Sémantiques particulières
Présentation alphabétique et chronologique de la théorie des opérations sémantiques (1979-2012)




V — Sémantique syntagmatique




Table d'orientation de la page 5 des suppléments
sémantique syntagmatique (du syntagme)  ·  syntagmatique et modules  ·  modules et matrices  ·  note sur les modules et matrices  ·  représentation par emboîtements successifs  ·  modules divers  ·  modules verbaux et autres  ·  propositions adjectives et circonstancielles


Table d'orientation des sémantiques particulières d'AZ
sémantiques particulières
⇨ index des suppléments
2 ·  sémantique de l'adjectif relationnel 4 ·  sémantique du nom 6 ·  sémantique du verbe 8 ·  sémantique du verbe (suite) 10 ·  sémantique syntagmatique (synapsie, complément de nom, etc.)
1 ·  sémantique de l'adjectif qualificatif 3 ·  sémantique du dérivé 5 ·  sémantique du composé 7 ·  sémantique de l'adverbe 9 ·  sémantique de la préposition et de la conjonction tableaux ·  affixation et composition

Les chiffres du tableau ne correspondent pas aux numéros des pages de supplément.  La présente page porte le numéro 10 dans le tableau.  Les numéros 1, 2, 3, 4 et 5 sont page 1.  Les numéros 6 et 7 sont page 2.  Les tableaux sans numéro sont page 6.





— Il a semblé souhaitable de dresser un tableau des notions grammaticales considérées comme sémantiques, sans distinction particulière de partie du discours, c'est-à-dire un tableau général des valeurs prises par les éléments grammaticaux, quels qu'ils soient.  Celui qui suit pourrait servir de point de départ. —


