| CONTRADICTOIRE I ⇨ barre de Sheffer ; contraires (propositions ; opposition ; carré logique 1 |
| définition /PL 1918 | Propositions contradictoires : incompatibles. |
| définition /Cuvillier | Propositions contradictoires entre elles : propositions opposées différant à la fois en quantité et en qualité. |
| exemple /ibid. | Tous les hommes sont mortels | Certains hommes ne sont pas mortels |
| suite /Cuvillier | Concepts contradictoires entre eux : concepts tels que l'affirmation de l'un implique la négation de l'autre et que la négation de l'un implique l'affirmation de l'autre. |
| exemple /ibid. | coloré ≢ non coloré |
| suite /Cuvillier | Une proposition ou un concept est contradictoire (en soi) ou « implique contradiction » quand on peut la ou le décomposer en deux propositions contradictoires ou deux concepts contradictoires. |
| Suppl. 2010 | On dira des phrases comme « cette pensée est inexistante » un peu comme on dit familièrement, par une contradiction naïve « il y a des absents ». Frédéric Paulhan (1915) |
| [2012] | C'est aussi le cas de Pierre est absent ou de c'est inconcevable. |
| CONTRADICTOIRE II ⇨ contraire ; opposition ; antonymie ; carré logique 1 |
| définition/ Petit Larousse 1918 | adj. Qui exprime une contradiction ≍ {incompatibilité de certaines choses} |
| définition/ LP[1] | En logique, la contradiction est un rapport d'incompatibilité entre deux termes dont l'un est la négation de l'autre (être, non-être ; mort, vif) ou deux propositions (...) les propositions contradictoires ne peuvent être ni vraies ni fausses en même temps. |
| exemple/ibid. | toutes les Françaises sont rousses ≢ quelques françaises ne sont pas rousses. |
| Suppl. 2010 | En tout état de cause, sémantiquement une contradiction (quelque mal que j'aie avec son expression symbolique et son expression pure et simple) reste une opposition. C'est pourquoi on devrait éviter de l'assimiler à l'incompatibilité d'événements définie comme absence d'intersection (cf. A ∩ B = ∅). |
| CONTRAINTE ⇨ principe ; différence formelle |
| description/ 1987 | Les principes sont les contraintes de la théorie et son articulation : l'ensemble des principes forme le système de la théorie ; les principes se déduisent d'un petit nombre de fondements [à caractère] axiomatique[s]. Les conditions sont les contraintes de la règle et des DS (descriptions sémantiques). La contrainte est censée garantir la rigueur et plus spécialement la monosémie, nécessaire tant dans le discours scientifique que dans les formulations générales de la règle et des DS. |
| exemple | Si la logique admet x = x, cette relation est impossible en sémantique, sauf à spécifier le plan où la relation est établie. Celle-ci n'est pas non plus possible : x ≍ x, non plus que x ≍ y, si y est au même plan que x. Par contre l'analogie s'observe entre termes du même plan (elle n'aurait pas de sens entre les deux plans, qui sont anisomorphes [hétéromorphes]). |
| rem | Même si « l'identité » [sous la forme de l'équivalence relative] a pu être préférée à la différence saussurienne, cela n'implique pas qu'il s'agisse d'une relation sémantique, mais d'une contrainte extrasémantique (cognitive, par exemple, même cela semble redonner vie (en apparence) à la thèse de Meyerson. |
| Suppl. 2010 | Avec le temps, la théorie de la sémantisation a abandonné ses ambitions descriptives d'une sémantique analytique statique (les DS) et ensuite ses prétentions à une axiomatique, luxe inutile, qui n'ajoute rien à ses outils ni à sa rigueur. Les principes ont été révisés une fois de plus avec la rédaction de « De l'inférence sémantique » et c'est dans l'annexe à ce texte qu'on peut les trouver. |
| CONTRAIRE ⇨ antonymie ; opposition ; contradictoire ; implication contraire |
| définition/ Petit Larousse 1918 | (adj.) Opposé ; (n.m.) L'opposé |
| exemple/ibid. | [analogue, pareil, semblable] ≢ contraire |
| exemple/ LP | Les propositions contraires ne peuvent être vraies en même temps, mais peuvent être toutes deux fausses (toutes les Françaises sont rousses ≢ aucune Française n'est rousse) ; voir, pour le carré logique, cette fiche. |
| Suppl. 2010 | (extrait du PR) Mot de sens contraire, antonyme (opposé à synonyme). « Long » est le contraire de « court ». Les contraires et les contradictoires
|
| note 2010 | Le Petit Robert précise dans sa définition l'appartenance à un même genre, donc une intersection : Qui présente la plus grande différence possible, en parlant de deux choses du même genre; qui s'oppose à.
|
| CONTRAPOSITION ⇨ vérification ; conversion des propositions ; raisonnement par contraposition ; paradoxe de Hempel |
| description | Forme de la conversion, l'une des deux propriétés logiques des propositions classiques exploitant le carré logique A, E, I, O — l'autre forme est l'opposition. Comme la négative particulière (O) ne peut pas entrer dans le cadre des deux types de conversion (simple ; par accident), le sujet particulier devenant prédicat universel, on a imaginé la conversion par contraposition : après avoir renversé les extrêmes, s ↺↻ p[0] ⇨ p ∋ s, on les affecte l'un et l'autre d'une particule négative.[1] — On pourrait appliquer cette méthode à l'universelle affirmative, mais l'obscurité qui en résulte la rend peu utilisable.[2] |
| définition /Cuvillier | Mode de conversion consistant à affecter d'une négation le sujet et l'attribut d'une proposition et à les faire permuter ; ex. tout A est B [→ tout non-A est non-B → tout non-B est non-A] donc tout non-B est non-A [la transcription symbolique est donnée par le GDEL] ; on notera le passage de « est » à « implique » |
| définition /GDEL | Loi logique selon laquelle il est équivalent de dire que A implique B (A ⇒ B) et que non-B implique non-A (¬B ⇒ ¬A) [soit (A ⇒ B) ≡ (¬B ⇒ ¬A)] |
| définition /Lalande | Espèce de déduction immédiate, qui consiste à permuter les termes d'une proposition ou d'une inférence, en les niant, suivant la formule :
a ⊃ b. ⊃. b' ⊃ a'.
