Sémantiques particulières
Présentation alphabétique et chronologique de la théorie des opérations sémantiques (1979-2012)
II — Sémantique du verbe & de l'adverbe
| sémantique du verbe · voix · auxiliaires d'aspect · remarque générale · formes impersonnelles · verbes d'opinion · verbes de volonté · sémantique de l'adverbe · manière, lieu, temps · manière (Grevisse) · temps (Grev.) · lieu (Grev.) · quantité/négation · négation (Grev.) · opinion · affirmation (Grev.) · doute (Grev.) · comparatifs · superlatifs · degré · types d'adverbes · répartition (distribution) · exemple 1 · exemple 2 · exemple 3 · exemple 4 · exemple 5-6 · exemple 7 |
| sémantiques particulières ⇨ index des suppléments |
2 · sémantique de l'adjectif relationnel | 4 · sémantique du nom | 6 · sémantique du verbe | 8 · sémantique du verbe (suite) | 10 · sémantique syntagmatique (synapsie, complément de nom, etc.) |
| 1 · sémantique de l'adjectif qualificatif | 3 · sémantique du dérivé | 5 · sémantique du composé | 7 · sémantique de l'adverbe | 9 · sémantique de la préposition et de la conjonction | tableaux · affixation et composition |
Les chiffres du tableau ne correspondent pas aux numéros des pages de supplément. La présente page porte le numéro 6 dans le tableau. Les numéros 1, 2, 3, 4 et 5 sont page 1. Les numéros 6 et 7 sont page 2. Les tableaux sans numéro sont page 6.
| SÉMANTIQUE DU VERBE ⇨ les modes & temps des verbes sont reportés en page 3 | |
| liminaire | Avec le verbe le dilemme que doit résoudre le sémanticien en ce qui concerne ce qui relève de la sémantique et ce qui est de l'ordre de la référence (non pas la représentation mentale de l'objet, mais la désignation de l'objet lui-même par le signe) s'amplifie considérablement. Le traitement des pronoms substituts dans certaines grammaires fait d'emblée appel à la coréférence, et si une analyse de l'anaphore peut se contenter de chercher ses candidats dans le contexte linguistique de l'énoncé, la personne du verbe (les pronoms) reste une pierre d'achoppement. Sans envisager le fait que la pragmatique et l'argumentation ont en quelque sorte fait main basse sur « les dispositions du sujet qui parle » (ci-dessous), les modes et les temps constituent également des questions pendantes. Le temps est-il oui ou non une notion sémantique ? Dans la phrase que j'emprunte au PL 1918, « le sanglier est le porc sauvage », non seulement le verbe est réduit au statut d'opérateur de prédication, mais en outre, son temps est « nul. ». Zéro. Le temps de cet énoncé est susceptible de varier très légèrement si le sujet devait désigner une espèce disparue. Inversement, je peux dire indifféremment : « Marie-Thérèse était la mère de Marie-Antoinette. » ou « Marie-Thérèse est la mère de Marie-Antoinette. » À partir de maintenant, comme disait Serge Laforest, un auteur de roman d'espionnage, on regarde où on pose les pieds. var. On marche sur des œufs. |
| description /PL 1918 | [verbe] Partie du discours qui exprime une action ou un état sous une forme variable, suivant les dispositions du sujet qui parle. (Je souligne.) |
| Larive et Fleury | (1895) La description que fait du verbe cette grammaire scolaire est intéressante, parce qu'elle quasi contemporaine du Petit Larousse 1918. « Le verbe, du latin ‘verbum’, mot, parole, a reçu ce nom parce qu'on le considère comme étant le mot par excellence et la partie la plus importante du discours. [« l'âme du discours », ajoutera Grevisse, en note.] Le verbe est un mot qui exprime l'existence, l'affirmation, l'état, l'action ou la passion [définie dans l'appendice de cette petite grammaire encyclopédique comme toute impression physique ou morale reçue par le sujet], en même temps que leurs circonstances accessoires de temps, de personne, de mode, etc. · Exemple d'un verbe exprimant l'existence : Dieu est. · Exemple d'un verbe exprimant l'affirmation : La terre est ronde. · Exemple d'un verbe exprimant l'état : Il gisait. · Exemple d'un verbe exprimant l'action : Pierre frappe Paul. · Exemple d'un verbe exprimant la passion : Paul est frappé par Pierre. » |
| rem | On notera l'erreur de classement, qui situe l'affirmation au niveau de l'action, alors que celle-ci peut être niée. [Si l'on fait en outre abstraction de « l'existence », qui est une forme d'affirmation d'un état ou d'un étant.] Le même exemple peut d'ailleurs servir : « La Terre n'est pas ronde. » (Mais en 1895, elle l'était.) Voir plus loin (p. suiv.), les valeurs des temps de l'indicatif. On peut naturellement comprendre ‘affirmation’ avec le sens de {assertion} qui, elle, reconnaît la négation comme modalité. Toutefois, à l'affirmation ≍{soutenir qu'une chose est vraie} s'oppose la négation. La catégorie d'existence est en outre implicite dans les trois catégories classiques action-état-« passion ». L'assimilation de l'existence au verbe ‘être’ est normale, puisque le Petit Larousse 1918 ne le définit pas autrement dans son premier sens, avec pour exemple, assez drôle, la phrase célèbre : « je pense, donc je suis. » La « passion » peut être considérée comme une voix. |
| GLFC | (1964) Pour Chevalier et al. « le rôle du verbe est de permettre au parleur de décrire, d'apprécier, de situer dans le temps le déroulement des actions ou des événements concernant les êtres et les choses. » Son emploi comme forme verbale dépend de « son entourage lexical dans la phrase énoncée par le parleur (contexte de l'énoncé) et de l'existence des autres formes formes verbales qui pourraient se substituer à elle dans l'énoncé. » |
| Dauzat | (1947) Ce linguiste rompt avec la tradition héritée du latin, même si le verbe reste « en principe » le centre de la phrase. Pour lui, « dans le langage, (le verbe) apparaît toujours en fonction d'un sujet. ». Le verbe exprime une action ou un état en rapport avec l'être ou l'objet qui le conditionne ou qui le subit. Il a une métaphore plus moderne que celle d'âme et compare le verbe au moteur que commanderait le sujet. Ce « moteur » transmet les ordres, (...) ordonne la structure, en reliant le sujet aux attributs ou aux compléments. |
| Grevisse | Le Bon usage (1959) définit le verbe comme « un mot qui exprime, soit l'action faite ou subie par le sujet, soit l'existence ou l'état du sujet, soit l'union de l'attribut au sujet. En note, il signale que quand on le définit comme procès (du lat. processus, ce qui « s'avance », ce qui se passe), on désigne alors la notion générale synthétisant les notions particulières d'action, d'existence, d'état, de devenir, rapportées à un sujet. |
| NGF | Constituant principal du groupe du verbe, sa fonction est celle de prédicat ; le verbe indique un procès (action) ou un état. — Ce n'est pas la seule classe de mots (=partie du discours) qui indique une action ou un état, les noms peuvent indiquer les mêmes notions : nettoyage, nettoiement ≍ {action de nettoyer}, ivresse ≍ {état d'une personne ivre} |
