AZ
Présentation alphabétique et chronologique de la théorie des opérations sémantiques (1979-2011)
III
Cliché · Contiguïté
| cliché · cohérence · collocation · combinatoire · comme I · comme II · communication · commutation · comparaison I · comparaison II · compatibilité · complément · complément (énonciation) · complémentarité · complexus · compositionnalité · compréhension (logique) · compréhension (≍connaissance) · comptable · concept · concret-abstrait · condition · conditionnalité · conditionnelle · conditionnel (syllogisme) · conditionnement · congruence · conjonction · connaissances du monde · connecteur · connexion · connexité · connotation · consonance · constituants immédiats (analyse en) · consultation (lexicographique) · contenant · contenu · contenu (analyse de) · contexte I · contexte II · contexte indifférent · contient · contiguïté |
| CLICHÉ ⇨ lieu commun | |
| définition /PL 1918 | Lieu commun, banalité, qu'on redit souvent et dans les même termes. |
| exemple /CMM | Cite le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert : Plus un matelas est dur, plus il est hygiénique, etc., mais l'exemple constitue un parachronisme quant à la remarque qui en fait une circulation permanente dans les mass média. |
| note | Littré ne connaît le terme que dans son emploi technique. Naturellement, le lieu commun remonte à l'Antiquité sinon aux Pélasges. Toutefois, la banalité est affaire d'appréciation. Syn. de banal : vulgaire, trivial. |
| Suppl. 2010 | La dénonciation de la banalité est un exercice délicat, comme elle est le fondement de la doxa ; de ce point de vue, l'idéologie en tant que corps de significations préconstruites est une banalité revendiquée. |
| COGNITION ⇨ croyance ; erreur | |
| ≝ PR | Processus par lequel un organisme acquiert la conscience des événements et objets de son environnement. [Cette définition physiologique est adoptée pour la philosophie par le TLF : ] Processus d'acquisition de la connaissance. |
| Victor Brochard (1884) | « Toutefois il faut reconnaître que la doctrine de Spinoza [penser une idée, c'est y croire] est inattaquable en ce sens que jamais, ayant une pensée, nous ne suspendons notre assentiment sans avoir pour cela un motif, sans opposer une idée à une idée nous ne doutons jamais sans raison. » [pour un spécialiste de l'erreur, en voilà une de taille — à la lecture d'une opinion opposée à la nôtre, nous sommes obligés de la « penser », qu'on le veuille ou non, de même que dans l'argumentation.] |
| Émile Meyerson (1934a) | « Retenons ici simplement cette observation tout à fait générale qu'il est beaucoup plus malaisé que l'on ne le suppose génératement de bien suivre les implications d'une pensée que l'on ne partage pas au fond. On fait cette constatation, pour ainsi dire à chaque pas, en étudiant par exemple l'historique des croyances religieuses et les polémiques qu'ont suscitées leurs différends. » |
| Alfred Binet (1902a) | « Trop matérialiser la pensée, c'est la rendre inintelligible. Penser n'est pas la même chose que de contempler de l'Épinal. L'esprit n'est pas, à rigoureusement parler, un polypier d'images, si ce n'est dans le rêve ou dans la rêverie ; les lois des idées ne sont pas nécessairement les lois des images, penser ne consiste pas seulement à prendre conscience des images, faire attention ne consiste pas seulement à avoir une image plus intense que les autres. » |
| André Cresson (1920) | « Soit le problème de l'origine de l'univers. C'est un de ceux à propos desquels Spencer a formulé sa pensée de la façon la plus nette. Nous ne pouvons, d'après lui, faire, à l'occasion de ce problème, que trois hypothèses verbalement intelligibles. L'une consiste à supposer que l'univers existe par lui-même ; la seconde à admettre qu'il se crée lui-même ; la troisième à penser qu'il a été créé par une puissance extérieure. Les métaphysiciens qui s'arrêtent, soit à l'une, soit à l'autre de ces trois doctrines croient avoir une idée qu'ils comprennent. Spencer prétend établir qu'en réalité ils n'ont d'idées, ni les uns, ni les autres. Son but n'est donc pas de prouver que l'esprit humain est hors d'état de vérifier la valeur d'une de ces trois hypothèses : il est de prouver que ces hypothèses ne semblent en être que parce que, en les créant, nous croyons penser des idées, quoique nous ne pensions, en réalité, que des mots. » |
| Émile Boirac (1891) | « l'intelligence est la faculté de connaître » « toute connaissance est la pensée de l'objet auquel elle se rapporte. » |
| Théodule Ribot (1913) | « Le terme pensée est de la langue courante et comme tel, vague. On ne l'a guère déterminé que d'une manière négative en disant qu'elle est la forme supérieure de la connaissance, de la vie intellectuelle celle qui apparaît la dernière au cours de l'évolution de l'individu et des espèces. Le terme idéation n'est en usage que dans la langue scientifique de quelques psychologues. Moins vague, il a pourtant le défaut de ne paraître désigner que la formation des concepts, des notions générales et abstraites. » |
| [Fiche ajoutée en 2010]. Il s'agit de la bibliographie de « De l'inférence sémantique ». | |
| [2012] | Le PRE donne deux acceptions pour ‘cognition’ ; celle qui figure plus haut est la seconde, marquée comme du domaine de la physiologie — l'autre est marquée Philos. et n'a qu'un synonyme : connaissance. C'est nettement insuffisant, en face de ‘cognitif’ appliqué à ‘sciences’ ; je cite tout l'article : cognitif ≝ Didact. Capable de connaître ou qui concerne la connaissance. Faculté, fonction cognitive. Un test cognitif. → cognition. Sciences cognitives : ensemble des sciences qui concernent la connaissance et ses processus (psychologie, linguistique, neurobiologie, logique, informatique). |
| [2012]bis | Le Larousse en ligne donne, malgré qu'il en ait, « Ensemble des structures et activités psychologiques dont la fonction est la connaissance, par opposition aux domaines de l'affectivité. » |
| COHÉRENCE ⇨ compatibilité ; connexité ; intersection | |
| description/ 1987 | La cohérence d'un énoncé dépend moins de sa conformité au monde réel (il s'agit dans ce cas de plausibilité ou de vraisemblance, sanctionnée par la phase doxologique, ⇨ axiologie) que de la redondance sémique d'un lexème à l'autre. |
| exemple | /triste/ dans « il était sombre et abattu« . Cf. l'interdéfinition (cohérence maximale) de « Sommelier, la carte des vins ! » |
| rem | La notion aurait gardé une application si la tso/tos avait maintenu son avancée dans le texte, mais ça n'a pas été le cas. Au niveau qui nous occupe aujourd'hui, il s'agit moins de cohérence que de compatibilité. Il y a d'ailleurs une question à régler de ce point de vue, étant donné l'exploitation qui est faite en logique de l'incompatibilité et celle que je fais de l'intersection en sémantique. |
| note 2010 | La cohérence s'observe mieux dans la correspondance entre les opérateurs grammaticaux (préposition, conjonction, pronom) et les propositions ou les syntagmes qu'ils lient. La fiche I consacrée à ‘comme’ plus bas en constitue une bonne illustration. |
| [2012] | Aujourd'hui, dans la théorie, il est plutôt question de l'intersection, qui explique toutes ces particularités. |
| COLLOCATION ⇨ sémiotaxie ; affinité ; paramètre | |
| 1979 | Terme et notion dû au linguiste britannique J. R. Firth (1890-1960). Recouvre en général le phénomène et les réalisations qu'en français on désigne notamment par unités phraséologiques, se distinguant plus ou moins des locutions et autres expressions idiomatiques. |
| exemple | « to collocate ideas » ≍ mettre côte à côte ⋁ ≍ mettre en relation l'un avec l'autre (d'après le dictionnaire Macmillan [L collocare]. Le Longman (1978) précise : (collocate) to go together or with another word in a way which sounds natural. ‘Strong’ collocates with ‘coffee’, but ‘powerful’ does not. ‘Strong coffee’ is an English collocation, but ‘powerful coffee’ is not. |
| NOTE | Dans la théorie des opération sémantiques, la sémiotaxie a pris la relève, de pair avec les synapsies et la notion d'affinité et plus généralement la connexité. |
| [2012] | Toute phraséologie tend à ce que j'appelais au début la « locutionnalisation », c'est-à-dire une syntagmation dont la fréquence devient une forme en elle-même, que je désigne du nom de paramètre (symbole φ-) et donc on peut parler de paramétrisation. |
| COMBINATOIRE ⇨ primitif ; conversion | |
| description/ 1987 | Dans la théorie de la sémantisation, les sèmes ne sont pas combinables pour produire un sens mais pour produire une paraphrase. Les sèmes ne sont pas des primitifs, qui seraient trop abstraits, mais des lexèmes transcodés. |
| exemple/ /Ibid. | Ainsi ringard peut être un sème /ringard/ pour « tire-braise ». |
| rem | Comme le versant amont n'est pas étudié par la théorie des opérations sémantiques, la question n'intervient pas. Le récepteur (le sujet interprète) parcourt des corrélations possibles, mais ne les établit au sens où il les « produirait ». |
| note 2010 | Dans la mesure où une valeur sémantique attribuée est complexe, elle présente une combinaison d'éléments de sens, mais il n'y a pas à proprement parler de combinatoire autre que celle qu'on croit deviner dans les moyens que la langue met à la disposition du locuteur. |
| [2012] | Pour bien faire, la combinatoire est du domaine de la production. L'interprète ne combine pas, comme tel. Si une suite de valeurs assignées ne sont pas cohérentes entre elles, il y a anomalie, incertitude et éventuellement asémanticité. La présomption de cohérence dont parlait Chaïm Perelman est de l'ordre de la signification (jugement/axiologie). |