1er cas : de « Tout A est B » on déduit « Tout non-B est non-A » ;
2e cas : de « Si A est vrai, B est vrai », on déduit « Si B est faux, A est faux ». |
| exemple /suivant Thonnard | quelque homme n'est pas logicien [↺↻]⇨ quelque logicien n'est pas homme [˥]⇨ quelque non- logicien n'est pas non-homme, c'est-à-dire (comme dirait Thonnard) quelque non-logicien est homme.[3] |
| exemple /référence | A = affirmative universelle ; E = négative universelle (formant les contraires) ; I = affirmative particulière ; O = négative particulière (formant les sous-contraires). A et O et E et I forment les contradictoires. |
| exemple 2 /schnauzer | (A) Tout homme est logicien — (E) Aucun homme n'est logicien — (I) Quelque homme est logicien — (O) quelque homme n'est pas logicien. |
| note | [0] Le double symbole de substitution représente la permutation : (A ↺↻ B) = ((A ↺ B) ⋀ (B ↺ A))
[1] Le texte suit Thonnard de très près, mais les exemples sont de mon cru (sauf pour la disposition du carré logique). Ces deux fiches (contraposition et conversion des propositions) constituent une brève incursion (un raid) dans la logique classique à la suite de l'exploitation par Popper du paradoxe de Hempel (voir vérification), où la contraposition, utilisée de façon douteuse, est promue au rang d'opération généralisable, alors qu'elle ne peut s'appliquer utilement que de façon ad hoc. Cf. Ci-dessus la « loi » dont parle le GDEL, et Blanché.
[2] On ne confondra pas la contraposition avec l'inverse, où le sujet et l'attribut sont affectés de la négation, mais ne permutent pas. — A ⇒ B → ˥A ⇒ ˥B
[Pour mémoire : ¬A ou ˥A = A est faux.]
[3] On remarque que dans le résultat qu'il en tire la négation du prédicat (après tout, il s'agit d'une négative) et le prédicat négatif s'annulent. — On notera que mon exemple suit ceux de Thonnard et non le modèle de Hempel ou de Popper, dont le prédicat est un élément définitoire du sujet (le corbeau est noir [ou gris] et le cygne [généralement] blanc) [prédicat analytique], which is another kettle of fish. |
| pour mémoire | 33. DÉF. On appelle contraposition la substitution dans une équation d'un symbole négatif à un symbole positif et réciproquement (4). La contraposition est simple si elle n'affecte que le sujet ou le prédicat grammatical, elle est double si elle affecte les deux concepts grammaticaux. Les équations obtenues par contraposition sont dites contraposées. || 34. COR. L'équation affirmative fournit deux contrapositions simples et une contraposition double. Joseph Delbœuf (1876) |
| formule | S — x = P — y; équation affirmative,
1 — S' x = P — y; contraposition du sujet,
S — x = 1 — P' — y; contraposition du prédicat,
1 — S' — x = 1 — P' — y; contraposition des deux concepts grammaticaux. Joseph Delbœuf (1876) |
| CONVERSE ⇩ |
| définition | [PL 1918] Se dit d'une proposition dont on prend le sujet pour en faire l'attribut et l'attribut pour en faire le sujet, sans qu'elle cesse d'être vraie. |
| [EUL]© | Dans la logique aristotélicienne, se dit d'une proposition dont la place du sujet et la place de l'attribut ont été interverties par rapport à une autre proposition. (La converse de la formule A ⇒ B est la formule B ⇒ A.) |
| exemple /ibid. | l'étendu est divisible et le divisible est étendu. Petit Larousse 1918 |
| spéculation contrapositive | tout étendu est divisible ⊢ tout non-divisible est non-étendu [?] |
| [2012] | La contraposition a quelque chose de ludique, comme l'interversion de mots ou de lettres. Elle me semble plus un vestige de la scolastique qu'un instrument utile, comme la « quantité » et la « qualité » des propositions. Si cette phrase semble ambiguë, ce n'est pas Cuvillier qui vous éclairera (à Qualité) ; il en va différemment à Quantité, ce qui permet de déduire que la qualité d'une proposition est son intension si la quantité est son extension (opposition entre universelles et particulières). |
| CONVERSION ou métaconversion ⇨ règle d'interprétation ; transcodage ; conversion ; contraposition |
| définition/ 1987 | Tout mot de la langue peut être converti en métaterme descriptif [élément de sens] en fonction d'une opération d'interprétation. La forme de la règle de conversion dérive de la règle fondamentale. |
| exemple | Le mot mode est converti en élément de sens {mode} dans l'obligation où l'on est de sémantiser (donner un sens à) l'expression « système féodal », soit mode ⊣ {mode} ∁ système ∈ [⊥ féodal] ⊢ {⊤]. [formulation datée] |
| complément | Une variante substitue le signe de l'analogie à celui de l'assertion, soit système ⊨ {système} ∁ ignorantisme ⌂[instruction] ⊢ {⊤} [idem] |
| rem | [2008] Cette règle implicite dans l'application de la règle d'interprétation a porté divers nom au cours de sa genèse. Aujourd'hui, plutôt que de l'associer à l'interdéfinition, (bien que ce soit ce qu'elle établit, une interdéfinition), je préfère parler pour la règle elle-même de métaconversion ou de conversion métalinguistique, qui s'explique parfaitement par la fonction métalinguistique de Roman Jakobson. C'est d'ailleurs le symbole de l'interdéfinition qui a prévalu, malgré le rapport évident entre les premiers symboles et les notations de l'inférence et de l'assertion : := ⇨ =: et ⊢ ⇨ ⊣. |
