Croire ∨ savoir (4) — 27-31



Verbes-opérateurs gnostiques, épistémiques et doxastiques


Croire ou savoir  (27)


Datation + Domaine

Le truc de la Sémantique Générale que j'ai utilisé dans la dernière livraison, qui consiste à dater soit les propos soit les auteurs, pour utile qu'il soit, est un peu lourd et gêne certainement une lecture qui se voudrait rapide ou flottante, même si ce moyen donne du recul à la réflexion.

Une autre façon d'éviter les fausses interprétations consiste à indiquer à quel domaine appartient sinon la discussion, au moins les termes qu'on utilise.  J'ai consacré tout un texte d'envergure assez technique à la question de ce que j'ai appelé les opérateurs sémiotiques discursifs.  Sémiotiques parce qu'ils portent sur le signe, discursifs, car leur portée dépasse souvent celle de la phrase.

Contrairement à certains de mes contemporains, je suis sensible au fait de ne pas comprendre [et par conséquent honnête à ce propos].  Par exemple, peu versé en biologie ou en paléontologie, malgré mon admiration pour Cuvier, je ne saisissais pas ce que signifiait « convergence » au début de l'article d'Omnis sur les pingouins, probablement induit en erreur par l'épithète antéposée « simple ».

L'auteur de l'article se servait d'un mot d'emploi relativement courant avec son sens technique, mais non mathématique.1  À ma défense, je signalerais le fait que l'article ne porte pas d'indication de domaine (qui tombait sous le sens [les pingouins sont des oiseaux, donc il s'agit de « oizologie » ou encore de « zoziologie »]).  Cela ne m'aurait pas aidé, naturellement, puisque je ne savais pas (littéralement) que ce sens existe (existait/existât).

[1]  Contrairement à Descartes, je ne déduis pas mon existence du fait que je pense ;  je proposerais, d'ailleurs, de remplacer le célèbre cogito, ergo sum par « je doute, donc je pense probablement » ou « je commence à penser ».[1]  On n'adoptera pas la devise de Bachelard qui semblait être « Je dis le contraire des autres, donc j'ai raison. » — Bachelard est banni de ma bibliothèque pour cause de pensée métaphorique.

Dans le Petit Robert (PR), le sens [l'acception] est naturellement identifié par ses deux domaines d'application. « Ressemblance partagée par différents groupes (espèces, etc.) qui n'est pas héritée de l'espèce ancestrale. »

Je savais que les pingouins et les manchots (ici ce n'est pas un exemple d'opérateur, mais un emploi) ne partageaient ni le genre ni l'espèce (ni l'aire de distribution, comme je l'ai indiqué plus tôt), mais je n'étais pas assez biologiste (ni zoologiste [zoologue]) pour songer à un ancêtre commun.  Je me suis intéressé à la classification en tant que démarche parallèle d'une certaine analyse du sens, mais je n'avais pas songé à superposer étymologie et ancêtre, malgré la métaphore latente.

L'opérateur sémioréférentiel le plus courant, « au sens biologique », ne m'aurait été d'aucune utilité, à moins de comporter une indication définitoire.  Néanmoins, l'indication d'un domaine peut permettre, surtout dans un texte (écrit), de revenir au passage incriminé après vérification.


Place dans l'Histoire, place de l'Histoire et de l'histoire tout court


Omnis2 inaugure l'article « philosophie » par cette phrase  « Les significations que la philosophie a revêtues et revêt sont tributaires de son histoire et de l'histoire en général. »

[2]  Dictionnaire encyclopédique alphabétique en 1 vol. 1977. Paris  Larousse.  Pour les précisions bibliographiques voir la bibliographie et les indications qui figurent dans la page-résumé.

On trouve encore dans Omnis, à propos de Piaget, cette remarque  « Sa théorie du sujet de la connaissance néglige cependant les processus spécifiques par lesquels se constituent les sciences, c'est-à-dire leur histoire réelle ».

L'exemple 30) met en évidence la relativité de l'information de l'énoncé.

30) Popper (1902-1994) pense que toutes les sciences sont conjecturales

On dit de l'homme (Popper) qu'il est un des plus grands philosophes des sciences (épistémologues) du XXe siècle, qu'il couvre effectivement.  Mais a-t-il eu cette opinion tout au long de ses 92 ans ?  Certainement pas.  Sauf qu'après consultation de sa bio-bibliographie dans wikipedia, on est en droit d'en douter.  Il semble que contrairement à moi, cet individu a passé son existence à reprendre et développer ce qu'il a écrit entre 28 et 31 ans.  Sa propension à user du quantificateur universel, comme dans l'énoncé de 30), lui a mérité la sympathie, entre autres, des créationnistes.  En tant que juge et exécuteur, il avait liquidé Darwin.

Il semble avoir été l'arbitre de ce qui est/serait science et ne l'est/ne le sera pas.  En fait, il illustre parfaitement ce qu'il dira des intellectuels à 83 ans  « ils ne savent rien », [c'est moi qui ajoute] mais par contre ils ont une opinion sur tout.  Le côté charlatan devient clair quand on apprend qu'il cherchait comme Descartes le siège de l'âme.  Il n'était pas seul - le prix Nobel de neurophysiologie également atteint par la limite d'âge (73 ans) participait à cette quête du Graal, dont on se demande si elle nous vient de l'alchimie ou de la poursuite de chimères.


L'incompris et l'incompréhensible


Bachelard, cité dans le Gdel, a écrit : « Rien n'a plus ralenti les progrès de la connaissance scientifique que la fausse doctrine du général qui a régné d'Aristote à Bacon inclus et qui reste, pour tant d'esprits, une doctrine fondamentale du savoir. »3

[3]  La formation de l'esprit scientifique, 3, cité par le Gdel (= Grand dictionnaire encyclopédique Larousse. 1984-85. 10 vol. 1 suppl. 1992).  Un mauvais esprit soupçonnerait dès lors Popper de plagiat dans sa querrele avec l'universelle.

Je ne sais pas ce que l'auteur ou les auteurs de l'article comprenaient, mais personnellement je suis assez perplexe et la zone d'incompréhension s'étend de « fausse » à « qui a », passage que j'ai mis en italiques.

Est-il question
 —  de la généralité comme critère scientifique (cf. il n'y a [n'y aurait] de science que du général)
 —  de la possibilité d'un savoir général ?

Popper s'en est bien pris à l'induction  —  ce qui ne change rien aux observations, mais le marque comme idéaliste, avec un zone d'ombre dans le cerveau, où croîtra une métaphysique, tumeur maligne de toute pensée.

Pourquoi Gaston Bachelard (1884-1962)4 n'aurait-il pas inauguré le renvoi aux oubliettes préscientifiques en s'en prenant à Aristote (-384- -322) et à Bacon (1561-1626) ?  On constate aussi qu'il voit grand.  Et il fait le saut jusqu'au milieu du XXe s.  Pour mettre au cachot de l'ignorance ou de l'erreur généralisée des cohortes entières (au sens démographique).

[4]  Repères :  Saussure (1857-1913), Alexandre Koyré (1882-1964), Michel Foucault (1926-1984), Popper (1902-1994).