| COMME I ⇨ adverbe ; analogie | |
| définition | [Grevisse] 1) Adverbe conjonctif de manière ou de quantité dans l'interrogation indirecte. 2) Adverbe exclamatif de quantité (!) 3) Adverbe de quantité marquant l'approximation. |
| exemples | 1) Voici comme l'affaire se passa. — Vous savez comme il sait tout (Hugo). — Vous voyez comme il faut qu'on gouverne. 2) Comme il fait noir dans la vallée. 3) Je sens comme une condamnation invisible qui pèse sur ma tête (Vigny). |
| complément | Dans la théorie des opérations sémantiques, ‘comme’ constitue l'équivalent linguistique du symbole de l'analogie ⊨, parallèlement à l'expression ‘a pour modèle’, dans la formule p ⊨ q, soit « p a pour modèle q » ou « p comme q » ⇩ |
| COMME II ⇨ analogie ; sémiogramme ⇧ | |
| description/ 1987 | Relation de comparaison qu'un mot entretient avec d'autres dans un sens donné, au même titre que l'association. |
| note | Les relations fondamentales, dont fait partie l'analogie, sont regroupées dans un sémiogramme ou schéma relationnel. |
| REM/2007 | Dans le discours, l'analogie, en dehors de sa présence formelle, prend les formes de la comparaison et de la métaphore, et plus rarement de l'analogie proportionnelle ⇩ (exemple), ci-dessous, plus frappante sous forme de carré ou de rectangle. |
| rem | Le même symbole signifie aussi « a pour modèle », soit lavage ≍ {soupe} ⊨ lavage ≍ {action de laver}. Peut servir dans une inférence conjecturale métaphorique, ≟[⊨X]. |
| exemple | a est à b ce que c est à d ; ci-dessous, avec le concours des pages historiques du Petit Larousse 1918, Alger est à Bruxelles ce que Constantinople est à Dublin. |
| Alger | Bruxelles |
| Constantinople | Dublin |
| COMMUNICATION ⇨ principe d'Héraclite ; opacité | |
| définition /LL | Au sens le plus large, la communication est l'utilisation d'un code pour transmettre un message. « La communication est le fait qu'une information est transmise d'un point à un autre. » G. A. Miller (1956). V. schéma du système de communication. En note au schéma, LL ajoute qu'il conviendrait d'ajouter les opérations de codage (ou encodage) et de décodage et d'envisager que la source et l'émetteur soient une seule et même personne, comme le récepteur et la destination. On ajoutera aussi le fait, comme le faisait Saussure, que le phonateur peut être à son tour auditeur (il s'entend, de toute façon, même s'il ne s'écoute pas toujours) et l'auditeur à son tour phonateur. |
| note | Le premier schéma, que LL emprunte à Miller, vient en réalité de l'ouvrage de Shannon et Weaver, que je reproduis en dernier. Pour S. et W., il ne fait aucun doute qu'il est question de transmission d'information au moyen de machines (ils citent le télégraphe, le téléphone, le télétype, le multiplex et la télévision). La source peut être humaine, mais l'émetteur transforme le message en signal ; le récepteur fait l'inverse, reconstruisant le message pour le bénéfice de la destination (personne ou chose). Le bruit exerce sa perturbation durant la transmission ou à l'une des extrémités du canal (câble, bande de fréquence, faisceau lumineux). |
| complément /LL | La même source présente une deuxième schématisation, enrichie, notamment du fait que le code peut être partiellement identique chez l'un et l'autre acteurs de la communication. Toutefois, le schéma ne fait pas intervenir les éléments distingués par Jakobson, et repris par Martinet, comprenant contexte/référent et connexion psychologique entre les mêmes acteurs. V. schéma de la communication. |
| note | Je tiens à signaler que ni l'un ni l'autre schéma ne rendent compte parfaitement de ce qui se passe en général, pas plus que la connexion psychologique soit une composante obligée, ni que le partage du code, même partiel, existe vraiment. Je me suis borné à mettre la redondance là où elle intervient (au moment de l'encodage) et de rendre les diagrammes d'Euler-Venn pour le partage des codes par un code commun là où il est observable : dans sa forme et les moyens mis en œuvre. |
| Suppl. 2010 | La communication a d'abord été une métaphore, comme on le voit ici : « Le langage est une sorte de télégraphie sans fil qui va reproduire dans un esprit un phénomène qui se passe dans un autre, mais qui le reproduit très inégalement selon les cas. » Frédéric Paulhan (1927) |
| bruits | ||||
| source d'information | émetteur | - - - canal - - - | récepteur | destination |
| code - répertoire et mode d'emploi | ||||
| redondance | bruit | |||||
| émetteur | encodage | message | canal | message | décodage | récepteur |
| code | code « partiellement identique » | code | ||||
| source d'information | émetteur | récepteur | destination | |||||
| message | signal émis | ⇨ canal ⇨ | signal reçu | message | ||||
| ⇧ bruit | ||||||||
| COMMUTATION ⇨ substitution ; permutation I ; permutation II | |
| description /LL | (Jakobson) Opération qui « consiste à remplacer dans un mot une tranche phonique par une autre attestée dans la même langue de façon à obtenir un autre mot de la langue ». [...] Si commutation et substitution sont des opérations identiques quant au principe (remplacement d'une unité existante dans la chaîne par une autre susceptible de la remplacer), elles diffèrent quant à leur objectif : la commutation a pour objet de dégager les différences linguistiques, alors que la substitution souligne les ressemblances. Commutation et permutation sont des opérations entièrement différentes ; la première se fait sur l'axe paradigmatique, la seconde sur l'axe syntagmatique. |
| exemple /ibid. | b ↺ p dans ‘_ ain’ → ‘pain’ ↺ ‘bain’. |
| complément | Commutation — Il s'agit d'une substitution réciproque qui constitue une procédure fondamentale en linguistique. « La commutation n'est possible que si, avec une différence d'expression [c'est-à-dire d'unités signifiantes], on peut mettre en corrélation une différence de contenu. » L. Hjelmslev (1939b : 125), cité par Mounin (1972 : 15; v. Hjelmslev [1939a : 91-92, 95]). La commutation est fondée sur le principe du paradigme et/ou inversement. A. Hénault (1992 : 74-75) rappelle que selon Hjelmslev il s'agit d'une double corrélation entre deux plans, et signale les difficultés d'application et les fortunes diverses de ces « manipulations si matérielles de réalités jusqu'alors considéréres comme immatérielles ». |
| COMPARAISON I (figure de pensée) ⇨ comparaison II | |
| définition /LetF | La comparaison a pour but de mettre une idée en relief, en constatant les rapports qu'elle a avec une autre idée suposée plus familière au lecteur. La comparaison s'établit au moyen de l'une des expressions : tel [que], comme, de même que, semblable à, auxquelles s'ajoute au besoin un terme corrélatif, tel, ainsi, de même. |
| exemple /ibid. | gai comme un pinson, prompt comme l'éclair ; Immobile comme une souche, une statue. |
| remarque | La comparaison est aussi une opération cognitive ou, plus simplement, le fait d'établir le rapport qui existe entre les objets et, subséquemment de les mettre en parallèle ou les confronter. (Je reprends en partie la « métalangue » du Petit Larousse 1918. |
| COMPARAISON II ⇨ relation ; opération | |
| description/ 2007 | On a intérêt à distinguer deux comparaisons, celle qui est illustrée dans l'exemple 1, qui s'observe comme relation et celle qui peut se produire entre objets ne présentant pas d'analogies, soit qu'on soit à la recherche de celles-ci, soit qu'on cherche à reconnaître ou à classer les objets en fonction de propriétés communes. |
| définition/ Cuvillier | Opération réfléchie par laquelle on établit les ressemblances et les différences entre deux termes (extrait). Cf. méthode comparative. |
| ex. / liste | hardi comme un lion, j'oublierai cela comme le reste ; adv. de comparaison : ainsi, aussi, autant, comme, de même que, moins, plus (PRE) |
| NOTE | Comme opération, la notation pourrait également être celle de l'interaction ou de la disjonction (⋁), ou, plus iconique, on peut la représenter par ce signe apparenté : ⊼. |
| propriétés | Comme opération de découverte, elle n'a pas les mêmes propriétés que la relation comparative « peureux comme un lièvre ». Elle est symétrique, tandis que ∅(un lièvre est peureux comme x) ; elle est cependant transitive dans les deux cas : (x est craintif comme y) & (y est craintif comme z) ⇒ (x est craintif comme z). Mais réflexive uniquement pour l'opération. |
| COMPATIBILITÉ ⇨ affinité, connexité | |
| description/ 1987 | Connexité minimale (un sème) entre deux sémèmes. La compatibilité est à la base de la cooccurrence sans asémanticité. Elle prend en charge notamment (en tant que forme de l'isosémie) les relations sélectionnelles harrissiennes et chomskyennes. |
| exemple | Cf. à la porte et sortez-le, sèmes /jeter dehors/. |
| note | ∼ — possibilité de coexistence dans un contexte, dans un même énoncé ou dans des énoncés apparentés — les mots compatibles ont un élément de sens en commun au moins. Selon le PL 1918, comédien ∼ oripeaux, avec le relais couvert de. |
| [2012] | Fait partie des notions dont l'intersection permet de mieux cerner. |
| COMPLÉMENT (précis de grammaire mentaliste ; tiré du Petit Larousse 1918) | |
| DIRECT | Mot (nom, pronom, verbe à l'infinitif) sur lequel tombe directement l'action exprimée par le verbe. |
| exemple | Richelieu abaissa les grands |
| Proposition complétive DIRECTE | celle qui dans la phrase remplit le rôle de complément direct. |
| exemple | Les anciens ignoraient que la terre (sic) tourne. |
