VIII
Les relations et la règle
« Une boîte qui ne contient qu'une allumette, disait plaisamment Peano,
n'est pas la même chose que cette allumette,
les deux ne jouissent pas des mêmes propriétés. »
Robert Blanché.
« Le rapport est indéfinissable. »
Henri Bergson.
| [8] · règle et relations · les relations examinées · propriétés des relations · examen des relations · analogie · appartenance · association · [8a] · contiguïté · équivalence · implication · interdéfinition · intersection · opposition · subordination & surordination · relations écartées des conditions · faux génériques · prédication ou implication · relations sémantiques sélectives |

Comme pour la carte Cayra précédente [la carte Cayra a été remplacée par cette version sommaire en Aibase pour corriger une erreur dans la graphie d'opposition], je transcris ici les notes qui apparaissaient dans les blocs-notes de l'original (Cayra était un logiciel libre qui a brutalement disparu du Oueb). prédication : la prédication et l'inférence sont distinctes de l'équivalence et de l'intersection, même si ces dernières interviennent à un moment quelconque ; implication : l'implication rend compte de l'inclusion au sens actif (c'est-à-dire contient ou comporte ou renferme), soit chien implique schnauzer (en extension), mais on se méfiera de l'implication dite sémantique selon laquelle « schnauzer implique chien », qui reproduit le schéma prédicatif (le schnauzer est un chien). Pour éviter cette confusion, l'appartenance a détrôné l'inclusion pour la description du rapport mot-élément de sens ; l'extension est en réalité un problème logico-philosophique et concerne une théorie de la référence ; définition : la définition et l'interdéfinition sont des opérations sur l'appartenance ; transfert : il s'agit du « déplacement » d'une propriété, basé sur une intersection réelle ou imaginaire ; comme il s'agit d'une attribution on peut le ranger sous l'inférence, soit encore sous la prédication, où d'un objet on prédiquerait une propriété qu'il n'a pas ;
générales : métarelations ; intension : La compréhension [intension] d'une idée est l'ensemble des notes qui en constitue le contenu objectif ; l'extension et la compréhension sont en raison inverse (Thonnard) - connotation, propriété que possède un terme de désigner certains attributs constituant la compréhension du concept correspondant (Cuvillier) - le sens courant et celui que lui donnent certains linguistes a inversé le rapport et entraîne une confusion, cf. connotation entre guillemets ; extension : l'extension d'une idée est l'ensemble des sujets auxquels convient le contenu objectif de cette idée (Thonnard) : la dénotation est la propriété que possède un terme de désigner certains sujets constituant l'extension du concept correspondant (Cuvillier) ; référence : relation qui va d'un nom à un objet ou à une classe d'objets existants ou non, c'est-à-dire du langage aux designata (Rey-Debove) - designata (plur. de designatum), ce à quoi réfère dans l'esprit de l'émetteur ou du récepteur, et selon le code (id.) [le denotatum serait extérieur] ;
sémantiques : l'ordre organique (génésiaque) serait appartenance, intersection, équivalence, analogie, contiguïté, association, opposition, inclusion ; contiguïté : conduit à la métonymie comme figure, par application de la règle d'inférence ; inclusion : « le concept supérieur est celui qui en contient d'autres dans son extension (...) le concept inférieur est celui qui est contenu dans l'extension d'un autre » (Thonnard) - voir la note de l'implication ; superordination : (superordonné) concept supérieur, selon Thonnard ; subordination : (subordonné) concept inférieur, selon Thonnard [celui-ci représente la tradition philosophique thomiste de la première moitié du XXe siècle.].
Les notes de la carte n'ont jamais été terminées. On remarque que dans les notes je suis Thonnard en ce qui concerne le genre et l'espèce (concept supérieur et inférieur) qui sont ici définis en extension (ce qui explique l'emploi de l'implication de manière extensive), mais le genre (superordonné) est également le socle de la définition classique. Intensionnellement, c'est-à-dire par compréhension logique, un objet sémiotique (une espèce) appartient à une classe (son genre prochain) à l'intérieur de laquelle elle se distingue par sa différence spécifique.