SÉMANTIQUE SYNTAGMATIQUE (synapsie, complément de nom, sémiotaxie, syntagme, etc.)
valeur/ notion/ relation exemplemodules
accompagnementpromenade avec les enfants, garniture d'un plat de viande[N[ℛ]N]
action (sur)[v. affecté par] la glorification de la passion
affecté par[v. objet/patient] les obscurcissements de la vérité
agent(A accomplit l'action B) incorruptibilité à l'humidité, écrasement de l'armée par des forces plus importantes[Cdn[ℛ]Sn]*
agent moteurmoulin à vent[N[ℛ]N]
analogie(A est semblable à B) pluie d'étoiles, pluie de projectiles[N[ℛ]N]
auteur(v. agent) la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb[[N[ℛ]N]Cda]
apparencecaoutchouc mousse[[N]N]
appartenance(A appartient à B) un ami à moi, l'organe porte-pièce du tour, le bouchon de la pompe[N[ℛ]N] → [Sn[ℛ]N]
appositionville de Paris, axe de rotation[N[ℛ]N]
associationvie en société[N[ℛ]N]
attribut(A est l'attribut de B / B est l'attribut de A)
but(intention) « pour »
caractère distinctif(caractéristique) bête à cornes, équerre à chapeau, niveau à cadre, pompe avec amorçage à maininsertion[N[ℛ]N] → [N[ℛ]N[ℛ]N]]insertion
caractérisationnavire à l'ancre, appareil à commande manuelle, vis à tête fendue, transports par eau, gravure sur verre[N[ℛ]N] → [N[ℛ]Sn]
causela surprise de cette arrivée[N[ℛ]N]
changement(devenir)
circonstancechemise de nuit, table de travail, fusil de chasse[N[ℛ]N]
classe d'individusv. appartenance ;  voiture d'enfant, robe d'avocat[N[ℛ]N]
comparaison
comportement
composition
condition(A est conditionné par B)
contenu(A contient B) carte-programme[[N]N]
couleurbleu pétrole
destination/ usage[A est destiné à B / A sert de B] tasse à thé, verre à boire, vase à fleurs, salle de spectacle, salle à manger, brosse à habit, lampe à souder, meule à tronçonner, vis de blocage, pompe d'alimentation, abrasif aggloméré pour tonnelage, marteau-pilon[[N]N] → [N[ℛ]N] → [Sn[ℛ]N]
déterminant
dimensiontrois mètres sur quatre[Adj[ℛ]Adj]
direction/ lieudépart pour l'Espagne[N[ℛ]N]
duréev. temps
effet
ensemble(groupe)
espacev. lieu ;  abstrait/concret — réel/métaphorique
état
événementla découverte de la vaccine par Jenner[[N[ℛ]N]Cda]
fonctionraccord d'aspiration, pompe d'injection, écrou de blocage[N[ℛ]N]
fréquencevolée de trique[N[ℛ]N]
grandeurv. dimension ;  50 mètres de hauteur[Adj[N[ℛ]N]]
hypothèse
inclusion(métonymie)
instrument
interaction
interrelation(deux concepts se rapportant à la même relation)
lieu son passage à Lyon, mine d'or[N[ℛ]N]
manièremarche au pas, photographie de face, chambre avec vue sur le jardin[N[ℛ]N] → [[N[ℛ]N]Cc]
matière(A est en B) collier d'or, maison de brique, table en bois, statue en bronze, plaquette de carbure, lame d'acier[N[ℛ]N]
métaphorepied de biche[N[ℛ]N]
milieu
moyen/ instrument[A sert à faire B ou B sert à faire A (cf. agent moteur)] machine à vapeur, chauffage au gaz, coup de pied, signe de tête, envoi par la poste, lustrage avec un chiffon de laine, communication radio, télécommande de télévision[N[ℛ]N]
négationv. opposition
objet de l'action[cf. caractérisation] nettoyage de la buse, contrôle du débit, flexion de l'outil-couteau[N[ℛ]N]
opposition/contrastecombat avec l'ennemi, le jour et la nuit, abolition de l'esclavage, réfutation de ses paroles[N[ℛ]N]
organeversoir d'un chasse-neige[N[ℛ]N]
originedépouilles de la victoire, trophée de guerre[N[ℛ]N]
partie[partie d'un ensemble/partie-tout :  synecdoque] peau de porc[N[ℛ]N]
patient
possesseur(A est à B) le chapeau de Philippe[N[ℛ]N]
pourvu(A est équipé de B) autochenille, automitrailleuse (A est aussi B) wagon-citerne[N[ℛ]N]
processusv. action
proportiondeux jours sur huit,[Adj[N[ℛ]Adj]]
propriétépluies acides[[N]N]
provenance[v. origine] eau de source[N[ℛ]N]
qualité[A est la qualité de B] la clémence d'Auguste[N[ℛ]N]
quantité(A est la quantité de B) pluie de baisers, pluie de coups[N[ℛ]N]
réciprocité/ comparaisonjour pour jour[N[ℛ]N]
répétitionsottises sur sottises[N[ℛ]N]
ressemblancev. analogie & métaphore
résultat(A est le résultat de B)
simultanéitéle lever avec le jour[N[ℛ]N]
substancev. matière
supérioritéune victoire sur la maladie[N[ℛ]N]
synecdoque[partie à tout] verre de montre, pied de table[N[ℛ]N]
temps/date/ durée/terme(v. simultanéité) — avant, pendant, après — départ à l'aube, bons à cinq ans, débarquement de nuit, retour pour dimanche[N[ℛ]N] → [N[ℛ]Adj]N]
utilisation
noteLe matériau de base de ce tableau m'a servi dans un cours et a été compilé à partir du DFC et du Larousse en trois volumes.  Il ne prétend pas à l'exhaustivité.  Les catégories (relations comme je les appelais alors, suivant l'usage de certains grammairiens) m'ont probablement été fournies, au moins en partie, par le petit ouvrage de Dillon, dans son analyse des composés nominaux anglo-saxons, mais aussi les réflexions de Benveniste sur les composés, conglomérés et synapsies.  J'y ai ajouté certains rapports signalés par B. Quémada (1978), certains éléments des classifications documentaires étudiées par É. de Grolier (1962) et par M. Coyaud (1972).
note sur les modulesSn = syntagme nominal (N+Adj, généralement, ou N+Cdn) ;  le pivot du module va dépendre du mode d'interprétation qu'on adopte, dans ce tableau on privilégie le relateur, lorsqu'il est présent, mais le même module peut prendre une autre forme (représentation) si l'on décale le pivot, [N[ℛ]N] → [[[N]ℛ]N].  L'adjectif numéral peut être considéré comme un déterminant quanteur (Détq).  ℛ = relateur (préposition, etc.)


SYNTAGMATIQUE ET MODULES  ⇨ 
compléments circonstanciels[Dauzat 1947]  Si le complément direct, particules [=pronoms, prépositions-ligatures & négation] à part, a sa place marquée après le verbe, puisque sa place indique sa fonction, le complément indirect introduit par une préposition a, en principe, plus d'indépendance.

Toutefois, le complément d'objet, étroitement relié au verbe, reste placé, en principe, après celui-ci :  on dit « je parle à son père », « je viens de loin » et non « à son père je parle », « de loin je viens », mais avec proposition complément, on peut construire « à son père je dirai que... ».  Si l'on veut mettre ce complément en valeur, il faut recourir au procédé de la présentation [mise en valeur/relief, aussi appelée inversion cachée, cf. « c'est l'homme que vous cherchez » ;  « il ne convient pas de trop parler ».]