| [Notions] | voix active/passive (voix) || temps, mode || nombre, personne note (rappel) ≍ se lit « au sens de » ; les accolades {...} encadrent une valeur sémantique, un sens ou un élément de sens. |
| Dauzat | Aux deux voix ci-dessus, · active : action exercée par le sujet (il frappe), l'état (il souffre) ; · passive : action subie par le sujet (il est frappé), il suggère d'ajouter la voix · pronominale (±moyenne), dont le propre semble être « l'action en accomplissement » et qui prend quatre « aspects » — · l'action ou le sentiment réfléchi (il se frappe, il s'aime, il se nuit), · la réciprocité (ils se sont querellés ; ils se sont nui), · le sens réfléchi atténué (s'apercevoir, s'attendre à, s'enfuir, s'endormir, qu'il compare aux verbes apercevoir, attendre, fuir, dormir), · la valeur passive (la maison se bâtit, qu'il compare à la maison est bâtie, où il voit une valeur adjectivale). |
| aspects | (Dauzat) Il reprend la définition de Marouzeau : « La manière dont est exprimée dans son développement l'action exprimée par le verbe. » Elle peut être instantanée, ou marquer une durée, indiquer que l'action commence ou qu'elle est achevée, qu'elle est déterminée ou indéterminée, qu'elle est intensive, qu'elle se répète. formes — Certains temps verbaux ont une valeur d'aspect : l'imparfait, par exemple, marque la durée dans le passé, comme certains pronominaux (il se fait vieux) la durée dans le présent. L'inchoatif peut être marqué par le pronominal avec en : s'en aller, s'envoler. Si le parfait du français n'a gardé sa valeur d'action accomplie que dans quelques cas, avec certains verbes (il a fini), l'achèvement est indiqué par les temps surcomposés ; le futur antérieur peut marquer l'action accomplie dans l'avenir (j'aurai terminé mon travail ce soir). En général, l'aspect est exprimé, tout comme la proximité ou l'éloignement dans le temps, par une périphrase verbale : je suis en train de faire (duratif), je commence à faire (inchoatif), j'ai fini de travailler (achèvement), — comme « je vais faire » (futur proche), « je viens de faire (passé proche) et le duratif archaïque « il va chantant » (durée dans le présent). |
| note d'application | On entre ici dans le vif de la question. Il est clair que dans la construction du référentiel (dans la mesure où un énoncé est une organisation spécifique du réel [du réel perçu]) ces distinctions seront souvent cruciales. En est-il autant au niveau de l'interprétation des segments d'énoncés ? De prime abord, l'aspect a toutes les chances de figurer en exposant dans le module verbal, ou comme valeur inférée, si l'on songe à une expression comme « en train de ». |
| auxiliaires d'aspect | Dauzat [toujours] distingue les auxiliaires d'aspect (que d'autres appellent « auxiliaires de mode ») des « auxiliaires de temps ». ‘avoir’, dit-il, n'a pas suffi, en parlant des auxiliaires de temps. aller+infinitif (je vais sortir) exprime le futur proche, et il a la propriété de se conjuguer avec lui-même. Il exprime aussi, au conditionnel (temps de l'hypothèse), en transposant le mouvement au figuré : vous iriez dire à la belle Émilie..., c'est-à-dire vous « pourriez dire », « seriez capable de dire ». Dauzat donne également un exemple à l'indicatif présent : « quand on entre dans une maison, on ne va pas tenir des propos désagréables. » ‘devoir’ exprime le futur probable ; l'obligation de faire une action entraîne sa probabilité : « Je dois sortir ce soir ». ‘venir+de’ exprime le passé proche : « je viens de rentrer. » Cf. « je rentre à peine. » auxiliaires d'aspect — Dauzat fait remarquer d'emblée que le factitif (dont étaient friands les sémanticiens américains de la première heure) n'est pas un mode, ainsi « je fais bâtir ». Il emprunte donc la notion d'aspect à la grammaire comparée. faire exprime la cause active (je fais bâtir une maison) ou réputée telle (le soleil fait éclore les fleurs ; d'après les anciennes conceptions animistes. laisser exprime la cause passive : « le gendarme a laissé fuir le malfaiteur ». ‘faire’ peut se conjuguer avec lui-même. « Je fais faire un habit. » Et l'infinitif garde sa valeur pleine. Le factitif supplée également à l'intransitivité : faire sortir qqn. ‘faire’ est également utilisé comme verbe remplaçant. « je te traiterai comme j'ai fait son frère. » — Faire encadré par ne[⊥]que exprime la répétition, l'habitude. « Il ne fait que lire. » ‘faillir’ exprime l'accidentel, le risque, ou mieux : l'occasion manquée, plus souvent l'accident ou le malheur évité de justesse. Avec comme concurrents, ‘manquer de’, familier et populaire et, dans certaines provinces, ‘penser’ (il a pensé mourir). ‘devoir‘ marque la probabilité, non seulement dans le futur, mais dans le présent, voire dans le passé : « maintenant ma lettre doit être arrivée à destination. » « Il doit être arrivé quelque chose à notre pauvre camarade. » pouvoir indique la possibilité, avec diverses extensions : la permission, l'antithèse de la défense (vous pouvez prendre l'Europe à Charlemagne), l'approximation (possibilité dans le temps) : « il pouvait bien être minuit », le souhait avec l'auxiliaire au subjonctif (puisses-tu guérir). savoir employé anciennement comme synonyme de ‘pouvoir’, s'est conservé en ce sens avec une nuance d'élégance littéraire (on ne saurait mieux faire). je ne saurais se met d'ordinaire pour je ne puis. [Il n'en parle pas comme d'un belgicisme, alors qu'il indique que veut partir avec comme sujet un moyen de transport est un germanisme, « locution vicieuse de l'Est ».] vouloir La volonté peut pourtant être prêtée à des choses : « La clef ne veut pas tourner dans la serrure. » « La pluie ne veut pas tomber. » En s'atténuant, vouloir exprime la prétention (un procès qu'il voulait avoir gagné), puis la simple intention : « Que voulez-vous dire ? » avoir construit avec à (préposition), exprime l'obligation. « J'ai à faire un travail important. » Dauzat conclut en signalant que tout verbe susceptible de se dépouiller de son sens normal, lorsqu'il est employé avec l'infinitif, pour marquer un rapport de temps ou d'aspect, est en voie de devenir auxiliaire. [Je ne sais pas si cette hypothèse a été vérifiée.] |
| application | ▴ faire ∁ ne ⊥ que ℂ[⊥[lire]] ⊢ {tout le temps} Soit « la clef ne veut pas tourner dans la serrure », ▴ veut ∁ clef ⊥ ℂ[n[⊥]négtourner]sit serrure ⊢ {(se) coïnce} {bloque} est aussi possible, ou tout autre terme analogue, même une valeur négative, comme {ne bouge plus}. |
| verbes copules | Les verbes être, sembler, paraître {être apparemment}, devenir {être progressivement}, rester {être encore} constituent un groupe du verbe comportant un attribut (cf. adjectif), selon la NGF de Dubois & Lagane. Grevisse ajoutait à la série : avoir l'air, passer pour, se faire, se rendre, demeurer, s'affirmer (comme), se montrer, s'avérer, etc. |
| application | Soit « ce vin me semble gâté », ▴ semble ∁ vin ⊥ ℂ[[⊥]qqch] ⊢ {a l'air} — le pronom peut s'insérer dans le module verbal, soit ▴ me ∁ [vin[⊥[semble]]gâté] ⊢ {selon celui qui parle} |