S'agit-il d'une maladie qui frappe les épistémologues, comme la peste animalière et fabuleuse de La Fontaine ?  On est en droit de se demander, outre leurs lectures, ce qui pousse des hommes apparemment honnêtes à s'aventurer sur des terrains aussi glissants ou marécageux.  L'audace ?  Le pari qu'on ne les attrapera pas à ce jeu qui consiste à croire qu'on a raison parce qu'on dit le contraire de ceux qui viennent avant (ou, plus simplement, du voisin) ?  La duperie est totale quand on vous prête les propos de Hume, oblitéré de ce fait.  [Popper vous dira que c'est une fonction du langage qu'il a trouvée tout seul.]

Plus prosaïque, le cas de « l'hélice à spirale complète » est particulier, lui, car si chaque mot peut recevoir un « sens », pour moi, l'ensemble reste obscur quant à sa désignation (sa référence) :  il s'agit de la première hélice propulsive (donc pas d'une roue à aubes).  J'ai trouvé trace d'une « roue à paliers », mais il s'agit de la roue à aubes.

Comme je ressemble à une taupe (ou une marmotte ou un terrier), je ne suis satisfait que lorsque j'ai une réponse au moins approximative à ma question.  Il m'a fallu remonter à la vis d'Archimède.  Première forme de l'hélice de navire (au XVIIIe s. et de convoyeur  —  dans une goulotte).  Il semble que le Français Sauvage ait décidé d'y découper « une spirale », mais c'est son ami Normand qui fractionna cette spirale « entière et unique », « lourde et encombrante », en trois branches.5

[5]  Entretemps, les Anglo-saxons et un Suédo-Américain avaient fait des essais au moyen d'hélices à deux branches (1800-1839).  Ces détails sont tirés du Gdel qui omet de dater l'invention de Sauvage-Normand.  C'est le retour à Omnis qui avait été le point de départ qui me fournit les dates (faute d'avoir indiqué l'ordre alphabétique d'origine de la note, j'ai dû frapper à toutes les portes [EU aurait été la dernière]) :  Frédéric Sauvage (1786-1857).  Son idée est de 1832.  Augustin Normand (1792-1871), constructeur havrais.  On ne dit pas quand celui-ci divisa la spirale en trois branches.

L'éclaircissement de la question du général (et pourquoi elle formerait une doctrine)[2] est reporté à la prochaine livraison, avec une brève analyse du discours de Foucault sur le discours des savoirs.  On trouvera peut-être un écho de Popper, sur lequel personne ne semble s'entendre.  Cette livraison à venir (ou pas) est dédiée au passant sur ce blog qui croyait que s'en foutre était une attitude propositionnelle gnostique.


Croire ou savoir (28)

À ceux qui s'en foutent.
[Attitude propositionnelle (a)gnostique béate et salutaire. 
(un lecteur du blog avait eu l'amabilité de me faire connaître son opinion,
ce qui confortait le peu d'estime que j'ai pour les opinions
— elles frayent avec des sentiments peu aimables.
)]


La doctrine du général

L'éclaircissement de la question du général se révèle bien plus facile que je ne l'espérais.  Il en va de même pour la question subsidiaire :  pourquoi formerait-elle une doctrine ?

Commençons par la fin :  une doctrine est toujours l'idée de l'autre, sauf dans des cas bien précis, et celui-ci n'en est pas un.  L'étymologie n'entre pas en jeu.   Sauf à manquer d'humilité, de nos jours, un chercheur ne présente pas son hypothèse ou sa théorie comme doctrine, même si elle constitue une « interprétation des faits ».  C'est naturellement « orienter ou diriger l'action humaine » qui entraîne une connotation négative.1

[1]  Je retiens le sens 1 du PR, car contrairement à ce que semble faire le logicien Saul Aaron Kripke (1940- ) je me sers d'une langue où les mots ont un sens.  Eh oui, si un épistémologue peut en cacher un autre, il en va de même pour les philosophes et les logiciens.  Et croyez-moi : ils sont aussi dangereux que les trains, surtout quand ils emploient des mots qu'ils ne comprennent pas, faute d'admettre le sens.

Il n'y a pas de doctrine du général.  Pas comme « objet du monde ».  Il s'agit uniquement de la conception que se faisait Bachelard de l'induction, telle qu'elle pourrait être envisagée comme un corps constant d'hypothèses d'Aristote (m. en -322) à Francis Bacon (1561-1626).2

[2]  Dans la mesure où une idée peut traverser 20 siècles sans subir d'altération.  Omnis présente ainsi les travaux de Bacon : l'œuvre consiste principalement en une théorie empiriste de la connaissance.  Dans son Instauratio Magna (1623), il soutient qu'on ne peut connaître la nature qu'en l'observant et tente de dégager des lois de l'induction, où il voit la méthode de toute connaissance.

[En fait, mes dernières lectures tendraient à faire du chancelier Bacon le coupable ;  on reviendra là-dessus au prochain numéro.]

L'intérêt de Bachelard (1884-1962) est d'abord l'histoire des sciences, dont il élabore une épistémologie, cherchant à identifier les « obstacles » que rencontre la démarche scientifique dans son développement.3

[3]  Même source.  À titre de repère.  On reviendra sur ce qu'il considère comme obstacles.  Les deux autres questions que je voulais aborder sont reportées à une livraison à venir, à l'exception peut-être de Popper, car il n'est pas innocent dans cette affaire.

Pourquoi s'en prendrait-il particulièrement à une méthode parfaitement légitime en apparence ?  C'est qu'il semble procéder à l'amalgame entre la méthode théorique de Bacon et la « doctrine philosophique » de John Locke (1632-1704) et de David Hume (1711-1776).4

[4]  Les bio-datations ont le mérite de montrer qu'il n'y a pas collusion, sauf par l'entremise d'un médium.  Je dis « en apparence », parce que l'épistémologie du XXe siècle semble être consacrée entièrement à la réfutation de l'induction, alors que c'est la déduction (cf. syllogisme et implication) qui est stérile.  Allez comprendre...

Locke est franchement radical5 :  aucune idée innée n'existe dans l'esprit qui n'est qu'une page blanche sur laquelle les sens inscrivent les informations venues du monde extérieur ou de l'activité de l'esprit.  Son continuateur sensualiste français, Condillac (1714-1780) adopte également une métaphore en cours de formation :  un homme privé de toute impression externe serait semblable à une statue.6

[5] Même si Locke a contribué à l'éclosion du libéralisme et qu'on voit son influence dans la Constitution américaine et la Révolution française - partisan de la séparation des pouvoirs civils et religieux ; détails tirés d'Omnis et donnés ici à titre de repères.

Ce ne sont pourtant pas les métaphores qui dérangent Bachelard qui ne manque pas d'ajouter au stock universel.  Je suis allé lire l'article que lui consacre EU7 :  mal m'en prit.  Le problème des commentateurs de Bachelard c'est qu'ils ne tardent jamais à s'exprimer comme lui.  Si bien qu'avec la meilleure volonté du monde, il est impossible d'en tirer un argument ou une idée.  Exemple 

[6] Même source.  On notera que la médecine moderne apporte un déni à cette affirmétaphore, en l'espèce de certaines formes de paralysie cérébrale, dont la dénomination n'est pas à prendre à la lettre.  Une affirmétaphore est naturellement une affirmation sans autre fondement qu'une analogie bancale.

f) l'instrument d'une genèse toujours fuyante du vrai, c'est-à-dire du vérifié7[3]

[7]  Trotignon, Pierre. 1989. « Bachelard. » EU Corpus. vol. 3:714-715. Imaginez la gymnastique :  comment procéder à une vérification... fuyante à son tour ?