En revanche, le complément circonstanciel, plus indépendant du verbe, peut se déplacer dans la phrase, suivant les besoins de l'expression, venir en tête, s'intercaler entre le sujet et le verbe, précéder ou suivre le complément direct.  Soit la phrase écrite en ordre logique rigoureux :  « cet écrivain a conquis ses contemporains par son talent. »

Le complément « par son talent » (entre virgules, dans certains cas) peut être placé comme suit :  « Par son talent, cet écrivain... », « cet écrivain, par son talent, a conquis... », « cet écrivain a, par son talent, conquis... », « cet écrivain a conquis par son talent ses contemporains » :  cinq possibilités au total (on ne peut pas dire que la construction française soit figée !) —

En dehors des besoins expressifs, le rythme joue un rôle, surtout chez les bons écrivains soucieux de bien équilibrer leurs phrases :  les compléments plus courts précèdent les plus longs ;  de même pour les subordonnées qui se suivent, comme dans la célèbre phrase de Bossuet : 

« celui — qui règne dans les cieux — et de qui relèvent tous les empires — à qui seul appartient la gloire, la majesté et l'indépendance... » (Oraison d'Henriette de France.)
C.C. (suite)Si la proposition relative est nécessairement accrochée au mot dont elle dépend, si la complétive ou la consécutive doit suivre de près le verbe qui la commande (l'homme qui est là ;  je veux que vous veniez), les subordonnées introduites par une locution conjonctive et les infinitives introduites par une préposition, peuvent se déplacer à l'instar des compléments circonstanciels. 

Soit « le malfaiteur a fracturé les meubles après s'être introduit dans la maison » ou « le bûcheron est allé dans la forêt pour abattre des arbres » :  chacune des propositions en italiques peut être placée en tête de la phrase ou entre le sujet et le verbe ;  mais elle ne peut, dans la première, s'intercaler entre le verbe et le complément direct, qui serait trop éloigné du verbe ;  dans la seconde, il vaut mieux ne pas le placer avant « dans la forêt » à cause du rythme, mais si l'on veut établir une relation plus étroite entre deux compléments, on supprimera la préposition, devenue inutile, pour dire :  « le bûcheron est allé abattre des arbres dans la forêt ».
inversion après complément ou attribut en tête de phraseAprès certains adverbes de temps et surtout de manière, l'inversion du pronom-sujet est conservée dans la langue littéraire et dans le langage des milieux cultivés :  « toujours est-il que l'affaire n'a pas réussi », « à peine étiez-vous partis », « encore ferons-nous bien d'agir avec prudence ».  Il faut y joindre l'expression clichée ainsi soit-il. —

Mais l'inversion s'observe aussi pour le substantif-sujet, principalement dans la langue écrite :  « Bientôt se dressait le dernier réverbère » (Goncourt).  Le verbe peut même être séparé du sujet par un complément circonstanciel :  « Ainsi se tenait, devant ces bourgeois épanouis, ce demi-siècle de servitude. » Flaubert.) —

On trouve l'inversion, après des adverbes de quantité, dans des proverbes ou locutions clichées :  « tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse », « tant vaut l'homme, tant vaut la terre », et aussi chez des écrivains archaïsants ou après le verbe « être », suivi de son attribut avant le sujet :  « tant est profond l'amour de ta patrie ».
inversion (suite)Après un complément circonstanciel ou un complément indirect placé en tête de phrase, voire après certaines subordonnées, l'inversion peut se faire quand aucune équivoque n'est possible, c'est-à-dire seulement avec substantif-sujet ;  l'inversion du pronom, dans ce cas, donnerait l'impression d'une interrogation :  « à cette raison s'ajoute le mépris » (Voltaire) ;  « de cette époque date l'affection qu'il m'a portée » ;  « pendant l'absence du maire survint une épidémie ».  Ce tour permet d'éviter que le verbe sans complément ne tombe court en fin de phrase (p. ex. si Voltaire avait écrit :  « à cette raison le mépris s'ajoute »).  De même dans cette phrase de Saint-Simon :  « Comme on prenait place, arriva le nouveau pair fort accompagné. »

