvre la référence et les trois dispositifs que suppose la signification.
remarqueLa théorie (t.o.s.) ne souscrit à aucune vision du monde particulière, même si elle étudie une langue occidentale employée au XXe siècle.  Elle aurait tendance en fait à se séparer de certaines croyances ou concepts idéologiques de ce siècle, comme la notion de réalités collectives (sentiments, idées, pulsions), en dehors des foules et des attroupements.  Cet aspect des choses demeure cependant un objet qui a une incidence sur la signification qu'un individu peut donner à un énoncé ou à l'une des parties de cet énoncé.  La théorie ne prétend pas lire dans les pensées et ne peut que formuler des hypothèses sur ce qui s'y passe.  Le choix du versant « réception » du modèle linguistique général (abstraction faite du schéma de communication) d'un échange entre individus ou de prise de connaissance de messages diffusés par les moyens de « communication » ou, plus simplement, par la lecture) s'est fait par goût (ayant longtemps écrit j'avais sans doute besoin de changement) et en raison de questions que je me posais depuis mon adolescence.  Je ne doute pas qu'en ce moment même où je tape sur ce clavier, je me livre à un choix dans les moyens de dire quelque chose, mais au risque d'être impopulaire ce choix porte aussi sur ce que je vais écrire, de manière tellement instantanée qu'il est, avec des moyens théoriques et méthodologiques qu'on suppose égaux, probablement plus difficile à hypothétiser.  Lorsque j'étais écrivain [et jeune], sans autre prétention que de pondre des romans, je prétendais que l'écriture était une découverte.  Je ne souscrivais pas du tout à ce que semble supposer les « modèles de production » :  point de préséance de l'idée sur le mot.


VOCABULAIRE  ⇨  lexique
descriptionEnsemble des signes d'une langue, qui sont « porteurs » de signification et qui constituent son lexique.  ||
complémentLe terme de vocabulaire est lié à un corpus (ensemble d'énoncés) ;  le terme de lexique étant d'habitude réservé à l'ensemble des unités de langue.  Le DL considère cette distinction comme « de bonne méthode ».  Le DLL remarque que dans cette perspective il n'existe pas de dictionnaire qui décrive le lexique d'une langue.
remC'est aussi mon avis, bien que j'y sois arrivé par une autre démarche.  [Le lexique (d'une langue) a la même nature que l'ensemble des ensembles.  Théorique, de l'ordre du concept sans contrepartie discernable ou isolable.  (2009)]


VOIX (syn. diathèse)  ⇨  neutre ;  sémantique du verbe
définition[PL 1918]  Forme que prend le verbe, suivant que l'action est faite ou soufferte par le sujet.
exempleactive, passive, moyenne (cette dernière, en grec, exprime une action faite et reçue par le sujet).
[2012]La voix passive explique le poste « patient » du sagittal situationnel.


VRAI  ⇨  vérité
définition /DMProposition ou formule vraie.  Proposition ou formule dont la valeur de vérité est V.
DMvérité]  Ces notations et cette terminologie sont arbitraires.


WHORF (BENJAMIN LEE) [1897-1941]  ⇨  Sapir (E.) ;  vision du monde
descriptionLinguiste américain, disciple d'Edward Sapir ;  sa théorie, connue sous le nom d'hypothèse Sapir-Whorf, affirme que le langage est en relation causale avec le système de représentation de la réalité :  chaque langue découpe cette réalité selon sa manière propre.
rem /DLIl semble que Whorf ait été particulièrement radical dans les prolongements de cette thèse, tandis que Sapir ne la retenait que comme principe général.  Dubois et al. apporte(nt) d'importants modulos.


XÉNOMORPHISMEhapax
Forme inconnue
[Fiche ajoutée en 2010].
[2012]Le xénomorphisme ne peut pas être interprété sans un contexte diagnostique, mais celui-ci le priverait de son xénisme.


ZÉRO  ⇨  vide ; asémanticité
notationLe signe ∅ indique le « vide » sémantique, l'impossibilité d'interpréter ou l'absence d'interprétation ; sert également pour marquer l'absence de complément, équivalant alors à ⊸ (borne).
exemplefumer∅ = fumer⊸
noteLe terme de « vide » risque de perpétuer l'idée fausse de la forme comme contenant recevant un contenu. En réalité c'est la notion abstraite d'ensemble qui est « vide » ici, de toute valeur sémantique. Comme tous les postes de la règle, celui de la valeur est une classe. On notera que l'expression ‘vide de sens’ dans une phrase comme « Les hommes politiques tiennent des discours vides de sens » est un jugement de valeur plutôt qu'une phrase métalinguistique.  L'exemple est un bel échantillon de contamination du sens par la signification.
[2012]Comme signe notant l'asémanticité ou la dyssémanticité, on utilise le plus souvent maintenant le jumelage de l'apostrophe et de l'interrogation :  ‽ xénisme.


ZEUGMA ou ZEUGME  ⇨  asyndète ;  parataxe ;  anomalie ;
définition /PL 1918Figure qui consiste à rattacher grammaticalement deux ou plusieurs substantifs à un adjectif ou un verbe qui, logiquement, ne se rapporte qu'à l'un des substantifs.
descriptionDans plusieurs énoncés successifs de même organisation, construction consistant à n'exprimer l'un des termes qu'une seule fois.
exemple 1)  l'un prit une bêche, l'autre une pioche et le troisième, un rateau

2)  En achevant ces mots, Damoclès tira de sa poitrine un soupir et de sa redingote une enveloppe jaune et salie.  André Gide (cité dans Lexis).
Suppl. 2010[TLF]  « B. - RHÉT. Procédé stylistique consistant à rattacher syntaxiquement à un mot polysémique deux compléments (ou plus) qui ne se construisent pas de la même façon ou qui ne correspondent pas au même emploi de ce mot.  Le zeugme (...) confère à l'expression plus de souplesse et plus de vivacité.  Si Flaubert se permet d'écrire: ... Je trouve les vers plus tendres que la prose et qu'ils font bien mieux pleurer. ... et si Mauriac nous dit: ... Je m'étonnais de son aménité et que ses yeux fussent rougis par les larmes. ... nous ne verrons plus, dans ces formes mixtes, qu'une figure permettant de présenter tour à tour une substance et une action, ce qui confère au nom le caractère d'une image statique et ce qui déclenche, à travers le verbe, les effets émotifs de la vie (Morier 1961).  Soit la phrase suivante, de Matzneff (Mes amours décomposées) :  Elle [Danièle] est pulpeuse, sensuelle, protestante.  Par rapport au thème Danièle, représenté par le mot Elle dans la phrase, les deux premiers qualifiants, pulpeuse et sensuelle, sont parfaitement homogènes.  En revanche, leur est immédiatement coordonné, par une juxtaposition absolument contiguë, un troisième qualifiant, protestante, qui appartient à un tout autre registre de signification que les deux précédents.  C'est en cela que consiste le zeugma (G. Molinié, Dict. de rhét., Paris, Le Livre de poche, 1992, p. 338). V. attelage C 3 b ex. de Morier 1961.  »


E H E



révision achevée le 13-05-2012 00:36:01




« Ne jamais se laisser prescrire de lois
au nom d'une croyance quelconque.
 »
Ernst Mach (1908).

« On peut faire rentrer, à bon droit,
dans la catégorie des hypothèses irrationnelles,
l'affirmation de l'identité de la pensée
et des phénomènes physiologiques.
 »
Ernest Naville (1880)





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