AZ
Présentation alphabétique et chronologique de la théorie des opérations sémantiques (1979-2012)
Conditions de 1987 révisées
Fiches consacrées aux
conditions régissant la règle inférentielle d'interprétation sémantique
La même métode s'applique que pour le reste d'Az : il ne s'agit pas de mettre à jour, ce qui détruirait l'aspect chronologique de ces fiches qui retracent la genèse de la théorie des opérations sémantiques.
PRE renvoie à l'édition électronique (sur cédérom) du Nouveau Petit Robert de 2001, tandis que PL (quelle que soit la date qui suive) renvoie au Petit Larousse et LXX se reporte au Larousse du XXe siècle, dans l'édition de 1928-1933, en six volumes, réédité avec mises à jour en 1954.
Lorsque la « description » de la condition n'est pas accompagnée d'une date, on peut raisonnablement supposer qu'elle remonte à la période de préparation de la thèse d'État qui a été la première forme relativement organisée de la théorie, alors appelée « théorie de la sémantisation ».
| CONDITION | |
| description | [2008] Dans le schéma de la règle est condition tout ce qui est extérieur aux accolades. Dans une perspective sinon logique, peut-être logicienne, il s'agit de tout ce qui place après si, par opposition à ce qui se trouve après alors. Toutefois, on ne parlera pas d'antécédent, même si ce dernier est incontournable, ni de conséquent, pas plus qu'il n'est question d'implication ou de causalité. Les mêmes conditions ne produisent pas nécessairement les mêmes valeurs sémantiques d'un interprète à l'autre ni d'une occurrence à l'autre pour une même unité à sémantiser. |
| complément | Comme on le remarque à la lecture du passage cité ci-dessous sur les CNS, la condition de l'inférence n'est ni nécessaire ni suffisante, tout au moins au sens que lui donne la logique. Le lien entre un mot et son sens n'est ni l'un ni l'autre, mais il est conditionné (les exemples ci-dessous sont binaires et « fermés », tandis que l'inférence sémantique est au minimum ternaire : il faut au mot sinon un cooccurrent, ce qui en tient lieu, comme condition L'arbitraire de ces rapports se transpose dans les « circonstances » qui permettent de définir. Si le PL 1918 définit le confessionnal par la guérite, le PRE le fait par l'isoloir (or ni l'un ni l'autre ne se prête à l'analogie). EUL n'est guère plus heureux, faisant du confessionnal un meuble (et je souligne) en forme d'isoloir. |
| [EUL]© | Condition nécessaire et suffisante — La condition nécessaire n'est pas obligatoirement liée à la condition suffisante. La première est décrite de la façon suivante : « A est condition nécessaire de B si l'on ne peut avoir simultanément B et non-A. » On dit alors que B implique A. La seconde est décrite de la façon suivante : « A est une condition suffisante de B si on ne peut avoir simultanément A et non-B. » On dit alors que A implique B. On peut remarquer que « A est une condition nécessaire de B » et « B est une condition suffisante de A » sont des expressions synonymes. |
| [2012] | Ce qui permet de considérer que tel nombre de condition est suffisant tient à la possibilité d'interpréter sans conjecture. |
| CONDITION ANALOGIQUE qui se note ⊨ | |
| description /2007 | Forme de la condition conjecturale qui recourt à la relation d'analogie. |
| exemple | Θ politique ∁ soyez ⊥ ⋀ [[être]⊥] ⋀ ⊨[homme politique] ⊢ {fin, adroit} |
| se lit | Du mot politique dans l'invitation à « être politique » par analogie avec la réputation d'habileté des hommes politiques on infère le sens {fin et adroit}. [D'après le PL 1918, qui signale que π« Richelieu fut un habile politique »]. |
| NOTE | Saint Thomas d'Aquin (in Lalande) distinguait une analogie d'attribution. Ni univoque ni équivoque : « riant » appliqué à « visage » et à « jardin » est analogique. S'agit-il là d'un schéma producteur de polysémie ? |
| [2012] | On remplace le triangle (petit [ici barré] ou grand) par la lettre grecque Θ. On peut aussise dipenser des pseudo-guillemets devant le signe ∁ qui suit toujours une forme à sémantiser dans la règle et précède toujours une condition au moins, généralement sémiotaxique. Les notations sont regroupées en tableau, plus bas. |
| CONDITION AXIO-DOXO-IDÉOLOGIQUE ou CONDITION DE SIGNIFICATION qui se note Σ ⋁ ∞ | |
| description /v. 1995 | La condition de signification, outre ses trois principales catégories générales, axiologie, doxologie, idéologie, peut emprunter ses formes à l'encyclopédie épistémique, notamment les domaines ou les niveaux de langue appris à l'école, sous forme d'axiomes-définitions : « cul » est grossier. |
| exemple | La condition d'indirection (¬R ou plutôt ℟), peut être remplacée par une caractérisation de l'énoncé (type d'inférence « si en furie est dit d'une chose, alors c'est un emploi littéraire ») : furie ⊢ {mouvement impétueux} ∁ vagues_en ⊥ ∞[littéraire] (⋁ ⌂[...]) qui se lit : de furie on infère le sens {mouvement impétueux} si le mot est dans le contexte après vagues en et si la condition paradigmatique de signification littéraire s'applique. Le Robert suggère de substituer {agitation} à {mouvement} et {violent} à {impétueux}. Θ furie ⊢ {agitation violente} ∁ mer en ⊥ ⌂[Zola] (⋁ qui se lit : de furie on infère le sens {agitation violente} si le mot est dans le contexte après« vagues en » et si la condition paradigmatique de signification littéraire « Zola » s'applique. |
| note | Le symbole ⌂ est en fait celui du domaine. Les symboles spécifiques de la signification sont, en général Σ, axiologique, α, doxologique, δ et idéologique, ω. L'alternative pour la signification est l'infini, ∞. |
| rem | Comme la signification, au sens de la théorie des opérations sémantiques, n'est pas à proprement parler dans le champ immédiat d'une description, même hypothétique, toute suggestion dans cette direction reste un début d'illustration. Sauf à prétendre décrire la personnalité d'un sujet interprète, ce qui dépasse le cadre de mon entreprise, je me borne à indiquer comment il se pourrait que les choses se passent. Avec la signification (cf. une expression comme « le sens de la vie »), ce sont la psychologie, la psychiatrie, la psychanalyse, la sociologie et la philosophie qui sont convoquées. D'autre part, comme je travaille sur corpus fermés (les dictionnaires comme modèles des interprètes) et inanimés, les exemples de signification intervenant dans l'inférence sémantique devraient se limiter à l'esthétique ou le jugement de valeur pour l'axiologie, à la doxa la plus apparente pour la doxologie (datée dans le cas du Petit Larousse 1918) et de même pour l'idéologie où naturellement entre de plain-pied la religion (dans le cas du PL 1918, après la mort de P. Larousse, on constate un virage brutal vers le catholicisme le plus strict, sous la férule de Cl. Augé). |