| INDIRECT | Mot qui complète la signification du verbe indirectement, c'est-à-dire à l'aide d'une des prépositions à, par, pour, etc. |
| exemple | L'exilé songe à sa patrie ; je travaille pour vivre. |
| Prop. complétive INDIRECTE /ex. | Chaque jour nous avertit que la mort approche. (sic) |
| CIRCONSTANCIEL | Mot qui complète le sens du verbe en y ajoutant une circonstance de lieu, de temps, de manière, de cause, etc. |
| exemple | je vais à Paris ; je partirai lundi ; je travaille avec ardeur. |
| Prop. CIRCONSTANCIELLE /ex. | Les goûts changent quand on vieillit. |
| DÉTERMINATIF | Mot qui précise la signification d'un nom. |
| ex. | L'odeur de la rose est agréable. |
| Prop. complétive DÉTERMINATIVE /ex. | Les fables que Lafontaine a composées sont des chefs-d'œuvres. |
| EXPLICATIF | Mot qui développe le sens du nom sans en changer la signification. |
| ex. | Le fer, métal précieux, est tiré de la terre (sic). |
| Prop. complétive EXPLICATIVE | Le fer, qui est un métal précieux, est tiré de la terre. |
| APPOSITIF | Se dit d'un mot qui, placé à côté d'un nom, ne désigne avec lui qu'une seule et même personne, une seule et même chose. V. Apposition de la même source. |
| ex. | Jean Lapin, sire Grégoire. |
| ATTRIBUTIF | [LXX] Celui qui exprime la personne ou la chose en vue de laquelle se fait l'action. |
| ex. /ibid. | Faites l'aumône aux malheureux. |
| D'AGENT OU DE MOYEN | Compléments des verbes passifs. |
| COMPLÉMENT (vu de l'Énonciation[note]) | |
| description /Guillemin-Flescher | Complément que l'on appelle traditionnellement sujet et qui marque le terme de départ de la relation prédicative, sans être nécessairement l'agent ou l'originaire du procès. |
| exemple /ibid. | Il y a souvent coïncidence entre le sujet et le C0 : John opened the door. Mais ce n'est pas nécessairement le cas. Dans les énoncés suivants, le C0 n'est pas sujet : It's a nice day ; Going for a walk is a pleasant occupation. ; the thief was chased by a policeman. |
| description /G-F | Le complément de rang 1 C1 correspond à la fois à ce qu'on appelle traditionnellement le complément d'objet direct —COD—, (1) et au complément dans ce qu'on appelle le schéma transitif indirect. |
| exemple /ibid. | 1) Mary closed the door ; 2) John spoke to Mary |
| suite /ibid. | À la différence de la grammaire traditionnelle qui détermine le statut du complément indirect, nous [Guillemin-Flescher] différencions le statut du terme Mary dans les exemples (2) et (3) ci-dessous, où nous avons une relation non plus à deux termes mais à trois termes. Le statut du terme Mary sera ici complément de rang 2 (C2) |
| exemple /ibid. | 3) John sent a parcel to Mary. Le complément de rang 2 n'est pas nécessairement précédé d'une préposition : 4) John sent Mary a parcel. |
| ibid. | Dans les deux derniers exemples, cet élément correspond à ce que nous [G.-F] appelons par ailleurs le destinataire. Mais le destinataire n'est qu'un cas particulier du terme ayant le statut de complément de rang 2 : 5) He borrowed the sum from his neighbour. |
| description /G-F | Le terme complément adverbial est un terme générique qui comprend les compléments a) de localisation spatiale et temporelle et b) de localisation de cause, de propriété, de but, etc. Ils correspondent à ce qu'on appelle traditionnellement les compléments de lieu, de temps, de cause, de manière, etc. |
| exemple /ibid. | He ran into the woods ; at 4 o'clock he got up and left ; Avec précaution, il souleva le couvercle. |
| description /G-F | Sous-catégorie des compléments adverbiaux marquant une localisation spatiale, (1) et (2). Lorsque nous [G-F] utilisons le terme localisation spatiale nous entendons l'opération de localisation. Lorsque le terme est utilisé en conjonction avec le terme complément, c'est-à-dire complément de localisation spatiale, c'est le marqueur syntaxique qui est désigné. C'est en fait le verbe + le complément qui marquent la localisation spatiale (3) |
| exemple /ibid. | 1) Ici, c'est l'accueil qui compte ; 2) Dans une casserole, mettez 30 g de farine et une noix de beurre ; 3) The postman is here. |
| note | [note] Jacqueline Guillemin-Flescher fait de la syntaxe comparée, mais s'inspire beaucoup de la théorie d'Antoine Culioli. J'aurai l'occasion de la citer à nouveau à propos du parcours et du sujet. |
| COMPLÉMENTARITÉ ⇨ opposition | |
| description /DL | Des unités lexicales sont complémentaires quand la négation de l'une dans un énoncé implique l'affirmation de l'autre, sur la base de propositions suivantes : x est non-A ⇒ x est B ; x est non-B ⇒ x est A |
| exemple /ibid. | C'est le rapport qui existe entre marié et célibataire. |
| note | Le DL considère la complémentarité comme un cas de l'incompatibilité, mais dichotomique contrairement à celle-ci, avec l'exemple classique des couleurs. x est rouge ⇒ x est non-[violet, indigo, bleu, vert, jaune...] et inversement x est [violet, indigo, bleu, vert, jaune....] ⇒ x est non-rouge. |
| COMPLEXUS | |
| Frédéric Paulhan (1889a) | « L'idée nous apparaît comme un complexus d'éléments qui, par leur association avec d'autres phénomènes pourront constituer autant de jugements. Chaque jugement associe un de ces éléments avec un autre système de phénomènes en particulier avec les mots qui servent à l'exprimer. » |
| Frédéric Paulhan (1889) | « Si nous résumons ce qui précède, nous pouvons dire, je crois, qu'il y a dans l'esprit lorsque nous pensons à une chose abstraite, générale, ou à un complexus d'événements que nous nous représentons comme formant un seul tout (idée abstraite synthétique), des fragments d'images ou des images et des mots, c'est-à-dire encore d'autres images, visuelles, auditives ou sonores, mais ce n'est pas là ce qui constitue, à proprement parler, l'idée. L'idée en effet est à peu près toujours la même pour une même personne et au même moment ; au contraire, l'image et le mot varient ou peuvent varier. » [cf. le phénomène de disproportion du signe]. |
| [2012] | Le complexus prend le nom de synèse dans la théorie des opérations sémantiques. Il s'agit du mode d'organisation des unités lexicales dans le lexique intériorisé ; en principe il n'y a pas de mémoire sémantique dans le modèle sémiocognitif hormis une « mémoire de travail ». |
| COMPOSITIONNALITÉ ⇨ analyse | |
| description critique | Des observations comme celles de l'intersection portent un coup considérable à la thèse de la composition phrastique et fournissent une base à la « résumabilité » d'un texte. C'est en réduisant les « redondances » que l'on parvient à l'asymptote du « sens », que l'on dira déformable pour reprendre le terme de Culioli. — La liberté du locuteur tient à cela : s'il existait des règles de combinaison des sens, il n'y aurait aucune nécessité d'interpréter, car le sens serait littéralement calculable, comme l'aurait calculé l'émetteur-producteur. Telle combinaison produirait toujours tel résultat. Et Carter (1980 : 78) ne serait pas obligé de s'imposer une contrainte de polysémie minimale. Il est bien entendu qu'ici on a soin d'écarter l'effet de l'énoncé et la phrase qui le constitue. « Je te quitte » n'a pas les mêmes conséquences selon les locuteurs (et les circonstances), mais cela ne tient certainement pas à la compositionnalité. La régulation du discours n'est donc pas à voir en contrainte sur les choix de l'interprète (malgré les ambitions de l'énonciateur), mais en moyen de préserver un sens minimum en lui évitant (sauf intention contraire) de parcourir les registres d'une herméneutique. Évidemment, la thèse de la juxtaposabilité du sens (qui suit) ne nous dit pas ce que Claude Allègre considère comme le Graal (ni surtout pourquoi il se voit en chevalier de la Table ronde), mais que sa quête, comme celle du sens, est infinie (au sens de « toujours à recommencer »). — Après avoir récusé une dernière fois la compositionnalité, il reste à proposer non pas son contraire, mais l'explication des difficultés relatives à la maîtrise du sens au-delà du syntagme : la juxtaposabilité. C'est en raison de l'absence de combinaison réelle (« la profondeur de notre ignorance » ne combine pas l'ignorance et la profondeur) que le sens nous échappe dès qu'on franchit le groupe de mots. Entre les syntagmes, la relation fondamentale reste celle de la prédicat/argument. De ce point de vue, le sémème, issu d'une tradition étrangère à la sémantisation, n'est pas non plus la combinaison d'unités minimales de sens. |
| À propos de | La compositionnalité, dont Lerot (1993:201) tire une analyse compositionnelle (détrônant sans doute l'analyse componentielle, que l'on vient de dépouiller de ses acquis), repose sur une formule de Frege (1892), dont il est difficile d'imaginer une application autre que celle de Katz et Fodor (1963) — eux aussi évacués —, avec les risques inhérents au rêve combinatoire de Leibniz. « La signification du tout est fonction de la signification des parties », en angl. The meaning of the whole is a function of the meanings of the parts (non, n'ayez crainte, je sais que Frege parlait allemand [et c'est sans doute pour cela qu'il a formulé cette thèse, qui ne s'applique pas à des langues différentes]). Pour qu'une telle formule soit vraie (ou vérifiable) il faudrait pouvoir concevoir le sens comme un tout et les éléments « du » sens comme des parties de ce tout (expression commode, mais douteuse) . Il est à peu près certain que le tout des logiciens n'est pas le mot, mais si c'est la phrase (« tout » apparenté à leur proposition), le problème, en changeant d'échelle, ne change pas de nature : dans les introductions à l'ancienne grammaire générative (v. G. Fauconnier [1973]), on ne manquait jamais de vous montrer combien de « phrases » il était possible de construire à partir d'un petit lexique de démonstration. S'il s'agit de la phrase, on ne comprend pas que les mots puissent se combiner autrement et produire d'autres sens. Car alors le sens est dans les règles de combinaison, ce qui n'est pas réellement acquis non plus. Le sens n'est pas nécessairement orienté, à moins de termes contradictoires : le vaincu a eu raison de son vainqueur (cf. Pierre bat Paul). Il conviendrait d'ailleurs de distinguer sens et information (même sémantique). R. Carter (1980:76) n'apportait pas plus d'arguments que Lerot en faveur de la thèse de la compositionnalité, sauf le fait qu'une phrase semble « avoir un sens » et qu'elle doit bien le tirer de quelque part (chose). Mais ce que l'on prend pour le sens de la phrase n'est rien d'autre que sa référence. |