Bachelard (ou son commentateur) utilise un terme curieux : rectification (je suppose que c'est la falsification prépopperienne).  Trotignon écrit :  la science élabore des propositions vraies, c'est-à-dire des propositions sans cesse soumises à la rectification.

g) Bachelard reprend ainsi le kantisme mais à l'envers

Finalement, je ne suis pas arrivé à mon but, malgré les apparences d'une issue.  Il rompt avec le platonisme (ce qui doit ulcérer Platon), mais pourquoi dénonçait-il Bacon s'il croit que « la pensée produit ses catégories à travers le maniement de l'empirisme » ?  On dirait Hume.

Le métaphorisme n'est pas la seule plaie de l'épistémologie, il y a aussi l'inflation, ou si vous préférez l'enflure, verbale ou simplement l'exagération et l'usurpation.  Trotignon écrit :

« Bachelard a montré avec rigueur comment la science doit se faire toujours contre des obstacles épistémologiques, qui ne sont point un vague et éternel sens commun, mais des formations de la pensée réfléchie. » [Les soulignements sont de moi8arrogance est substituable à « rigueur »].

[8]  La rigueur de Bachelard reste à démontrer, comme celle de Popper.  Il ne suffit pas d'affirmer une chose pour qu'elle soit, ni de dire qu'elle, contrairement à ce que croient certains esprits plus autoritaires que critiques.  On note que Trotignon, en thuriféraire patenté, s'est retenu.  Il aurait pu écrire « a démontré ».  Quant à considérer la science comme une entreprise de contradiction, c'est en faire un jeu verbal, auquel Mucchielli il y a longtemps préparait les futurs bacheliers.  Trotignon a au moins raison sur un point :  ce sont les épistémologues qui mettent des bâtons dans les roues des scientifiques.  Valéry proposait déjà de penser contre le monde habitable.

Point d'obstacle à l'horizon épistémique :  l'auteur a raison de dédouaner le sens commun, qui s'en fout, seule condition de son salut dans ce monde mathématisé et régi par des paradoxes logiques.


Induction, dites-vous ?


Je suis plus ou moins revenu au début de ce propos.  C'est l'article « généralisation » du Gdel qui m'avait donné de faux espoirs en rattachant la généralisation à l'induction, faisant erreur par là, selon moi.  Textuellement, on lit :  La généralisation se fonde sur l'hypothèse de la validité de l'induction.

Finis les beaux jours où elle constituait la méthode des sciences empiriques.  La science est arrivée (généralisation ou universalisation abusive) et dès lors, elle échappe même à la critique poppérienne.

Hume avait largement entamé sa crédibilité philosophique, mais comme les scientifiques (les savants d'alors) n'ont jamais vraiment pris les philosophes au sérieux, l'induction se portait encore bien jusque dans les pages du GML de 1936.9

[9]  GML = Grand mémento Larousse en 2 vol.

C'est vers cette époque que paraissent les versions allemandes des premiers textes de Popper.  Le sort de l'induction est réglé.  Si Hume était fondé à se demander comment les gens croient que ce qu'ils n'ont pas encore observé se conformera à ce qu'ils ont observé, Popper l'est moins à considérer l'induction comme une atteinte à sa personne.

Était-il si singulier qu'il souffrait qu'on puisse former à son propos des attentes ?  Car c'est cela qui fait que demain devrait ressembler à aujourd'hui, sauf événement justement inattendu.

Quand j'avais lu pour la première fois le passage qu'Omnis consacre au « problème de l'induction » je m'étais fait la réflexion que le système de Hume avait une grave lacune.  La question résumée par l'auteur de l'article était :  est-il possible de légitimer la croyance que l'état futur des phénomènes sera analogue à leur état passé ?  [Autant révoquer en doute l'axiome de Peano.  Mais il y a un principe opposé, pas à l'axiome, mais à la question :  « les jours se suivent mais ne se ressemblent pas ».]

Et l'article d'Omnis, en amalgamant généralisation et induction (amalgame qui n'est pas chez Hume), s'empêchait de répondre par la forme même qu'il donnait à la question.

Sauf à renaître chaque jour, il se constitue une mémoire des phénomènes, ainsi qu'un regroupement et une forme naïve de classement.  Ce classement n'est possible qu'au moyen de la notion de classe qui dépend du processus de généralisation.  Les observations de Hume ne sont ni intelligentes ni généralisables, parce qu'il a fait le vide et traite l'esprit comme une boîte noire avant la lettre.

Et Popper en s'appropriant les questions que se pose Hume est proprement impardonnable.  Si la psychologie observe le phénomène de la généralisation, pourquoi un pseudo-philosophe irait-il en nier la nécessité dans le fonctionnement de la cognition ? [J'ai enlevé « humaine » pour faire une place à mes schnauzers qui sont beaucoup plus doués que Hume.]

N'est-il pas nécessaire, ce processus, à la compréhension des exemples suivants [la compréhension d'idées générales suppose la catégorie correspondante et la mise en œuvre du processus lui-même] :

31) l'idéalisme pose que l'être est la pensée

32) Hume (1711-1776) pense que la certitude des connaissances résulte de l'invariance des opérations mentales

33) Hume soutient que la réalité du monde extérieur n'est qu'une croyance10

[10]  Hum !  Hume a un léger problème ontologique ici :  comme il fait partie du monde extérieur de son interlocuteur (mis en place pour l'occasion), il est lui-même une opinion.

Ne fût-ce que pour nier l'adéquation mise en place par 31), il faut être en mesure de passer de « un x » à « l'x ».  Pour démontrer le caractère implausible de 32) il faut pouvoir distinguer deux idées générales (la certitude et l'invariance [qui ne sont pas synonymes]) et ne pas confondre comme il le fait le matériau (l'objet) et le processus qui s'exerce sur lui (le cas de la branche et de la scie).  L'exemple 33) a sa note, mais on peut imaginer Hume devant une glace, affirmant qu'il croit qu'il se voit.

Dans la prochaine livraison :  Répit pour Popper (qui attendait son tour au pilori [!]), encore l'induction, les paradoxes de Hempel et de Goodman à la sauce de la sémantique opératoire, ou quand les cygnes sont tous des corbeaux, et la neige est blanche si Quine le croit.


Croire ou savoir (29)


Induction, déduction, réduction


Dans la dernière livraison, j'annonçais un répit pour Popper qui attendait son tour au pilori, car je n'ai toujours pas lu la conférence d'Angèle Kremer-Marietti, qu'on trouve d'ailleurs sur le web ;  en fait, il y en a deux au moins.

Encore l'induction, est-on en droit de soupirer.  Mais qu'on se rassure, il semble que la bête soit morte, empoisonnée par les épistémologues et le mépris des logico-mathématiciens.

J'espère toujours pouvoir toucher un mot des pseudo-paradoxes de Hempel et de Goodman, en les apprêtant à la sauce de la sémantique opératoire, ce qui devrait les « rectifier » au sens de Bachelard.