Après un attribut, l'inversion est plus rare et limitée à la langue écrite (uniquement pour le substantif-sujet) :  « typique est le cas que je vais vous exposer ».  Cette tournure est plus fréquente avec ellipse du verbe, verbe d'autant plus facile à supprimer que la construction est anormale ;  il sera remplacé par une légère pause :  « Heureux l'homme des champs » (Delille, trad. des Géorgiques.)  On l'observe souvent quand l'attribut est acoompagné d'un complément qui en fait un groupe plus indépendant, donc plus facile à détacher :  « tout à fait remarquable l'exemple que vous venez de citer. »

Après un relatif complément, l'inversion est facilitée par la place du complément en tête de la subordonnée ;  « l'homme qu'a regardé mon père » est plus littéraire que «  l'homme que mon père a regardé. »  De même pour les cas obliques :  « le solliciteur à qui s'intéresse le chef » (ou « à qui le chef s'intéresse ».)  Le choix entre les deux constructions permet de mieux équilibrer les phrases :  si l'on peut dire ou écrire indifféremment « la maison que convoite le voisin » ou « ...que le voisin convoite », on n'hésitera plus si le sujet est accompagné d'un long complément :  « la maison que convoite un voisin sans cœur et sans entrailles. » —

Ici encore l'inversion est exclue avec le pronom-sujet.  De même quand le verbe a un complément direct, car le renvoi du nom-sujet après le nom-complément (seul groupement possible, le complément direct devant suivre le verbe) produit un galimatias :  témoin ce vers malencontreux de Corneille, qu'on est obligé de disséquer comme un vers latin pour le faire comprendre aux élèves :  « ce foudre ridicule dont arme un bois pourri [complément] ce peuple trop crédule [sujet].  L'inversion peut se faire après l'indéfini relatif :  « quoi que disent les gens », et après certaines conjonctions de temps :  « quand reviendra le temps des crises » (J.-B. Clément).  Ce tour, comme les précédents, permet de mieux équilibrer certaines phrases :  « j'étais heureux quand arrivait l'époque des vacances. »


modules & matricesnote
« récit fidèle » [[N]Adj]« fuir précipitamment » [[V]Adv]
syntagme nominal
SN
NAdj
récitfidèle
syntagme verbal
SV
VAdv
fuirprécipitamment
« une pièce à tiroirs » [[[Dét[N]]ℛ]Cdn]« remettre une décoration au sauveteur » [[[V]Cod]Cos]
syntagme nominal
SN
NCdn
DétNN
unepièce àtiroirs
syntagme verbal
SV
VCodCos
VArtNN
remettreunedécorationausauveteur



note sur les modules et matricesLes matrices ne sont pas ici des outils analytiques (comme les boîtes de Hockett, ou comparables aux portemanteaux post-chomskyens), elles ne cherchent qu'à illustrer les emboîtements parfois arbitraires des modules.  Les modules non plus ne sont pas purement analytiques et ne cherchent pas à rivaliser avec ce que l'on trouve, par exemple, dans une grammaire pédagogique comme le Bescherelle 3 (pp. 276-285).  Sans faire entrer en ligne de compte que le module peut varier avec l'application qu'en fait un sujet-interprète, on admettra que la préposition, par exemple, est source de difficulté, ou l'adverbe ou encore la conjonction, si l'on retient l'hypothèse de leur attribuer leur propre module.  En effet, en principe, la souche (axe) du module est l'élément sur lequel les crochets se referment et lui seul.

Ex. [V] — (verbal) ; 
[N[V]N] — module verbal sujet et cod ; 
[N[V]Att] — module verbal et position des nom et attribut ; 
[[V]CC] — module verbal et complément circonstanciel, plus exact sous la forme
[[[V]ℛ]CC] — (parler avec précipitation)
[[V]Adv] — (parler précipitamment)
Pour pour de précision, on comparera l'exemple de la décoration (de la quatrième matrice ci-dessus) avec la mise en crochets ci-dessous, respectant le modèle que donne Bescherelle d'une phrase à l'identique structurellement (phrase forgée pour ma part), soit « Le Président de la République remet une décoration au sauveteur. »

[[[[le][président]][de[la][république]]][[[remet][[une][décoration]]][au[sauveteur]]]],

soit le tableau ci-dessous



représentation par emboîtements successifs   (adaptée de Bescherelle 3)
phrase
le président de la république remet une décoration au sauveteur
sujetprédicat
le président de la républiqueremet une décoration au sauveteur
sncdnsvcos
le présidentde la républiqueremet une décorationau sauveteur
snprépsnvsnsprép
le présidentdela républiqueremetune décorationau sauveteur
détnprépdétnvdétnprépn
leprésidentdelarépubliqueremetunedécorationausauveteur


MODULES DIVERS  ⇨  modules verbaux et autres
adverbes[Dauzat]  L'adverbe qui détermine l'adjectif se place toujours avant.