| COMPRÉHENSION au sens d'« intension » [compréhension logique] ⇨ intension ; compréhension-extension | |
| définition/ Cuvillier | Ensemble des caractères, propriétés ou qualités qui constituent un concept, dont il est le sujet. |
| exemple/ Cuvillier | pour oiseau, {animal, vertébré, à sang chaud, ovipare, ...} |
| description/ 1987 | Ensemble de traits ou de sèmes d'une unité. Dans la théorie sémantique on prévoit une structure sémique quelconque (l'idée d'un programme a été évoquée), indépendante de la description sémantique où les seules classes sont les conditions et les valeurs. A l'heure actuelle [1987], on retient le sémème de Pottier ⇩ l'exemple de ‘gueule’. |
| NOTE/v. 1995 | Notion de logique, à laquelle je préfère celle de sens ou de définition ; s'oppose à l'origine à l'extension, qui énumère les membres d'une classe plutôt que les caractères (notes) d'un concept. Comme symbole, elle recevrait le même que ces deux catégories, c'est-à-dire les accolades { ... }. Par la suite la classe a été marquée par les crochets carrés [...] et souvent aves son signe ℄[...]. |
| propriétés/ | C'est une question qui mériterait d'être étudiée dans une sémantique plus ambitieuse que la tso. Si l'extension peut s'envisager comme le prolongement des propriétés de l'inclusion (x est contenu dans y), c'est plus délicat avec la compréhension. |
| REM/2007 | Si le sémème subsiste au sein de la panoplie dans les trois manuscrits qui on donné lieu au Traité de sémantique (devenu ensuite l'Essai de sémantique, en mémoire de Bréal, (notamment dans le Traité du sens et les Opérations sur le sens), il a été abandonné au profit de la règle de sémantisation qui a prouvé ses capacités descriptives, même si elle peut présenter un déficit analytique. |
| [2012] | Sans que la description analytique soit intégrée à la théorie, j'ai cependant envisagé des outils de description, notamment après l'intégration partielle de la dénotation ; j'en donne les exemples ci-dessous (tableaux sans exemples proprement dits.) |
| gueule | descriptif | applicatif | |
| sémantème | spécifiques | orifice | pour avaler |
| classème | génériques | matériel | → animal |
dénotation, sens, paraphrase
| COMPRÉHENSION-EXTENSION | |
| Martial de Fornel de la Laurencie (1906) | « Dans sa compréhension, c'est-à-dire réalisant la somme de ses caractères essentiels. Ainsi, l'idée d'homme s'étend aux hommes, blancs, noirs, jaunes ou rouges. La compréhension est la qualité de l'idée; l'extension est sa quantité. La compréhension est la matière propre du concept ; l'extension est sa sphère d'application ; la compréhension est saisie immédiatement, directement; l'extension raédiatement, indirectement. La compréhension et l'extension sont réciproques ; c'est-à-dire si une idée A fait partie de la compréhension d'une idée B, B fait partie de l'extension de A, et vice versa. Ainsi l'idée d'animal faisant partie de la compréhension de l'idée d'homme, celle-ci fait partie de l'extension d'animal. La compréhension et l'extension croissent et décroissent en raison inverse l'une de l'autre, c'est-à-dire varient en sens opposé ; quand l'une s'accroît, l'autre diminue ; plus l'une est étendue, plus l'autre est restreinte. Plus une idée se généralise, plus elle s'appauvrit, plus elle devient vide et indéterminée. L'idée d'être, qui a la plus grande des extensions, a une compréhension infime; l'idée d'un individu dont l'extension est réduite à l'unité, a une compréhension illimitée, l'ensemble des caractères qui conviennent à cet individu étant en nombre incalculable. » |
| /Ibid. | « La compréhension d'une idée est l'ensemble des caractères qu'elle implique, la somme des éléments dont son essence se compose, le groupe de qualités qu'elle comprend ou renferme. Ainsi, l'idée d'homme comprend les idées d'animal et de raisonnable. L'extension d'une idée est l'ensemble des êtres possé[dant ces caractères]texte corrompu » [ensemble des choses auxquelles une idée est applicable]. |
| COMPRÉHENSION2 au sens classique de « faculté » ⇨ sémiocognitif (modèle) ; cognition | |
| description/ 1987 | La compréhension touche à la fois la phase de sémantisation et la phase référentielle. L'interprétation proprement dite prend la relève de la compréhension, et met en relation la référence et ses valeurs culturelles. |
| REM/2007 | Dans le modèle qui a survécu au cours des trente dernières années, les remaniements ont été fréquents. À l'heure actuelle , on peut en gros considérer que si le modèle sémiocognitif correspond à la compréhension, on y distingue toujours trois phases distinctes mais interdépendantes : la sémantisation, consistant à donner un sens à une forme ; la référence ou référenciation, qui consiste à rattacher une représentation mentale ou situationnelle d'un objet, être ou événement aux formes auxquelles sont associés les sens correspondants ; la signification, qui consiste à doter le produit des phases précédentes de jugements axiologiques (je), doxologiques (on) ou idéologiques (nous). — La sémiotisation regroupe la référence et la signification. |
| note/ Cuvillier | La compréhension met toujours en œuvre tout l'esprit. (Delacroix) [et à comprendre] Comprendre une phrase, c'est comprendre et le sens des mots et la construction de la phrase. (Idem). La phrase n'a donc pas de sens. |
| Suppl. 2010 | [Perfetti (1976)] La compréhension d'une phrase implique la connaissance de la grammaire (a), la connaissance de la signification des mots (b) et la connaissance du contexte, à la fois linguistique (c) et non linguistique (d). [Les (x) sont de moi.] Il semble imposer des conditions particulièrement difficile à réaliser (cf. la notion de situation en pragmatique, où celle-ci prend plus de place que l'échange entre les interlocuteurs). Il faut se montrer moins ambitieux au lieu de se jeter des bâtons dans les roues. Soit l'énoncé : asse est une terminaison péjorative. (a) il suffit de posséder le module [x[est]y] aux 16 temps, réparti sur 6 modes (en gros, et sans la même fréquence - et il ne s'agit là que de formes) ; (b) en dehors du verbe d'identité (ou d'appartenance) seuls trois mots interviennent et l'article sert uniquement au classement : et les sens sont {idée de mal}, {suffixe/désinence} ; (c) le contexte linguistique est explicite et délimité par l'énoncé et (d) la situation est une information grammaticale donnée par un dictionnaire. On constate que les proportions deviennent plus gérables. On comparera la phrase de Perfetti avec celle de Henri Delacroix,(1924) cinquante ans plus tôt : « comprendre le langage c'est comprendre les mots et les formes grammaticales ; c'est se placer, grâce à ces formes, dans un système de relations concernant les choses ou les événements que les mots désignent. (...) c'est réaliser l'adaptation intellectuelle à la réalité à travers les signes. » On ne suivra pas Frédéric Paulhan (1886) qui luttant contre la théorie de l'image fait du sens une tendance, comme si la lecture du mot « bon » rendait meilleur : « Comprendre le mot vertu, c'est éprouver à un faible degré la tendance à agir d'une manière vertueuse. Il est d'ailleurs parfaitement reconnu en psychologie que l'idée d'un acte est une tendance à l'acte. De même la compréhension d'une vertu, l'idée d'une vertu, est une faible tendance à agir selon cette vertu. » |
| [2012] | L'interpénétration des notions rend parfois difficile l'impérieuse nécessité de classement qui anime les disciplines intellectuelles. Par rapport à l'essai de description du déroulement dans la remarque 2007 (en deuxième rang ici), on retiendra que l'on comprend ce qu'on interprète, en ce qui concerne la suite de formes linguistique (écrites ou sonores) ; s'il y a un décalage entre les deux opérations, il est très faible et tient sans doute à la prise en compte des facteurs externes concurrents. |
| CONCEPT ⇨ cognition ; prototypisme | |
| Émile Boutroux (1895) | « Qu'est-ce que le concept ? Ce n'est pas une unité absolue, car il doit, pour expliquer les choses, envelopper la multiplicité. Ce n'est pas non plus une multiplicité absolue, car il ramène le divers à l'unité. Il représente donc une certaine liaison d'éléments intelligibles, une relation d'hétérogénéité, au moins relative, entre des manières d'être. Pas plus que le concept, la proposition ne peut être rigoureusement conforme à la formule A est A. A est A n'apprend rien. Or une proposition doit toujours apprendre quelque chose et, en ce sens, comporter la formule A est B. Enfin, le raisonnement qui enchaîne les propositions entre elles n'est pas non plus une exacte identité. Il est aux propositions ce que les propositions sont au concept. Ainsi, l'on n'a pas simplement déduit des lois de la logique pure une matière appropriée à l'application de ces lois ; on a composé le syllogisme à l'aide des lois de la logique pure et d'une matière surajoutée. » |