Quand, en note, j'écrivais qu'un philosophe ou un épistémologue peut en cacher un autre, quand ce n'est pas un logicien, je ne plaisantais qu'à demi.  Les lectures d'aujourd'hui1 m'ont révélé W. Whewell, auteur d'un Novum Organon Renovatum.

[1]  Un mot sur ma « méthode » blogoscripturale ou son absence : quand un texte paraît sur le blog il a normalement été écrit en gros la veille.  Autrement dit, l'aujourd'hui de ma phrase renvoie à hier (c'est-à-dire la veille).  Je procède donc en trois temps :  1  lectures et prise de notes ;  2  rédaction ;  3  révision et « publication ».  Il peut donc s'écouler trois jours dans la genèse d'une « livraison » comme je les appelle.  [Cette note n'a pas d'incidence directe sur les textes du site, qui n'ont plus de contrepartie sous forme de blog.]

[La bibliographie ne citait que la traduction faite par R. Blanché en 1938.  Et le contexte de l'article m'avait poussé à écrire  « C'est naturellement un contre-inductionniste. »  Eh bien, c'est une erreur qu'ont répandue les commentateurs de Popper.  Laura Snyder, l'auteur de l'article consacré à Whewell dans la Stanford Encyclopedia of Philosophy, établit clairement que le XXe siècle n'a pas compris qu'il n'avait rien d'un précurseur de Popper et même que s'il avait été son contemporain, il l'aurait certainement combattu.]

Il est temps que j'indique ce qu'aurait dû faire l'auteur de l'article plutôt que de l'intercaler entre Comte et 1900 (Duhem) :  William Whewell (1794-1866). Pour mémoire, Auguste Comte (1798-1857) ;  Pierre Duhem (1861-1916).  Whewell est donc contemporain du Positiviste.]

Il semble que Ernst Mach (1838-1916) ait déjà essayé de tourner la question de l'induction en proposant une distinction entre l'adaptation des représentations aux faits et l'adaptation des représentations entre elles.2  Mach figure dans la bibliographie de « De l'inférence sémantique » et je puis confirmer que je l'ai lu sans trop de démangeaisons.

[2]  Signalé par Largeault* ;  physicien (oui, ce Mach-là) et philosophe autrichien, ayant critiqué les principes de la mécanique de Newton, selon Omnis.
*Largeault, Jean. 1989. « Méthode. » EU Corpus. Vol. 15:219-234.

Parmi les choses qu'on apprend en se documentant, il y en a qui sont curieuses.  Ortigues3 raconte par exemple que Hume ne parle pas d'induction, mais semble-t-il, de supposition à propos de l'inférence causale.  Pour hypothèse, sans doute.  Il n'est pas certain qu' « inférence causale » soit la véritable formulation de Hume.  Il est question, dans l'article de William Edward Morris (sur SEP, à laquelle renvoie le lien, de « causation » et de « inductive inference ».

[3] Ortigues, Edmond. 1989. « Empirisme. » EU Corpus. Vol. 8:249-257.  On prendra cela avec un grain de sel  pour induction, pas de problème, ma Britannica 1771 n'y voit qu'un terme de droit.  Mais to infer est absent.  Morris emploie « causal inferences », mais aucun des passages cités de Hume ne semble employer l'expression.

Donc on ne passait pas4 des observations à la loi...  Pour leur part, les mathématiciens répugneraient, paraît-il, à voir s'interposer quelque chose entre l'intelligence et leur objet.5

[4]  À vérifier, naturellement.

[5]  Signalé par Largeault, mais ces mathématiciens vont construire des phrases comme « ...une méthode au sens plein du mot, c'est-à-dire qui se substitue à la pensée et la rend inutile, n'est possible que dans les cas triviaux... »  On se demande quel dictionnaire ils consultent.  Ce n'est pas un sens plein, c'est un sens bourré.  Il est clair que les mathématiciens sont de piètres sémanticiens, même au sens intuitif (que je ne bourrerai pas).

Ortigues rapporte encore que Locke et Hume (qu'on met ensemble bien que n'étant pas contemporains, comme je l'ai montré, ils n'ont pas vécu au même siècle)6 ne se considéraient pas comme empiristes ou empiricistes.  On a d'eux, semble-t-il, ce que Ortigues appelle une « illusion rétrospective ».  C'est souvent une manie consistant à rechercher absolument un précurseur à un auteur ou à une notion.

[6]  John Locke (1632-1704).  David Hume (1711-1776).  J. Stuart Mill (1806-1873). Empiric, dans Britannica 1771 est médical.

Mes deux auteurs (Largeault et Ortigues) abordent la question de l'induction par le même bout.  Pour Ortigues, l'induction est la converse de l'explication. 

« (A)  Les prémisses générales expliquent des observations particulières et

(B)  les conséquences observables rendent crédibles les prémisses. »7 

[7]  P. 251.  Ce n'est pas une converse stricte, dont l'exemple (PL 1918) est l'étendu est divisible et le divisible est étendu.  « Se dit d'une proposition dont on prend le sujet l'attribut et l'attribut pour en faire le sujet, sans qu'elle cesse d'être vraie. »

Il y a en effet beaucoup de monde dans cette phrase, et surtout le général est pris dans la foulée, comme si de rien n'était.  Prise globalement, la phrase aurait sa rebuffade ici  :   si les propositions (laissons tomber cette idée de prémisse importée du syllogisme) expliquent des observations, point n'est besoin de conséquence (de quoi ?), les observations expliquant les propositions.

C'est-à-dire :  les propositions expliquent les observations et les observations expliquent les propositions.

[On peut lui reprocher de s'écarter du modèle qu'il invoque.  Si l'induction est représentée par les prémisses générales (alors qu'il s'agit d'une opération), le prédicat n'est pas à proprement parler un attribut.  En outre, les conséquences observables ne figurent pas comme attributs de la première forme propositionnelle.  La même remarque vise la crédibilité, qui tombe comme un cheveu sur la soupe.  L'opération serait crédible parce que l'objet sur lequel elle s'exerce l'est lui-même.  Curieux transfert.  Techniquement, (B) serait déductible de (A), ce qui n'est pas le cas.]  Voir note spéciale.

note spéciale  Complément de la note [7] ci-dessus, s'appuyant ici sur Cuvillier.  Je craignais d'être tombé dans le piège que se tendait Ortigues.  Il faut restituer l'ordre de marche :  1) des observations particulières, 2) des conclusions générales 3) (et non quatre comme on serait tenté de le croire) confirmation des observations par de nouvelles observations. Il n'y a pas de rapport de conversion ou de converse.  La converse est le rapport de ab à ba, où a est sujet de ab et attribut de ba et b atrribut de ab et sujet de ba.  Pour que l'énoncé d'Ortigues représente une converse (prouve que l'induction est une converse), il faudrait qu'on lise :  « les prémisses générales expliquent des observations particulières » →τpC → « des observations particulières expliquent les prémisses générales. »  Le symbole se lit ‘transformation par conversion’

Pour Largeault, « l'induction est ordinairement prise à l'envers.  Nous nous étonnons qu'elle nous conduise à découvrir des lois, des espèces, des genres...  c'est parce qu'il y a, dans la nature, des lois, des espèces, des genres, que nous pouvons faire des inductions correctes. »  Je vous laisse méditer sur la beauté de la boucle.  [On se croirait devant la grande roue dans une fête foraine. Autant tenir pour une induction le fait que les quadrupèdes ont quatre pattes.  Et Bergson confirmerait que la vache rumine parce qu'elle est un ruminant.  La « nature » de Largeault a tout des vertus dormitives expliquant le somnifère.]