| remarque générale | La diversité des applications à laquelle m'astreint ces exemples en quelque sorte imposés (les catégories me sont imposées par le projet de faire état des parties du discours) m'incite à préciser certains aspects de la règle. Il ne semble pas qu'un remaniement général soit indiqué, mais je n'ai jamais ni clos la liste des conditions ni figé leur nature. La forme définitive d'une règle donnée dépend à la fois du problème à résoudre et des moyens dont dispose le sujet-interprète. Elle n'est donc pas de mon ressort. Ceci dit, dans les applications auxquelles je procédais jusqu'alors le problème de la succession (du cumul) des conditions était généralement résolu par une ventilation sur les formes à sémantiser. Mais il faut envisager le cas où deux ou trois conditions s'appliqueraient là où la plus pertinente ne serait pas évidente ; autrement dit, il faut entrevoir un ordre d'application, quitte à mettre à mal le principe de parcimonie. À l'époque où je travaillais sur des règles de production en langage Prolog, les conditions multiples étaient ordonnées en repassant le programme par la compilation, ce qui donnait l'ordre naturel de la généralité descendante (par opposition à d'autre règles du même programme). Ici, rien de tel n'est possible. La règle est singulière (son application à tel point de la chaîne linguistique, l'est, en tout cas). Je serai sans doute amené à modifier le symbole de condition non contiguë ℂ introduisant jusqu'ici le module verbal. Pour les conditions convergentes, le symbole le plus apte est sans doute « et », c'est-à-dire ⋀, ce qui permettra également d'alléger les conditions sémiomodulaires à emboîtements multiples, compliquées d'exposants hétérogènes. Tout cela dans l'intérêt de la lecture des représentations données, car l'identification d'un anaphorique complexe est une question de dixième de seconde au plus. Je terminerai cette note en rappelant qu'a priori rien n'est définitif dans l'élaboration d'une théorie des opérations, puisqu'on ne décrit pas une manière d'analyser, mais une hypothèse sur la compréhension. À titre de comparaison, je signalerai la remarque que fait Coyaud en 1972 à propos de la critique que Nolan faisait d'une proposition de Carnap (p. 55 de Meaning and Necessity) sur l'isomorphisme intensionnel, selon lequel les phrases équivalentes sont constituées de parties équivalentes. Nolan (1970) déplore que Carnap ne propose pas de critère de synonymie de mots, pour en conclure à la futilité (que partage Coyaud) d'un critère de similitude de sens pour des phrases fondé sur une synonymie de mots. Ce n'est pas à ce genre de propos qu'on peut s'attendre de ma part. Je ne prends pas la défense de Carnap, car sa conception de la sémantique n'a rien à voir avec le sens, mais il est parfaitement farfelu de dire qu'il se trompe parce que le problème qu'il cherche à résoudre reposerait sur une futilité. La discussion, en outre, se situe dans un état de la linguistique anglo-saxonne où le sens n'avait aucune chance de trouver preneur. Mais si l'on admet une relation quelconque de similitude entre phrases (ou énoncés), si elle n'est pas le fait du hasard, elle la doit à ce qui la constitue. Or, jusqu'à plus ample informé, même les linguistiques de phrases forment des énoncés à partir d'unités lexicales. Toutefois, ce n'est que sous la torture, et encore, que ces linguistes admettront que les mots ont un sens (en fait, la plupart en ont au moins deux) et qu'il est sans intérêt de postuler des similitudes structurelles entre énoncés qui n'auraient entre eux d'autre rapport. Aucune crainte de voir la théorie des opérations sémantiques s'enfermer dans ce genre d'auberge espagnole. Une application de la règle peut très bien en contredire une autre sur les mêmes formes à sémantiser, et peut-être, même, en invoquant les mêmes conditions. On a tous vécu ce genre d'expérience où ce qui nous semble parfaitement clair dans un énoncé est interprété de façon diamétralement opposée par un autre lecteur ou auditeur. C'est pourquoi l'inférence n'est pas une implication, qui, elle, ne tolère qu'une seule déduction sans ambiguïté, comme celle-ci appartient au point de départ (antécédent) de l'implication. |
| formations parasynthétiques | (Dauzat 1947) Dans la formation parasynthétique, le préfixe s'ajoute au radical d'un substantif et d'un adjectif, qui est suivi de la désinence verbale : de barque on a tiré directement em-barqu-er, dé-barqu-er (sans l'intermédiaire d'un verbe barquer qui n'existe pas), de long al-long-er (longer n'existe pas)note. Ce type de formation, qui existait en latin, est resté très vivant jusqu'à nos jours, avec des préfixes un peu plus spécialisés que dans la série précédente. Les substantifs donnent surtout des verbes en -er ; les adjectifs, plutôt des verbes en -ir. |
| note | On suppose qu'il veut dire « avec ce sens ». |
| application | On admettra qu'en principe une interprétation morphologique d'une forme parasynthétique pose le même problème qu'avec les autres formes dérivées ou composées. On ne peut pas transposer avec certitude la conjecture qui pourraitt venir à bout d'un syntagme où la cooccurrence apparaîtrait comme non connue (prenons l'exemple de manche pagode). Ni le suffixe ni le préfixe ne permet de vraiment sémantiser une forme peu familière. « -er » et « -ir » ne nous indiquent qu'une chose — il s'agit d'un verbe, mais cela ne lui donner pas son sens. Autre exemple, dans le deuxième tableau ci-dessous, « extravaser », dont j'avoue avoir du mal à imaginer le sens. Le détour par le Petit Larousse 1918 me donne un s'extravaser ≝ se dit du sang, de la sève, etc. qui s'épanchent hors de leurs canaux naturels. Figure aussi une extravasation ou extravasion, qui n'est pas récente, d'après sa ≝ épanchement du sang, des humeurs, etc. à travers les tissus. [Le soulignement est de moi.] Seule la forme complète du substantif a subsisté jusqu'au PR 2001 qui recense aussi le verbe pronominal. Naturellement, dans une phrase (le célèbre et légendaire contexte), la sémantisation est peut-être plus aisée, mais l'exemple que le PR emprunte à Martin du Gard n'est pas une potion magique. « Dans sa bouche, le sang extravasé donne à la salive une saveur infecte ». Néanmoins, on supposera que dégrossir et dégrosser seront départagés par un emploi explicite, le « dé- » ne nous avançant guère. Surprise, ils ne sont pas synonymes et seul dégrossir a un rapport avec dégraisser ≍ {en amener les faces aux dimensions voulues}. Dégrosser est un terme de métallurgie ≍ {amincir les lingots avant le passage à la filière} |
| préfixe | radical | suffixe |
| a- | hur(e) | -ir |
| en- | gon(d) | -[c]er |
| note | (Dauzat) Dans certains cas, malgré l'existence d'un verbe simple correspondant, mais de sens différent, le verbe préfixé n'est pas le composé du verbe simple, mais est formé d'après le substantif, que ce soit en latin ou en français : ainsi ‘défigurer’ (lat.) se rattache à figure et non à figurer, disgrâcier (ital.) à grâce (priver de grâce) et non à grâcier. | |