| Élie Rabier (1899) | « Un concept contradictoire est un concept confus. Par suite, un concept contradictoire étant de fait irréalisable dans la conscience, la question se pose de savoir comment de semblables concepts sont possibles. Ils sont rendus possibles par la confusion des idées. » |
| observation | Rabier prend comme exemple d'idée contradictoire l'inconscient, sans réfléchir que la contradiction est verbale (conscient) ; en réalité la notion confuse est celle de conscience. Voilà ce qui advient quand on importe en bloc les idées d'un autre siècle (Leibniz). Cf. le cas d'inconnu, qui est pourtant connu comme inconnu, sinon on ne saurait pas ce qu'est que l'inconnu. |
| Edmond Goblot (1918) | « Un concept est dit contradictoire en lui-même, « implique contradiction », quand l'analyse peut le décomposer en deux concepts contradictoires. On a dit qu'un concept contradictoire est un pseudo-concept, un mot qui semble signifier quelque chose et ne signifie rien, car deux concepts contradictoires ne peuvent s'unir en un concept unique ; on ne peut former une idée en posant et en excluant tout à la fois le même terme. Aucun concept ne répond au rapprochement de ces deux mots cercle carré. Contradictoire veut dire inconcevable. » |
| [2012] observation | Si l'on suit nos philosophes, il devient impossible de former des mots comportant un préfixe négatif et, pis, impossible de concevoir cette impossibilité. Le meilleur exemple de contradiction de Goblot est « inconcevable » |
| Edmond Goblot (1918) | « Ainsi dans la langue vulgaire, oiseau est un concept obscur ; on ne sait si l'on doit reconnaitre un oiseau dans certains animaux dont les ailes sont réduites à des appendices tout à fait impropres au vol ; on est tenté de considérer comme un oiseau une chauve-souris, qui vole très bien et dont le vol ressemble à celui d'un oiseau. Le concept d'un vertébré ovipare qui a un bec et des plumes est clair ; on sait à quoi l'on reconnaîtra si un animal est ou n'est pas un oiseau. » |
| [Fiche ajoutée en 2010]. | |
| [2012] | Il s'agit toujours de penser comme Leibnitz. ‘Oiseau’ est aussi scientifique et des trois critères retenus, deux seuls sont pertinents, car l'oviparité n'est pas propre aux oiseaux. L'absence de vol n'est pas assez générale pour lui dénier son rôle discriminant. Les oiseaux sont les seul ovipares à voler. |
| [2012] exemples du PRE | Les oiseaux sont ovipares, ainsi que les crustacés, la plupart des insectes, des poissons, des reptiles. Chez certaines espèces ovipares, la fécondation a lieu après la ponte (poissons). Mammifères ovipares. ∥ à vol : Spécialt Locomotion aérienne (des oiseaux). |
| CONCRET-ABSTRAIT ⇨ abstrait-concret | |
| Notions concrètes et abstraites. | « La notion concrète est celle qui a un objet individuel, réellement existant, ou ayant existé, ou pouvant exister, dans le temps et dans l'espace ; par exemple : Paris, César, la plume que je tiens en écrivant. Cette notion, composée de plusieurs éléments agglomérés (concretum), est un concept et non une idée proprement dite. Le terme qui la représente est un terme concret. La notion abstraite est celle dont l'objet est purement idéal, sans existence propre, par exemple : science, vérité, quantité. La notion abstraite est un élément isolé, extrait (abs-tractum) du concept. Il y a des degrés dans l'abstraction. Les notions abstraites peuvent devenir concrètes relativement à d'autres plus simples ; ainsi la notion de figure plane est concrète par rapport à celle de figure en général. Plus une notion est abstraite, plus elle se simplifie, plus elle devient claire et distincte, plus elle se dégage de tout élément d'erreur. » Martial de Fornel de la Laurencie (1906) |
| [Fiche ajoutée en 2010]. | |
| [2012] | Relevons les deux dernières propositions : « plus elle devient claire et distincte, plus elle se dégage de tout élément d'erreur. » On a clairement affaire à du psittacisme. La simplicité, en outre, est difficilement le synonyme de « sans erreur ». Quant à faire de l'erreur un critère, même négatif, c'est faire reposer l'analyse sur la certitude, la réalité et la vérité, autrement dit s'embourber dans l'absence de simplicité : la réalité est trompeuse, la vérité est affaire d'opinion et la certitude caractérise la foi (et les grandes affirmations). |
| CONDITION ⇨ contrainte, assignation ; règle d'interprétation sémantique ; valeur | |
| description/ 1987 | Circonstance dont un phénomème peut être fonction. Facteur qui détermine le sens, notamment dans la règle dans les descriptions sémantiques. La position, le lexème cooccurrent, un trait présent dans l'entourage (condition flottante), le module syntaxique, la référence, la forme elle-même constituent les conditions les plus fréquentes de l'assignation [attribution] de sens. Dans le dictionnaire [corpus], le test de substitution permet de distinguer les conditions (non substituables) des valeurs (substituables). Les conditions sont généralement reprises par d'autres éléments dans les contextes-exemples. |
| REM/apr. 1987 | Le terme de condition avait été adopté sans souci de formalisation (on pouvait retenir circonstance comme l'a fait un temps Pottier [1963]), mais avec l'automatisation informatique de la règle sous forme de règle de production en Prolog, le choix se révélait judicieux. |
| exemple 1 | Ainsi (sujet chose) pour talonner, « la soif le talonnait » |
| exemple 2/1987 | Voir le tableau ci-dessous, où := marque l'instanciation et la barre oblique le contexte à la Chomsky. |
| NOTE/ 1987 | Tour à tour sont apparues des conditions dites du monde, référentielle, situationnelle, généralement niées, c'est-à-dire dont la négation est distinctive. Elles sont pertinentes non seulement dans la règle de conversion, qui est une métarègle, mais également dans la reconnaissance des sens figurés, mais ne s'y limitent pas. Peu à peu s'ajoutèrent les conditions syntagmatique, paramétrique (constante discursive), sémique, surnommée flottante, car la condition syntagmatique prenait en charge le contexte immédiat (indépendant de la position ou de l'ordre, cf. « intéressant ce livre » ) et il restait à désigner la présence, variable dans son association, dans le contexte étendu, d'une valeur permettant d'affiner la description, la condition sémique flottante. |
| REM /2007 | À mesure que s'est développée la règle comme instrument de description de l'opération d'interprétation, les conditions se sont multipliées (jusqu'à déborder dans le domaine de l'anaphore), puis leur nombre s'est stabilisé tandis qu'elles constituaient des classes. La condition situationnelle qui correspond à la composante H & N (hic et nunc) du modèle sémiocognitif ne figurait pas dans le recensement de 1987. Les fiches qui suivent les tableaux d'inventaire décrivent chacune des conditions. |
| Suppl. 2010 | [notes] les circonstances essentielles à la production d'un fait (...) rapport constant entre un fait et une condition — la condition n'a point d'existence isolée et hors des faits. J. Duval-Jouve (1844) |
| Conditions en 1987 | |
| condition | a:=/C |
| contextuelle | a:=/ |
| référentielle* | a:=R ou a:= ¬R |
| flottante | a:=F |
| positionnelle | a:=/__b ou b/a__ (b/a__c) |
| syntagmatique | a:=ab (cœur:=cœur d'artichaut) |
| modulaire | a:=xAy |
| sémio-modulaire | a:=(b)xA(G)y(c) |
| morphologique | a/__-b:=X |
| interdéfinition | a:=I |
| paramétrique | a:=Pm (cœur:=avoir le cœur à l'ouvrage) |
| notes [rév. 2010] | *la condition référentielle est synonyme de la condition du monde (disparue). := est devenu ⊢ ; la barre contextuelle / → ∁ ; le point d'insertion __ → ⊥ ; l'interdéfinition ‘i’ → ⋈ ; le paramètre Pm → φ ; la condition morphologique s'applique à une partie de mot (préfixe, suffixe, radical). |
| TYPE | SYMBOLES | EXEMPLE |
| positionnelle | ‘a’ ∁ ⊥ b ⋁ ‘b’ ∁ a ⊥ ⋁ ‘b’ ∁ a ⊥ c | un sentiera heidegerrienb |
| flottante | ℱ [x] | verger ℱ[fruit] |
| paramétrique | φ[a-b-c] | φcoeur d'artichaut ; φ[avoir le coeur à l'ouvrage] |
| référentielle/indirection | ℝ[m] ⋁ ¬ℝ (⋁ ℟v. 2000)* | ¬ℝ[saison]a [mentale]b |
| de domaine | ⌂[x] | coeur d'artichaut ∁ ⌂[sentiments]** |
| modulaire | [X[m]Y] | [X[éprouver]Y] |
| sémio-modulaire | [PATIENT[v]passifAGENT] | [ANIMAL[a_pour_nom]NOM_PR] |
| étymologique | ␃[x] | état crépusculaire ␃[douteux] |
| morphologique | -[b] ⋁ [a]- ⋁ -[b]- ⋁ [a]- [bc] | in- a- -bord -able |
| interdéfinitionnelle | ⊥ ⋈[x] | verger ⋈ fruit |
| axio-doxo-idéologique | Σ ⊣ Δ{α δ ι}* | furie ∁ vagues_en ⊥ Σ[littéraire]α |
| situationnelle | SIT | furie ∁ [femme]sit (⋁ ␏)* |
| paradigmatique | ⇧[x] ⋁ ⇩[y] | se creuser la cervelle ⇕[esprit, cerveau, tête, méninges] |
| conjecturale | ≟[z] | nastie ∁ ≟[nastos]␃ ⊢ {pressé} |
| anaphorique | ◁[x] ⋁ [y]▷ | [◈] |
| notes | * Certaines notations ont évolué, ainsi la (sous-)condition idéologique va s'écrire ω. L'emploi de symboles, s'il entraîne un semblant de rigueur, verse parfois dans l'opacité. ** La condition de domaine sera par la suite assimilée à la catégorie générale de la condition conjecturale, puis elle reprendra son autonomie. schéma de la règle — ▲ ou plutôt ␞ ‘m’ ∁ ⊥ ℂ[c] ⊢ {v} | |
Les fiches consacrées au détail des conditions de la règle d'inférence sémantique figure sur cette page (qui date, toutefois).