Donc, si elle existe, l'induction, elle n'est rien, ou bien, elle est autre chose.  WOQ (une de mes bêtes noires), Quine8 pour les intimes, n'y voit pas une « procédure alternative » à l'hypothèse, mais un cas d'hypothèse, tandis qu'Ortigues implicite la généralisation inductive dans la croyance.  L'observation devient une question de foi.  [On notera que l'hypothèse est, intuitivement, très proche de la croyance.  Moi je la place plutôt du côté de l'imagination, mais c'est, ce me semble, affaire de goût.]

[8]  Willard van Orman Quine (1908-2000), logicien.  [hypothèse ≝ Supposition que l'on fait d'une chose possible ou non, et dont on tire une conséquence.  PL 1918.]

Il perd de vue que toutes les croyances ne sont pas générales et ne sont donc pas le produit d'une généralisation.  [On admirera justement la transformation qui fait d'une des propriétés potentielles de la croyance — et de bien d'autres phénomènes — une forme de celle-ci.]

Bertrand Russell (1872-1970) avait trouvé mieux :  il coiffe sa casquette de psychologue et nous déclare sans broncher que la généralisation se situe à un niveau plus bas que celui de la pensée consciente.9  Comme si le même phénomène ne pouvait pas se situer à deux niveaux différents.  Les niveaux étant d'ailleurs une fabrication de l'homme (comme les genres naturels de Largeault)note Largeault.  Comment le prendre au sérieux s'il ne voit pas que « les chiens aboient » est tiré de l'observation (il semble que ce soit un de ses exemples de prédilection).10  Ou encore d'une proposition singulière ou particulière.  [Russell n'a sans doute jamais remarqué que l'enfant, dans un premier mouvement, assimile tout animal à l'espèce -et a fortiori au genre- de celui qu'il a d'abord connu.]

[9]  Pour plus de détails sur la généralisation en psychologie, voir le Gdel.

[10]  Ici les guillemets indiquent la proposition et les barres de Sheffer |...| l'observation (que je détourne de leur application normale — l'incompatibilité).

note Largeault  J'ai le plus grand respect pour ses qualités de logicien, mais il me semble s'être laissé emporté.  Il y aurait alors également dans la nature des métonymies, qui font du myosotis une fleur.  Hume y verrait une « causation ».

h) « Moustache aboie » |particulière| ⊢ « les chiens aboient » |générale|

i) « un chien aboie » |singulière| ⊢ « les chiens aboient » |générale|

Cf. « tous les chiens aboient » |universelle|.  Le signe ⊢ est celui de l'inférence.

Vais-je suivre le mouvement et noyer à mon tour l'induction en l'accusant de la rage ?  En fait, il ressort de mes lectures grappillées que son crime est celui de constituer une interface entre la pure théorie et la boue des faits.  Comme le rapporte Largeault :  « des faits ne peuvent pas départager ni réfuter des théories dont ils tiennent leur sens. »  Malheureusement pour notre ami logicien, ce monde-là a la tête en bas (après tout Bachelard a mis Kant à l'envers)11.

[11]  Loin de moi l'idée de lui prêter rétrospectivement des intentions malhonnêtes.

On voit maintenant pourquoi Popper en a fait une affaire personnelle.  L'induction est obscène.  Comme si les mathématiques ou la logique pouvaient prétendre donner un sens (quelque sens que vous donniez au terme sens).

WOQ l'a dit :  la logique dépend de la grammaire et non du lexique.  Qu'en sait-elle, en dehors du fait que le même, à la suite de Russell, voulait se défaire du mot knowledge, le trouvant vague.  Plus exactement, la « notion de connaissance » n'aurait ni cohérence ni précision.  Voilà qui est précis, mais surtout catégorique.[4]

Quine, en « sémanticien » accompli, savait certainement ce qu'est la cohérence d'un sens.  Lui qui parle des « ingrédients » d'une notion. Aucun des cinq sens (sans blague) du Macmillan ne me semble incohérent par rapport aux autres.  Si c'est la polysémie qui le dérangeait, dommage, mais c'est un phénomène normal dans une langue humaine. Sorry folks !

Hempel et Goodman bénéficient d'un sursis.

[Supplément sur knowledge, tiré du Macmillan 1973 — l'article identifie 5 acceptions (hormis une locution), mais la première ressemble à une auberge espagnole, effectivement.  Je commencerai donc par la dernière, 5)  specific information or facts about a given matter.  Have you any K of his whereabouts ? (cf. idée)  Comme la quatrième acception dérive de la troisième, je les regroupe, dans l'ordre du Macmillan.  3-4)  that which is or can be perceived or learned ;  sum or range of that which is or can be perceived or learned.  2)  fact of knowing.  The knowledge that the car might skid made Bill drive more slowly.  Pour 1), je commencerai par l'exemple et l'on pourra se demander quel synonyme définitoire est illustré. 1)  Her knowledge of zoology was limited.  a- familiarity, b- understanding, c- awareness, d- information acquired through e- experience, f- study, g- observation.  a- et b- seuls conviennent et l'origine peut être double f- et g-.]

Russell et Quine auraient pu étendre leur critique au français (et probablement à toutes les langues).  La définition du PR s'appuie sur la définition du verbe ‘connaître’, qui est extrêmement générale ≝ {avoir présent à l'esprit}.  Transitifs et intransitifs combinés, le Macmillan recense dix sens du verbe ‘know’, battu par le PR pour ‘connaître’.  Toutefois, si l'anglais a des expressions synonymes, to be aware, to be cognizant, le français dispose du verbe savoir qui dédouble une partie des emplois de connaître, sauf dans les acceptions relatives à une personne (connaître qqn). « Savoir qqn » aurait une valeur d'intimité marquée, dans une forme sans l'attribut, synonyme de je sais que vous êtes x, soit je vous sais fin mélomane.


Croire ou savoir  (30)

« L'infalsifiable est irréfutable » ou le triomphe de l'induction


En fait, si j'y songe un peu calmement1 je n'ai jamais été un partisan de l'induction.  Elle était là, et je n'avais pas à porter d'avis sur elle. Comme le remarque Foucault, il y a des savoirs de toutes sortes et si certains d'entre eux sauvent des vies ou évitent des accidents, on peut raisonnablement partir du principe que les autres se valent.  Ce n'est évidemment pas l'avis de Quine quand il propose de remplacer la notion de knowledge par ses ingredients (laissons les notions anglo-saxonnes dans leur langue, mais rappelons qu'il s'agit de familiarity, awareness, understanding and information, sans omettre la conscience) :  le français a la possibilité de parler des savoirs sans toucher à la connaissance.