| préfixe | valeur | dérivés |
| Avec substantif | ||
| a- | à | acheter, achever, aborder, agenouiller, aligner ; aboutir, atterrir, amérir, racornir |
| con- | « avec » | confronter, convoyer |
| dé- | déboucher, décharger, dévoyer | |
| en- | empâter, encaisser ; enorgueillir | |
| é-, ex- | enlever | émerveiller ; exfolier (lat.), expatrier |
| extra- | techn. | extravaser |
| re- | form. anc. | reculer |
| syn- | sur le grec | synchroniser |
| trans- | transborder, transvaser | |
| Avec adjectif | ||
| a- | factitif | adoucir, alourdir, amollir, avilir : affoler, allonger, amenuiser, amocher |
| é- | factitif | écourter, égayer, émousser : ébaubir, éblouir |
| en-, em- | factitif | embellir, enlaidir, enrichir : empirer |
| dé- | dissociation, négation | dégrossir : dégrosser, déniaiser |
| description | Les trois tableaux ci-dessous appartiennent à cette volonté de classer les verbes par leur sens pour essayer d'en dégager des indications sur les temps et les modes qui régiront leur subordonnées. |
| critique | Comme tous les classements, le premier sacrifie à une pseudo-généralité des différences majeures quant au sens. La « certitude » n'est pas nécessairement le trait qui intersecte tous ces sens. Les tableaux-matrices intercalés illustrent la difficulté. En tout état de cause, ces énumérations devraient être relativisées (cf. la certitude et ses degrés). Il est entendu qu'une autre source produirait sans doute des résultats différents. Malgré le fait que la liste semble constituer un paradigme, celui-ci n'offre en réalité et en général qu'une substitution fonctionnelle ou syntactique. L'apport du Bordas tendrait à considérer la « réalité » de Grevisse comme des rapports à la vérité, et la liste serait donc celle d'expressions aléthiques. |
| il est certain | sûr | évident | clair |
| manifeste | indubitable | constant | vrai |
| vraisemblable | probable | etc. | il paraît |
| il y a apparence | il s'ensuit | il suit | il résulte |
| évident | clair | constant | vrai |
| clair, manifeste | évident, manifeste | certain, indubitable | conforme à la vérité |
| évident, notoire | clarté ↹* | assuré | conformité avec ce qui est |
| connu généralement |
| évident | clair | constant | vrai |
| certain | net | certain | exact |
| incontestable | clair | conforme à la réalité | |
| indiscutable | ↹ | qui existe vraiment | |
| ... évident ↹ |
| admettre | affirmer | annoncer | apercevoir | s'apercevoir | apprendre | assurer | s'attendre |
| avertir | avouer | certifier | comprendre | compter | concevoir | convaincre | convenir |
| crier | croire | déclarer | dire | disconvenir | douter | se douter | écrire |
| entendre | espérer | estimer | être d'avis | feindre | se flatter | imaginer | s'imaginer |
| juger | jurer | nier | parier | penser | présumer | prétendre | prévenir |
| proclamer | promettre | reconnaître | réfléchir | remarquer | se rendre compte | savoir | sentir |
| songer | soutenir | se souvenir | supposer | télégraphier | téléphoner | voir | etc. |
| note | ‘s'attendre’ exprimant l'attente peut aussi se rattacher aux verbes de volonté | ||||||
| accorder | aimer mieux | approuver | commander | concéder |
| consentir | crier | défendre | demander | désapprouver |
| désirer | dire | empêcher | entendre | éviter |
| exiger | implorer | ordonner | permettre | préférer |
| prétendre | préférer | prétendre | prier | rêver |
| signifier | s'opposer | souffrir | souhaiter | supplier |
| tâcher | tolérer | trouver bon | trouver mauvais | veiller |
| vouloir | attendre | s'attendre | compter | etc. |
| arrêter | décider | décréter | établir | exiger |
| mander | ordonner | prescrire | régler | stipuler |
| « bisémie » | Grevisse signale qu'une série de verbes ont tantôt le sens d'une opinion et tantôt le sens d'une volonté. Consentir, dire, écrire, entendre, être d'avis, faire savoir, prendre grade, prétendre, signifier, etc. Je dis qu'il vient | je lui dis qu'il vienne Je consens que le haut clergé n'est pas coupable | je consens que vous le fassiez. J'entends qu'on vient | j'entends qu'on obéisse. |
| remarque | On peut suggérer que l'appartenance à l'un de ces paradigmes se vérifie par la substitution du verbe vouloir (dans le cas des verbes de volonté, naturellement !) et de croire dans l'autre cas. À condition, bien sûr, de travailler sur des contextes suffisamment pertinents (représentatifs). |
| SÉMANTIQUE DE L'ADVERBE ⇨ voir la carte glimkr sur les classes d'adverbes | |
| généralités | Mot invariable, qui modifie le verbe, l'adjectif ou un autre adverbe (définition du PL 1918, qui signale le terme « adverbialité » et bien sûr l'adverbe « adverbialement », avec l'exemple suivant : « les adjectifs employés adverbialement restent invariables »). La NGF de Dubois et Lagane se démarque : [ce] sont des mots invariables qui jouent des rôles syntaxiques très divers, correspondant à des groupes prépositionnels, à des phrases, à des conjonctions de coordination. Même si Dauzat ne sera pas ma source principale ici (il leur consacre vingt pages), on peut comparer son classement à celui de la NGF (qui leur consacre sept pages), dans le petit tableau plus bas. La GLFC indique qu'il (l'adverbe) « apporte un élément complémentaire à un groupe de mots ou une proposition ». Heureusement la chambre était close ; il vint longtemps avant la nuit. note de Dauzat — Dans la langue moderne, on l'adjoint parfois au substantif : « elle est très mère » — L'adverbe est l'une des catégories de mots la moins facile à délimiter ; il reste susceptible d'emplois divers. |
| manière, lieu, temps | Selon la NGF (qui est un ouvrage pédagogique —« groupe » y remplace « syntagme »— et non un ouvrage de recherche scientifique, du propre aveu de leurs auteurs), à cette classe [manière, lieu, temps] appartiennent les adverbes qui jouent le rôle de groupes prépositionnels, (de) compléments de manière, de lieu, de temps. Ce classement est fondé sur l'équivalence paraphrastique des exemples : P. conduit sa voiture prudemment ⇨ P. conduit sa voiture de manière prudente, ou avec prudence. P. habite ici ⇨ dans cette maison. P. viendra demain ⇨ P. viendra dans quelques heures. Les adverbes de manière ont une relation morphologique étroite avec les adjectifs qualificatifs et naturellement avec les noms dérivés de ces adjectifs : ardent, ardemment, ardeur, pauvre, pauvrement, pauvreté. Cette relation peut aller jusqu'à l'identité de forme : chanter juste - une note juste. Certains adverbes de lieu ont une relation morphologique étroite avec les prépositions introduisant les groupes auxquels ils se substituent (ressemblance ou identité de forme) : il marche devant moi. → il marche devant. Le livre est sur la table. → le livre est dessus. D'autres sont en relation avec des démonstratifs : ce livre-ci → ce livre est ici ; ce livre-là → ce livre est là. Certains adverbes de manière, de lieu, de temps supportent une négation ou une exclamation : ils se substituent à des compléments circonstanciels sur lesquels porterait l'interrogation ou l'exclamation : de quelle manière s'y est-il pris ? → comment s'y est-il pris ? de quel côté est-il parti ? → où est-il parti ? quel jour viendrez-vous ? → quand viendrez-vous ? MANIÈRE [GLFC] « ils nous transmirent naïvement et paresseusement la tradition » un homme bien, cette robe est très bien (cf. ‘mieux’) indéfini - bien des gens, beaucoup de gens |