En principe, on l'a vu, le schéma de la règle d'inférence est ternaire. Il s'agit naturellement de trois classes distinctes, dont une seule est en réalité en mesure de compter plusieurs membres, c'est-à-dire la classe des conditions, l'étendue de la « forme à sémantiser » n'étant pas pertinente, pas plus que la « complexité » d'une valeur. Dans cette section, je me bornerai à une seule condition par application et il s'agira essentiellement d'une relation. Je rappelle le schéma de la règle :
␞ ‘_’ ∁ _⊥* ⋀ [_] ⊢ {_}
* dans le contexte avant, ⊥b ; a⊥ = après ; a⊥c = entre.
Les trois couleurs permettent de distinguer les trois classes. Dans le schéma vide ci-dessus on a deux paradigmes de conditions, en bleu, la cooccurrence, appelée désormais sémiotaxique (avant, entre, après, selon la position de la base, marquée par le point d'insertion, ‘⊥’) et (‘⋀’) la modulaire [⇕] qui fait également office de paradigme. Pour les détails du schéma de la règle, on peut se reporter au chapitre neuf.
Les relations examinées ne le seront pas d'un strict point de vue logique, même si les relations sémantiques retenues ont normalement leur homologue en logique (pas toutes, cependant).
| N° | ℛ1 | schéma | exemple |
| 1 | analogie | x ⊨ y | bec à bec ⊨2 face à face |
| 2 | appartenance | x ∈ y | nacelle ∈ ballon |
| 3 | association3 méliorative | x↗{y} z↗y | étoffe↗valeur |
| association péjorative | x↘{y} z↘y | faux↘mort | |
| 4 | contiguïté | x ∥ y | âne ∥ mulet |
| 5 | équivalence | x ≡ y | vol ≡ volée |
| 6 | implication4 | x ⇒ {y} | vieillesse ⇒ infirmités |
| 7 | interdéfinition5 | x ⋈ y | barbacane ⋈ meurtrière |
| 8 | intersection | x ∩ y | optimisme ∩ pessimisme |
| 9 | opposition6 | x ≢ y | bien ≢ mal |
| 10 | subordination 7 | x ⇘ y | optimisme ⇘ système |
| superordination | x ⇗ y | ignominie ⇗ opprobre | |
| Notes Les exemples sont souvent dénotatifs, mais la relation n'en est pas affectée, sauf dans le cas où un des « termes » est un élément de sens. 1. L'ordre est alphabétique ; quand deux formes (dotées d'un signe différent) existent, elles figurent au même numéro. Le signe ℛ est celui de la relation en général, que j'appelle « indifférenciée ». — 2. Largeault donne à ce signe la valeur de conséquence, sans doute à cause de sa ressemblance avec l'assertion-inférence et le signe « égale ». — 3. peut être un mot et un élément de sens ou un mot et un autre mot. — 4. L'implication sémantique n'est pas une forme de raisonnement, mais un rapport entre un mot et un élément de son sens qui peut lui être attribué. Ici l'exemple est lexical, mais sa forme normale livre un élément de sens : x ⇒ {y} ou plus clairement (le mot étant une « classe » d'élément de sens) : X ⇒ {y}. — 5. Un rapport sémantique peut être envisagé de diverses manières et donc prendre divers « noms ». — 6. Chauvineau signale la relation converse, forme de l'opposition, cf. (x ≺ y) ≢ (y ≻ x). — 7. Décomposition de l'inclusion, que Chauvineau range dans les relations « d'ordre large ». — Absentes de la liste : l'incompatibilité, qui, sémantiquement, est notée par la non-intersection, ⋔, et la différence qui n'est pas à proprement parler une relation sémantique et sans doute pas tout à fait une relation si des objets sémiotiques différents peuvent entretenir d'autres relations. | |||
Il serait d'ailleurs difficile de faire une comparaison systématique comme aucun de mes manuels ne recensent toutes les relations (pas plus que toutes les seize opérations). Gennart ne considère pas l'appartenance comme une relation, du moins, pas explicitement. Chauvineau n'en cite que quatre (équivalence, analogie, inclusion, ordre strict) ; par contre il illustre parfaitement les propriétés des relations (réflexivité, symétrie, transitivité), auxquelles je reviendrai, bien que ce ne soit pas essentiel dans la présente étude.