| Suppl. 2010 | ⌂ = domaine ; ∈ = appartient à ; ⊢ = « infère »
Dans la version adoptée dans « De l'inférence sémantique », c'est l'interdéfinition qui sert d'opérateur de « transcodage », soit :
joindre ⋈ {joindre} ∁ [associer ∁ ⊥ des idées⌂] ⊢ {⊤}, ou dans une version retouchée : ‘a’ ⋈ {a} ∁ [‘b’ ⊢ {⊤}] |
| [2012] | Dans la règle de métaconversion, il s'agit d'avaliser l'emploi d'une unité lexicale comme métaterme (élément de sens comme valeur) et non d'ingérence dans le processus d'interprétation : la métaconversion est nécessaire et implicite, y compris dans l'assignation d'une classe de dénotés à une dénotation. Dans la figure ci-dessous, le terme ‘primitif’ est converti en élément de sens (valeur) {primitif} en fonction de la nécessité où l'on se trouve d'interpréter ‘propre’ en sémiotaxie avec ‘sens’, soit dans l'expression « sens propre ». |
| CONVERSION DES PROPOSITIONS (log.) ⇨ contraposition ; vérification ; carré logique |
| description /log. | Il s'agit de l'inversion des deux termes, le sujet étant mis à la place du prédicat de façon à garder la vérité du jugement. La légitimité de l'opération se fonde sur l'extension du prédicat : en devenant sujet, le prédicat ne doit jamais revêtir une extension plus grande que celle dont il jouïssait [je souligne]. On distingue la conversion simple et la conversion par accident. Voir contraposition plus haut. |
| source /Thonnard | A = affirmative universelle ; E = négative universelle (formant les contraires) ; I = affirmative particulière ; O = négative particulière (formant les sous-contraires). A et O et E et I forment les contradictoires. |
| exemple /schnauzer | (A) Tout homme est logicien — (E) Aucun homme n'est logicien — (I) Quelque homme est logicien — (O) quelque homme n'est pas logicien. (ou dans l'ordre permuté : universelle affirmative, universelle négative, particulière affirmative, particulière négative, selon qu'on donne l'importance à la « qualité » (est) ou à la « quantité » (Tout...). |
| Suppl. 2010 | image extraite du cours de Boirac (voir biblio de « De l'inférence sémantique »). |
| COORDONNÉES ⇨ référentiel ; décor ; univers ; situation ; embrayeur |
| description | Indications permettant de localiser les éléments référentiels qui font l'objet de fléchage et de référence dans le discours ou dans un énoncé. |
| exemple/PL 1918 | A contrario. Le sacrifice du Vengeur sauva le convoi de Villaret-Joyeuse. > Vérification faite (pages historiques), Villaret de Joyeuse est un amiral français (1750-1812) qui a livré une bataille navale contre l'amiral anglais Howe. Le Vengeur est un vaisseau de son escadre, qui se laissa couler plutôt que de se rendre (1794). |
| rem | Comme beaucoup d'autre notions intervenant dans le processus d'interprétation, celle-ci suppose un dispositif équivalent d'ordre cognitif, une « géographie historique » des événements et des faits mémorisés. |
| [2012] | Le terme de coordonnées désigne la construction référentielle qui suit ou accompagne l'interprétation d'un énoncé. La formation du référentiel. |
| CORPUS II ⇨ dictionnaire |
| description | Ensemble d'énoncés soumis à l'analyse linguistique ou sémantique. Dans le développement de la sémantique des opérations, ce sont les dictionnaires (et leurs exemples) qui constituent le matériau primordial des descriptions. Ce n'était pas le cas dans la thèse d'État ni dans l'ouvrage consacré aux opérateurs sémiotiques. Le corpus de la théorie est généralement écrit, sauf dans les cas où je m'inspire du discours télévisé, lorsqu'un fait linguistique retient mon attention. La concurrence de prendre et de mettre pour l'expression de la durée d'une action ou d'un trajet, par exemple. |
| rem/ 2007 | Un corpus systématique et méthodique a été tenté dans la sémantique restreinte mais n'a pas tenu ses promesses et surtout, ne présentait que peu d'intérêt. Il s'agissait du paradigme qui va de bandit à garnement, en passant par flibustier et escroc. |
| rem | [2008] En travaillant sur des matériaux qui ne sont pas de mon cru, et surtout dans le cas des interprétations, cela limite les risques qu'entraîne la subjectivité. La motivation n'est peut-être aussi désintéressée qu'il semble : je me souviens avoir fait sourire mon jury de thèse de 3e cycle en proposant d'interpréter une expression d'Edgar Morin sans avoir tenu compte du personnage haut en couleur. rem [2010] Rétrospectivement, cependant, je me suis aperçu que j'appliquais l'interprétation de l'écrivain anarchiste Léo Malet qui avait le mérite de l'antériorité sur Edgar Morin, dans mes lectures, totu au moins. Comme il connaissait le personnage, Jean-Claude Coquet m'a expliqué que pour Morin une grue métaphysique ne soulevait certainement que des clients et peut-être des ballots, mais pas des problèmes. |
| CORRÉLATEUR ⇨ polariseur ; cooccurrence |
| description/ 1979 | Elément intervenant dans une corrélation. Le cooccurrent est le corrélateur le plus souvent utilisé, en tant que condition sémio-lexicale syntagmatique (qui redouble celle de position). Le module peut également constituer un excellent corrélateur. L'ensemble des corrélateurs d'une forme peut être considéré comme son « sens » : la règle n'est alors qu'une forme particulière de mise en place des corrélateurs.