| manière | [Grevisse] ainsi, bien, comme, comment, debout, ensemble, exprès, franco, gratis, impromptu, incognito, mal, mieux, pis, plutôt, quasi, recta, vite, volontiers — ajouter un très grand nombre d'averbes en -ent, et de locutions adverbiales (à l'envi, à dessein, à tort, à loisir, etc.), les adverbes italiens en musique (adagio, allegro, andante, forte, piano...) et un certain nombre d'adjectifs neutres employés adverbialement avec des verbes, bon, bas, cher, etc. [GLFC] court, haut, bas, net, faux, juste, droit, cher |
| manière | [Dauzat] — comparaison — comme = égalité, identité, ressemblance, exemple grand comme moi, comme Pierre ; j'agis comme vous, ce sera comme vous voudrez restriction ou précision — bien, aussi, également : je veux bien, j'ai bien dit que..., j'en prendrai aussi, également · même même devant moi il m'a résisté ; il s'est montré méchant, même injuste. locutions de même, tout de même. inutilité — vainement, en vain tort ou raison — à tort, à tort et à travers, opposé à à raison, cf. avec raison. expression de la volonté — volontiers (≍ de bon gré) ; volonté préméditée, exprès → il l'a fait exprès ≢ à contre-cœur · à la légère marque l'absence de réflexion · à l'envi ≍ en rivalité, concours de zèle. hasard — loc. par hasard, à tout hasard. interrogation — comment comment comprenez-vous ce passage ? Dites-moi comment il était habillé. (la cause est exprimée par pourquoi ? · ainsi exprime la manière de façon générale = de cette façon (il l'a fait ainsi) ; exprime aussi relation, conséquence — ainsi vous avez refusé. · ensemble exprime la simultanéité → les duellistes tireront ensemble. observation de [Dauzat] En dehors de ce groupe, les adverbes de manières sont constitués par deux formations importantes, en nombre pratiquement illimité, d'après l'adjectif correspondant. [...] En principe tout adjectif qualificatif peut former un adverbe en -ent. Mais dans l'usage certains adjectifs n'ont pas d'adverbe correspondant, cf. *mincement. Les substantitfs employés adjectivement sont susceptibles de former un adverbe en -ent. Bêtement, diablement [moi : quid à la diable ?]. L'adverbe en -ent peut déterminer un adjectif, qu'il précède en général, ou un verbe, qu'il suit le plus souvent : —le croyez-vous vraiment ?—. Beaucoup d'adjectifs peuvent également être employés adverbialement ; ces adverbes, plus expressifs, déterminent le verbe qu'ils suivent toujours dans la langue moderne : crier fort, parler bas, chanter faux, marcher droit. |
| application | Soit « ce vin voyage bien », y a-t-il, comme dans les exemples de Dauzat, un début de formation locutionnelle (ou, dans le jargon de la tso, « paramétrique ») ? De toute façon, se pose encore, comme avec le verbe la question de l'extension du module verbal. Un premier essai : ▴ bien ∁ φvoyage ⊥ ⊢ {se transporte sans se gâter} ▴ bien ∁ [vin[voyage]⊥] ⊢ {supporte bien le transport} |
| oppositions | [GLFC] parler bas - parler bassement (moral) parler net - parler nettement (physique) parler fort - parler fortement (moral) a contrario voir clair | voir clairement un verbe ou un adjectif - Il a agi follement ( ≍ manière) - Il est follement drôle (≍ intensité) |
| temps | [Grevisse] alors, après, après-demain, aujourd'hui, auparavant, aussitôt, autrefois, avant, avant-hier, bientôt, déjà, demain, depuis, derechef, désormais, dorénavant, encore, enfin, ensuite, entre-temps, hier, incontinent, jadis, jamais, longtemps, lors, maintenant, naguère, parfois, puis, quand ?, quelquefois, sitôt, soudain, souvent, subito, tantôt, tard, tôt, toujours — y joindre un certain nombre de locutions adverbiales, telles que : tout de suite, de suite, dans la suite, tout à coup, à l'instant, à jamais, à présent, de temps en temps, jusque-là, tout à l'heure, etc. [GLFC] temps — valeurs temporelles (hier, demain) ou aspectuelles (souvent, longtemps, bientôt, déjà) ; auparavant ≍ antériorité ; dorénavant ≍ postérité : jadis ≢ naguère ; fraîchement ≢ nouvellement : tantôt x, tantôt y : sitôt (aussi vite) si tôt ⋁ si tard ; aussitôt ≍ dans le moment même ≢ aussi tôt ≍ comparaison ; plutôt ≍ préférence ≢ plus tôt ≍ comparaison ; tout à coup (soudain) ≢ tout d'un coup (en une fois) ; tout de suite ≍ immédiatement ; de suite = successivement |
| temps (suite) | [Dauzat] en fonction des jours présent : aujourd'hui. passé : hier, avant-hier. futur : demain, après-demain. présent sans précision de jour maintenant. passé alors. futur — futur indéterminé : plus tard (s'oppose à maintenant) ; en relation avec le présent : désormais, dorénavant. — futur proche : bientôt, prochainement. futur ou passé immédiat — à l'instant, tout à l'heure ; tout de suite, aussitôt, immédiatement. antériorité et postériorité — antériorité : avant, auparavant, antérieurement. postériorité début d'abord, au début, premièrement, en premier lieu. suite puis, et puis, ensuite, dans la suite, après, postérieurement, ultérieurement. achèvement enfin, à la fin. simultanéité : ensemble, en même temps, simultanément. suite — de suite (tout de suite), à la suite. répétition rapide et réitérée : coup sur coup, encore, de nouveau, derechef, une fois de plus. — progression : peu à peu, petit à petit. fréquence — par gradation descendante : souvent, fréquemment, quelquefois, plusieurs fois, de temps en temps, de loin en loin ; tantôt, répété, marque une alternance. rapidité — soudain, subitement, tout à coup, tout d'un coup. promptitude ou retard — (notion subjective) : tôt et tard, déjà. durée — longtemps et peu de temps ; longuement et brièvement ajoutent une idée de manière. généralité — affirmatif : toujours — négatif : jamais. intervalle — entretemps (entre temps), dans l'intervalle. |
| lieu | [Grevisse] ailleurs, alentour, arrière, attenant, autour, avant, çà, céans, ci, contre, dedans, dehors, derrière, dessous, dessus, devant, ici, là, loin, où, outre, partout, près, proche — On ajoutera un certain nombre de locutions adverbiales, comme : au-dedans, au-dehors, ci-après, ci-contre, en arrière, en avant, quelque part, là-bas, là-dedans, etc. [GLFC] de → d'ici, de là-bas ; en - y : il soigne sa maison ; il y fait des réparations (note : ces phrases sont toujours claires pour l'auditeur et ne lui offrent aucune difficulté [Grev.]) |