[1]  Difficile dans mon état de santé.  Les troubles liés à thyréotoxicose se manifestent de nouveau, avec le risque d'une écriture phonétique complètement agrammaticale. [fin mars 2008]

Les problèmes commencent quand on empiète sur le territoire (pour garder vivante la métaphore spatiale du champ) d'un autre.  Je ne nie pas les compétences multiples,2 mais la philosophie n'est pas un passe-droit.  Et contrairement à ce que pouvait supposer Quine, « scientifiquement » n'est pas équivalent à « philosophiquement ».  Ou inversement.  Prenons un exemple simple.

[2]  Généralement inégales.

Quand dans mes études tardives j'ai décidé de faire de la sémantique linguistique ma discipline d'élection (après avoir fleurté avec elle pendant des années de lectures indirectes), conformément à mes habitudes, je me suis fixé un programme de lectures.  J'ai vite découvert que Carnap usurpait le domaine depuis un moment.  À peu près à la même époque que j'ai compris que Quine ne serait jamais une référence positive dans mes notes bibliographiques ou comme auteur cité.[5]

Le reproche ?  C'est que devant le sens, ils manquent à la fois d'intelligence et d'humilité.  Naturellement, ils ont des prédécesseurs, Peirce, Frege, Russell...  Tous des sémanticiens patentés, naturellement.  Et doublés de linguistes3.

[3]  J'ironise, bien entendu.  Mais la linguistique était occupée ailleurs et la sémantique était à la mode au tournant du siècle, comme histoire des changements de sens.  Ogden et Richards n'étaient pas linguistes, pas plus que Korzybski.  Les signes de Peirce (1839-1914) sont d'abord ceux des mathématiques et de la logique.  Gottlob Frege (1848-1925) est logicien, et si Omnis en fait « le premier [logicien] à (...) distinguer le sens d'une fonction propositionnelle de ce qu'elle désigne », c'est sans doute parce que la logique n'avait pas encore évacué le sens pour se refaire une virginité sémantique.  Bertrand Russell (1872-1970), logicien, mathématicien et philosophe.  J'ai laissé Ch. Morris (1901-1979) hors de la liste, mais il est clair qu'il n'est pas innocent, d'abord continuateur de Peirce (1946), pour ensuite suivre une voie parallèle à celle de Korzybski (semble-t-il).  Le fondateur de la sémantique (d'abord théorie historique et comparatiste) est Michel Bréal (1832-1915), traducteur français du comparatiste Bopp (1791-1867).

Le raisonnement implicite que se tiennent les logiciens ou les mathématiciens, et partant les philosophes, est sans doute une variante ou une combinaison de ceux-ci :

j) je parle, donc je suis linguiste
k) la logique est un langage [en mieux, nature], donc je suis linguiste
l) je fais et je comprends des phrases, donc je suis sémanticen

Ce long préambule ne nous rapproche pas de Popper l'invincible4.  Mais voyons le paradoxe de Hempel (1945), souvent évoqué à propos de l'induction et qui sert, sauf erreur de ma part, avec celui de Goodman, à Popper.

[4]  D'un point de vue philosophique, s'entend.

La précaution absolue de nos jours, c'est d'aller faire un tour sur le net avant de tracer une ligne.  Il semble que pullulent des solutions au paradoxe de Nelson Goodman (1906-1998) contre l'induction.  Mais elles ne sont ni d'égale valeur ni d'égal sérieux.

J'ai montré dans la dernière livraison qu'on pouvait faire l'économie de la discussion de l'induction en la ramenant à la manipulation de signes linguistiques.  Le français autorise d'ailleurs la construction d'une proposition générale au singulier (qui n'en fait pas une singulière5), ambiguë au niveau référentiel, c'est-à-dire dans sa dénotation.

[5]  Pour les distinctions, voir Thonnard. 1950:51.  Précis de philosophie en harmonie avec les sciences modernes. Tournai  Desclée & Cie.

m) le chien aboie


La confirmation contre l'induction


Le paradoxe de Hempel (1905-1997) se note :

ph1) (∀x) (Cx ⇒ Nx),

où C tient lieu du prédicat « être un corbeau » et N du prédicat « être noir »

La première parenthèse se lit :  « pour tout x ».  x est en fait la variable du sujet, mais il pourrait aussi s'écrire x+1, pour le deuxième corbeau, etc.  [Nx = « être noir » et Cx = « être corbeau ».]

Pour une raison propre à la logique et qui a trait d'après Thonnard aux règles de l'extension du prédicat dans la conversion, on avait recours à la conversion par contraposition, dans le cas de la « négative particulière ».  Or c'est ici que Hempel erre :  il applique la contraposition sans motif [manipulation injustifiée] à une affirmative universelle.  Il lui faudrait comme point de départ le premier énoncé de mst, plus bas.

ph2) (∀x) (¬Nx ⇒ ¬Cx),

« Tout ce qui n'est pas noir n'est pas un corbeau », [équivalent à l'énoncé de départ « pour tout x qui est un corbeau cet x est noir »] ou « tous les corbeaux sont noirs ».

mst) quelques corbeaux ne sont pas noirs →⊤cp→ quelques non-noirs ne sont pas non-corbeaux, soit :  en réalité, quelques non-noirs sont corbeaux. (⊤cp = transformation par contraposition).  [La dernière formule est en plus observable dans la réalité.]

L'autre réserve que je formule au sujet de Hempel dans ce cas précis, c'est l'emploi de l'implication comme forme phrastique supérieure à deux prédicats, donc il n'est pas l'équivalent de EST mais de DONC, articulation entre deux propositions.  Dernière remarque, concernant la cohérence :  N et C ne sont pas des prédicats de même nature.  N est une propriété, C est une classe.  Soit genre, soit espèce [il y a en fait plusieurs espèces de corbeaux].  V.  plus bas pg1).  Et désormais contraposition et conversion des propositions dans AZ, la Présentation alphabétique de la théorie.

[La relecture, en plus de permettre de relever des lamartinismes (fautes d'accord), m'amène à signaler que mon examen apparemment myope a manqué la plus remarquable des objections ;  Le corbeau n'est pas le seul oiseau noir (le PR en recense une vingtaine) et le prédicat « être noir » est insuffisant à établir son identité (il peut être gris, selon le PR).  La fréquence de « haute tour » à ce moment-là permettrait d'écrire : 

ec) a- (∀x) (Tx ⇒ Hx)
b- (∀x) (Hx ⇒ Tx)

et d'affirmer que ce qui n'est pas « haut » n'est pas « tour », ni d'ailleurs (¬Tx ⇒ ¬Hx).  En fait, on devrait obliger les conversions par contraposition à ne s'appliquer que si les propositions (Cx, Yx) sont des converses, c'est-à-dire résistent à la transformation de l'attribut de la première en sujet de la seconde, soit *Tx ⇒ Hx →τ→ Hx ⇒ Tx, soit encore *si x est une tour alors x est haute devient si x est haute alors x est une tour.  Mon application n'est d'ailleurs pas stricte, puisqu'il y a deux propositions dans les implications incriminées ici.  Admettons que l'implication « Tx ⇒ Hx » se lise effectivement « une tour est haute », on n'aura pas de converse valide, soit *une haute est une tour.]


Goodman a fait son temps

L'explication de l'erreur de Hempel tient à une croyance de Popper :  pour lui, l'universelle (forme habituelle d'une « loi » scientifique) est une conditionnelle déguisée (si x alors y ou p ⇒ q).  Il y mêle l'existentiel, en prétendant qu'il ne s'agit pas de jugements existentiels, posant l'existence du prédicat ou du sujet (Voir Stephen Thornton dans Stanford Encyclopedia of Philosophy).