Blanché (1968:176) affirme qu'il ne faut pas confondre les relations d'inclusion ou d'identité entre classes avec les opérations d'implication ou d'équivalence qui servent, entre classes, à former de nouvelles classes, tandis que l'inclusion et l'identité sont des copules avec lesquelles on forme, à partir de classes, des propositions.
Sans être logicien, il ne me viendrait pas à l'esprit de prendre l'inclusion pour l'implication, relation ou opération, ni d'ailleurs l'identité pour l'équivalence. On rappelle, à tout hasard, que l'identité est l'inclusion mutuelle, c'est-à-dire d'une classe par elle-même. Blanché remarque aussi que l'inclusion d'une classe dans une classe (1) est distincte de l'appartenance d'un individu à une classe (2). note chez Blanché la capitale est conventionnellement une classe et p et q des propositions.
(1) A ⊂ B ⋁ (A̅ ∪ B) ⊂ (B ∪ B̅)
(2) x ∈ A
Bouvier, George, Le Lionnais signalent une « ressemblance » qui s'appuie sur une intersection non nulle, plus intelligible pour moi que l'exemple d'analogie (| x — y| < 1) de Chauvineau qui semble en outre faire de l'intersection une forme d'analogie, alors qu'il semble plutôt que l'intersection soit antérieure. Je m'en tiendrai donc à la liste que présente le tableau ci-dessus dont la numérotation suit l'ordre alphabétique.
Blanché mentionne la ressemblance en passant, sans donner d'exemple autre que celui de l'inégalité, sauf à dire qu'elle est réflexive et symétrique, sans être transitive :
a ≠ b ⋀ b ≠ c ⇏ a ≠ c
L'examen de la liste entraîne certaines observations ; on est porté à y voir, par exemple, une certaine interdéductibilité, comme c'est le cas de l'incompatibilité de Sheffer. Mais ici, c'est-à-dire dans la théorie des opérations sémantiques, par contre, c'est l'intersection et la relation/opération qui l'explique, l'appartenance. L'analogie, l'association et la contiguïté s'expliquent de la même façon, intersection-appartenance, et si ces rapports qui devraient être également valables pour l'opposition, l'interdéfinition et les trois autres (implication, subordination, superordination) leur description en est un peu plus compliquée.
Blanché définit l'inclusion par l'appartenance. Cette dernière remonte à Peano et Blanché attribue l'inclusion à Peirce, mais la notion d'inférieurs et de supérieurs est très ancienne, et vient sinon d'Aristote (ou même Platon), du moins des scolastiques ; il me semble qu'à propos de la majeure du syllogisme, on prête la formule « appartient à » à Aristote. La formule de l'inclusion s'écrit (avec une légère adaptation) :
A ⊂ B ≝ ∀x (x ∈ A ⇒ x ∈ B)
Il semble qu'on doive lire le signe d'inclusion ‘⊂’ passivement, c'est-à-dire « est inclus dans » :
‘A est inclus dans B’ se définit « pour tout x, si x appartient à A alors x appartient à B »
Si l'on suit Blanché, l'inclusion fait appel à une proposition générale (Tout philosophe...) et l'appartenance à une singulière (Socrate...). En passant, la mortalité de Socrate n'est pas attribuable à Aristote, mais à Guillaume d'Occam. L'inclusion correspond au syllogisme (a) et l'appartenance intervient dans (b) :
(a)
A ⊂ B
C ⊂ A
C ⊂ B
(b)
A ⊂ B
xi ∈ A
xi ∈ B
Transitivité de l'inclusion (Blanché, qui parle d'analogie entre inclusion et implication, et donne comme équivalents en langue, A « est contenu dans », « est », « coïncide avec » B) :
A ⊂ B . B ⊂ C ⇒ A ⊂ C
Tandis que Guilbaud (1966) tend à fait de la relation d'appartenance un est, pour des raisons étymologiques (le verbe grec « est ») : a ∈ E = a est un élément de, appartient à, est un E. Il indique comme synonyme de la relation le signe inverse E ∋ a.
Or, dans la théorie des opérations sémantiques, le signe inverse de l'appartenance, ∋, se lit « prédique » ou « possède », qui est exactement le retournement de l'appartenance : a ∈ B ≡ B ∋ a.