Très grand, bien bon, assez lourd, passablement long.

[Adv[Adj]]

À un mode personnel, l'adverbe qui détermine le verbe le suit :  j'en ai assez, il viendra demain, il travaille énormément.

[[V]Adv]

Si le temps est composé, 1) l'adverbe s'intercale généralement entre l'auxiliaire et le participe ;  mais 2) les adverbes de temps et de lieu qui ont le maximum d'indépendance, de même que les locutions adverbiales, ne peuvent pas s'intercaler.  Quant aux adverbes de manière et de quantité, 3)  on peut à volonté encadrer ou non ;  dans le second cas, on insiste davantage sur l'adverbe.  Avec un verbe réfléchi à l'infinitif, 4)  l'adverbe doit venir avant le possessif ou après l'infinitif.

Ex.  1)  j'ai assez bu ;  il a énormément travaillé — 2)  il sera reparti demain ;  il est venu hier (aujourd'hui) ;  on l'a trouvé quelque part — 3)  il a bien fait ;  il a fait bien.  4)  pour mieux se porter ;  pour se porter mieux.

1)  [Aux[Adv[V]]]

2)  [[Aux[V]]Adv]

3)  [Aux[Adv[V]]] ⋁ [[Aux[V]]Adv]

4)  [Prep[Adv[Pron[V]]]] ⋁ [Prep[Pron[V]Adv]]]

— attention avec la négation temporelle :  il n'est jamais venu → [ne[Aux[jamais[V]]]]
GLFCCertains verbes se construisent avec un objet direct ou un objet indirect et dans la plupart des cas le sens change avec la construction :  regarder (à), goûter (à), connaître (de), juger (de), croire (en) (à), renoncer (à), souscrire (à), décider (de), témoigner (de), discuter (de), atteindre (à), applaudir (à)... Quelques verbes se construisent avec l'un et l'autre ou avec deux objets indirects.  L'objet indirect est souvent un infinitif :  « Il l'a convaincu d'abandonner ».  Commander (à, de), décider (à), prier (de), inviter (à).

Objet direct et indirect second.  Après des verbes traduisant l'idée de dire et donner, l'action passe sur deux objets.  La nature offre au marcheur ses secrets ;  le ministre a donné un tableau à son conseiller ».

types de c.o.  substantif, pronom, proposition (cf. relative substantivée, ci-dessous), infinitif (il aime rire | je l'ai poussé à partir).

attribut du sujet/du complément d'objet.  Verbes attributifs :  être, (marquant une apparence) tomber, paraître, avoir l'air, passer pour, faire [elle fait très jeune], (marquant une persistance ou un changement dans l'état) devenir, rester, demeurer, vivre, mourir, tomber, se trouver, se faire, se nommer, s'affirmer comme.  nature  adjectifs, substantifs, pronoms, infinitifs, propositions relatives prépositionnelles. 

attribut du c.o.  verbes :  élire, nommer, proclamer, appeler, rendre, faire, avoir pour, avoir comme, traiter de, prendre pour, regarder comme, considérer comme.  « On traite le député de fou ».  Voir les « modules verbaux et autres » tirés de Grevisse dans le tableau plus bas.
noteUn module, surtout verbal, peut subir une inversion, d'ordre stylistique ou dans l'interrogation, par exemple, mais le principe même du module est d'être la forme de référence du syntagme en question.


proposition relative substantivée
Il approuvait de ses yeux mouillés et bonsce que disait la grand-mère (Alain-Fournier).
Ceux qui restaientpartirent par la ruelle (Malraux)
Ce qu'il ne surmonte pasrisque de l'accabler (Gide)


modules verbaux et autres  (Grevisse)
complément d'objet direct — raboter une planche, enterrer un trésor, graver une inscription[[V]Cod]
cod infinitif — il aime à jouer, il essaie de fuir[[V]Cod] → [[[V]Prep]Inf]
complément d'objet (proposition substantive comme __) — introduite par la conjonction que ou les locutions conjonctives de ce que, à ce que ; après les verbes qui marquent quelque opération de l'intelligence (connaissance, opinion, déclaration, etc. ou quelque perception des sens ;  après les verbes qui marquent la volonté, l'ordre, la prière, le désir ;  après les verbes qui expriment quelque sentiment, quelque mouvement de l'âme (s'étonner, se plaindre, regretter, se réjouïr, être heureux, craidre, trembler, s'attendre à, s'indigner, etc.) — proposition substantive introduite par les relatifs qui, quoi ou par quiconque, cf. « il possède de quoi payer. »

proposition substantive comme complément du nom :  annonce, assurance, bruit, certitude, conviction, crainte, croyance, désir, espoir, fait, idée, impression, joie, nouvelle, opinion, ordre, pensée, peur, preuve, regret, sentiment, signe, témoignage, volonté ;  cf. l'idée qu'il était seul...
[[V]Cod] → [[V]Prop] → [[[V]conj]Prop] | [[[V]ℛ]Prop]