| lieu (suite) | [Dauzat] Nombreuses formes renforcées à l'aide de prépositions. proximité et éloignement — ici, là ; près, loin. intérieur et extérieur — dedans et dehors ; au dedans, au dehors, à l'intérieur, à l'extérieur. notions de hauteur — haut, bas ; aval, amont ; dessus, dessous ; au-dessus, au-dessous. indications diverses — (par rapport au déterminé) avant, devant, arrière, derrière — positions latérales à côté, à droite, à gauche. Alentour aux environs, aux alentours. de face en face, vis-à-vis. position indéterminée — quelque part, nulle part (cf. partout). provenance — de → d'ici, de là, d'ailleurs. |
| démonstratif | [Dauzat] ici, là, là-bas, opposé à en bas |
| quantité et négation | [NGF] Les adverbes de quantité (très, beaucoup, peu, autant, moins, plus, etc.) jouent le rôle de modificateurs dans le groupe du nom ou dans le groupe du verbe. Ils peuvent en effet : — jouer le rôle d'un déterminant du nom, avec la préposition de : beaucoup de coureurs ont abandonné ; — indiquer une intensité particulière des adjectifs, des adverbes ou des verbes : il est très heureux. Il est trop tard. P. travaille peu. Les adverbes de négation peuvent êtres rattachés aux adverbes de quantité en ce sens qu'ils indiquent la quantité nulle ou la quantité restreinte. Ils sont normalement constitués de deux éléments : ne et un élément complémentaire (adverbe, pronom déterminant) de valeur quantitative ou temporelle : pas (littérairement point), guère, plus, jamais ; personne, rien ; aucun, nul. Ne ... que exprime la négation restrictive : il ne vous reste que cinq minutes. [GLFC] les adverbes de quantité peu, beaucoup, assez, trop fonctionnent comme des pronoms indéfinis, nominaux ou représentants — Beaucoup l'admirèrent, peu le comprirent Une petite ville où il y a beaucoup de bouches qui parlent et fort peu de têtes qui pensent. [GLFC] certains ne s'appliquent qu'à un verbe → beaucoup, tant, autant, davantage, d'autres à un adjectif (adverbe ou participe) → très, tout, si Rien ne dérange davantage une vie que l'amour (Mauriac → Grevisse → GLFC) le treizième convive est toujours de trop dans un repas |
| quantité | [Grevisse] assez, aussi, autant, autrement, beaucoup, bien aise, combien, comme il est fort, comment (= à quel point), davantage, environ un ans, fort, guère, mais (n'en pouvoir _), moins, moitié mort, par trop, (ne) pas autrement (= guère), pas mal, peu, plus, presque, que de craintes !, quelque dix ans, si, tant, tellement, tout fier, très, trop. — y joindre certains adv. en -ent exprimant la quantité ou l'intensité (terriblement bon, diablement chaud), et certains locutions adverbiales : à moitié, à demi, à peine, à peu près, au moins, tant soit peu, tout à fait, à gogo, à tire-larigot. |
| quantité (suite) | [Dauzat] catégories — grandeur — petite quantité : peu, ne... guère, ne... pas très/bien grand, etc. ne... pas beaucoup · quantité moyenne : assez, suffisamment · quantité élevée : bien, bien plus grand, très, beaucoup plus grand, beaucoup trop, force. comparaison — voir aussi la NGF et Dauzat plus bas — infériorité : moins, moins bien (verbe), pas aussi, pas si (adj.), pas autant, tant (que) (verbe) · égalité : aussi, autant · supériorité : plus, davantage. exclamation ou consécution — si : il est si grand ; il est si grand qu'il domine les autres · tellement (adj. et verbe) · tant : il n'entend rien, tant il est sourd ; il en a tant fait qu'il a lassé ses amis. interrogation — combien. excès ou suffisance — trop - excès · assez, suffisamment : il est assez fort. approximation — [décroissante] exactement, précisément · presque (approximation approchée) · environ (approximation vague) |
| négation | [Grevisse] Non et ne (avec pas, point, et la liste qui suit). Aucun, aucunement, guère, jamais, rien, personne, etc. sont devenus aptes à exprimer l'idée négative. Ne ... que (=seulement). |
| qualité | [Dauzat] bien et mal s'opposent avec leurs comparatifs (mieux, pis ou plus mal) ; les comparatifs d'égalité et d'infériorité sont des composés (aussi bien, moins bien, pas aussi bien..., aussi mal...). Dauzat critique comme mal formés : mal poli, mal gracieux, ne répondant pas à la contrainte selon laquelle ils ne s'emploient pas avec l'adjectif qui lui-même est qualificatif, mais les formes participiales sont justifiées : bien/mal élevé, bien/mal portant. |
| opinion et modalisation | Les adverbes oui, si, non jouent le rôle d'une phrase entière, spécialement dans les réponses aux questions : êtes-vous prêt ? — oui (‘oui’ équivaut à « je suis prêt ») ; avez-vous faim ? — non (‘non’ équivaut à : « je n'ai pas faim ») ; je m'adresse à toi, non à lui (‘non’ à lui équivaut à « je ne m'adresse pas à lui ») ; tu ne me reconnais pas ? — si (‘si’ équivaut à « je te reconnais »). rem Si ne s'emploie que pour répondre à une interrogation négative. Certains adverbes comme peut-être, vraisemblablement, assurément, etc. jouent le rôle de modalisateurs de l'énoncé : ils indiquent un jugement de celui qui parle sur ce qu'il dit : — soit une réserve : je viendrai probablement demain. Vous vous êtes peut-être trompé ; — soit une insistance sur la vérité de ce qu'il dit : ces calculs sont certainement exacts. Ces adverbes sont, eux aussi, l'équivalent de phrases telles que : je le suppose, j'en suis convaincu, etc. |
| application | Soit « ces calculs sont certainement exacts. », ▴ certainement ∁ ⊥ exacts ⊢ {intensif} ▴ certainement ∁ [⊥[exacts]calculs ⊢ {assurément} ▴ certainement ∁ ⊥ exacts ⊢ {indubitablement} ▴ ‘certainement’ ∁ ⊥ exacts ⋀ [calculs[[sont]⊥]exacts] ⊢ {indubitablement} |
| légende | rappel (forme canonique) — ▴ (indique que l'application est partielle) certainement (ici la forme à sémantiser) ∁ introduit les conditions et se lit « dans le contexte » ici avant ; la position est précisée par l'emplacement de l'antitruc par rapport à son cooccurrent ⊥ l'antitruc indique le positionnement de l'unité à sémantiser, dans l'une des trois possibilités avant, entre, après (peut être présent dans le module) exacts appartient à la condition d'ordre (positionnelle) et c'est ici que figure le cooccurrent [x[[y]⊥]exacts] module (verbal) où est reprise la forme à sémantiser ⊢ se lit « de ces conditions, on infère » et précède la valeur attribuée (inférée) {intensif} la valeur sémantique ou l'élément de sens figure entre accolades · hors de la règle {indubitablement} peut se rencontrer précédé du signe ‘asd’ → ≍ qui signifie au sens de ; à la rigueur, on admettra la présence du signe de la définition ≝ {assurément}, mais il ne s'agira pas d'une forme tronquée de la règle, la définition lexicographique ne répondant à aucune condition, du moins dans la théorie des opérations sémantiques. · La variante [adv[adj-attrib]]calculs (en deuxième position ci-dessus) est une application du module, mais on se souviendra que l'attribut appartient en réalité à un module nominal (si tant est qu'on puisse en souhaiter l'existence) où l'adj-attrib est dans le paradigme fonctionnel de l'adj-qualif épithète et du complément de nom. Cette hypothèse est confirmée par le dernier module de l'application, mais un sujet-interprète peut très bien utiliser un module « adjectival » : [adverbe[adj-attrib]] ou nomino-adjectival [n[adv[adj]]]. |