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| exemple | Cf. sauce pour tartare ou __ devant tartare. |
| note | Notion antérieure à l'application d'une règle et de la distinction entre conditions et valeurs. Dans la sémantisation, le corrélateur est l'unité qui dans un contexte permet de sémantiser en partie l'unité considérée alors comme la base de la sémantisation, qui est dite inconnue, comme je l'ai dit, pour les besoins de la démonstration. Le plus souvent, le corrélateur, qui a un rapport quelconque de connexité, est un cooccurrent, comme le montre l'exemple ci-dessous. Il n'est pas impossible de rapprocher corrélateur de sémantisation et opérateur sémio-syntaxique fondamental.
|
| REM | On relativisera l'affirmation qui suggère que l'ensemble des corrélateurs (en un point donné, en un moment donné et pour une « personne » donnée) puisse constituer le « sens », à moins d'opérer une adéquation entre les éléments donnés d'une définition et la forme définie. Toutefois les corrélations n'ont pas de stabilité absolue, hormis sous la forme dite de collocations (bacon & eggs), c'est-à-dire de figement phraséologique plus ou moins achevé. |
| ex. | saisir la pensée de l'auteur un redoutable polémiste |
| [2012] | Si le terme est utile das une discussion, il n'a plus de staut précis dans la théorie. Si une relation est présentée comme corrélation (ce qui est le cas), chaque terme de la relation est nécessairement un corrélateur. Comme dans le cas d'une fonction, où x est fonction d'y. — Dans un syntagme fortuit, les termes sont en corrélation fortuite ; dans une relation cependant il se peut que la corrélation soit inscrite en mémoire (cf. le rapport astre-étoile). |
| CORRÉLATION ⇨ relation ; opération ; corrélateur ⇧ |
| description/ 1987 | « Une relation sémantique est le résultat d'une opération. » L'équivalence transcodée qu'est la relation entre la forme linguistique et la valeur métalinguistique est une corrélation, mise en place par les opérations d'assignation, de conditionnement et de métasémie. Le rapport entre taverne et /lieu/ est une corrélation définitoire, mais aussi générique (entre espèce et genre). |
| note | Relation intrasignique ⇩ qui s'établit entre la forme et le sens qui lui convient fonction de certaines conditions. Dans le cas de la définition synonymique, la corrélation s'établit entre deux mots. |
| exemple Petit Larousse 1918 | (rhombe ≡ losange) = (rhombe ≝ losange) |
| propriétés/ 2007 | La corrélation serait symétrique, transitive et réflexive (dans un cas au moins). |
| [2012] | ⇨ Il n'y a plus de relation intrasignique, comme le signe n'a plus de « dedans ». Ce n'est pas un retour en arrière, même s'il m'arrive de nommer Diderot, mais l'annulation du mariage impossible de la forme et du concept saussurien. |
| CORRÉLATION (RÈGLE DE) ⇨ règle d'interprétation |
| description | La règle de corrélation s'illustre parfaitement dans la lecture de l'article du dictionnaire, où le syntagme servant d'exemple permet de verrouiller un sens à un cooccurrent. Ainsi le Petit Larousse de 1918 illustre le sens {recouvrer} de reconquérir par π[reconquérir l'estime publique]. |
| exemple | ∵ estime publique ∴ recouvrer ↺ reconquérir |
| exemple/2 | si |situation| alors |embarrassante| se substitue [↺] à |délicate|. |
| Notée | ∵ a ∴ c ↺ b |
| REM [2010/12] | La barre de Sheffer (qui exprime l'incompatibilité en logique) serait aujourd'hui remplacée par les signes ‘...’. Les classes sont elles, confinées aux crochets [...], sous forme de listes, avec ou sans la mention ℄, soit ℄[...] ou encore par un représentant paradigmatique ⇕, ⇕[...] ou [⇕[...]]. Cette règle n'existe pas dans la théorie : elle n'est que la forme intuitive de ce qui deviendra la règle d'interprétation ou règle d'inférence. On remarque que les unités manipulées sont des mots (lexèmes). |
| CORRESPONDANCE ⇨ dénotation ; classe de dénotés |
| [2012] | La dénotation mise en règle est marquée par flèche verticale apostrophée ⇪[bottin]. Les conditions ne prennent pas de marque particulière (la privation de référence de celles-ci les prive de dénotation), mais la valeur attribuée est distinguée de la valeur sémantique de la façon suivante : {≘{plante vénéneuse}}. Cete valeur est une classe de dénoté(s) à laquelle correspond la dénotation en question (‘belladone’). |
| ex. | Le ⇪[fruit] de la ⇪[belladone] est semblable à une ⇪[cerise]. La classe de dénotés de ‘fruit’ est pour le lexicographe un emprunt à la botanique, ici on retiendra {≘{ce qui succède à la fleur}} ; pour ‘cerise’, on peut opter pour {≘{drupe}} qui correspond à {≘{fruit charnu}}. ‘semblable’ n'est pas dénotatif et a un sens, dont la valeur est soit {qui ressemble à} soit {qui a de la ressemblance avec} pour le PRE, mais le paradigme est permet {comme}, {pareil à}, {comparable à}, {analogue à}, {similaire à}, et même {présente une ressemblance/analogie avec}. |
| CROYANCE ⇨ doxa ; erreur |
| Hume | our "reasonings" — obviously Hume did not have a high opinion of intellectual operations — "Expecting that fire will warm (...) isn't just conceiving of its warming, it is believing that it will warm." William Edward Morris 2009, Hume, Stanford Encyclopedia of Philosophy. |
| Belief is "a peculiar sentiment, or lively conception produced by habit" that results from the manner in which ideas are conceived, and "in their feeling to the mind." /Ibid. |
| André Cresson (1920) | non plus des connaissances établies, mais des croyances. |