[[N]Cdn] → [[[N]ℛ]Prop]
complément d'objet indirect — la paresse nuit à la santé, j'indique le chemin à ce voyageur, on doute de sa sincérité[[V]Coi]
complément d'objet second/secondaire — il enseigne la grammaire aux enfants, cette habitude vous nuit[[[V]Cod]Cos] — [Cos[V]] → [Pron[V]]
attribut du c.o.d. — appeler, choisir, connaître, consacrer, couronner, créer, croire, déclarer (voir ci-dessus), dire, élire, estimer, faire, savoir, trouver, vouloir, etc. parler en, agir en, considéré comme, pris pour, choisi pour[[[V]Cod]Att] ; [[[[V]Cod]Prep]Att] → [Pro[V]Att] ;  [Pro[[V]Prep]Att]
(Prep peut être Conj [comme], qu'on peut remplacer par ℛ ;  de même, Pro [Pron] peut être remplacé par Ana [Anaphorique] ou Sub [Substitut])
attribut — peut être un nom, un pronom, un adjectif (participe, locution adjective), adverbe pris adjectivement (bien, mal), un infinitif ;  attribut de sujet non exprimé :  Soyons justes. Paraître instruit ne suffit pas.[[V]Att]
complément (déterminatif) du nom — La crinière du lion, une pièce à tiroirs, un banc de jardin, la preuve par neuf, un mot pour rire, la lame d'une épée (...) [Voir Prépositions & complément du nom][Dét[[N]ℛ]Cdn] → ℛ = Prep —, Dét = Art (article) ou autre déterminant  |  VAR.  [[Dét[N]ℛ]Cdn]
proposition infinitive complément d'objet — dans celle-ci l'infinitif peut se résoudre en une forme personnelle, c'est-à-dire « j'entends le train siffler » → « j'entends le train qui siffle », « j'entends que le train siffle ».  Dans le cas contraire, il est complément de nom :  le plaisir de lire → le plaisir de la lecture ;  l'art de parler → l'art de la parole.  (sans sujet exprimé) je veux, je dois, j'espère, je peux, je crois partir bientôt.  (avec sujet expriméapercevoir, écouter, entendre, ouïr, regarder, sentir, voir, etc. et certains verbes comme empêcher, envoyer, faire, laisser, mener, etc.  Cf. « je vois rêver Platon et penser Aristote. » (Musset.)

lorsque l'infinitif se présente sans objet direct, après les verbes apercevoir, écouter, entendre, faire, laisser, ouïr, regarder, sentir, voir, son sujet se met à l'accusatif (« je vois venir mon père » → « je le vois venir ») — lorsqu'il a un objet direct, 1)  après faire, le sujet de l'infinitif se met au datif (ou bien il se construit avec par ;  2)  après apercevoir, écouter, entendre, laisser, ouïr, regarder, sentir, voir, le sujet de l'infinitif se met indifféremment à l'accusatif (Cod) ou au datif (Coi), ou bien il se construit avec par.
[[V]Inf]

— [[[V]N]Inf] → [[[V]Inf]N]
(N = Sujet de l'infinif)

  [[[V]Inf]Suj] → [Sub[V]Inf]

1)  [[[[V]Inf]ℛ]N] → [Sub[V]Inf]

2)  [[[V]N]Inf]Cod] → [[Sub[V]Inf]Cod] → [[[[[V]Inf]Cod]ℛ]N]
N = Suj ;  Sub = Pro


propositions adjectives et circonstancielles  (Grevisse)
propositions adjectives (relatives)elles sont introduites par un pronom ou par un adverbe relatif :  qui, que, quoi, lequel, dont, où — (adv. conj. que) :  « les jours qu'il faisait beau » (Flaubert.) ;  c'est une chose dont je suis sûr[[[N]ℛ]Prop]
senscause, but, opposition, concession, hypothèse, coïncidence, propos[[[N]ℛ]Prop]
déterminativesprécisent ou restreignent l'antécédent en y ajoutant un élément indispensable au sens — lequel n'amène jamais une proposition déterminative[[[N]ℛ]Prop]
explicativesne servent jamais à restreindre l'antécédent ;  elles ajoutent à celui-ci quelque détail, quelque explication non indispensable :  on pourrait les supprimer sans nuire essentiellement au sens de la phrase — se placent placent ordinairement entre deux virgules[[[N]ℛ]Prop] → [[N]∅]
attributiveselles se rapportent tantôt au sujet, tantôt à l'objet direct de la principale ;  se rencontrent après les verbes être, rester, se trouver, se tenir, etc. accompagnés d'un complément de lieu ou de situation

— après des verbes de perception comme apercevoir, entendre, voir (voici, voilà), regarder, sentir, etc.