| CONDITIONNELLE (proposition) ⇨ hypothétique | |
| ≝ | [proposition] où l'assertion est subordonnée à une condition. PR. |
| ex. | voir si ; Si tu admets cette opinion, tu as tort ; s'il pleut demain, je ne sortirai pas |
| note | Grevisse à qui j'emprune ces deux exemples parle ici d'hypothèse pure et simple, mais l'hypothèse tient-elle dans le cas positif « s'il fait beau demain, je sortirai » ? |
| CONDITIONNEL (SYLLOGISME) ⇨ syllogisme catégorique ; syllogisme et inférence | |
| Gardeil | Des trois types de syllogisme hypothétique qu'il cite (conditionnel, conjonctif, disjonctif), il ne décrit que le syllogisme conditionnel. La majeure en est conditionnelle ; elle est composée de la condition et du conditionné. On pose ou l'on détruit l'un de ces éléments. Le lien de conditionnement ne va que dans un sens. Selon G. la majeure est l'affirmation d'un lien entre deux propositions, la mineure pose ou supprime une de ces propositions, d'où résulte, en conclusion, la position ou la destruction de l'autre position. |
| exemple /ibid. | S'il refuse qu'on assimile le syllogisme catégorique au conditionnel (non sans raison, contre les modernes), il admet sans peine que le conditionnel suppose une affirmation plus générale, « tout ce qui tourne se meut », d'où elle procéderait par syllogisme catégorique. si la terre tourne elle se meut ⇒ la terre se meut. |
| exemples | [Disjonctif] ou le cercle est une courbe ou il est une droite or le cercle est une courbe donc il n'est pas une droite [Conjonctif] l'homme ne peut à la fois servir Dieu et Mammon or il sert Dieu donc il ne sert pas Mammon. |
| CONDITIONNEMENT — CONDITIONNALITÉ | |
| description/ 2000 | Tous les éléments d'un énoncé ne sont pas également pertinents dans le diagnostic du sens d'une forme, et c'est pourquoi toutes les conditions ne s'appliquent pas systématiquement. Le sujet-interprète modèle la règle et ses conditions selon les besoins de la compréhension. Certains éléments auront à ses yeux et ponctuellement plus de pouvoir discriminatoire que d'autres, ainsi le module actanciel/syntaxique xVERBEy, qui a une application universelle en français pour la différenciation de l'action et de son résultat : cf. ‘impression’ au sens de {marque} et au sens d'{opération}. |
| REM/v. 1993 | Condition de la règle. Il s'agit d'une inférence. " x/c:=y ". x reçoit la valeur <y> si la condition C est satisfaite. Un nom impossible : « impossible » reçoit la valeur {bizarre}, si impossible suit nom. [Tiré de l'Essai de sémantique, antérieur au Vade-mecum (ou son concurrent) qui a conduit au Traité de sémantique (redevenu l'Essai, après la refonte des divers ouvrages antérieurs.] |
| [2012] | La formulation de la règle a quelque peu changé, mais le principe est intact. forme1 ∁ ⊥forme2 ⋀ C[variable conditionnelle] ⊢ {valeur inférée} |
| CONGRUENCE ⇨ équivalence ; opposition ; identité | |
| description | La transposition de la congruence ne se fait pas sans risque, mais elle n'a pas de conséquences trop importantes. C'est en espérant résoudre le flottement autour de l'équivalence et de la synonymie que j'ai posé la nécessité d'une équivalence « superposable », qui fait de la congruence une notion qui reste intuitive. La formulation du DM pour la modulation (congruence modulo n) est séduisante, mais restera une métaphore, car sa définition est étrangère à la question du sens. ⇩ |
| définition/ DM | Soit n un entier strictement positif. On définit sur Z une congruence ℛ appelée congruence modulo n en posant x ℛ y si et seulement si x-y est un multiple de n. (...) Si x et y sont en relation on dit que x et y sont congrus modulo n et l'on écrit x ≡ y (mod n). |
| exemple/ DM | 2 ≡ -3 (mod 5) et -1 ≡ 8 (mod 9). |
| exemples d'application | 1) règne ≡ durée (mod paix) ; 2) régicide ≢ régicide (mod meurtier) |
| observation | Si l'application à la synonymie (équivalence lexicale) est relativement satisfaisante, on voit en 2) qu'il y a conflit entre l'opposition et la différence (non-identité). En fait, la relation des deux ‘régicide’ exige la représentation de ce qui les distingue dans les deux cas. régicide ≍{assassin} ≠ régicide ≍{meurtre}. La conséquence immédiate est probablement la réévaluation de l'opposition. En quoi consiste-t-elle exactement ? Si la différence s'oppose à l'identité, l'opposition ne peut se distinguer que de l'équivalence. Pour l'instant, cependant, on maintiendra le signe de non congruence comme notation de l'opposition. La congruence, comme le rappelle le DM à propos des matrices, peut être une équivalence également, mais sans réciproque. Il n'y a d'ailleurs en sémantique d'équivalence qu'asymptotique. |
| CONJONCTION (log.) ⇨ ET ; table de vérité (et) | |
| définition /DM | Connecteur noté fréquemment ⋀ (on lit « et ») défini par la table de vérité (lien ci-dessus). |
| exemple /note | A ⋀ B ; Blanché utilise le point ‘·’, soit A · B |
| Suppl. 2010 | Le signe (l'opérateur) conjonctif est désormais intégré à la représentation des applications de la règle d'interprétation, pour coordonner les conditions entre la condition contextuelle et le signe de l'inférence. |
| [2012] | Cela ne suppose pas qu'il y ait réellement d'opération conjonctive, mais simplement qu'on cherche à distinguer les conditions au lieu de les empiler. |
| CONNAISSANCES DU MONDE ⇨ référence ; modèle sémiocognitif ; référence ; information encyclopédique ; élément de connaissance ; synèse | |
| description | Zone théorique et méthodologique de la mémoire du sujet comprenant et interprétant où seraient stockées des informations non directement linguistiques, relatives au monde qui l'entoure. On en trouve l'équivalent relatif dans les informations encyclopédiques des dictionnaires. Celles-ci ne sont pas toutes dans la partie historique et géographique — même un dictionnaire encyclopédique comme le GDEL distingue le traitement encyclopédique du traitement purement lexicographique, tandis que les phrases-exemples et les citations d'un PRE empiètent parfois sur l'encyclopédisme. Dans le cas du locuteur, l'hypothèse la plus plausible quand à la forme du stockage reste la structure prédicative. a ∋ x ⇨ Le calao a un bec recourbé. calao ∋ bec recourbé. |
| exemple | Le Petit Larousse 1918 comporte ainsi des informations inexactes au sujet du caïman. Il étend son habitat à l'Asie (c'était peut-être le cas de 1856 à 1918) et le dote d'un museau long (alors que l'illustration lui donne un museau court et large). L'exemple est excellent car le « comportement » du dictionnaire pourrait ici se confondre avec celui du locuteur/sujet parlant. D'après le GDEL, il se trompe également sur la longueur (deux mètres en trop, sur le géant du groupe - 3 genres, cinq espèces -, le caïman noir). Le GDEL le dit indolent et peu dangereux. En guise de consolation, il faut reconnaître qu'il (le Petit Larousse 1918) a du vocabulaire : ‘forban littéraire’ ≍ {plagiaire} ne figure pas dans le Petit Robert. |
| ≍ | se lit : « au sens de ». |
| Suppl. 2010 | La tendance actuelle (« De l'inférence sémantique ») consiste à intégrer le lexique, les connaissances grammaticales (axiomes-définitions) et les connaissances du monde à une « encyclopédie » du sujet-interprète. |
| [2012] | En outre, si la prédication est la forme de liaison la plus plausible, rien n'exclut les autres relations, si la réalisation mnésique adoptée s'inspire du schème de Revault d'Allonnes, sous le nom de synèse, qui a la propriété d'être déformable, extensible et réductible. |
| CONNECTEUR ⇨ table de vérité | |
| définition /DM | Symbole du calcul propositionnel ou du calcul des prédicats. (...) Un connecteur est parfaitement caractérisé par sa table de vérité. |
| note | Le DM remarque que certains auteurs emploient ∼ au lieu de ˥ et ≂ au lieu de ⇔. | Le manuel WP-DOS range les variantes de ∼ parmi les formes de similitude. Je signale en passant encore une fois que Blanché (1957), comme Lalande (1926), marque l'implication par un signe qui semble avoir perdu du terrain (sans doute à cause de son ambivalence avec l'inclusion), c'est-à-dire ⊃, qui rappelle le >. |
| note/Blanché | Le connecteur (opérateur) prend le nom de foncteur quand il s'agit des fonctions (tables) de vérité. Mais il explique que si certains connecteurs ne sont pas foncteurs de vérité, inversement un foncteur de vérité n'est pas nécessairement un connecteur, [c'est-à-dire qu'il] n'établit pas toujours une liaison entre deux propositions. Cf. négation. |
| sens ling. | (DL) en linguistique distributionnelle, le connecteur est un opérateur susceptible de faire de deux phrases de base une seule phrase transformée. Ainsi le morphème si est un connecteur dans la transformation (donnée en exemple/ibid.) |
| exemple | Jean vient, je suis heureuse → je suis heureuse si Jean vient. |
CONNECTEUR (ÉNONCÉ) ⇨ ÉNONCÉ CONNECTEUR
| CONNEXION ⇨ synèse ; sémiogramme ; encyclopédie du sujet | |
| ≝ | La connexion est le rapport qui s'établit entre deux formes ou entre une forme et son sens (sa valeur) dans l'opérateur asymptotique ou la règle d'inférence. Plus spécifiquement, avant de céder sa place à la synèse [trouvée par hasard au cours d'une balade dans le Grand Larousse du XXe siècle (1928-1933)], la connexion se spécialisait en rapport relationnel entre formes et entre éléments de sens. |