| rappel | Le Petit Larousse (qui deviendra le PL 1918) a commencé à paraître, selon A. Rey, vers 1856. Pierre Larousse, né en 1817, est mort en 1875 (cf. son contemporain Littré 1801-1881). Le texte du Dictionnaire complet illustré de 1911 est déjà pratiquement celui de 1918. Plus curieux, je possède également une édition de 1943, du Petit Larousse, dont le texte semble reprendre celui de 1918, le copyright est de 1924, le frontispice est en tous points semblabe à celui de 1918, sauf que Paul Augé est associé à Cl. Augé et que la date est 1943 ; enfin, l'ouvrage est imprimé au Canada (ce qui s'est souvent fait pour des publications françaises pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Le poids du catholicisme est aussi sensible dans les ouvrages des années trente, le Grand Mémento de 1936 et le magnifique Larousse du XXe siècle, héritier de celui du XIXe s., la pensée sociale de P. Larousse en moins dans certains articles. Nonobstant, le vocabulaire et son sens a connu une remarquable stabilité dans certains cas (je n'offre pas de statistiques, pas même à la manière de Charlie Brown). Le mot « phraseur », par exemple a la définition ≝ {qui aime à faire des phrases} qui devient cent ans plus tard pour la même maison d'éditions {personne qui s'exprime avec grandiloquence, qui s'écoute parler} et pour sa rivale (PRE) {faiseur de phrases, de vains discours} qui renoue avec Littré {faiseur de phrases, bavard}. Dans le Robert, bavard est placé en renvoi, avec rhéteur. |
| [2012] | Le premier Petit Larousse éait assez rudimentaire. Gallica met à la disposition des internautes l'édition de 1856, de 1878 et celle de 1905, notamment. {fin et adroit} se trouve dans l'éd. 1878 pour politique comme adjectif. Pour furie ≝ grand emportement de colère ; ardeur, impétuosité de courage ; divinité infernale chez les païens. (fig.) Femme très méchante et emportée. |
| CONDITION AXIOLOGIQUE qui se note α[...] | |
| description /1993 | Dans la mesure où il est possible de l'isoler des deux autres phénomènes socio-culturels, l'axiologique strict devrait se cantonner dans la valeur, au sens d'échelle de valeurs ou de jugements de valeur. Les valeurs peuvent être collectives (scalaires ou systémiques, mythiques) ou individuelles, bien que techniquement l'individuel dans le discours soit bien souvent plus une revendication du sujet qu'une catégorie isolable, analysable et vérifiable. |
| exemple | à vrai dire (vecteur axiologique) ; condition axiologique (une axio-définition) comme « la vie est un songe » peut devenir « l'existence est une fable », etc. |
| exemple 2 | α[magnifique cathédrale]esthétique « La valeur d'une image se mesure à l'étendue de son auréole imaginaire » (Bachelard) [PRE] est un énoncé axiologique qui serait (peut-être) interprétable analogiquement. Je ne m'y risquerai pas personnellement. À partir du PL 1918 on peut toutefois conjecturer ( ⇩ ) {prestige} dont elle serait dotée {dans l'imagination}. Ici c'est en admettant qu'il s'agisse d'une image stylistique ; autrement trop de facteurs sont absents pour que l'on puisse espérer cerner l'auréole de Bachelard. |
| CONDITION CONJECTURALE qui se note ≟ | |
| description | La condition conjecturale reprend les conditions paradigmatiques et les relations en les signalant comme conjecture ≟ ; le sujet interprète a recours à la conjecture lorsque le contexte et les autres conditions restent en deçà d'une interprétation satisfaisante : ≟[ℛ] relation indifférenciée (indéterminée) ≟[↗] ≟[↘] association (connotative) ≟[≢] opposition ≟[∩] intersection, etc. Θ militariser ∁ ≟[˥[démilitariser]] ⊢ {occuper militairement} qui se lit : de militariser on infère le sens {occuper militairement} si le mot est dans un contexte où la condition conjecturale ℂ[opposé à démilitariser] s'applique. |
| note/rem | Pour celui qui ne maîtrise pas le grec ancien ou n'est pas féru de mythologie grecque (le lecteur « moyen ») anadyomène reste incompris et opaque, même si, comme me le faisait remarquer un latiniste, il parvenait à conjecturer qu'il s'agit de Venise dans un exemple comme celui-ci (l'indice conjectural étant signalé en gras) : La cité anadyomène était gouvernée par un doge. Sans vouloir le contrarier, Gênes était également dirigée par un doge. Pour mémoire, il existe aussi une « Vénus » anadyomène », pour les amateurs d'art, comme il s'agit du surnom d'Aphrodite, signifiant « je sors de l'eau » (anaduomai). |
| CONDITION CONTEXTUELLE qui se note ₠ ⋁ ℱ ⇨ positionnelle ; condition flottante | |
| description /1987 | La condition contextuelle subsume la condition syntagmatique et la condition positionnelle* (elle possède donc un pouvoir discriminatoire inférieur, mais une plus grande généralité que ces deux conditions). |
| [2012] | * la condition positionnelle porte désormais le qualificatif de sémiotaxique. |
| REM /2002 | Lorsque le contexte permettant d'élucider un segment dépasse le voisinage immédiat de celui-ci, je parle de contexte étendu (₠) ou de condition flottante, signalée par ℱ ; l'indication ▲ précède une application de la règle (▴ pour une application partielle) : classique ∁ formation ⊥ [mathématiques] ∦ [honnête homme]] ⊢ {littéraire} qui se lit : du mot classique on infère le sens {littéraire} si classique apparaît dans le contexte après « formation » et si le mot ou le domaine « mathématiques » est présent dans le contexte étendu et l'expression « honnête homme » dans le contexte non contigu. Le paramètre φ[honnête homme] est également présent dans le contexte, mais non contigu, signalé par ∦. D'après la page 4 de couverture de l'ouvrage de Gennart. |