— après certains verbes tels que découvrir, rencontrer, surprendre, trouver, avoir, etc.
[V[[[N]ℛ]Prop] → [Sub[[[V]ℛ]Prop]
— Sub = pronom ↺ N
propositions adverbiales ou circonstanciellestemporelles, locatives, causales, finales (de but), consécutives (de conséquence), d'opposition (concessives), conditionnelles, comparatives
temporellesintroduites par une conjonction ou une locution conjonctive de temps indiquant que le fait exprimé par la principale est, relativement au fait subordonné,

— soit antérieur :  avant que, d'ici à ce que, d'ici que, en attendant que, jusqu'à ce que, jusqu'à tant que ; [à peine ... que = à peine ... quand]

— soit simultané :  quand, lorsque, au moment où, au moment que, dans le moment où, dans le moment que, alors que, comme, pendant que, cependant que, durant que, tandis que, en même temps que, tant que, aussi longtemps que, à présent que, maintenant que, à mesure que, chaque fois que, toutes les fois que ; 

— soit postérieur :  après que, dès que, du moment que, aussitôt que, sitôt que, du plus loin que, d'aussi loin que, depuis que, une fois que, quand, lorsque.
[Prop[Conj]Prop] → [Pp[ℛ]Ps]
— Pp = principale, Ps = subordonnée, ℛ = Conj, Adv
temporelles non introduites par une conjonctioninfinitif construit avec après et avant de ;  doit avoir le même sujet que la Pp :  après avoir chanté, il récita une fable ;  j'irai le voir avant de partir

— gérondif (en mourant, chemin faisant), participe présent (je l'ai vu lisant cette lettre), participe, subjonctif vienne.
[[Prép[Infpassé]Pp] → [Pp[ℛ[Inf]]] — après ⇒ infinitif passé

— [N[Pprés]Pp] → [Pp[ℛ[Inf]]]

— [[[vienne]l'été]Pp]
locativesles propositions marquant le lieu s'introduisent par l'adverbe de lieu (d'où, par où, jusqu'où)

— certains grammairiens considèrent le comme un pronom relatif sans antécédent et les propositions locatives sont donc des relatives.
[Pp[ℛ[Ps]]]
causalesintroduites par une des conjonctions ou locutions conjonctives de cause :  comme, parce que, par cela que, par cela même que, puisque, attendu que, vu que, à cause que, d'autant que, dès lors que, du moment que, à preve que, sous prétexte que, étant donné que.[[ℛ[Ps]]Pp] → [Pp[ℛ[Ps]]
causales non introduites par une conjonctioncf. temporelles non introduites par une conjonction — précédé de à, de, pour, à force de, sous prétexte de, faute de[Pp[ℛ[Pinf]]] — Pinf = prop. infinitive
finalesles propositions de but sont introduites par les locutions conjonctives afin que, à cette fin que, à seule fin que, pour que, de crainte que, crainte que, dans la crainte que, de peur que (ou simplement que)[Pp[ℛ[Ps]]] → [ℛ[Ps]Pp]
finales non introduites par une conjonctionexprimée par un infinitf précédé de pour, afin de, en vue de, dans la vue de, à dessein de, dans l'intention de, à l'effet de, dans le but de, dans la crainte de, de crainte de, crainte de, de peur de — verbe principal et infinitif ont le même sujet (ou par un infinitif pur[Pp[ℛ[Sub[Inf]]]] → [V[Inf]Cod] → [V[Sub[Inf]]]
consécutivess'introduisent au moyen des locutions conjonctives de manière que, de telle manière que, de façon que, se sorte que, de telle sorte que, en sorte que, tant que, si bien que, tant et si bien que, si... que, ainsi ... que, au point que, à ce point que, à tel point que, à un tel point que, tellement que, tel que[Pp[ℛ[Ps]]]
consécutives non introduites par une conjonctionpar un infinitif précédé d'une des expressions de manière à, de façon à, au point de, jusqu'à, en sorte de, assez pour, (in)suffisant pour, (in)suffisamment pour, trop pour, trop peu pour — infinitif et verbe principal ont le même sujet[Pp[ℛ[Inf]]] → [Pp[ℛ[Pinf]]] → [Pp[ℛ[Inf]Cod]]
concessives (d'opposition)introduites par 1)  conjonctions et locutions conjonctives :  alors que, alors même que, lors même que, au lieu que, bien que, encore que, loin que, bien loin que, malgré que, même si, si même, nonobstant que, quand, quand même, quand bien même, quoique, tandis que — 2)  par les locutions adverbiales et conjonctives :  si... que, quelque... que, tout... que, pour... que, où que — 3)  par les locutions pronominales prises comme relatifs indéfinis :  qui que, quoi que, quoi qui, quel que, quelque... que, quelque ... qui, quelque ... dont (où), quelque chose que, qui, quoi, que ce soit qui, qui, quoi, que ce soit que — 4)  parfois par la simple conjonction que, au moyen de laquelle on énonce, en tête de phrase, une concession[Pp[ℛ[Ps]]] → [ℛ[Ps[Pp]]]