| V. Brochard (1879) | « Croire, c'est, après avoir pensé, arrêter la pensée et en fixer le résultat. — En un mot, il ne suffit pas de vouloir pour croire, mais on ne croit que parce qu'on veut. » |
| Camille Bos (1901) | « Il est incontestable, cependant, que l'intelligence exerce un effet d'inhibition sur la croyance en ce qu'elle multiplie les points de vue, pose à côté des motifs d'affirmer des motifs de douter, amenant une suspension momentanée du jugement. » |
| note | Camille Bos considère la croyance religieuse comme l'expression la plus haute et la plus complète de tout notre Moi |
| [2012] | Sans polémiquer, je note l'absence de référent cognitif chez moi en ce qui concerne l'expression « notre Moi », absentes également des coordonnées qui ferait de son moi ou du mien une assimilation de l'autre. |
| & langage (Bos) | « Le langage, cependant n'est pas adéquat à la croyance, d'abord parce qu'il est collectif et qu'elle est individuelle et par suite parce qu'il est immobile, tandis qu'elle est essentiellement instable. Comment, en effet, le langage s'est-il formé ? Il est allé du général au particulier, du simple au complexe; né du besoin qu'ont les hommes les uns des autres, il était condamné par son caractère téléologique à n'exprimer que ce qui pouvait être entendu de tous, à ne refléter de l'homme qu'une sorte de schème fait des traits communs à tous. (...) Cela nous explique assez l'inefficacité du langage quand il s'agit de modifier les croyances d'autrui. Le mot est le résultat d'une abstraction, il est l'extrait, pour chacun, de ses expériences personnelles, et par conséquent son contenu varie avec chaque individu ; un même mot, pour celui qui parle et pour celui qui écoute, n'est pas significatif des mêmes images, n'éveille donc pas les mémes émotions et ne peut donc pas déterminer les mêmes réactions. Un homme cherche à en persuader un autre au moyen du langage mais le mot n'évoque jamais chez l'auditeur que des représentations que celui-ci possède déjà ; chacun ne travaille jamais qu'avec le fonds d'aperceptions qu'il a acquises par lui-même — c'est ce que Balzac sentait si bien en déclarant « qu'on ne comprend que ce qu'on retrouve en soi ». |
| André Cresson (1920) | « Mais ce n'est pas toujours après une expérimentation méthodique que nous nous croyons autorisés à juger vraies et à formuler avec assurance des propositions générales, à base d'expérience. Il nous arrive, à tous, très souvent, d'admettre des propositions de ce genre parfois exactes, mais le plus souvent fausses que nous avons fort mal contrôlées. N'est-ce pas ainsi que se forment et se répètent ensuite à l'infini les proverbes, les adages populaires, les appréciations hâtives sur les gens et sur les peuples ? Le mécanisme qui préside à la formation de telles croyances ne diffère pourtant que par un point de celui qui préside à la constitution de nos idées scientifiques les plus sûres. » |
| André Cresson (1920) | « Nous ne pouvons pas avoir la prétention de vérifier par nous-mêmes et de soumettre à une critique originale et approfondie toutes les propositions que toutes les sciences nous déclarent véritables. » |
| [Fiche ajoutée en 2010]. |
| [2012] | On ne suivra pas plus Brochard qui fait de la croyance un fait pensé et voulu. Cresson voit plus juste : en l'absence d'une information vérifiée dans tous les domaines, nous sommes en réalité condamnés à croire et à penser par procuration. |
| DÉCODAGE ⇨ communication ; émetteur |
| description/RD | Le décodage présente une relation code-message différente de celle de l'encodage, le récepteur du message n'ayant pas l'initiative. De plus, le partage des codes est très souvent défectueux. L'homogénéité du contenu décodé (réduction des ambiguïtés) est facilité par l'isotopie du message. |
| observation | Je me dois de signaler que le producteur du message (dit émetteur) perd l'initiative dès que le message est produit, sauf s'il est dans une position de pouvoir. Le « détail » du premier ministre Fillon (à propos du test adn pour les regroupements familiaux) n'a pas manqué d'être « décodé » comme une allusion involontaire à Le Pen à propos des camps. Contrairement à ce que signalait Josette Rey-Debove, l'interprétation est entièrement le fait du récepteur (sujet interprétant), sauf, bien entendu quand l'émetteur s'interprète lui-même, mais il est alors interprète (récepteur) et non émetteur. |
| [2012] | Dans la théorie, il y a incommunication : l'esprit de l'autre est impénétrable et le nôtre ne se reconnaît pas toujours dans ce qu'il a pondu. À ce titre, la dénotation entretient une fâcheuse illusion. |
| DÉFINITION I ⇨ chafouin (1918) ⇧ ; définition (élément de) |
| définition ≝ | Énonciation des qualités propres d'un objet. |
| exemple π | Une bonne définition ne doit s'appliquer qu'à l'objet défini (PL 1918) |
| Petit Robert | 1) Opération mentale qui consiste à déterminer le contenu d'un concept en énumérant ses caractères ; résultat de cette opération sous la forme d'une proposition énonçant une équivalence entre un terme (v. défini) et l'ensemble des termes connus qui l'explicitent. 2) Formule qui donne le sens d'une unité du lexique (mot, expression) et lui est à peu près synonyme. |
| note | Voir la note ci-dessus. |
| EUL © | Définition nominale, traditionnellement, définition qui stipule une convention relative au sens d'un mot, opposée à la définition réelle, qui énonce les propriétés essentielles de la chose désignée par le mot. (Une définition nominale n'est donc pas susceptible d'être vraie ou fausse, contrairement à la définition réelle, qui doit satisfaire à certaines exigences d'adéquation : convenir à tout le défini et à lui seul ; selon Aristote, elle doit même être démontrée.) |