| liaison et coordination | [GLFC] Certains adverbes, tels que ensuite, puis, ainsi, en effet, aussi, marquent, comme des conjonctions de coordination, une liaison, un enchaînement entre plusieurs phrases, le lien étant de caractère temporel ou logique. Ils se placent au début d'une phrase qu'ils relient à ce qui précède, mais non nécessairement à la première place : Vous irez jusqu'au carrefour, puis vous tournerez à droite. — Il a fallu renoncer à cet achat : les crédits étaient en effet insuffisants. aussi valeurs et emplois [GLFC] - selon qu'il détermine un terme ou une phrase - Aussi est-il venu (conjonction → lien de conséquence) - Il est venu aussi (≍ addition) — [Dauzat] l'adverbe peut prendre une valeur de relation, en introduisant une proposition subordonnée, soit par l'interrogation indirecte (dites-moi quand vous venez, ... comment vous vous portez), soit en jonction avec que conjonction (où qu'il se cache, on le trouvera ; à peine était-il entré qu'on l'interpellait → à peine entré, on l'interpellait). |
| affirmation | [Grevisse] assurément, aussi, certainement, bien, certes, fort bien, oui, précisément, si, volontiers, vraiment, soit, etc. Loc. adv. → en vérité, sans doute, si fait, si vraiment, que si, d'accord, pour sûr, etc. |
| doute | [Grevisse] apparemment, peut-être, probablement, sans doute, vraisemblablement |
| locutions adverbiales | [NGF] Il existe un très grand nombre de groupes de mots étroitement unis entre eux qui fonctionnement exactement comme des adverbes simples : Il est arrivé à l'improviste (=soudain). Il parle à tort et à travers (=inconsidérément). Ces locutions sont des groupes prépositionnels figés qui contiennent le plus souvent les prépositions ‘de’ et ‘à’ et qui présentent parfois des particularités morphologiques. Ainsi il existe des séries de locutions adverbiales comme : à la milanaise, à la hussarde, à l'anglaise (filer), etc. ; à croupetons, à chevauchons, à califourchon, etc. |
| application | ▴ ‘aussi’ ∁ ⊥ est-il ℂ[⊥[aux[s]v]passé comp] ⊢ {il s'ensuit que} ▴ ‘aussi’ ∁ venu ⊥ ℂ[s[auxv]passé comp⊥] ⊢ {également} note le symbole ℂ a été introduit assez tôt dans la mise en place de la règle ; a priori il sert à présenter les conditions autres que strictement syntagmatiques, comme une condition conjecturale relationnelle analogique ou autre — ℂ[⊨[repère]] — mais si l'on adopte la coordination des conditions, une condition comme la précédente peut prendre l'aspect suivant : ▲ ‘mot1’ ∁ ⊥ mot2 ⋀ ⊨[repère] ⊢ {valeur} |
| locutions | [Dauzat] à l'aveugle, à l'aveuglette, à la dérobée, à l'étouffée, à la française, goutte à goutte, peu à peu, quatre à quatre, vice, versa, a fortiori |
| particules adverbiales | [Dauzat] où (adverbe interrogatif) ; y, en, dépouillés de leur valeur locale [=de lieu] deviennent pronoms. |
| quantité - rôle syntaxique et sémantique | [NGF] Les adverbes de quantité sont des modificateurs qui dépendent syntaxiquement du terme qu'ils modifient ; ils entrent dans le groupe du verbe [=syntagme verbal] ou dans le groupe du nom [syntagme nominal] pour indiquer une modification en quantité ou en intensité du verbe, de l'adverbe, de l'adjectif ou du nom. L'adverbe est un modificateur du verbe (dans le groupe du verbe). Dans la phrase : Mon correspondant tarde trop à me répondre, l'adverbe ‘trop’ ajoute une notion d'excès au verbe ‘tarder’. L'adverbe est un modificateur d'un autre adverbe (dans le groupe du verbe ou dans le groupe du nom). Dans les phrases : Vous travaillez trop lentement, vous êtes allé trop loin, cet enfant se couche trop tard, l'adverbe trop ajoute la même notion d'excès à ‘lentement’ (adverbe de manière), ‘loi’ (adverbe de lieu), ‘tard’ (adverbe de temps) qui appartiennent au groupe du verbe. Dans les phrases : Cet enfant dort trop peu, ce renseignement trop peu précis n'a servi à rien, l'adverbe ‘trop’ modifie peu (adverbe de quantité), qui appartient tantôt au groupe du verbe, tantôt au groupe du nom. L'adverbe est un modificateur de l'adjectif (dans le groupe du verbe ou dans le groupe du nom). Dans les phrases : Ces paquets sont trop lourds, les paquets trop lourds ne seront pas acceptés, l'adverbe trop modifie l'adjectif lourds, qui appartient tantôt au groupe du verbe, tantôt au groupe du nom. L'adverbe est un modificateur du nom (groupe du nom sujet ou groupe du verbe). L'adverbe de quantité peut former avec la préposition de un groupe jouant le rôle d'un déterminant (numéral, indéfini, article indéfini ou partitif). Dans la phrase : « Trop d'automobilistes sont imprudents, » trop de joue le même rôle que mille, certains, des. Remarque On peut aussi considérer le cas de l'adverbe de quantité comme un groupe du nom [syntagme nominal] suivi d'un complément : Trop d'automobilistes équivaut à « un nombre excessif d'automobilistes. » De même : « Il mange peu de viande » équivaut à « il mange une petite quantité de viande ». |
| application | ▴ ‘trop’ ∁ ⊥ peu ⋀ φ[trop peu] ⊢ {pas assez} var {insuffisamment} ; note φ signale un paramètre, c'est-à-dire une locution, interprétable en bloc. |
| formes des adverbes de quantité | [toujours la NGF de 1973] Dans les exemples [ci-dessus], on n'a utilisé que les adverbes ‘trop’ et ‘peu’, qui sont susceptibles de tous les emplois indiqués. C'est aussi le cas de plus, moins, assez. Pour exprimer d'autres valeurs, on peut avoir à employer des formes différentes d'adverbes selon le mot modifié (verbe, adverbe, adjectif). Comparons autant avec verbe et aussi avec adjectif, beaucoup avec verbe et très avec adjectif : Il travaille autant que son frère ; il est aussi gentil que son frère il a beaucoup travaillé ; il est très travailleur. Remarque Très, qui ne s'emploie ordinairement que devant un adjectif ou un adverbe, est souvent utilisé dans la langue courante devant un nom sans déterminant, dans certaines locutions verbales : il a très faim ; j'ai eu très peur. |
| place des adverbes de quantité | Les adverbes de quantité modifiant un verbe se placent après ce verbe : il s'amuse beaucoup. Quand le verbe est à l'infinitif, l'adverbe se place soit avant, soit après lui : il semble s'amuser beaucoup ; il semble beaucoup s'amuser. Quand le verbe est à une forme composée, l'adverbe se place entre l'auxiliaire et le participe : il s'est beaucoup amusé. Les adverbes de quantité modifiant un adjectif ou un adverbe se placent avant cet adjectif ou cet adverbe : cette histoire est très drôle ; venez nous voir plus souvent. |
| application | ▴ ‘beaucoup’ ∁ s'amuser ⊥ ⋀ [v[⊥[v]]] ⊢ {fort} ▴ ‘beaucoup’ ∁ ⊥ s'amuser ⋀ [v[v]⊥] ⊢ {grandement} rem En réalité, les deux valeurs se valent, les deux modules s'annulant l'un l'autre. |