| [2012] | Les signes barrés ne sont plus d'actualité. ℂ pourrait encore avoir un rôle dans le schéma de la règle |
| NOTE /2002 | Il peut sembler difficile de distinguer 1) contexte non contigu, 2) contexte étendu, 3) condition flottante. Ces notions gagnent à être situées dans le modèle d'interprétation ; en termes de grammaire on dira par exemple que le complément verbal est normalement non contigu par rapport au sujet ; dans la lecture le contexte étendu peut être un élément du paragraphe où se trouve le segment à élucider ou du paragraphe voisin, antérieur ou postérieur. La condition flottante (absorbée par la non contiguë) peut aller jusqu'à un pan plus large, ou encore le domaine dont traite le texte (le domaine sera généralement signalé par ⌂). |
| exemple | π Les contraintes de la vie familiale. Θ contraintes ⊢ {obligations} ∁ ⊥ de la vie ℂ[∦[familiale]] qui se lit : de contraintes on infère le sens {obligations} s'il est dans le contexte non contigu de « familiale » |
| REM /2007 | Elle a été plus ou moins abandonnée au profit des membres de la classe qu'elle pouvait représenter, y compris le contexte étendu, le domaine, le paramètre, le module (avec le sémiomodule) . |
| rem | [2008] En réalité, à l'exception de la référence (niée ou non), la plupart des conditions sont contextuelles, la condition de domaine, par exemple, ne pouvant s'appliquer que si elle dispose d'un signal ou d'un indice dans le texte ou le discours [l'énoncé]. |
| CONDITION DE DOMAINE qui se note ⌂ — domaine | |
| description /v. 1998 | Le sens est un ensemble de corrélations contextuelles à l'intérieur d'un univers de discours (domaine) ou de domaines d'expérience. Pour le premier exemple ci-dessous, qui est proprement une condition de situation (ou situationnelle), certains auteurs ont parlé de cadre ou de scénario. |
| exemple | ␏[au restaurant]/furie ∁ ␏[femme] cœur d'artichaut ∁ ⌂[sentiments] ⌂[dans la science moderne] |
| NOTE | Il existe des opérateurs de registre ou de domaine, « au sens [philosophique/psychologique] du terme ». La lettre grecque delta signale un opérateur sémiotique discursif. Voir la section de la page de Navigation. ou encore, directement dans le texte, et passim. |
| exemple 2 | ∆ au sens fort, métaphysique [Granger] ∆ l'autre est une inconnue au sens personnel et algébrique du terme ∆ publicité au sens « commercial » [Victoroff] ∆ charmer au sens du Moyen-Âge ∆ au sens de [Lacan, Bourdieu, Greimas, Bergson...] — opérateur dit « signature » ∆ On n'écrit plus de nos jours, on n'écrit plus — au sens Sévigné du terme, mais pour le reste, quel déluge [Daninos] |
| CONDITION DOXOLOGIQUE qui se note δ ⇨ condition axiologique ; condition idéologique | |
| description /2002 | Le doxologique va se présenter comme une connivence très familière, où les valeurs au sens axiologique ne sont plus assumées par l'énonciateur pour lui-même, mais en tant que membre du groupe : le « je » disparaît au profit du « on ». |
| exemple |
δ[secte]croyance « Bien que l'art ne soit pas une religion, la secte obéit à la définition même de la foi » (Malraux-PRE) est un énoncé axiologique (sinon idéologique) sur un objet doxologique. ▲ furie ⊢ {femme déchaînée} ∁ ℂ[␏[femme] ¬δ[mythologie romaine]] qui se lit : de furie on infère le sens {femme déchaînée} si le mot est dans le contexte où les conditions situationnelle et non doxologique (ou doxo-encyclopédique) s'appliquent. |
| CONDITION ÉTYMOLOGIQUE qui se note ␃ ⇨ morphologique | |
| description | Le sens étymologique est considéré, dans la théorie, comme « intuitif » : le plus proche de celui du mot d'où il dérive (étymon). |
| exemple | ˥Θ état crépusculaire ∁ ␃[douteux] ˥Θ aliéné ∁ ␃[lat. alienus ≝ autre, étranger] |
| REM /2007 | La plus fréquente, sans doute, parmi les conditions impliquant une forme de conjecture. La paronymie peut également se fonder sur une communauté étymologique, réelle ou fausse : abstraire-distraire. Ce serait aussi le cas du jeu de mots (‘traire’ & « vaches sacrées »). |
| CONDITION FIGURALE ou FIGURÉE qui se note ℟ ⇨ indirection ; condition référentielle (ou condition du monde/d'indirection) | |
| description | C'est la combinaison du sens par indirection (le sens « direct » ne pouvant s'appliquer en raison d'une absence d'intersection) et de l'énoncé connecteur qui explique le mieux les figures. |
| exemple | Soit la métonymie « Alexandre emportait Homère dans toutes ses expéditions ; il l'avait toujours sous son oreiller » : emportait ⋔ Homère ; l'=Homère⊳ ⋔ sous son oreiller. Énoncé connecteur : « Homère est mis pour ouvrages d'Homère », mais « ouvrages d'Homère » nécessite une autre interdéfinition artificielle, à moins que {ouvrages} figure dans la référence d'Homère et alors l'interdéfinition sera dite faible. |
| rem | Il s'agit plus exactement dans cet exemple d'une redirection animé → inanimé, comme les ouvrages ont une dénotation matérielle. |
| [2012] | L'énoncé connecteur n'est plus d'actualité, comme la théorie des opérations sémantiques n'a pas pour tâche d'expliquer les faits de style. La condition figurée n'est plus, absorbée par les relations d'analogie et de contiguïté, ainsi que par la condition d'indirection référentielle. |
| CONDITION FLOTTANTE | |
| description /v. 1993-95 | La condition sémique flottante, qu'on pourrait aussi baptiser isotopique, en l'honneur de Greimas, échappe au contexte immédiat, mais a un effet diagnostique sur l'attribution d'une valeur. Elle se révèle utile dans la dislocation de paramètres à des fins ludiques. |
| exemple | Elle correspond aux conditions définitoires (souvent entre parenthèses) que les dictionnaires font figurer comme des paradigmes, ainsi dans la définition de l'acception particulière d'imperméable à : « inaccessible à, qui ne se laisse pas toucher par (certains sentiments, certaines idées) » (Petit Larousse 1993). |
| REM /1987 | On notera que la condition flottante (version généralisable) pourra être ancrée — ℱ(x) — dans le cas de descriptions locales ou spécifiques, où x représente le lexème auquel elle est assignée en tant que sème (élément de sens) et ne se trouve pas dans la proximité immédiate (coprésent mais non cooccurrent). |
