Croire ou savoir



verbes-opérateurs gnostiques, épistémiques et/ou doxastiques


Note terminologique

Rappel du sens d' « épistémique » :  Dérivé d'épistémè (du grec, science) - didact.  Ensemble des connaissances réglées (conception du monde, sciences, philosophies...) propres à un groupe social, à une époque.  Petit Robert 2007.

Je propose le remplacement d'épistémique (du grec epistêmê, science) par gnostique (du grec gnôsis, connaissance), pour la classe générale, ce qui permet de consacrer l'étiquette épistémique à son sens étymologique, le savoir comme science.

À propos de « gnosique » et de « doxique », il semble que dans les logiques non classiques on parle plutôt de doxastique.  Après recoupements avec stochastique et phrastique,  je décide de suivre l'usage, donc et adopte doxastique et gnostique.

Cf.  Henri Cottez.


Liste avant examen et tri


affirmer, accepter, accorder, admettre, admirer, adorer, affectionner, aimer, ambitionner, annoncer, s’apercevoir, apprécier, apprendre, approuver, assurer, s’assurer, attendre, s’attendre, autoriser, avertir, aviser, avouer, certifier, commander, comprendre, compter, concevoir, conclure, condamner, conjecturer, consentir, considérer, contester, constater, convaincre, craindre, critiquer, croire, déclarer, découvrir, décréter, défendre, demander, démentir, démontrer, déplorer, détester, désirer, deviner, dire, dissuader, douter, se douter, empêcher, endurer, enseigner, entendre, espérer, estimer, s’étonner, exiger, s’expliquer, se féliciter, se figurer, se flatter, gager, goûter, imaginer, implorer, s’indigner, informer, s’inquiéter, insinuer, insister, interdire, inventer, s’irriter, jurer, montrer, noter, observer, ordonner, parier, penser, permettre, persuader, postuler, prédire, préférer, prescrire, pressentir, présumer, prétendre, prévenir, prévoir, prier, proclamer, promettre, proposer, prouver, rappeler, se rappeler, réclamer, reconnaître, réfléchir, refuser, regretter, se réjouir, reprocher, réprouver, requérir, savoir, sentir, sommer, souhaiter, songer, souffir, soupçonner, soutenir, se souvenir, stipuler, subodorer, suggérer supplier, supposer, tolérer, trouver, voir, vouloir…

Démontrer et suggérer ont été ajoutés tardivement.

Groupe IV (verbes épistémiques et doxastiques potentiels, retenus aux fins d'analyse et de répartition)


Abélard affirme que, comprend que, conçoit que, conclut que, accepte que, accorde que, constate que, admet que, annonce que, s'aperçoit que, croit que, déclare que, doute que, se doute que, enseigne que, espère que, estime que, s'étonne que, explique que, découvre que, décrète que, déduit (de ce qui précède) que, apprécie que, devine que, dit que, apprend que, assure que, s'assure que, s'attend à ce que, conjecture que, considère que, conteste que, certifie que, imagine que, infère que, informe (X) que, montre que, note que, observe que, pense que, postule que, (humain/non-humain) présuppose que, (h/non-h) prévoit que, proclame que, propose que, prouve que, rappelle que, reconnaît que, l'hypothèse requiert que, sait que, songe que, soupçonne que, soutient que, se souvient que, suppose que, trouve que, voit que, (h/non-h) veut que, démontre que [le langage repose sur une structure innée].


Groupes exclus


*E = expression mal formée sémantiquement (uniquement sur cette page et dans le blog correspondant)
**E = expression malformée grammaticalement et sémantiquement (du point de vue de cette étude).
(*) E = expression au statut incertain (il s'agit souvent de verbes «affectifs» ou «pathosémiques»

L'absence d'indication préfixale entraîne l'intégration du verbe au Groupe IV, qui a fait l'objet d'un classement entre verbes épistémiques et doxastiques.

[Subjonctif, conditionnel, futur dans la complétive —  classé(s) dans les doxastiques (opinion = croire).
L'indicatif est une présomption en faveur de la classe épistémique (savoir), à l'exception du futur.
L'énoncé et son opérateur doivent présenter une intersection sémantique, c'est-à-dire partager au moins un élément de sens.]