| Suppl. 2010 | « D'ordinaire, on réduit à deux les éléments de la définition : le genre prochain et la différence spécifique. C'est que, tous les éléments de la définition ayant une partie de leur extention commune, il est toujours possible de les grouper tous sauf un en un même concept, auquel on donnera un nom s'il n'en a pas, que l'on définira s'il ne l'est déjà, en sorte que la définition se réduise à deux termes. Quand la définition a plus de deux éléments, c'est que plusieurs définitions sont données à la fois. » Edmond Goblot (1918) |
variété des modèles de définition
| défini | définition | remarque |
| abaca | espèce de | bananier | qui fournit une matière textile | faux générique - encyclopédie |
| abaissement | action de | diminuer qqch | en hauteur | genre prochain ⇘ trop abstrait |
| abandonner | quitter | délaisser | entièrement | équivalence |
| babeurre | liquide | séreux | qui reste après le barattage de la crème | ⇘ |
| babouche | pantoufle | orientale | en cuir de couleur, sans quartier ni talon | ⇘ |
| bâcler | faire | conclure | à la hâte sans précaution | ≡ |
| cabaler | comploter | | | ≋ |
| cabas | panier | plat | en paille, en laine, etc. | ⇘ |
| cacher | soustraire | aux regards | | ⇘ |
| cabriole | saut | agile | que l'on fait en se retournant sur soi-même | ⇘ |
| cabrioler | faire | des cabrioles | | +abstrait |
| dagorne | vache | qui a perdu une de ses cornes | | ⇘ |
| daim | genre de | mammifères | ruminants, famille des cervidés | faux générique |
| dandiner | balancer | gauchement | son corps | ⇘ |
| ébouter | raccourcir | en coupant | le bout | ⇘ |
| ébriété | ivresse | | | ≡ |
| écalot | noix | dépouillée de | écale | ⇘ |
| facile | qu'on a peu de | peine | à faire | prédicat (∋) ≡ |
| faction | guet | que font | les soldats d'un poste | idem |
| faillible | qui peut | se tromper | | idem |
| gai | qui a de la joie | | | prédicat |
| gant | partie de | l'habillement | qui couvre la main et chaque doigt séparément | faux générique |
| garantir | répondre pour | | | ≡ |
| habit | ensemble des | pièces qui composent | un vêtement | faux générique |
| hâblerie | discours | plein de | vanterie, d'exagération | ⇘ |
| halte | moment d' | arrêt | pendant une marche, un voyage | décalage |
| identité | ce qui fait qu' | une chose | est la même qu'une autre | postiche |
| ignorantisme | système de | ceux qui repoussent | l'instruction comme nuisible | ⇘ |
Cet échantillon (tiré du PL 1918) n'épuisent pas les types de définition et ne constitue pas une méthode, mais un exemple des difficultés inhérentes à l'entreprise du lexicographe. Comme on le voit, le modèle genre prochain + différence spécifique [représenté ici par le signe ⇘, c'est-à-dire hâblerie ⇘ discours = hâblerie ∋ discours] n'est pas le gabarit général, bien que le verbe le connaisse également.
conventions — ⇘ signale que le terme de la première colonne de définition peut être considéré comme un genre prochain (superordonné), cf. hâblerie ⇘ discours = discours ⇗ hâblerie. — ≡, signe de la congruence : définition par équivalence — +abstrait reprend la remarque « trop abstrait », un GP devant être normalement immédiatement supérieur — prédicat (symbole ∋) indique que la paraphrase peut s'insérer à la place du terme dans l'énoncé, mais ne constitue pas une définition classique — décalage signale que le terme attendu se trouve dans une autre colonne — postiche pour une terme faisant défaut au rédacteur de l'article (plus rarement, manquant dans la langue) — faux générique désigne un emprunt aux nomenclatures et classifications zoologiques ou autres.
Naturellement, ici je ne fais qu'effleurer la question. Il ne s'agit pas d'une critique du dictionnaire : au contraire, les errements de Cl. Augé constituent d'excellents matériaux pour mon projet. On pourra se reporter au QSJ d'Alain Rey, pp. 36-37, qui signale la distinction entre définition langagière et description encyclopédique, avec le bel exemple de l'autruche. Rey, toujours bien renseigné, donne aussi un bref aperçu de la genèse du Petit Larousse, à partir du Dictionnaire complet illustré (dont j'ai l'édition de 1911) et qu'il fait remonter en 1856 (où l'éditeur est alors Pierre Larousse [qui meurt en 1875]). Augé en est l'éditeur à partir de 1889, sinon dès 1879. |
| DÉFINITION (ÉLÉMENT DE) 1 ⇨ élément de définition 2 ; élément de sens ; élément |
| définition | Métaterme qu'utilise le lexicographe pour construire une définition. |
| exemple (PL 18) | Dans pruderie ≝ caractère, acte de prude, les termes « caractère », « acte » et « prude » sont des « éléments de définition ». À ce titre, ils ont une relative généralité, puisqu'un dictionnaire se doit normalement de définir tous les termes qu'il emploie. |
| remarque | Dans une sémantique ayant pour cadre une théorie des opérations sémantiques, les trois métatermes n'ont pas tout à fait le même statut, sans qu'on aborde la question de l'économie du renvoi (qui trahit par ailleurs une circularité). Comme définisseur, « prude » aura une fréquence moins importante que « caractère » ou « acte ». En tant que nom désignant un genre de personne, on est en face d'un dilemme lié à la référence. L'adjectif qualificatif (épithète) ne pose pas ce problème, il n'a pas de désignation, tandis que celle de l'adjectif relationnel est héritée et diluée.