| ex. | consentement ≢ opposition ; Néron ℛ Tibère ; Néron ∩cruauté Tibère ; endurer ≍ {supporter} ; encroûté ⊢ {rempli} |
| [Fiche ajoutée en 2010]. π Néron enchérit sur la cruauté de Tibère (Petit Larousse 1918) | |

| CONNEXITÉ ⇨ redondance ; homosémie | |
| description/ 1987 | Phénomène sémantique issu de la redondance comme principe organisateur des relations lexicales. La connexité adopte toute les combinaisons de l'identité et de la différence (y compris l'intersection) et affecte la structure sémique canonique. |
| NOTE/2007 | Même si tout ensemble d'éléments de sens est transitoire et labile hormis le sens le plus fréquent des lexèmes [=mots] (qui est relativement stable dans le temps), la connexité sera également observée au plan métalinguistique. L'interdéfinition ⋈ est un bon exemple des rapports spéculaires des unités lexicales et des éléments de sens. |
| observation | Cette notion exige sans doute une remise à plat, dans la confusion de notation qu'entraîne l'équivalence (non seulement dans la présente théorie mais aussi en général, comme en témoigne le nombre de signes qu'elle entraîne en logique, cf. le manuel de référence DOS-WordPerfect, annexe C. Je propose provisoirement de laisser la connexité dans l'abstrait [relation entre deux unités lexicales d'ordre sémantique qui suppose dans leur sens la présence partagée d'un élément de sens au moins], avec trois représentations, la compatibilité (au moins un élément de sens, ∼), l'affinité (deux éléments de sens, ≈) et l'équivalence (au moins trois éléments de sens, ≋), celle-ci demeurant toujours relative ou, comme j'ai choisi de la qualifier, asymptotique ou asymptote. |
| note | Dans deux au moins des trois grands textes qui se sont succédés sur ce site, en effet, la connexité est considérée comme coiffant l'intersection relative, après l'affinité, plutôt que comme relation générale concurrençant l'intersection elle-même ou l'homosémie. |
| REM/LL | Il semble que Viggo Brøndal (1948) ait défini la connexité dans les parties du discours comme la relation entre deux objets X, Y si cette relation entraîne soit XrY, soit YrX. La relation est dite inconnexe si ce n'est pas le cas. On comprend qu'il s'agisse de syntaxe ou mieux, de syntagmatique. Comme je l'ai déjà signalé, la connexité m'est venue de plus loin, de Condillac (1715-1780), contemporain de Diderot (1713-1784), et elle avait cours du temps de Furetière. |
| [2012] | Si la notion peut encore servir dans l'explication du phénomène de redondance sémantique, elle n'a plus de rôle technique : celui-ci revient à l'intersection. ⇩ |
intersection : deux exemples
| CONNOTATION ⇨ virtuème ; association | |
| définition | [Je donne d'abord son sens philosophique (logique formelle)] Propriété que possède un terme de désigner certains attributs constituant la compréhension du concept correspondant. Cuvillier (1956). |
| définition | [courante] Ensemble des valeurs affectives prises par un mot en dehors de sa signification (ou dénotation). Petit Larousse 1982. |
| hist. | Il semble que le sens scolastique et théologique ait été proche du détournement moderne et que la tradition logico-philosophique soit surtout marquée par les idées de John Stuart Mill. |
| exemple | à l'origine, le terme d'ostracisme n'avait pas la valeur péjorative qu'on lui donne aujourd'hui ; dans la langue classique, le mot patois était l'équivalent de charabia. |
| Voir | association pour le terme adopté dans la théorie des opérations sémantiques (où on ne souscrit pas à l'idée d'affectivité) et virtuème pour le terme de l'analyse sémique de Pottier. |
| [2012] | La décision d'intégrer partiellement la dénotation dans la théorie n'entraîne pas la récupération de la connotation comme distorsion (manifeste d'une fausse compréhension). L'association sous sa forme qualifiée est plus neutre et n'a pas ce passé ou ce passif de bricolage. |
| CONSONANCE ⇨ assonance | |
| description /PL 1918 | (mus.) Accord de sons agréable à l'oreille. ≢ dissonance || Uniformité de sons dans la terminaison des mots ou des phrases. |
| exemple /BO | J'ai souvent ce rêve étrange et pénétrant (Verlaine) |
| CONSTITUANTS IMMÉDIATS (ANALYSE EN) ⇨ boîte de Hockett | |
| notes /cours | Eléments obtenus au moyen de découpages successifs dans la hiérarchie [?] constituant la phrase. Voir la fiche stemma |
| exemple | « La » dans « La porte est fermée » est constituant immédiat du syntagme nominal « la porte », qui est lui-même constituant immédiat de la phrase. |
| CONSULTATION (lexicographique) ⇨ phrase-exemple | |
| définition/ PL 1918 | Le fait de chercher un renseignement dans [un dictionnaire]. |
| développement/ 1984 | La consultation d'ordre sémantique peut être décomposée en une suite d'opérations comme un un ordinogramme. 1) le mot figure-t-il dans la nomenclature ? si oui, passer à 2), sinon voir une autre source ; 2) (parcours des acceptions) l'acception convient-elle ? est-elle conforme grammaticalement, sinon transformer ; est-elle en intersection sémantique avec la phrase de départ ? si oui, passer à 3) ; 3) l'intégrer à la phrase, par substitution. Plus complètement. Le mot m auquel on ne peut attribuer de sens figure-t-il à la nomenclature, si oui, passer à 2), sinon, prendre un autre dictionnaire. Le mot md doté d'un sens dans le dictionnaire est-il compatible/congruent avec la phrase p du mot m, p(m), si oui, passer à 3) sinon passer à une autre acception. ; a) s'il y a une phrase-exemple pd, est-elle compatible avec la phrase p(m) ? b) s'il y a des notes d'emploi (conditions), x et y, sont-elles compatibles avec la phrase p(m) ? si oui, passer à 3), sinon, passer à une autre acception. 3) le mot de départ m reçoit l'acception du dictionnaire (équivalence formelle et sémantique), d(m, ax). |
| CONTENANT ⇨ expression ; contenu | |
| description | Le dictionnaire auquel j'ai emprunté l'essentiel des deux fiches ci-dessous ne comporte pas, curieusement, d'article consacré au contenant. Je ne veux pas nécessairement passer pour un mauvais esprit, mais quand j'entends parler de contenu, je me demande toujours où est le contenant. Dans le cas de la Glossématique (Hjelmslev), la réponse est donnée plus bas : c'est l'expression, ou mieux, la forme de l'expression, et accessoirement la forme du contenu. On peut se demander (je ne parle pas danois) s'il y a avait quelque difficulté dans la langue des glossématiciens qui les auraient forcés à adopter une solution moins symétrique que le projet d'ensemble ne l'était. |
| illustration | Voir le tableau (toujours d'apr. le DDL). La sémantique se situerait quelque part dans les relations entre forme et substance du contenu. |
| CONTENU | |
| description /DDL | (Hjelmslev) Contenu s'oppose à expression, comme signifié s'oppose[rait] à signifiant. Il s'agit cependant de deux plans de la langue et non de l'une des deux faces du signe saussurien. Toute grandeur définie au plan du contenu et au plan de l'expression est considérée comme un signe. La phrase, par exemple, en est un. Sous son aspect sémantique, le langage véhicule des significations, qui relèvent du plan du contenu, lequel se subdivise en forme et en substance. La substance du contenu est la « totalité de ce que le locuteur a dans la tête quand il articule un énoncé, la totalité (probablement différente) de ce qu'en tire dans sa tête un auditeur ». Hjelmslev estime que la substance du contenu, comme celle de l'expression, n'est pas du ressort du linguiste, parce qu'étant informe, elle n'est pas analysable scientifiquement. |
| suite /ibid. | La forme du contenu est la manière dont chaque langue organise et construit le sens. « De même qu'un morceau d'argile peut être façonné en des objets de formes et de dimensions différentes, la substance, milieu dans lequel se font les distinctions et les équivalences sémantiques, peut être organisée en des formes différentes dans les différentes langues » (Lyons, 1970). |
| rem | Cette façon de voir n'est guère charitable pour l'être humain. Doit-on étendre ces considérations à ce qu'il y avait dans la tête de Hjelmslev : sa pensée serait informe ? Et cette métaphore, sémiotiquement formée ou non ? |
| le contenu comme métaphore | « Le mot aux contours bien arrêtés, le mot brutal, qui emmagasine ce qu'il y a de stable, de commun et par conséquent d'impersonnel dans les impressions de l'humanité, écrase ou tout au moins recouvre les impressions délicates et fugitive de notre conscience individuelle. » Bergson, cité par Louis Dugas (1896). |
| Mise en garde | Le terme de contenu n'appartient pas à la terminologie de la théorie des opérations sémantiques. La forme ne contient pas d'éléments de sens (ni d'ailleurs de sèmes) ; parallèlement, on évitera de voir les mots comme « contenu » d'une phrase, notion (celle de phrase) qui suppose un ordre. |
| [2012] | Ni le syntagme ni le mot ni la proposition ne sont des vases (≍ récipients), pas plus qu'ils ne font partie du « mobilier » de la phrase. |
| expression | forme | sonore | façon dont la langue organise ce matériel (sic) |
| graphique | |||