Contrairement à ce qu'il affirme, la question reste ouverte, à propos de l'existentielle.  Si le « grue » (green+blue) de Goodman existe, le prédicat est existentiel.  D'ailleurs, personne ne m'a encore appris ce qu'était x, sauf qu'il a des prédicats d'application différente, l'un étant compris dans l'autre.

Dans l'intertitre, il s'agit naturellement d'une allusion à la composante temporelle de sa règle (son paradoxe).  L'exemple sur lequel je suis tombé ne portait pas sur sa couleur inventée (qui d'ailleurs pèche par manque de pertinence, comme n'appartenant pas à un problème, mais à un jeu ; il parle d'ailleurs lui-même de riddle, devinette).

pg1) ∀x [φ(x) ⇒ ψ(x)]

C'est le logicien du Gdel qui a choisi les symboles, que j'ai adaptés avec ce qui m'était disponible.  On est passé des corbeaux aux cygnes et de noir à blanc, mais personne ne semble avoir noté la non congruence des prédicats. φ « être un cygne »; ψ « être blanc ».

À ce titre, la généralisation dont je donnais la version sémiocognitive, s'écrit selon le même auteur, aux crochets [...] près [rappelle ma règle de conversion (métaconversion)]. 

(Règle de généralisation ou de ∀-introduction)

φ(x) ∀x [ψ(x)]

[que je traduis intuitivement par « étant donné x est cygne, on généralise x dans x est blanc, soit tout cygne est blanc. »]

L'astuce de Goodman est d'introduire dans ces formules un « prédicat lié au temps », décrit comme « être observé postérieurement à l'instant t » et t étant l'instant de la dernière observation de n cygnes blancs.

Au moyen de la règle ci-dessus, on obtient, semble-t-il,

pg2) ∀x [φ(x) ⇒ ¬ψ'(x)]

qui établit que « dans l'avenir aucun cygne blanc ne serait observé ».  [Et dont je donne une adaptation intuitive (on suppose que ψ' est un prédicat blanc « passé ») :  « pour tout x, x est cygne implique x n'est pas blanc, après la date de péremption ».]

Les remarques ne manquent pas.  Par quelle transformation pg1) devient pg2) ?  Comment s'organisent deux prédicats dans un seul symbole ? Comment un ensemble comportant une variable temporelle t déjà modulé par un adverbe peut-il être considéré comme prédicat ?  Les indications de t sont calculables en mathématiques, mais ici ?  D'ailleurs, il n'est fait état d'aucun calcul.

D'où vient la négation ?  Qu'est le symbole ψ' (psi prime).  Le non-blanc qui résulte de la limite t ?  On pourrait tenter de recréer la chose au moyen d'une écriture prologienne, où ‘si’ s'écrit :- :

prlg1)
être_cygne(X):-
être_blanc(X)

[L'inconvénient de Prolog, c'est qu'il met en évidence l'incongruité :  si c'est blanc, c'est un cygne.]

La variable t, peut s'écrire ≻t (suit t), mais ne peut pas constituer un prédicat.7  Pas plus d'ailleurs que « tout » qui est un quantificateur ou quanteur.

[7]  On peut suggérer une version faisant l'économie de la première déduction.

On notera la non-cohérence de (a) être blanc et (b) être observé, l'un (a) impliquant l'autre (b) [l'assertion est existentielle].  S'il est « observé blanc à ≻t » il est « observé à t » : 

∀x [φ(x) ⇒ ψ(x)] ⇒ Υ(x) ⇒ [φ(x) & ψ(x)] ⇒ Ω(x)

où Υ(x) se lit « x est dernier observé » et Ω tient lieu de « est dernier cygne blanc ».

Soit pour tout x, x est cygne implique x est blanc, et x est dernier observé sur x est cygne et x est blanc, qui implique x est dernier cygne blanc.*7

Règles de non-ambiguïté :  un signe tient lieu d'un seul objet à la fois (prédicat, argument, variable) ;  une classe implique un caractère si ce caractère appartient à cette classe (C ⇒ c ssi c ∈ C) ;  le temps n'est pas un prédicat, mais peut s'exprimer sous forme de fin de liste ;  la classe (grand C) ne peut pas impliquer la négation de son caractère (petit c) sans impliquer sa propre négation, soit

[C ⇒ ¬c] ⇒ ¬C

Bon. [Ouf, plutôt...]  La prochaine livraison sera sans doute la dernière.  Je ferai le point sur l'immodeste faussaire qu'était Popper et rappellerai les contraintes propres au fait de savoir (comme processus sémiocognitif).

remarque générale sur ce qui précède

Comme je l'ai déjà indiqué :  je ne suis pas logicien ;  si j'ai une certaine familiarité avec les signes en question, c'est qu'ils me servent en sémantique (et elle est le résultat d'une induction...!).  Il est possible que la contraposition se pratique désormais sans contrainte, mais on en voit les résultats éberluants.  De même là où il y a prédication, pourquoi la logique moderne place-t-elle une implication ou un entailment, c'est-à-dire une déduction ?  Comme si le complément était impliqué par le sujet [l'attribut à la rigueur, à vérifier sur pièces ] !  cf. la contradiction ébranle les convictions.  L'implication n'intervient pas, et le prédicat reste à sa place et ne se prend pas pour le sujet.  On commence à avoir une idée de ce qui oppose logique et langage.  Et le langage n'y est pour rien.
Soit (∃x) (Sx ⇒ Ax), c'est-à-dire « être_je » implique ou « est » « être_malade » !!!

note [2010]  Tous les renvois (liens) à AZ devraient passer par la table d'orientation, suite à la refonte, pour plus de sûreté.


Croire ou savoir (31)


Confirmation infirmée


Je donne ci-dessous la suite des formules (c'est tout ce qui reste d'un site qui a disparu aujourd'hui ;  R = raven [corbeau] et B = black [noir]).

{(x)(Rx ⇒ Bx) qui vérifie (Ra & Ba)
Donc (∼Ra & ∼Ba), qui confirme (x)(∼Bx ⇒ ∼Rx),
vérifie aussi (x)(Rx ⇒ Bx).

L'énoncé (x)((∼Rx v Rx) ⇒ (∼Rx v Bx)) est équivalent à (x)(Rx ⇒ Bx); donc (∼Ra v Ba) vérifie « tous les corbeaux sont noirs » et donc l'observation de toute chose n'étant pas un corbeau (balle de tennis, éléphant, trombone) « vérifie » « tous les corbeaux sont noirs ».}1

[1]  Le contenu des accolades est adapté linguistiquement seulement.  On note que non-corbeau ou noir ne « vérifie » pas vraiment (∀x) (Cx ⇒ Nx) tous les corbeaux sont noirs.

Après l'avoir réétudié, je pense qu'il me faut modifier une des règles de non-ambiguïté que j'avais fabriquées.  J'avais écrit « la classe ne peut pas impliquer la négation de son caractère sans impliquer sa propre négation » qui pourrait s'interpréter comme « la négation du caractère entraîne la négation de la classe ».  Ce qui n'est pas le cas.