La présence de la référence est encore plus nette avec arsin, ou, disons, avec « navire » dans la définition de proue ≝ La partie de l'avant d'un navire (Petit Larousse 1918). Navire est une chose-du-monde, comme en témoignent d'ailleurs les deux planches consacrées, l'une à un voilier et l'autre, à deux vapeurs (paquebot & cuirassé). Les définitions de chacun de ces termes est, comme celle de navire, une description. Voir l'observation dans la fiche d'élément de sens. |
| DÉFINITIONS (contrôle des) |
| description/ 1979 | On les contrôle en les substituant au terme illustré dans les phrases-exemples des dictionnaires. Ce contrôle peut être à la fois interne et externe. Si l'on contrôle la définition sur un ensemble de phrases-exemples, il devient possible, en retour, de tester la capacité illustrative (v. polariseur) d'une phrase-exemple. |
| exemple | Cf. jeune cochon pour goret, et « Elle mange comme un jeune cochon »; « va te laver, petit jeune cochon » (ces deux substitutions ne sont pas probantes : le dictionnaire manque de pré-contrôle, qui assure au lecteur les moyens de vérifier son emploi. |
| exemple/2 | Jouer et jeu pour « tarots ». |
| note/2007 | Le contrôle externe peut être croisé. La sémantisation comparée, par exemple, d'un syntagme illustrant une acception du Petit Robert par l'acception correspondante de Lexis et inversement. Ne pas confondre avec la critique de dictionnaire. |
| [2012] | Le terme de « contrôle » peut gêner, mais si je suspends le plus possible mon jugement en la matière, mon seul recours est de m'assurer de la justesse et de la plausibilité des définitions données (le PRE 2001 pour ‘fruit’ ne diffère pas beaucoup du DQLF de 1948). L'intuition est ici un luxe. |
| DÉFORMABILITÉ ⇨ délestage ; reconfigurabilité |
| [2012] | Le terme a d'abord été employé par Antoine Culioli. Dans la théorie des opérations sémantiques, la notion tend à remplacer celle de labilité dont la polysémie ou les définitions variables peuvent entraîner une méprise. La labilité m'a d'abord servi à décrire le fait qu'une relation (comme celle d'espèce et de genre, ou mieux, de subordination et de superordination) est transportable et se répète sur une hiérarchie. C'est donc la « changeabilité » de certains rapports qui eux restaient fixes, que je cherchais à décrire, et ceci indépendamment des noms que se donnent les taxonomies. Ensuite, le terme (labile veut dire {changeant}, en principe) s'est appliqué aux états de conscience et plus particulièrement au sémiolexique et à l'encyclopédie du sujet et à leur organisation. |
| application | Si la labilité-transportabilité reste le propre de rapports invariable dont les objets varient, la déformabilité est un phénomène cognitif général. Le point de vue change, le jugement change, les connaissances évoluent ou s'atrophient, s'enrichissent ou s'appauvrissent, se spécialisent ou se généralisent. Si l'on parle d'une mauvaise mémoire comme étant « labile » (peu stable, changeante), la mémoire, sans jugement de valeur, est déformable. Et c'est le cas des phénomènes sémantiques et lexicaux. Plus précisément, les synèses sont déformables et les valeurs sémantiques sont labiles et déformables. |
| obs. | La déformabilité qui s'applique autant au lexique général qu'au particulier prend deux formes relativement spécifiques : la reconfiguration et le délestage. Ce denier est le mouvement qui coiffe la déconversion. La reconfiguration est une opération cognitive ou partiellement consciente : elle affecte le lexique, mais aussi, en cours d'interprétation, le référentiel et la signification dans la mesure où celle-ci évolue comme jugement de ce qui est compris. |
| DÉICTIQUE I (fonction) ⇨ anaphorique ; démonstratif |
| description | Fonction du démonstratif ou de l'adverbe, qui consiste à désigner avec insistance un être animé ou inanimé en le distinguant ou en le repérant ; se dit de tout élément linguistique dont la fonction consiste à articuler l'énoncé sur la situation particulière dans laquelle il est produit ou à l'inscrire dans un discours. |
| Un déictique | Mot qui sert à montrer. Leur référent n'est pas immuable |
| C'est, voilà, les démonstratifs, demain, là, ici, pronoms de la première et deuxième personnes. |
| exemple | « Je » désigne toute personne lorsqu'elle parle d'elle-même. |
| EUL © | Se dit de tout élément linguistique dont la fonction consiste à articuler l'énoncé sur la situation particulière dans laquelle il est produit ou à l'inscrire dans un discours. — Les principaux déictiques sont les adverbes de temps (maintenant, hier, demain), les adverbes de lieu (ici, là) qui situent l'énoncé par rapport aux coordonnées spatio-temporelles, les pronoms personnels je et tu qui réfèrent aux participants de la communication, les démonstratifs qui réfèrent aux objets ou individus présents ou évoqués antérieurement. |
| DEIXIS ⇨ extension ; sémiotisation ; référence ; situation ; démonstratif |
| description /1987 | Ensemble des propriétés liées à la référence : situation, énonciateur, énonciataire, coordonnées temporelles et spatiales, scénarios, etc.. Facteur non seulement du sens mais surtout de la signification, et base des jugements doxologiques, axiologiques et idéologiques). La déixis correspond à une classe d'opérateurs sémiotiques de référence. Lorsque le dictionnaire indique la condition « (en parlant des salaires) » pour « tarif syndical », il met en place un opérateur de référence. |
| remarque | La référence apparaît comme condition de certains sens, souvent sous forme niée, ‘℟’, quand le sens est « indirect » où on l'entend dans la théorie des opérations sémantiques ; c'est encore le cas avec la condition situationnelle. |
| DÉMONSTRATIF ⇨ déictique |
| définition /PL 1918 | Adjectif démonstratif, qui détermine le nom en y ajoutant une idée d'indication. |
| complément | Adjectif ou pronom qui sert à désigner un être animé ou inanimé en le distinguant parmi d'autres et en le repérant dans un contexte ou une situation donnés. |
| complément bis | (fonction anaphorique et déictique). Ici déictique, pour « Cet » et « hier » dans Cet homme est arrivé hier. Si « Cet » reprenait un segment discursif précédent, il serait anaphorique. |
| exemple | Ce, cet ; cette ; ces. |
| bis | Pronom démonstratif, qui tient la place du nom en montrant la personne ou la chose dont on parle. |
| exemple | Celui, celui-ci, etc. Celle, celle-ci, etc. Ceux, celles, etc. Ce , ceci, cela. |
| DÉNOTATIF ⇨ désignation ; dénotation ⇩ ; correspondance |
| Rey-Debove 1979 | qui dénote, relève de la dénotation. Fonction dénotative, par laquelle un signe désigne en extension ses denotata (dénotés). Elle renvoie à la fonction référentielle, par laquelle le langage réfère à ce dont il parle. |
| rem | On ne la suivra pas dans sa définition du sens dénotatif qui correspondrait à la désignation et à une définition en compréhension et qui porterait également le nom de sens cognitif. Elle affirme curieusement que la notion d'identité de sens (synonymie, périphrase, paraphrase, définition) ne se fonde que sur le sens dénotatif. |
| complément [2010] | Malgré l'arrivée de la dénotation dans la théorie des opérations sémantiques il n'est pas question d'amalgamer la dénotation et le sens ; surtout pas pour l'assimiler à un quelconque sens cognitif (qui ne peut être que le sens). La dénotation a une description quand son référent est matériel et une définition quand son référent est notionnel. On maintient la distinction dénotation ⋁ désignation, la dénotation nommant la classe et la désignation isolant l'individu (être ou objet). |
| DÉNOTATION I ⇨ référence ; référent ; désignation |
| description /Alpha | Extension d'un concept : l'ensemble des individus qui sont définis par ce concept ; voir note ⇩ même fiche. |
| exemple | l'ensemble des chiens constitue la dénotation du concept chien. |
| description /DLL | En logique, la dénotation est la propriété que possède un concept de pouvoir être appliqué aux objets qui composent son extension (c'est-à-dire la classe des objets délimités par le concept).