| comparatifs et superlatifs | [NGF] On appelle comparatif le groupe formé par un adverbe de quantité et l'adjectif, l'adverbe ou le verbe dont cet adverbe indique une intensité supérieure, égale ou inférieure. On distingue ainsi : Le comparatif de supériorité : Cet enfant est plus ordonné que son frère ; la voiture bleue roule plus vite que la rouge ; ce film m'intéresse plus que l'autre le comparatif d'égalité : Il est aussi ordonné que son frère ; la voiture bleue roule aussi vite que la rouge ; ce film m'intéresse autant que l'autre le comparatif d'infériorité : Il est moins ordonné que son frère ; la voiture bleue roule moins vite que la rouge ; ce film m'intéresse moins que l'autre. On appelle superlatif l'ensemble formé par un adverbe de quantité et un adjectif ou un adverbe. Cet adverbe modificateur indique une intensité extrême (superlatif absolu), ou une intensité portée au degré le plus élevé ou le plus bas par rapport à d'autres (superlatif relatif) : superlatif absolu : Cet enfant est très (fort, extrêmement) ordonné ; la voiture bleue roule très (fort, extrêmement) vite ; superlatif de supériorité : Cet enfant est le plus ordonné ; la voiture bleue roule le plus vite ; superlatif d'infériorité : Cet enfant est le moins ordonné ; la voiture bleue roule le moins vite. Remarque Pour certains adjectifs ou adverbes, le comparatif et le superlatif se forment non par l'addition d'un adverbe de quantité, mais par l'emploi d'au autre adjectif ou d'un autre adverbe : Cet homme est bon. Cet homme est meilleur. Cet homme est le meilleur de tous — Il travaille bien. Il travaille mieux. Il travaille le mieux. |
| degrés de comparaison | [Dauzat] (temps) surtout la fréquence, plus, moins, aussi... souvent (sauf les adverbes en -fois) ; la promptitude et le retard, plus, moins, aussi tôt, tard ; la durée, plus, moins, aussi ... longtemps. — (quantité) les adverbes de quantité, en général, ne sont pas susceptibles de degrés de comparaison ou d'intensité, puisqu'ils expriment eux-mêmes ces degrés. Les adverbes en -ment font exception, parce qu'ils sont, par leur formation, des adverbes de manière. |
| proportion et conséquence | Les adverbes de quantité entrent aussi dans des expressions indiquant la proportion (d'autant plus, d'autant moins, etc.) : « Elle était d'autant plus heureuse qu'elle ne s'y attendait pas. » Les adverbes de quantité entrent dans des expressions qui sont suivies d'une phrase indiquant la conséquence (assez pour) : « J'ai pris assez d'essence pour que nous allions jusqu'à Dijon. » |
| application | Soit « Elle était d'autant plus heureuse qu'elle ne s'y attendait pas. », l'essai d'application se fait à partir du Petit Larousse 1918. ▴ ‘d'autant plus’ ∁ φ⊥ ⋀ μ[[d'autant que]vu que+[d'autant plus]augmentatif] ⋀ ⊼[bonheur = surprise] ⊢ {proportion augmentée} rem phrase complexe, difficile à analyser en segments propositionnels prétransformés. L'application ci-dessus suppose un amalgame des locutions, mais aussi une relation de conséquence : elle est heureuse parce qu'elle ne s'y attendait pas. Pour mémoire voici l'expression dans le NPRé (Petit Robert) : D'AUTANT PLUS QUE : encore plus à mesure que, pour la raison que. « La chaleur était suffocante, d'autant plus qu'on ne sentait pas [...] l'espace et le vent de la mer » (A. Daudet). |
| adverbes de quantité interrogatifs et exclamatifs | Certains adverbes de quantité entrent dans des phrases interrogatives ou exclamatives : « Combien de personnes ont téléphoné ? Que de difficultés nous avons rencontrées ! » [GLFC] comment, comme, combien, quand, où, pourquoi — que - « que vous avez raison ! » « Que ne le disiez-vous plus tôt ? » [Dauzat] (de temps) quand, à quel moment, dans combien de temps, pendant combien de temps ? — [idem] manière — comme il s'amuse, comme il est grand ! |
| répartition | Voir le tableau ci-dessous, tiré de la GLFC (Chevalier et al.) sur la place de l'adverbe. Carte heuristique hors site des classes d'adverbes. |
| selon Dauzat | selon la NGF |
| lieu, temps | manière, lieu, temps |
| affirmation, doute et négation | quantité et négation |
| quantité, qualité et manière | opinion et modalisateurs |
| Voir la carte heuristique ⇨ et la note plus bas | liaison et coordination |
| adverbes détachés | toujours | adverbes de jugement | oui, si, non |
| quand ils peuvent former une proposition | tous | ||
| peuvent être détachés | temps, lieu, manière | soit en tête, soit en fin de proposition (ex.1) | |
| soit dans le corps de la prop. (ex.2) | |||
| ne peuvent jamais être détachés | jusque, où, en, y | ||
| la plupart des adverbes de quantité et d'intensité | beaucoup, très... | ||
| adverbes accolés à l'élément qu'ils qualifient | avec un verbe de forme simple | après le verbe | ex. 3 |
| avec un infinitif | libre, fréquemment avant l'infinitif | ex. 4 | |
| avec un verbe de forme composée | auxiliaire + infinitif/participe, après infinitif ⋁ participe | temps, lieu, etc.* | |
| avec un participe passé | libre | spécialement créé ⋁ créé spécialement | |
| avec un participe présent | pris comme adjectif | devant | |
| pris comme verbe | derrière (ex. 5-6) | ||
| avec un adjectif ou un adverbe | l'adverbe déterminant | précède (ex. 7) | |
| *note | adverbe de caractère accessoire ; cependant, souvent, toujours, autrefois, maintenant, (tout) juste se placent généralement devant, comme les adverbes de manière (facilement, vite) | ||
| exemple 1 | Souvent, ils se battaient, pour finir, énormément. Céline. |
| exemple 2 | C'est ce moment précis, naturellement, que choisit le hasard pour faire passer une Alsacienne en costume. Giraudoux. |
| exemple 3 | Il soupira profondément. | Je suivis longtemps d'un œil désœuvré les jeux de lumière de la lune sur la mer. Gracq. |
| exemple 4 | Toujours rire de l'étranger qui parle mal le français. Flaubert. |
| exemple 5-6 | 5- une fillette naturellement obéissante ≠ 6- une fillette obéissant naturellement |
| exemple 7 | La société des Rosati, légèrement accadémique... Verlaine. |
| ex. 5 | ▴ ‘naturellement’ ∁ ⊥ obéissante ⋀ [n[[adv]adj]] ⊢ {par sa nature} |
| ex. 6 | ▴ ‘naturellement’ ∁ obéissant ⊥ ⋀ [n[[v]adv]] ⊢ {d'une manière aisée}* * {sans rechigner} |
notes
Comme tous les textes cités des pages de ces suppléments, ceux-ci font ou feront l'objet de remarques de nature strictement sémantique dans la perspective de la théorie des opérations sémantiques ; celles-ci s'accompagnent, le cas échéant, d'applications de la règle d'interprétation, à des fins d'illustration. Toutes les informations grammaticales réunies ici (dans les pages de supplément d'AZ) doivent être réinterprétées en termes de grammaire de reconnaissance et non d'analyse structurale de faits grammaticaux.
Sur les cartes Cayra — Dans leur état actuel, on ne peut les visionner sur un site web que comme cliché. On n'y trouve pas encore les hyperliens ni les notes qui font partie intégrante des cartes de Glinkr. J'aurai donc recours aux deux types, selon l'usage que je me propose d'en faire.
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