Groupe I - *Élie admire que, Christian empêche que, Nora se félicite que, Olivier se figure que, Fabien adore que, Georg affectionne que, Héloïse aime que, Susan autorise que, Xavier commande que, Roger défend que, B se flatte que, D goûte que, F implore que, M interdit que, T ordonne que, W permet que, A préfère que, B prescrit que, C pressent que, E présume que, G prévient que, I prie que {sudjonctif}, K promet que, S refuse que, V reproche que, Z somme que, G stipule que, I supplie que [le langage repose sur une structure innée]


Groupe II - **K apprécie que, L insiste que, N invente que, Lucie critique que, Zazie dissuade que, Kasper s'explique que, Cunégonde condamne que, Iris ambitionne que [la Terre tourne autour du soleil].


Groupe III - (*) Nicole approuve que, Quentin attend que, Tina avertit que, Ursule avise que, Véro avoue que, Zénon compte que, Françoise consent (à ce) que,  Justin convainc (ses auditeurs) que, Kevin craint que, Thérèse déplore que,  Désiré endure que, U déteste que,  Jiji exige que, Fabienne entend que, Viviane désire que, Sue dément que, Daniel confesse que, A se figure que, C gage que, G s'indigne que,  J s'inquiète que, K insinue que, O s'irrite (de ce) que, P jure que, U parie que, X persuade (Y) que, Z prédit que, O se rappelle que, P réclame que, R réfléchit que, T regrette que, U se réjouit que, W réprouve que, Y sent que, A souhaite que, C souffre que {cf. tolère}, H subodore que, K tolère que [l'eau bout à 100°].


Résultats du tri et de la première analyse


Listes révisées le 3 novembre 2006


Classe des opérateurs gnostiques


Sous-classe des opérateurs épistémiques (savoir)

Abélard annonce que, s'aperçoit que, apprend que, [atteste que], conclut que, constate que, déclare que, découvre que, déduit (de qqch) que, démontre que, [dénote que], dit que, se doute que, énonce que, enseigne que, estime que, s'étonne que, explique que, [se figure que], [indique que], infère que, informe (qqn) que, montre que, note que, observe que, pose que, postule que, (qqn/qqch) présuppose que, (id) prévoit que, proclame que, prouve que, rappelle que, [rapporte que], [révèle que], sait que, [signale que], [signifie que], soupçonne que, voit que

Sous-classe des opérateurs doxastiques (croire)

Héloïse accepte que, accorde que, admet que, affirme que, assure que, s'assure que, s'attend à ce que, certifie que, comprend que, conçoit que, conjecture que, considère que, conteste que, croit que, décrète que, devine que, doute que, espère que, [garantit que], imagine que, pense que, [prédit que], [prétend que], propose que, reconnaît que, (qqch) requiert que, songe que, soutient que, se souvient que, suppose que, [témoigne que], trouve que, (qqn/qqch) veut que


Ajoutés à la liste ultérieurement :

épistémiques
atteste que — dénote que — se figure que [+indicatif] — indique que — rapporte que — révèle que — signale que — signifier que

doxastiques
se figure que [+subjonctif] — garantit que — prédit que — prétend que — témoigne que

Liste restant à traiter


|| prédire+que||
 D'après Caput & Caput, la complétive se construit au futur. Ce qui crée une ambiguïté, car il s'agit comme on l'a vu avec l'exemple de la falsifiabilité d'Omnis d'un énoncé en attente d'une validation et non présumé validable par ailleurs, comme les énoncés justiciables d'une science quelconque.

1) Je prédis qu'il fera une rencontre
2) On prédit au marchand que la livraison aura lieu demain

Le passé dans la principale (ici le complexe préfixal comportant le verbe opérateur) entraîne le conditionnel dans la complétive, comme le note le PR. Il y a peut-être lieu de creuser l'idée d'une classe intermédiaire. 5 nov. 2006.


Énoncés tests/témoins ||   Règles intuitives || Formules et formalisation || Remarques en marge || À propos de Popper  || Références bibliographiques


Énoncés-tests ou témoins


exemple d'opérateur :  Husserl pose que toute connaissance est intuition d'une essence par la conscience.