| développement | ℱ signale le contexte étendu (plus large que le non contigu) et constitue une provision discursive (l'occurrence du mot) correspondant à la condition flottante qui a une aire d'application plus étendue et peut être un élément de sens attribuable à une autre unité du discours. Ainsi [ℱ[castor]] dans l'entourage de barrage (pour éviter une attribution comme {ouvrage hydraulique}), dans un « exemple de linguiste » classique [beavers build dams]), soit encore : π-tableau de chasse tableau ∁ ⊥ de chasse [chasseur]₠] ⊢ {trophées} qui se lit : de tableau on infère le sens {trophées} s'il est dans le contexte paramétrique devant « de chasse » et si la condition flottante {chasseur} s'applique ou que le mot « chasseur » est présent dans le contexte étendu. π Doucement les basses ! [EUL]© basses ⊢ {pas d'énervement} ∁ ℱdoucement les ⊥ ℂ[[ℱprécipitation]sit ⋁ ₠] soit : de basses on infère le sens {pas d'énervement} s'il est dans le contexte paramétrique « doucement les » et de la condition flottante {précipitation} dans la situation ou dans le contexte étendu. |
| rem | Dans la version « coordonnée » des conditions, on peut adopter la forme suivante : ‘basses’ ∁ φ[doucement les ⊥] ⋀ ₠[précipitation]␏ ⊢ {pas d'énervement} |
| [2012] | La condition « flottante » posait un problème à la fois épistémologique et de méthode. Techniquement, seul le seul contexte étendu pouvant être pertinent du point de vue du sens est celui à gauche (je parle de la lecture, mais pour l'audition, ce que je viens d'entendre). A fortiori, si l'on fait allusion à un élément de sens. Dans l'empan visuel, ce qui est à droite de la forme à sémantiser ne peut être que reconnu lexicalement. Autrement dit, la condition flottante coule. Son effet de condition n'est possible que si le segment d'où il vient a déjà été interprété. Le contexte non contigu ne dépasse l'empan que dans un mouvement correspondant à une incertitude ou une anomalie. Une remarque analogue vise le contexte contigu, à moins de souscrire à une thèse holistique : le contexte à gauche peut être sémantique, mais à droite il est encore lexical, sauf anomalie. |
| CONDITION IDÉOLOGIQUE qui se note ι ⇨ ω[ni] | |
| description | L'idéologique a à sa disposition deux pronoms essentiels (« nous »), selon qu'il s'agit d'adhésion ou de dénonciation (« ils »). Il diffère peu de l'axiologique ou du doxologique et s'en distingue essentiellement par la dogmatisation et la systématisation à des fins d'autoreproduction et de conviction. L'idéologique puise largement dans le stock de l'axiologie et de la doxologie : l'usurpation est son mode de fonctionnement, puisque l'idéologie simule même la pensée. [sous une forme unique, a-t-on envie d'ajouter, mais ce serait en restreindre l'empire.] |
| ⇨ axio-... | Dans l'exemple ci-dessous il s'agit des philosophes du XVIIIe s. |
| exemple /2002 | Pour passer de philosophe « à libre penseur », il faut une condition idéologique (ω) :
philosophes ⊢ {libre penseur} ∁ ère des ⊥ ⋀ [≟[ω[catholicisme]]] |
| [2012] | Θ philosophes ∁ ère des ⊥ ⋀ ≟[ω[catholicisme]] ⊢ {libre penseur} |
| traitement | ω[paraclet]théologie paraclet ∁ [ω[montanisme]]] ⊢ {avocat} Θ paraclet ∁ ∥[ω[montanisme]]] ⊢ {avocat} qui se lit : de paraclet on infère le sens {avocat} si le mot est dans le contexte où la condition contiguë idéologique du {montanisme} s'applique. Cette instanciation m'est fournie par un passage de l'EUL à l'article « christianisme ». L'autre possibilité est celle de {défenseur}. |
| NOTE | Selon Pierre Ansart, le discours idéologique se présente comme « conforme à la nature », se confond avec le bon sens, « légitime un ordre et une action », dit la norme, la conduite juste et appelle à s'y conformer, et, enfin, produit ses mots prestigieux. |
| note | Certains symboles, comme celui qui annonce l'application d'une règle ▲ (et ▴) ont changé [devenus Θ] en raison des disponibilités ou de la distinctivité, comme ω par rapport à ι. |
| CONDITION INTERDÉFINITIONNELLE OU CONDITION D'INTERDÉFINITION qui se note ⋈ | |
| description | Relation sémiolexicale, c'est-à-dire qu'elle se situe entre une unité lexicale et un élément de sens lui appartenant, issu de la conversion d'une unité lexicale contiguë sémantiquement, dans une série métonymique ou un domaine. Il s'agit, comme l'apparente motivation (ou analycité) du mot l'indique, d'un rapport entre définitions. |
| exemple | parlement ⋈ sénat ⋈ assemblée |
| REM /2007 | Elle donne également lieu à la seule règle dérivée de la règle d'inférence sémantique, la règle de conversion d'unité lexicale en unité métaliguistique dite « élément de sens », . La règle de conversion ou métarègle transforme une relation indifférenciée entre deux termes ou mots en une relation d'explicitation sémantique. |
| exemple | On dispose alors d'une règle de conversion métalinguistique (métaconversion), où le signe de l'interdéfinition, assure le passage de la forme au sens. Cette transformation de statut permet alors de sémantiser une partie de l'énoncé : « Tout ce qui est antérieur à l'Islam est considéré comme une pollution intellectuelle » (RFI) ℳ nuisance ⊣ { → ⊥} ∁ [pollution ⊢ ⊤] soit, le mot nuisance devient l'élément de sens {nuisance} dans la sémantisation de pollution, pour l'application → Θ pollution ∁ ⊥ intellectuelle ⊢ {nuisance}, qui se lit : de pollution on infère {nuisance} si le mot est dans le contexte avant « intellectuelle ». |
| rem | À la relecture, je m'aperçois que si j'avais eu immédiatement recours au PL 1918, j'aurais été plus exact (mais le sujet est délicat : touche pas à mon islam !). La règle se réécrit donc, pour un interprète plus dégourdi : → Θ ‘pollution’ ∁ ⊥ intellectuelle ⋀ ⌂[ω[profanation]]religion ⊢ {souillure} On aura aussi noté que l'application n'utilise l'interdéfinition que dans la règle de métaconversion. Le symbole ⊤ est l'inverse de celui de l'insertion qui se substitue à l'unité à sémantiser pour éviter de la répéter. La métarègle est donc implicite dans toute application. Il est toutefois possible que l'interdéfinition intervienne comme condition dans une application au même titre que le module ou la position. |
| ⋈ | → Θ ‘pollution’ ∁ ⊥ intellectuelle ⋀ ⌂[ω[profanation⋈sacré]]religion ⊢ {souillure} |