¬[Cx ⇒ ¬c(x)] v Cx ⇏ c(x)

Et ajouter celle-ci :  une classe possède par définition plus d'un caractère (à la différence de l'ensemble)[6].

Dans le cas du corbeau (en désordre), oiseau, grande taille, plumage noir brillant, croasse, et le PLE2 ajoute passereau, bec puissant, hémisphère nord, se nourrit de charognes, petits animaux, fruits.

[2]  PLE :  Petit larousse électronique 2001.

On voit tout de suite l'insuffisance de (Ra & Ba), où a est l'individu postiche de x.  On note enfin l'extrapolation abusive, due à une fausse contraposition (ou une contraposition déréglée).  L'énoncé « les chiens aboient » n'est pas confirmé par un chat.

On peut seulement dire que la propriété d'aboyer ne s'étend pas au chat ni par son miaulement.

Les règles de non-ambiguïté peuvent s'enrichir de celle-ci  :   la classe ne peut pas être mis en parallèle avec un des ses caractères, ni faire l'objet d'un choix.  Cette dernière possibilité s'applique cependant aux caractères (ou propriétés).

Je peux choisir un schnauzer qui n'est pas poivre-et-sel, et la négation de la propriété n'est pas celle de la classe :  j'aurai quand même mon chien et ce sera un schnauzer.  Morale de l'histoire  —  si vous formalisez, prenez bien soin de penser avant, parce qu'ensuite vous êtes prisonniers de manipulations qui vous priveront de la réflexion dans le meilleur des cas (la fameuse méthode qui chez les mathématiciens fait l'économie de la pensée — assez rare d'emploi, disent-ils, mais moins sûrs chez les logiciens).  Et vous risquez en plus de devenir la victime du popperisme, qui est une maladie de la pensée absolument incurable.[7][C'est le conseil que donne Joseph Dopp au début du deuxième tome de ses Leçons de logique formelle, deuxième partie, tome 1 de la logique moderne, sur lequel je suis tombé par hasard.]


Le temps de Goodman est révolu

C'est une note (en anglais) que j'ai trouvée sur un site à propos du paradoxe (de la couleur) de ce cher Nelson.  Il semble que lorsque Goodman a présenté son rébus pour la première fois, il ait utilisé un exemple concret, comme le 1er janvier 2000, qui à l'époque se situait loin dans l'avenir, mais qui, révèle la note, avec un sens aigu des réalités, appartient maintenant au passé.

Toujours selon cette note, la bonne compréhension du problème posé par Goodman gagne à situer la variable t dans le futur.  Ce qui constitue selon moi un excellent exemple d'information sans pertinence, uniquement destinée à brouiller les pistes.  [Une formulation logique time-sensitive n'a en principe aucune raison de privilégier le passé ou l'avenir, ni d'ailleurs le présent.]

Si des calculs sont possibles sur le temps, il n'en va pas de même dans le cas d'un langage.  Le temps est une circonstance.  Comme le lieu.  Ils ne sont donc pas des prédicats justiciables d'une transformation universelle.  Une universelle (ni même une générale) ne peut être tirée de « nous sommes le 23 novembre 2006 », pas plus que de « c'est demain ».

*Tx ⇒ ∀x (Tx)


Contraposition de classes

On sait quel préjugé les logiciens et les philosophes entretiennent à propos de la langue ordinaire (générale).  Il est désormais possible d'entretenir la même méfiance vis-à-vis des formalisateurs effrénés.  J'ai signalé plus tôt que le paradoxe de Hempel comme celui de Goodman construisaient des implications (conditionnelles) sans motif avec des éléments disparates sur lesquels ils opéraient des commutations alors que la relation était orientée.  On verra que Popper s'appuie même sur cette idée bancale.

Admettons que la classe des L intersecte la classe des E.  J'en tire arbitrairement une universelle (je n'ai pas trouvé de proposition générale dotée d'un signe particulier)3 

[3]  Je n'ai pas fait de recherches très approfondies il est vrai.  Dictionnaire de Mathématiques de Bouvier, A., M. George et F. Le Lionnais (4e éd. 1993), l'introduction de Blanché (1957-1968) ;  si mes souvenirs sont bons (remarque toute relative) le Gdel (son logicien, probablement un des collaborateurs d'Omnis et/ou de EU) considère l'introduction du symbole du A inversé (∀) comme une généralisation.  Ce qui est une réduction où se perd de l'information.  On devrait pouvoir distinguer une opération de généralisation d'une opération d'universalisation.  Je propose ℧ avec le sens de {la plupart des} :  ℧x ou ℧(x), = la plupart des x contrebalançant le caractère totalitaire du « tout x ».

cc)  L ∩ E ⇒ ∀x (Lx ⇒ Ex)

contraP x(¬Ex ⇒ ¬Lx)

« celui qui n'appartient pas à la classe des escrocs n'appartient pas à la classe des logiciens », donc les logiciens sont des escrocs.  Et tout non-logicien vérifie l'énoncé.  [Et les prédicats sont homogènes.]

Blague à part, on ne saurait trop inviter ces messieurs à se rendre compte qu'il y a prédicat et prédicat (classe et propriété, au minimum, [et avec un effort y mettre aussi un être/objet membre de la classe]).  Comme le Dictionnaire de linguistique Larousse de Dubois et al. rappellent clairement que le sens du verbe copule « être » (donc sa fonction cognitive) est 1) l'identité = ou ≡ ;  2) l'appartenance ∈ ;  3) l'inclusion ⊃.4 Comme on l'a vu, j'y ai ajouté l'intersection, ∩.

[4]  1974.  Voir biblio pour croire ou la biblio générale.

Cet olibirus est (≡) Donald ;  Ursule est (∈) gymnaste ;  les choucas sont (⊃) des Corvidés.

Popper est au prochain menu, juré, ainsi que la récapitulation de ces réflexions capricieuses, dans tous les sens du terme, comme on disait dans les années 70-80, sans doute à la suite de Barthes.





Notes de la page 4

[1]  Cette précaution devrait écarter le risque de la double implication exister penser.

[2]  Au lieu de former un principe axiomatique.  On peut donc soupçonner que Popper n'est pas le seul à avoir semé la pagaille dans les disciplines et les esprits scientifiques, avec des effets particulièrement néfastes dans les sciences dites molles.  Il m'a été donné, il y a un peu plus d'une dizaine d'années, d'avoir en mains des textes prônant la singularité comme objet scientifique.  Je ne m'en suis pas remis.  Pourquoi pas le hapax ?

[3]  Amalgame regrettable.  Le vrai n'est pas le résultat d'une vérification, mais d'une conviction.  Et si le vérifié produisait des vérités, comment pourrait-on s'y prendre pour les rectifier ?

[4]  On peut supposer qu'il ne lui était pas venu à l'esprit que c'était l'idée qu'il se faisait de la connaissance qui présentait ces défauts.

[5]  Eh oui, je l'ai lu, mais pas avec délices.

[6]  Cette particularité rend d'ailleurs caduque tous les raisonnements cités, comme le montrait la transposition en Prolog.  Si le cygne est blanc, la blancheur ne définit pas le cygne, sauf dans l'imaginaire populaire, et encore, il faut tenir compte de la neige.

[7]  On peut parler de popperisation de la science, avec jeu de mots, pour une fois et une certaine mélancolie.




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