Énoncés scientifiques (ayant fait l'objet de vérifications empiriques - expérimentales)*


[la loi de Lavoisier est une loi absolue] «...Pour toutes les transformations que nous pouvons réaliser.» 


[il est possible que [la loi de Lavoisier ne soit vraie qu'associée à la loi de conservation de l'énergie]]


Loi de Lavoisier


Dans toute transformation chimique, la masse totale des corps qui prennent naissance est égale à la masse totale des corps qui disparaissent.

Cf.  «Le principe de conservation de la masse reste valable tant qu'il n'y a pas de variation d'énergie.» 

«(...)  il est naturel que tous les systèmes (de coordonnées) soient équivalents pour l'énoncé des lois de la nature». 
[Coulomb a énoncé que [deux masses magnétiques s'attirent ou se repoussent en raison inverse du carré de leur distance]]


Voici une « loi mathématique » (en fait, physique, exprimée mathématiquement) :  


« en appelant g l'accélération de la pesanteur en un lieu donné, t le temps de chute libre d'un corps dans le vide, l'espace parcouru au bout du temps t est:  x =1/2gt² »


loi de Mariotte (Boyle) [Omnis]


« À température constante, le volume d'une masse gazeuse varie en raison inverse de sa pression » Voir plus bas


* La plupart de ces énoncés sont tirés du Grand Mémento Larousse (1936), tome II, pp. 503, 448 & 449, éd. 1941. A. Guillenamot et A. Belot, respectivement.

Énoncés proto-scientifiques ou doxastiques


[le langage repose sur une structure innée] - selon Noam Chomsky


La Grammaire générative suppose que le sujet parlant possède une aptitude à produire et à comprendre un nombre infini de phrases*


*«Concept fondamental», donc antérieur à toute tentative d'intégrer une sémantique quelconque dans un modèle de réécriture récursif basé sur les machines de Turing et les grammaires de Chomsky.


Énoncés gnomiques (faits d'expérience généraux)


La Terre tourne autour du Soleil.
L'eau bout à 100°
Le feu brûle


Énoncés-témoins


1)  Bergson 2)  considère que 3)  l'univers est régi par des lois mathématiques


1)  A. Guillemonat 2)  nous apprend que 3)  la masse magnétique totale d'un aimant est nulle*


[La météorologiste annonce que [demain il ne pleuvra pas]]


[Coulomb a énoncé que [deux masses magnétiques s'attirent ou se repoussent en raison inverse du carré de leur distance]]


Le lexicographe explique que [demain il pleuvra ou il ne pleuvra pas n'est pas falsifiable]
Le GDEL indique que [demain il pleuvra est falsifiable]


 Poincaré observe que les lois mathématiques expriment l'harmonie de la réalité objective
 Poincaré souhaite que l'harmonie mathématique soit commune à tous les êtres.
 Poincaré pense que la réalité objective est l'apanage de quelques-uns
 Poincaré croit que seules quelques personnes pensent


 {|[Whitehead] [assure que]| [pour une proposition, il est plus important d'être intéressante que d'être vraie]}


C'est Wilhelm Wundt qui, comme on sait, a forgé l'expression de science normative.  F. Courtès.


-T-> ?on sait que W. Wundt a forgé l'expression de science normative

Chacun sait que Meyerson a fondé le causalisme
(!) Chacun sait que l'explication détruit son objet
Je prédis qu'il fera une rencontre
On prédit au marchand que la livraison aura lieu demain
Poincaré affirme que nos sensations diffèrent les unes des autres qualitativement
Poincaré assure que nos sensations ne peuvent donc avoir entre elles de commune mesure.
[nécessite une mise à jour]

*il s'agit d'une loi du magnétisme; les chiffres signalent les paramètres fondamentaux de l'énoncé doté d'un verbe opérateur, soit les trois composantes de l'énoncé, abstraction faite des situations d'énonciation et de référence, et correspondent donc grosso modo aux [...] 3, |...| 2 et {...} 1.  Voir les exemples de 4 à 8 ci-dessous.  L'ordre des énoncés suit celui dans lequel ils sont apparus dans la série du blog et désormais dans Croire ou savoir.