| [2012] | ℳ indique qu'in s'agit d'une règle de métaconversion. |
| CONDITION MODULAIRE ou syntactique qui se note [x[a]y] ⇨ module ; sémio-modulaire | |
| description | Les conditions, y compris le module, doivent rester intelligibles sans traduction. La condition modulaire ne sert pas uniquement à l'attribution de valeurs au verbe comme tel, mais aussi à distinguer l'action du résultat. |
| exemple 1 | Les conditions pour « rétablissement » seront, par exemple : [X[rétablit]Y[dans]Z] |
| exemple /REM | La notion est empruntée à Bernard Pottier, mais je suis seul responsable du traitement que j'en fais. La notion de module verbal est logique dans le cas d'un verbe, mais peut très bien rendre des services dans le cas des déverbaux (nominalisations). → Θ effarement ∁ [[qqch]effare[qqn]] ⋀ [⊼+stupeur] ⊢ {effroi} qui se lit : de effarement on infère le sens {effroi} si la condition modulaire verbale s'applique, comparé à la stupeur. La formulation est incomplète, si l'on se fie au PRE. La grammaire intériorisée correspond probablement à des schémas analogues pour les conjonctions et les prépositions : [P[quand]Q], [A[de]B], [A[à]B]. Voir les suppléments d'Az. |
| [2012] | À partir de cette fiche, tous les triangles qui identifiaient une application de la règle d'interprétation sont remplacés par la lettre grecque qui les identifie désormais : ▴ → Θ. |
| CONDITION MORPHOLOGIQUE qui se note par emboîtements [préf[rad]suff] | |
| description | Condition apparentée à la condition modulaire et à la condition étymologique, comme elle fait intervenir la forme des mots, leur formation, dérivation ou composition. Dans les cas où elle recoupe la condition sémiomodulaire, elle rend compte de transformations réelles ou potentielles permettant de distinguer les sens. |
| exemples | Θ construction ∁ la ⊥ d'une maison ⋀ [X[construit]maison] ⋀ [≢ {édifice}] ⊢ {édification} Θ multipartisme ∁ (multi-) ⊢ {multiplicité} ˥Θ contradiction ≍ [X[contredit]Y] ≢ {paroles} | {incompatibilités} |
| NOTE | On peut imaginer (dans une perspective descriptiviste) un « module » morphologique en se servant des crochets emboîtés : [∅[∅[égal]is]er] Même s'il vient du latin, le mot « insensible » peut faire l'objet d'une décomposition par un locuteur non prévenu : [in[sens]ible] |
| REM | Les observations morphologiques proprement dites sont d'ailleurs difficiles à interpréter sur le plan sémantique ; si l'on sait que le suffixe (suffixation exocentrique) peut changer la classe de la base, mais pas le préfixe ni la dérivation endocentrique (maison ⇨ maisonnette) que peut-on en déduire d'utile pour le sens? |
| CONDITION PARADIGMATIQUE ⇕[...] | |
| description | Classe de contextes ou d'unités, dans une perspective de substitution ↺ et implique un parcours ⇕ |
| REM /1987 | Le symbole ℂ suivi de crochets [...] désigne l'introduction d'une condition générale (autre que positionnelle), le plus souvent paradigmatique [n'a plus cours] ; le modèle du paradigme figure entre crochets [...], et n'est qu'une indication : il peut varier dans une série d'équivalents substituables, ce qui n'est pas strictement le cas de la condition positionnelle « ∁ ⊥ », dite aussi condition s.miotaxique. ⊥ signale le point d'insertion de l'unité à sémantiser (sa position). |
| NOTE /2007 | Le modèle (un mot) doit être représentatif du parcours, c'est-à-dire de la classe. Il suit ainsi le principes des phrases-exemples des dictionnaires. |
| REM | Modalité : ℂ[y]. Dans l'usage que j'en fais, les crochets [...] indiquent généralement le paradigme et la double implication verticale ⇕ signale plus précisément qu'un parcours vers le haut ou vers le bas a [eu] lieu —en réalité— avant la sélection. Θ trésors ∁ ⊥ alignés ⇕[sanctuaire] ⊢ {édifice} Θ voilier ∁ bon ⊥ ⇕[mouette] ⊢ {a un vol étendu} |
| hors norme | ⊢ | « infère » |
| idem | ∁ | « si » ou « dans le contexte de » |
| idem | ⋀ | et |
| idem | [S[V]O] | module verbal |
| idem | ⇕[n] | paradigme |
| idem | ≟[ℛ] | conjecture relationnelle |
| se présentant comme PARADIGMES, c'est-à-dire dans le cas ci-dessous [⊨] s'écrit ℛ[x] et en cas de conjecture ≟[ℛ[x]] | ||
| analogie | ⊨ | mer ⊨ {huile} |
| appartenance | ∈ | futorologie ∈ prospective |
| association | ↗↘, | science-fiction↗avenir |
| axiologie | α | α[« morale austère »] |
| comparaison | ⊼ | mer ⊼ {huile} |
| contiguïté | ∥ | fustiger ≍ {blâmer ∥ stigmatiser}, Écosse ∥ Norvège |
| Écosse \ Norvège — la différence se rend par ˥x, dans la règle où la binarité n'est pas stipulée | ||
| disjonction | ⋁ | général ⋁ universel (cf. différence) |
| domaine | ⌂ | système sémantique ⌂logique |
| doxologie | δ | δ[« s'adresse à l'enfance »] |
| équivalence | ≡ | pica ≡ appétit dépravé, jeu de Nim ≡ jeu de Marienbad |
| étymologie | ␃ | sêmantikos ␃ {qui signifie} |
| idéologique | ω | ω[sémantique conceptuelle] |
| implication | ⇒ | fjord ⇒ {nord}, futurible ⇒ {avenir}, invraisemblable ⇒ {vérité} |
| interdéfinition | ⋈ | avenir ⋈ prévision, fixité ⋈ fixisme |
| intersection | ∩ | avenir ∩ futur, fission ∩ fusion |
| opposition | ≢ | sud ≢ nord |
| négation | ˥ | ℟ ; ⊬ ; ¬ est remplacé par ˥, sauf dans ℟. |
| prédication | ∋ | fusionner ∋ {unir}, cratère ∋ {Lune}, fjord ∋ {vallée glaciaire} |
| relation indifférenciée | ℛ | tunique ℛ talisman |
| signification (Σ) | ∞ | ∞[« fameuse par ses crimes »] |
| subordonné (espèce) | ⇘ | prisonnier ⇘ personne |
| substitution | ↺ | fissile ↺ fissible |
| superordonné (genre) | ⇗ | pièce ⇗ semelle |
| [l]pour l'essentiel, il s'agit des relations dénombrées dans le cadre de la théorie ; quand il s'agit strictement d'une relation, on peut la désigner comme telle, bien qu'elle se situe dans un paradigme | ||
| [2012] | Au bas de cette page, on trouvera un tableau des conditions et deux sagittaux illustrant les conditions de la règle et les relations que la condition conjecturale permet d'introduire dans la règle. | |
| CONDITION PARAMÉTRIQUE qui se note φ[_] ou φ- | |