| substance | sonore | masse physique, matérielle ne relevant pas de la linguistique | |
| graphique | |||
| contenu | forme | fonctions, relations et dépendances | ce qui caractérise une langue (grammaire, syntaxe) |
| substance | sémiotiquement formée | soumise à la forme, la seule à dépendre de la glossématique | |
| sémiotiquement non formée | matière ou sens |
| CONTENU (ANALYSE DE) | |
| description /DDL | Analyse descriptive et interprétative d'un message à partir d'un inventaire classé des éléments significatifs de ce message. Les méthodes et techniques varient et intéressent plusieurs disciplines, surtout la sociologie, la psychologie ou la psychanalyse. [...] Il s'agit de découvrir un sens sous le message, un dit sans intention de dire, mais à partir des formulations même du locuteur, qualitativement ou quantitativement. |
| remarque | La linguistique n'intervient généralement qu'anecdotiquement. L'aspect quantitatif mesure notamment l'espace (texte imprimé) consacré à certains mots. Il pourrait à la rigueur passer pour une forme fruste de l'analyse de la redondance d'un texte, mais même dans celle-ci les résultats ne constituent pas des données assimilables au sens, seulement à l'importance que peuvent avoir certaines idées dont les mots ne sont que des signes au sens le plus réducteur. |
| rem | « un sens sous le message. » Cette spatialisation est à sa place chez Victor hugo (l'idée sous le mot), mais chez des linguistes ? |
| [2012] | Cette remarque est faite en connaissance de cause, car il n'y avait pas l'ombre d'une notion linguistique chez les créateurs de la méthode, que [la méthode] j'ai eu l'occasion d'appliquer lors de ma licence. |
| CONTEXTE I ⇨ contexte | |
| sens courant | Ce qui constitue un texte dans son ensemble, le précède, le suit. |
| PL 1918 | π on éclaire par le contexte les passages difficiles à interpréter |
| note | En anglais, ‘context’ a souvent pour équivalent perspective en français. |
| rem | Le dérivé contexture a pour synonyme, dans le PL 18, cohérence ≍ {liaison des parties qui forment un tout}, cf. π la contexture d'un discours |
| CONTEXTE II ⇨ condition ; verrouillage ; contexte ; sémantisation | |
| description/ 1987 | L'environnement immédiat d'une unité, avant, après, entre, mais qui s'étend un peu plus avec la condition flottante ou le contexte étendu : sème présent dans un lexème non contigu. Facteur du sens. || La sémantisation C ⇨ U (ou contextuelle) n'apporte pas une confirmation absolue à la conception [assez courante] qui fait du contexte le moyen de connaître le sens d'une unité.* |
| exemple | glace sans pour tain et pour glace, sans tain. |
| MAJ | Environnement linguistique dans l'énoncé (anciennement représenté par /_b, /a_) a ∁⊥ b b ∁ a ⊥ b ∁ a ⊥ c on reconnaît le contexte avant, le contexte après et le contexte entre ; ce sont des conditions positionnelles qui participent à la détermination du sens d'un mot. Le signe antitruc ⊥ désigne le point d'insertion de la base objet de l'interprétation et remplace « _ » dans l'ancienne formulation a/_b. |
| *note | Cette réserve est valable également pour le contexte (context) pris au sens de situation (environnement non linguistique ou extra-linguistique). |
| [2012] | Exemple de contexte phrastique : « je rejetterai, comme des femmes, toutes les croyances, tout à tour. » Montherlant. — Le nom de l'auteur n'appartient pas au contexte, mais à la situation : il permet de situer l'énoncé. |
| CONTEXTE INDIFFÉRENT ⇨ isosémie ; compatibilité ; neutralisation | |
| description/ 1985 | Un contexte est dit indifférent quand les conditions de compatibilité sont tellement abstraites qu'elles autorisent un nombre particulièrement élevé de combinaisons (cooccurrences différentes). Les contextes appréciatifs sont particulièrement indifférents quant à leur complément (aimer x ; x est bon ; x est vague). Les lexèmes en boucle terminale des chemins génériques devraient également manifester, en raison de la raréfaction des sèmes, une assez grande indifférence. |
| rem | On distinguera les contextes indifférents (ne permettant pas de d'élucider ou de sémantiser un des cooccurrents, soit a-b où a ne permettrait pas de comprendre b et inversement) des contextes contradictoires ou rebelles à l'interprétation, dont voici un exemple. Dans son excellent Vocabulaire philosophique, Cuvillier donne comme exemple une citation de Hume, après avoir défini la connexion comme une « liaison (avec une idée de nécessité) » — « La cause et l'effet sont liés, non pas par une connexion nécessaire [angl. connected], mais par une conjonction constante [angl. conjoined]. » Hume. conjoin ≝ to join together ; unite ; combine. | connect ≝ to join or fasten together ; unite ; link. (Macmillan). On voit qu'il s'agit d'un artifice de la pensée de Hume (l'antiphilosophe par excellence). |
| [2012] | Le contexte indifférent est non diagnostique, mais n'est pas obligatoirement ininterprétable. |
| CONTIENT ⇨ inclusion ; superordonné ; contenu ; contenant | |
| description/v. 1998 | [Il s'agit de l'inclusion, dont un des signes (⊃) se lit « contient »] Notion difficile d'emploi en raison de l'ambiguïté (influencée par le signe > en mathématique) du symbole qui se confond avec celui de l'implication (A ⊃ B) ; pour l'implication j'ai retenu la classique flèche à hampe creuse (⇒). |
| INCLUSION | « A ⊂ B » se lit « A est inclus dans B » ; l'inclusion est d'un emploi rare ici même, à cause de l'ambiguïté de ses signes, A ⊃ B (A inclut/contient B) et B ⊂ A (B est inclus/contenu dans A) ; on lui préfère l'implication qui comporte le sens de {contient} a ⇒ x et qui devrait servir à exprimer la superordination du genre par rapport à l'espèce, mais on a préféré d'abord marquer ce rapport par le symbole du parcours de bas en haut (du subordonné au superordonné) oiseau-mouche ⇧ oiseau et la relation inverse par la flèche contraire (du superordonné au subordonné) genre ⇩ espèce. |
| note 2010 | À la fin du XIXe siècle, certains logiciens contestant le rapport entre l'inclusion et l'implication ont préféré lire le signe ⊃ comme « entraîne », mais la spatialité demeure. Voir « De l'inférence sémantique » |
| observation | J'ai ensuite exploité les flèches obliques analogues à celle de l'implication (qui ont aussi servi un moment à indiquer l'association péjorative et méliorative), pour enfin porter mon choix sur des signes iconiques. x ↳ y se lit « x est subordonné à y » et y ↳ x se lit « y est subordonné à x » ; x ↱ y se lit ‘ x domine y ’ ou « x est le superordonné de y » et y ↱ x se lit « y est le superordonné de x ». y ↴ (« domine ») z est gardé en réserve. |
| remarque | La difficulté (ce double emboîtement ⋁ appartenance/inclusion) a été signalée par Josette Rey-Debove dans son lexique de sémiotique |
| rem | Comme je me suis emmêlé les pinceaux dans la première version de cette fiche à la ligne « inclusion » (corrigée depuis), il est toujours possible de revenir à une notation implicative orientée, sur laquelle il est plus difficile de déraper. pétrification ⇘ phénomène ; privation ⇗ perte (d'après le PL 1918). |
| Suppl. 2010 | Même si les superordonnés et les subordonnés n'ont pas l'importance qu'ils ont eue, je suis revenu à la notation binaire orientée pour les rapports g-e, soit g ⇗ e et e-g, soit e ⇘ g. appareil ⇗ serrure / serpe ⇘ instrument. Ces rapports se lisent de gauche à droite. |
| [2012] | En principe ces deux relations (qui n'en sont qu'une) ne sont conservées que pour les unités lexicales : tambour, chanfrein, brocard, banquise, sceptre, etc. comme elle est la plus fréquemment utilisée dans les dictionnaires. Elles peuvent être traduites en termes d'appartenance ou d'implication (la binarité est alors une rupture de plan) : brocard ⇒ {raillerie} ; {poussière} ∈ pulvérulent (source : PL 18 ; le PL 96 permet d'écrire {poudre} ∈ pulvérulent). |
| CONTIGUÏTÉ ⇨ incidence ; base ; sémiotaxie ; sémiogramme | |
| description/ 1987 | Relation sémiotique fondamentale, mise en évidence et exploitée dans une sémiosyntaxe également fondamentale où les deux éléments sont alternativement base et opérateur. |
| Cf. résine et mélèze dans « résine de mélèze » ; porter et talisman dans « porter un talisman ». | |
| note | proximité sémantique que l'on trouve également dans la figure appelée métonymie ; relation au sein du sémiogramme. Cf. homonymie. |
| observation/ 2007 | La contiguïté ‘∥’, comme cooccurrence suppose la compatibilité minimale de la connexité, et sur l'échelle des éléments en intersection est en deçà de l'analogie. |
| propriétés/ 2007 | a ∥ b ⇒ b ∥ a ; (a ∥ b) & (b ∥ c) ⇒ a ∥ c ; a ∦ a. La contiguïté est antiréflexive, symétrique (modulo aménagement syntaxique) et transitive. |
| [2012] | Aujourd'hui, comme toute prétention vers la syntaxe et la sémiotique est abandonnée, il faut signaler que la contiguïté comme relation a deux formes dans la règle, dénotative (et par conséquent, référentielle) et sémantique. La dénotation est clairement plus exploitable (dans l'univers des choses et des êtres), tandis que la contiguïté sémantique se situe entre l'équivalence et l'opposition. |
révision achevée le 29/04/2012 22:23:14
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