Traduction logique (improvisée) de la loi de Mariotte

D(t, c)  ⇨  D(v/v' = p'/p)

Le rapport proportionnel ne semble pas réductible à une proposition logique, à moins de concevoir un prédicat (I = raison inverse) qui aura lui-même une traduction 1) expérimentale, 2) mathématique.

D(t, c)  ⇨  I[D(v) ∧ D(p)]
où I est v/v' = p'/p


Formules et formalisation naïve-intuitive**

Ce que les logiciens appellent des attitudes propositionnelles :  « a croit que P » ;  symboliquement :  KaP.  Il semble que les symboles K et B viennent de Hintikka (1962).  La formalisation n'est pas la seule chose qui me gêne chez les logiciens :  ils arrivent parfois à de drôle de conclusions. Soit:

1) KaP ⇔ (BaP ∧ P)

2) C'est-à-dire : «le savoir est une croyance vraie».

qui se lit, « a sait que P est l'équivalent de a croit que P et P est vrai ».

Doit-on déduire de 2) que «la croyance est un savoir faux»? «Rigoureusement» (en fait, avec le sourire, pas trop sûr de l'écriture du faux, du symbole, oui, mais de sa syntaxe, non) v transcrit ou :  

3) BaP ⇔ ¬(KaP ∧ P) v ¬KaP ∧ ¬P

qui se lit «a croit que P» est l'équivalent de «a ne sait pas que P» et «P est faux» ou  «a ne sait pas que P» et «non-P» (ou P est faux).  

4)  [ [ [ a ] [ Ε ] ] [ p ] ]

5)  [ [ [ a ] [ Δ ] ] [ p ] ]

6) [[[Henri] [observe que]] [les lois mathématiques expriment l'harmonie de la réalité objective]]

6') [[[Henri] [souhaite que]] [l'harmonie mathématique soit commune à tous les êtres]]

7)  {|a[Henri] Δ[pense que]| p[la réalité objective est l'apanage de quelques-uns]}

8)  {|aΓ|p}

où a est l'agent d'énonciation, Γ l'opérateur gnostique, |aΓ| est le complexe préfixal de l'énoncé, et p l'énoncé; et où Γ -> (Ε v Δ), soit gamma implique epsilonn ou delta.


** entendre ni logique ni mathématique or any pretension thereof — Voir les «règles» intuitives.


Remarques en marge


Contrairement à une «analyse» logique, celle que je mène ne permet pas de neutraliser (d'aseptiser) le rapport qui existe entre un énonciateur et son énoncé, pas plus qu'on ne pourra stériliser l'acte psychique ou cognitif (gnostique) en le rendant par K (=knows) ou B (=believes), même si l'on établit que savoir+que est la négation (fausseté) de croire+que en maintenant la «vérité» de la proposition p :

0) aKp  ⇨  (¬aBp & p)

x)  Blanché, dans Introduction... (ci-dessous, p. 42), parle d'opérateur initial dans le cas de je crois que, il n'est pas vrai que, etc.


Règles « intuitives »


A)  Ce n'est pas la proposition ou l'énoncé qui détermine en toute certitude la nature de l'opérateur, mais [le fait que] le sens de la proposition est en intersection avec le sens de l'opérateur, soit p ∩ Γ. 

B)  Ce n'est pas non plus le statut social de l'agent d'énonciation ni simplement l'agent lui-même qui détermine la nature de l'opérateur.  

C)  Enfin ni l'agent d'énonciation (cf. Descartes, Claude Allègre) ni son statut (philosophe/médailles Fields) ne déterminent la validité (ou l'invalidité) de l'énoncé p.

À ces trois premiers principes il faut ajouter D) :  

D)  Il y a présomption que l'énoncé appartienne au savoir (p ∈ E) si le domaine de l'énoncé p recoupe le domaine de l'agent d'énonciation a dans  aΓp (lire : a énonce p), l'opérateur gnostique étant «neutre». 