| description /1987 | La condition paramétrique (ainsi désignée en l'honneur/mémoire de l'écrivain Jean Paulhan qui avait observé l'existence de « paramètres » dans le discours, c'est-à-dire de constantes discursives) cherche ainsi à rendre compte de la contrainte phraséologique qui constitue une importante caractéristique du discours et détruit l'ordre du lexique en lexicalisant des bouts de phrases, réinjectant le discours dans la langue. La phraséologie n'est pas toujours une survivance et peut témoigner d'une grande affinité entre les unités lexicales : un buveur impénitent, jusqu'à se présenter comme des blocs : la Rome impériale. On aurait pu également retenir la proposition « technologique » du cybernéticien Louis Couffignal (1963 : 39-40), catène, qui recoupe la notion de distribution et celle de syntagme ou de sémiotaxie (la catène est un support d'information, c'est-à-dire « une combinaison des mots de la langue ayant un sens »). |
| NOTE /2002 | Le paramètre est une constante lexicale et discursive qui regroupe les expressions idiomatiques et des semi-phrases ou phrases considérées comme figées morphosyntactiquement et recevant systématiquement un sens relativement stable [MAJ à la manière des unités lexicales simples (mots)]. |
| exemple /2002 | mer dans φ haute mer, φ pleine mer, φ mer libre, φ mer d'huile. Θ conduite d'échec ∁ φ-⊥ ⌂[psychanalyse] ⋀ ⊨[névrose] ⊢ {recherche de l'insatisfaction} qui se lit : de « conduite d'échec » on infère le sens {recherche de l'insatisfaction} dans le contexte paramétrique et dans le domaine de la psychanalyse, sur le modèle de ‘névrose d'échec’. π-tête creuse Θ creuse ∁ φ tête ⊥ ⊨[sonner creux] ⊢ {vide} — (version analytique du paramètre) Θ tête creuse ∁ φ ⊥ ≟[φ-n'avoir rien dans la tête]] ⊢ {vide} Θ tête creuse ∁ φ ⊥ ⊨[φ-esprit creux ≍ vide]] ⊢ {sans jugement} qui se lit : de « tête creuse » on infère le sens {vide} ou {sans jugement} si l'expression est paramétrique et qu'elle s'apparente à sonner creux ou n'avoir rien dans la tête ou esprit creux au sens de{ vide}. |
| REM | [tiré de l'Essai de sémantique (av. 1995)] Le paramètre est une notion relativement neutre due à l'écrivain Jean Paulhan (1953:230), et à laquelle on peut donner un sens courant (facteur à prendre en compte) ou plus rigoureux (mathématique ou informatique), permet de parler du cliché et de l'étudier sans qu'on soit tenté de le dénoncer [ou d'en faire la critique]. Le paramètre peut être considéré comme le stockage en langue d'éléments culturels et idéologiques d'abord apparus en discours. La paronomase « qui se ressemble s'assemble » n'est pas innocente, pas plus qu'une citation de J. Lacan. Paulhan dit précisément, à propos du paramètre, qu'il situe par rapport au renversement (des sens), « ...certaines nouvelles figures, que j'appellerais volontiers paramètres (...) telles que la citation, l'expression toute faite, la locution proverbiale, le proverbe : vouloir débarbouiller un mort, les chiens aboient la caravane passe, etc. » Les paramètres sont souvent le relais de précorrélations avec les deux autres provisions du modèle sous-jacent (référence et signification), rattachant les formes à des coordonnées référentielles ou des jugements et croyances (la croyance par exemple à l'argument d'autorité dans la citation). La notion a été utilisée dès la première thèse en 1979 (Le sens de la lecture), où la nature spécifique des locutions s'est dégagée des clichés, retenus comme repères dans une lecture programmatique dans mon mémoire « littéraire » de 1976. |
| CONDITION PARAMÉTRIQUE CONNECTRICE | |
| description /2002 | Il s'agit de l'utilisation du paramètre dans l'élucidation et non de l'élucidation de celui-ci. Je parle alors d'énoncé connecteur (⊎)[p], auquel peut se mêler la conjecture. Il comprend aussi l'application de la comparaison (analogie ⊨) : |
| exemple /2002 | X ⊨ Y, soit X est comme Y ; ⊨plomb, soit couleur/poids du plomb. Soit : Le revoilà en selle. Θ selle ∁ φ[en ⊥] ℂ[℟[cheval] ⋀ ⊎[cheval de bataille]] ⊢ {en campagne} qui se lit : de selle on infère le sens {en campagne} si le mot est dans le contexte après « en » et si les conditions d'indirection et d'énoncé connecteur s'appliquent. |
| REM /2002 | La condition paramétrique connectrice peut être conjecturale (ici, simulée) |
| exemple /2002 | « l'homme en général, c'est-à-dire cet être ondoyant et divers » PL 18 Θ ondoyant ∁ être ⊥ et divers ≟[⊎[C'est un sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant que l'homme. (Montaigne, 1580)]] ⋀ ⇕[changeant capricieux inconstant mobile variable] ⊢ {mobile } qui se lit : de ondoyant on infère le sens {≟X} si le mot est dans le contexte entre « être, n. » et « divers », et si la condition d'énoncé connecteur conjectural s'applique. Plus exacte, l'application suivante[pp] : Θ ondoyant ∁ être ⊥ et divers ≟[⊎[« C'est un sujet merveilleusement vain, divers et ondoyant que l'homme » (Montaigne)]] ⊢ {changeant} |
| notes | [p] À l'origine, la notation était ₠, mais en raison des disponibilités, celle-ci est devenue celle du contexte étendu. La nouvelle a le mérite de conserver son sens d'origine, c'est-à-dire union d'ensembles multiples (trad. litt. de multiset union). [pp] On peut l'enrichir d'une condition morphologique établissant qu'il s'agit d'un nom et non d'un verbe : êtrenom. |
| [2012] | Son origine logique ne lui a pas servi de viatique. C'est sans doute sa complexité qui a entraîné sa mise à l'écart. |
| CONDITION « POSITIONNELLE » devenue SÉMIOTAXIQUE qui se note ∁ a⊥ | |
| description | La condition positionnelle ou cooccurrente ou syntagmatique (devenue sémiotaxique) est lexicale [c'est un mot cooccurrent qui sert de condition par la place qu'il occupe] et possède trois formes : avant — a ∁ ⊥ b, après — b ∁ a ⊥, entre — b ∁ a ⊥ c et qui se lisent respectivement : a dans le contexte avant b, b dans le contexte après a et b dans le contexte entre a et b. |
| exemple /1987 | Dans sa forme rudimentaire, l'inférence sémantique peut se contenter d'une seule condition (minimum) — ici sémiotaxique : Θ mot ∁ ⊥mot ⊢ {valeur}. ˥Θ creux ∁ esprit ⊥ ˥Θ 'nul'qualificatif aura le sens de {sans existence}, {sans résultat} ou {sans valeur} : Avec le signe d'interaction (hors règle) devoir ⇄ nul ; élection ⇄ nulle ; différence ⇄ nulle ; son dernier film est nul Θ nul ∁ [[film]être[⊥]] ⊢ {sans valeur} VAR (structure simplifiée) — [film[être]⊥] |