— En sémantique, l'usage est fluctuant, mais le plus souvent l'emploi de dénotation est proche de celui qui en est fait en logique : on la définit comme la relation qui unit une forme linguistique à une classe d'objets du monde observable ; cette forme a la propriété d'évoquer, la classe d'objets qu'elle dénote.
Ainsi la forme platane dénote toute la classe des objets identifiés comme étant des platanes. La dénotation est donc cet aspect du sens qui implique que l'on sorte de la langue en elle-même pour la relier au monde. |
| observation | La forme platane ne dénote en réalité que lorsqu'elle est utilisée et non en elle-même. Et encore là, dans l'expression « rentrer dans un platane », les rhétoriciens nous diraient qu'il s'agit d'une synecdoque. cf. « s'offrir un platane » |
| note | ⇨ « Dénotation » est marqué Vx. dans le Petit Larousse 1918. |
| DÉNOTATION II ⇨ référence |
| définition | désignation d'une chose par certains signes (L43) - nom à chose. Dans les trois exemples suivants la dénotation diffère : 1) le fer s'oxyde à l'air libre ; 2) la blanchisseuse manie le fer ; 3) le cheval a perdu un fer ; il règne un certain flou terminologique, mais désigne la relation entre le mot et les personnes, choses, lieux, propriétés, processus et activités extérieurs au système linguistique ou à l'énoncé. S'opposerait à connotation, si connotation avait son sens classique. |
| note/ Cuvillier | Pour lui, il s'agit d'une propriété ternaire : concept - terme - sujets dans l'extension du concept |
| exemple/LP | Le mot « science » s'applique à toute systématisation de connaissances positives portant sur un domaine du réel. |
| note biblio | A. Rey, dans Encyclopédies et dictionnaires, rappelle les deux prétendues composantes de la sémantique (dans l'optique allemande) qui seraient d'une part l'onomasiologie, allant des objets aux mots par les notions et de l'autre la sémasiologie qui va du signe à ce qu'il signifie. Cette façon d'en parler tend à y voir le rapport inverse ou converse, en détruisant par là même l'idée d'une sémantique, puisque si l'on repart du mot auquel on est arrivé d'abord c'est pour revenir aux objets (ou classes d'iceux) par les notions. ⇨ onomasiologie | sémasiologie |
| DÉNOTÉ(S) (CLASSE DE) ⇨ correspondance |
| [2012] | Une acception dénotative, par exemple pour ‘mur’ peut s'expliciter dans les termes aristotéliques, mais on peut considérer le définissant ou définisseur comme la classe des dénotés que sont les murs, dans le DQLF, ce sera ≝ ouvrage de maçonnerie [qui sert à faire une maison, à enclore un espace ou à le séparer]. La partie entre crochets est décrit la fonction ou la destination de ces dénotés. |
| {≘{x}} | Le symbole est celui qui sert dans la règle de dénotation (ou règle d'interprétation dénotative), variante aménagée de la règle d'interprétation sémantique et qui repose sur le même principe : ce sont les objets manipulés qui diffèrent. |
| note | Le problème des génériques se pose également pour la classe de dénotés : « hybride » ne peut pas figurer dans la règle comme classe dont on ne saurait s'il s'agit de plantes, d'animaux, d'humains, ou de notions. |
| DESCRIPTION ⇨ explication |
| description | L'une des tâches d'une théorie, concurremment avec celle d'expliquer les phénomènes qui font l'objet de la description. |
| remarque | La théorie des opérations sémantiques n'a pas pour objet d'informer les locuteurs du sens des mots de la langue, mais de décrire et d'expliquer comment ils sont interprétés dans quelles conditions et de décrire les opérations et les conditions mises en œuvre, ainsi que les relations sémantiques qui permettent ces opérations |
| observation | Une description sémantique doit faire son deuil de l'idée du sens comme donnée intrinsèque, unique, indissolublement liée à certains objets. |
| rem | « L'eau est un corps composé, résultant de la combinaison de deux volumes d'hydrogène pour un volume d'oxygène... » Cette description dans l'article ‘eau’ du PL 1918 n'est pas une description sémantique. Tandis qu'à l'orée de l'article on trouve un meilleur candidat : « liquide transparent, insipide, inodore. ». |
| note 2010 | Depuis 1987, la théorie des opérations sémantiques s'est éloignée de la description analytique statique [en langue] pour se concentrer sur les opérations et les conditions des opérations d'interprétation. |
| [2012] | Seules subsistent les relations du versant analytique, dont les linéaments figures dans l'Essai. J'ai remanié la remarque en conséquence. |