— [Ps[Pp]] → [Pp[Ps]Pp]* → [Pp[[[ℛ[Att]ℛ]Sub]V]Pp]*

— *ces deux dernières sont intercalées
non introduites par une conjonctionpeut être exprimée par 1) un infinitif précédé de au lieu de, bien loi de (même sujet) ;  2)  par un infinitif précédé de pour (même sujet) ;  3)  par un gérondif, même sujet ;  4)  par un participe présent ou passé ayant même sujet[[Ps]Pp] → [ℛ[Inf]Pp] → [Pp[ℛ[Inf]]]

(peut s'intercaler)
conditionnellesles propositions de condition et de supposition sont introduites par les conjonctions ou locutions conjonctives :  au cas où, dans le cas où, pour le cas où, au cas que, en cas que, dans le cas que, à (la) condition que, sous (la) condition que, à moins que, en admettant que, dans (ou pour) l'hypothèse où, moyennant que, posé que, supposé que, à supposer que, dans la supposition que, en supposant que, pour peu que, pourvu que, selon que ... ou (que), suivant que ... ou (que), si, si tant est que, que si, soit que... soit que..., soit que ... ou que ;  cf. propositions d'opposition (quand, quand [bien] même, alors que, lors même que, etc.)[ℛ[Ps]Pp] → [Pp[ℛ[Ps]]]
non introduites par une conjonction1)  infinitif précédé de à ou de, ou d'une des locutions prépositives à moins de, à moins que de, à condition de — 2)  par un gérondif ayant même sujet que le verbe principal — 3)  par un participe présent ayant même sujet que le verbe principal — 4)  par un simple adjectif, participe-adjectif ou un nom, par ellipse[ℛ[Ps]Pp]

— [Pp[ℛ[Pprés]]] → (intercalée) [Pp[ℛ[Pprés]]Cod] (Cod de la Pp)

[Pp[Pprés]] — [[Adj]Pp] → [Pp[Adj]] → [[N]Pp]
comparativesintroduites par comme et que mis en corrélation avec un adverbe de quantité, une préposition, un comparatif, avec un mot impliquant l'idée de comparaison (autre, même, tel) employé dans les expressions :  ainsi que, de même que, aussi (si)... que, tant que, en tant que, autant que, pour autant que, d'autant plus que, d'autant moins que, davantage que, à mesure que, à proportion que, selon que, suivant que, moins ... que, plus... que, meilleur que, pire que, moindre que, autre que, autre chose que, autrement que, même que, tel que — adjectif-attribut détachés* :  « ponctuel comme il est »[Pp[ℛ[Ps]]] → [ℛ[Ps]]Pp]

[ℛ[Ps]] → *[[[[Att]ℛ]Pro]V]
autres propositions circonstancielles
additionoutre que[[ℛ[Ps]]Pp]
restrictionexcepté que, sauf que, hormis que, hors que[[ℛ[Ps]]Pp] → [Pp[ℛ[Ps]]]
manièremarchons sans discourir ;  il parle en cherchant ses mots[Pp[ℛ[Inf]]] — [Pp[ℛ[Pprés]]]
degrécomme on fait son lit on se couche ;  il répondit comme les autres avaient fait[ℛ[Ps]
moyenc'est en forgeant qu'on devient forgeron ; 

à raconter ses maux souvent on les soulage
[[ℛ[Pprés]]Pp] — [[ℛ[Inf]]Pp]





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