| NOTE | Le signe ⊥ désigne le point d'insertion de la base objet de l'interprétation et remplace l'ancien « _ » accompagnant la barre contextuelle ‘/’ issue de la phonologie américaine. |
| CONDITION D'INDIRECTION qui se note ℟ | |
| description /v. 1993-95 | L'indirection. La condition ℟ (référence niée) de la première règle (1980-82) servait à faire bifurquer le sens d'une forme-base qui serait figurée, soit ˥MÉD dans le cas de pernicieux pour obtenir la valeur contextualisée par « doctrine » {qui nuit moralement/socialement}. On parle alors de sens par indirection (puisque la distinction concret/abstrait est assez délicate en l'occurrence : une doctrine a une dénotation notionnelle). Dans une version antérieure du modèle (1979), sous l'influence de la cybernétique, le recours à des corrélations auxiliaires pour sémantiser était appelé désautomatisation, dans la mesure où l'on considérait le processus de lecture comme (partiellement) automatisé. L'indirection décrit plus généralement la recherche d'un passage moins direct que l'enchaînement souvent solidaire « forme-condition-sens » qui caractérise les signes appris et mémorisés [et, surtout, fréquents]. Dans la figure, c'est effectivement l'intrusion de la référence (normalement réservée à la phase suivante dans le traitement) qui caractérise l'assignation, comme dans le cas d'un roman où les amants pénètrent dans la « chambre ardente », ℟, c'est-à-dire où se dérouleront les ébats passionnés. Mais l'indirection peut être une simple redirection, comme l'archet des sauterelles, qui renvoie simplement à un référent (dénoté) différent de celui du signe archet ≍ baguette (cf. Sens et dénotation). |
| exemple | Modalités : ℝ[y] ⋁ ℟[x] ⋁ ␏[z] ⋁ ˥[␏[a]] soit, respectivement : y a une référence ou x n'a pas de référence ou z a un référent situationnel ou a n'a pas de référence en situation π-saison mentale Θ saison ∁ ℟ ⊥ mentale ℂ[≟] ⊢ {période de la vie} |
| symboles (rappel/révisés) | Θ introduit une application de la règle π-[introduit une phrase-exemple] ⋁ signifie « ou » ␏ signale la situation marquée ou non par un intitulé, p. ex. [conversation familière] en exposant ⌂ signale le domaine, également marqué par un intitulé, ⌂[médecine] ⋁ ⌂zoologie ∁ introduit les conditions contextuelles, notamment les sémiotaxiques, mais annonce le conditionnement en général [sa valeur logique serait SI] ⇕[p] indique un paradigme ≟[?] une condition conjecturale relationnelle ou autre. — Se reporter à la liste ci-dessus ou « ⋁ » aux tableau et figures du bas de la page. |
| CONDITION SÉMIO-MODULAIRE | |
| description | La condition sémiomodulaire sature les positions d'éléments de sens, au lieu de cooccurrents de l'énoncé, ce dont se contente le module de la condition modulaire. Il s'agit de l'encadrement de la condition contextuelle. |
| exemple | QQNrétablitQQNdansQQCH → [[[qqn[rétablit]qqn]dans]qqch] |
| NOTE | Le schéma devient sémiomodulaire quand il prend en compte les éléments [circonstants] de la grille d'intelligibilité [qui a son sagittal]. [sujet[action]objet] ⋁ [sujet[[[action]à]objet2]objet] [agent[action]patient] [temps[action]lieu] [manière[action]instrument] [motif[action]but] |
| note 2007 | On peut y ranger les valeurs casuelles, mais sans la terminologie barbare que le sujet interpréte moyen ne maîtrise pas, sauf exception. Si agentif semble motivé morphosémantiquement, c'est moins évident avec abessif et même ablatif, qui est « polysémique » (Petit Larousse 1918 : instrument, éloignement, origine, matière). Les fonctions grammaticales se reconnaissent à l'ordre qu'elles ont normalement (condition positionnelle ou modulaire). On se reportera au tableau des cas. |
| 2002 |
Une structure purement formelle, disons syntaxique, peut avoir rang de condition sémantique si son incidence sur la forme qu'est la base de l'attribution contribue d'une manière ou d'une autre à cerner le sens de cette forme. Admettons que l'absence de complément (intransitivité) contribue à identifier le sens d'une unité, soit passerØ. [x[passer]Ø] soit : module du verbe passer intransitif. π Jules a été raillé par ses amis [patient[suj[verbe_passif]obj]agent] soit module de verbe passif ; l'insertion de [par/de] est facultative. Soit encore : « discipline linguistique qui a pour objet la description des significations propres aux langues et leur organisation théorique ». Θ propres aux langues ⊢ {linguistiques} ∁ des significations ⊥ [les langues[ont]des significations] La bizarrerie de la formulation d'origine (I. Tamba-Mecz) a de quoi surprendre, remarquable aussi dans la coordination : ‽Θ; et ∁ ℙ⊥ℚ ⋀ [la description des significations propres aux langues[ ⊥ ]leur organisation théorique] ⋀ [≟[N[a pour objet]P[ ⊥ ]Q] ˥[∩]] ⊢ {union} qui se lit : de et on infère le sens {union} si le mot est dans le contexte entre ℙ et ℚ et si les conditions sémiomodulaire et d'intersection s'appliquent. |
| Liste des conditions modulaires complémentaires potentielles | |
| Catégories exploitables |
duratif = imperfectif ≢ ponctuelvpb inchoatif = devenir ≢ résultatif (+ objet résultatif) [état] accompli = perfectif = procès terminé ; terme d'une actionterminatif non-accompli = inaccompli : action en cours itératif ≢ duratif général ≢ particulier comitatif = accompagnement instrumental agentif = agent locatif = où |
| note | En gros, les cas, les aspects et les modalités ; le temps suit le principe spatial de succession (ordre) : avant - pendant/maintenant/ici - après. Un procès (une action est envisagée dans son début, dans son déroulement, sa manière de se dérouler (répétition) et son achèvement. |
| remarque | Les questions que l'on se posera seront toujours en quoi cette conceptualisation [plus spécifiquement ces notions et cette terminologie] permet-elle d'arriver au sens ? la condition est-elle discriminante ? La formulation potentielle serait : Θ a ∁ ⊥b ⋀ [instrumental] ⊢ {d} Θ a ∁ ⊥b ⋀ [résultatif] ⊢ {d} |
| observation | Une objection importante à tout accroissement des conditions tient au fait que si les opérations sont rapides, elles sont limitées par les « empans » de mémoire disponibles. Si les conditions potentielles (sans leur nom technique, sous forme sans doute « indifférenciée ») peuvent être en grand nombre, celles qui sont appliquées en vue d'un sens seront plausiblement en petit nombre. (reprise d'Opérations sur le sens - 2002, intégré à l'Essai de sémantique dans sa forme actuelle) |