L'hypothèse Γ (gamma) est développée de cette façon :  

p  ⇨  ap  ⇨  aΓp ⇨  (aEp v  aΔp) ⊢ (p -T-> ap -T-> aΓp ⇒ (aEp v aΔp))[1]

Un énoncé implique un énonciateur (agent d'énonciation) qui implique un mode d'énonciation, ici au moyen d'un opérateur gnostique, qui implique soit un opérateur épistémique soit un opérateur doxastique).  On en déduit (⊢ = par inférence) que tout énoncé peut être transformé (-T->) en distinguant l'énonciateur de l'énoncé et de son opérateur.

-T-> (lire : «donne par transformation») remplace la flèche --> ou -> qui pourraient être confondues avec celle de l'implication (sur le blog), car ici on peut écrire ⇒, ou, pour la réécriture, comme je l'ai fait p ⇨ ap, [bien qu'ici la réécriture et l'implication se confondent. L'énoncé a toujours un agent d'énonciation (ou énonciateur), comme l'énoncé appartient toujours à un mode d'énonciation, et ici à l'une des trois catégories, nonobstant le fait que l'une coiffe les deux autres. Note du 3 IX 2007]


À propos de Popper

La fameuse révolution scientifique que devait apporter la notion de falsifiabilité remplaçant la vérifiabilité n'est en réalité qu'une révolution de mot.  La falsifiabilité chercherait à disprove (invalider) l'hypothèse plutôt qu'à en apporter la preuve (prove) ou la confirmer**.  Mais quand il emprunte l'idée à Einstein, il commente en écrivant:  «il considérait sa théorie comme insoutenable si elle ne résistait pas à l'épreuve de certains tests», ce qui constitue la démarche normale du scientifique.  Françoise Armengaud (la biographe de Popper dans Encyclopædia Universalis) ne parle pas de falsifiabilité, mais de testabilité.  Je n'ai pas l'ouvrage-clé de Popper sous la main et je ne peux donc savoir s'il aborde la reproductibilité et la généralité (on sait qu'il déclare inaccessible, sinon l'universalité, la vérité, mais je le savais déjà sans l'avoir lu, n'étant pas essentialiste et sachant qu'un fait dépend de son système de coordonnées (cf. Brice Parain), mais après avoir scié la branche sur laquelle les autres étaient assis, dans une grande prudence, il ne se propose pas de tester/falsifier ses propres positions.  Le philosophe ne peut être contré, selon lui, que sur le plan de l'argumentation, ce qui tient de l'abri antiatomique, puisque celle-ci, comme l'épistémologie et la rhétorique qu'elle exploite autrement que métaphoriquement, relève de la doxa.  De l'opinion.  

Popper est donc un philosophe qui aurait voulu devenir un scientifique.  À partir d'une confidence d'Einstein il construit un système de pensée unique, rivalisant avec ceux qu'il dénonce (Platon, Hegel, Marx, et sans doute Freud) pour dénier à la science son statut envié et en faire un struggle for falsifiability, sorte de darwinisme à la petite semaine.  La difficulté pour un parlant-français tient au sens spécial (préexistant, datant au moins de Jefferson) de falsify, qui se traduirait par «prouver la fausseté de», comme le signale le GDEL.  Eh oui, Popper a rejoint Ricoeur dans ma boîte de bêtes noires.  Mais il est clair que les scientifiques n'avaient pas besoin d'une solution aussi coûteuse (on teste tout sans relâche) et, somme toute, peu intelligente, si l'intelligence est économie de moyens.  Cf. la «loi» de Coulomb. 


**Quand un autre chercheur cherche à reproduire une expérience confirmant votre hypothèse, s'il est de «l'école» ou du laboratoire adverse ou de l'université concurrente ou s'il vise tout bonnement votre financement, il ne manquera pas de chercher les défauts de votre démonstration ou de votre expérience, plutôt que de simplement chercher à la reproduire.  L'invalidation est donc une démarche interne à la reproductibilité, et sa proportion est en corrélation avec la mauvaise foi du sujet.  Wikipédia semble confondre les notions dans son article sur Popper, à moins que ce ne soit le traducteur de Popper.


Renvois bibliographiques


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PR:  Petit Robert 2007.



note


[1]  Le E qui tient lieu d'épistémique a été remplacé par epsilonn minuscule ε dans les pages du blog transposées  ⇨ ici