| MAJ | La critique que l'on peut adresser à cette liste dans le cadre strict (restreint) d'une sémantique opératoire, c'est que les notions appartiennent presque toutes à une perspective analytique grammaticale (avec la référence en filigrane) qui n'a aucune corroboration dans l'exercice de l'interprétation courante. (2007) — On notera aussi que l'accroissement doit être pris dans deux sens, celui d'un inventaire général, technique et spéculatif et celui d'une application effective dans le cours d'une inférence donnée. On distinguera ici la lecture (et les divers types de lectures à l'intérieur du processus général) et l'audition au cours d'une conversation avec un interlocuteur humain ou dans le cas d'une audition stricte (radiophonique ou télévisée). Les situations n'autoriseront pas les mêmes libertés ni les mêmes rythmes. Le lecteur, selon son objectif de lecture (pas la météo ou les résultats sportifs) pourra s'attarder et approfondir l'examen de ce qui est en jeu dans son processus d'interprétation (ex. l'auteur, dans l'article technique de Girard sur Gentzen, débattant du sens d'implique pris ou non logiquement, avec la conclusion qu'il s'agissait d'un emploi mondain). |
| complément | [EUL]© [ponctuel] Se dit de l'aspect de l'action verbale considérée comme étant à un moment de son développement. (Elle peut être à son début [inchoatif] ou à son achèvement [accompli].) [Synonyme : momentané.] [terminatif] Se dit de l'aspect verbal selon lequel l'action est envisagée dans son achèvement, son aboutissement. |
| CONDITION SITUATIONNELLE qui se note ␏ | |
| description | Pour la référence, on peut adopter la définition de la « situation » que donne Prieto : « ensemble des faits connus par le récepteur au moment de l'acte sémique », mais il faut prévoir une distinction entre la situation de l'énonciation (hic et nunc) et celle(s) de l'énoncé (les faits rapportés). Les connaissances du monde ou sur le (encyclopédie-thésaurus d'expérience) du sujet comprenant (l'interprète) interviennent également. |
| exemple | ␏[au restaurant] ⋁ furie ∁ ˥[␏[femme]] ≡ furie ∁ ⌂[érinnyes]* Les contradictions de ses déclarations trahissent sa mauvaise foi, où la situation ␏[procès] intervient. Par opposition, ‘esprit de contradiction’ se passe de condition situationnelle. |
| note | Normalement c'est la négation de la situation qui assurera le sens locutionnel pour la forme locutionnelle. |
| remarque | H & N : {ici} et {maintenant}, paradigmes situationnels du discours. |
| [2012] | * Pour les intimes, les Euménides : Tisiphone, Alecto, Mégère. |
| CONDITION SÉMIOTAXIQUE voir ancienne POSITIONNELLE | |
| description /v. 1998 | La construction (sémiotaxie) a vite pris un aspect métalinguistique, c'est-à-dire qu'elle apparaît comme un paradigme, où le lecteur procède à un parcours, pour y reconnaître quelque chose du mot ou de la phrase qui a déclenché sa recherche. La première condition syntagmatique est la position, représentable par : a ∁ ⊥ b, b ∁ a ⊥, b ∁ a ⊥ c |
| exemple | creuse ∁ φ tête ⊥ ; cf. paramétrique [à partir du PL 1918] φ-contracter des dettes est paramétrique et le syntagme ne reçoit qu'une valeur inférentielle. Θ contracte ∁ ⊥ des dettes ⊢ {s'endetter} ⋁ (1) contracte ∁ dettes ⊢ {faire} (2) dettes ∁ contracte ⊥ ⊢ {ce qu'on doit} |
| remarque | Cette condition est parfois assimilée aux conditions paramétrique et contextuelle, et même positionnelle, pour des raisons assez explicables, c'est-à-dire la contiguïté et l'analogie. Ces recoupements partiels offrent au sujet interprétant une grande liberté dans les moyens d'arriver à ses fins, c'est-à-dire de comprendre et d'interpréter les énoncés qui lui sont soumis (ou dont il est bombardé). |
| PLACE DES CONDITIONS DANS LA RÈGLE ⇨ paradigmatique ; contextuelle ; modulaire | |
| [2012] | avertissement — les 3 versions ont été expérimentées au cours du développement de la règle, mais c'est la forme figurant dans le bas de la fiche qui a prévalu qui est également la première, ci-dessous : . La fiche a été considérablement remaniée. |
| version 1 | ‘m’ ∁ ⊥ ⋀ ⇕[ℂ] ⊢ {v} |
| paraphrase | le mot ‘m’ dans les conditions ⇕[ℂ] « infère » la valeur sémantique {v} |
| version 2 | ‘m’ ⊢ {v} ∁ ⊥ ⋀ ⇕[ℂ] |
| paraphrase | le mot ‘m’ « infère » la valeur sémantique {v} dans les conditions ⇕[ℂ] |
| version 3 | ∁ ⊥ ⋀ ⇕[ℂ] ⋀ ‘m’ ⊢ {v} |
| paraphrase | dans les conditions ⇕[ℂ] le mot ‘m’ « infère » la valeur sémantique {v} |
| remarque | Le paradigme ⇕[ℂ] après ∁ et ⊥ en vert signale la position des conditions dans chaque variante du schéma de la règle. Deux types de condition y sont identifiés : sémiotaxique ‘∁’, et paradigmatique/relationnelle ; le module s'inscrit dans le paradigme. Il n'y a pas à proprement parler d'ordre préférable à un autre, sauf si l'on croit que le point de départ est le signe linguistique (mot ou expression) et le point d'arrivée l'élément de sens attribué par inférence. Dans ce cas, on peut envisager la place des conditions comme intermédiaire entre les deux points. Cette version (1) serait canonique et permettrait même affirmer que l'expression ou le mot (le signe) sur lesquels s'exerce l'interprétation est déjà une condition de la règle d'inférence. |
| règle | Θ mot ∁ ⊥cooccurrent ⋀ ⇕[ℂ] ⊢ {valeur} |
| [2012] | x (forme) ∁ ⊥y et ⇕[n] ⊢ {z} |
2011-2012
La condition 15 du tableau ci-dessus permet également d'introduire la dizaine de relations recensées à titre de condition dans la règle.
Sagittaux des conditions et des relations conditionnelles
Première révision importante 5-XII-2007 — dernière : 21-IV-2008 allégement du code, 09-03-2010.
révision achevée le 15/05/2012 21:34:26
Le détail des principes régissant la théorie qui était reporté en annexe à « De l'inférence sémantique » est de retour dans sa propre page [azprinz.html] c'est à ce fichier que renvoient les liens de la table d'orientation ci-dessous
eul Les compléments tirés de l'Encyclopédie Universelle Larousse (EUL) portent un © Larousse / VUEF 2001