Comme on le sait, dans les relations sémantiques de la théorie, ce signe est appliqué à la « prédication », c'est-à-dire à la relation prédicative ou attributive. Toutefois, on n'écrira pas, ici, comme le fait Guilbaud, a ∈ {a}, car contrairement à leur emploi en mathématiques, les accolades ici ne sont pas les marques de l'extension (ensemble), mais de la « compréhension ». Il n'y a pas à proprement parler d'extension sémantique ; l'extension est la référence. Même une formule comme {a} ∈ a n'est pas possible car l'élément de sens {polichinelle} n'appartient pas au mot ‘polichinelle’, par contre {marionnette} ∈ ‘polichinelle’ est plausible et valide.
Comme je l'ai déjà indiqué, pour éviter toute confusion, la théorie ne retient pas l'inclusion proprement dite, mais, dans un souci de compatibilité avec la définition taxonomique, les deux relations qu'elle suppose, c'est-à-dire d'une part la relation de supérieur à inférieur (superordination ou surordination) et la relation d'inférieur à supérieur (subordination). Thonnard (1950:30 infra) définit ainsi le concept supérieur : « celui qui en contient d'autres en son extension », et l'inférieur, « celui qui est contenu dans l'extension d'un autre ». L'extension est ici une classe. Blanché fait de l'intersection une classe : A ∩ B
Le superordonné se marque ici A ⇗ B, qu'on peut lire A « supra » B, soit ‘personnage bouffon’ ⇗ ‘polichinelle’ et le subordonné ‘poli’ ⇘ ‘lustre’. Le subordonnné peut se lire inversement C « infra » D. Les unités sont dans ces exemples des mots ou des unités lexicales, mais le rapport peut exister dans une analyse sémantique entre deux éléments de sens dont un est supérieur à l'autre dans une échelle d'abstraction. Les échelles d'abstraction vont varier avec les sources. Dans les exemples ci-dessus je me sers du Petit Larousse [1918] et du Quillet [1948].
La principale différence entre le superordonné sémantique et l'inclusion, c'est que cette dernière peut être réflexive comme en (c), tandis que (d) est dénué de sens, par oppositition à (e) :
(c) A ⊂ A
(d) ‽ ‘nettoyer’ ⇗ ‘nettoyer’
(e) ‘nettoyer’ ⇗ ‘balayer’
(f) ‘audace’ ⇗ ‘hardiesse’
On peut aussi admettre qu'elle est non-symétrique, car [A ⊂ B ⋀ B ⊂ A] ⇒ [A = B] comme on le voit résulte en une égalité. Si la chose est possible pour des classes/ensembles logiques, la proposition est absurde pour le sens, même si elle a été soutenue par Lyons dans son double tome sur la sémantique. Par contre, la superordination est transitive, comme l'inclusion (formule de Guilbaud) ; le signe ⊂ se lit toujours comme en logique passivement, « est inclus » :
(A ⊂ B ⋀ B ⊂ C) ⇒ (A ⊂ C)
(‘rendre net’ ⇗ ‘nettoyer’ et ‘nettoyer’ ⇗ ‘balayer’) ⇒ (‘rendre net’ ⇗ ‘balayer’)
On notera que la subordination est également transitive et qu'elle n'est pas non plus symétrique. La symétrie est réservée à la superordination correspondante, en 3.
1. (fraction ⇘ portion et portion ⇘ partie) ⇒ (fraction ⇘ partie)
2. (fraction ⇘ portion) ⇏ (portion ⇘ fraction)
3. (fraction ⇘ portion) ⇒ (portion ⇗ fraction)
Elles ne sont pas nécessairement pertinentes dans le cadre de la règle, comme je l'ai indiqué plus haut, mais elles peuvent donner lieu à des inférences dans la configuration des sous-ensembles du sémiolexique intériorisé, de l'encyclopédie du sujet et de ses systèmes de croyance. Les propriétés en question ne figurent pas dans le Vocabulaire de Goblot ; le seul rapport lointain est celui de converse à conversion (les fameuses inférences immédiates, celle-là se bornant à transposer les termes : logiquement, une conversion donne une converse).
1) transitivité (Blanché) : a ℛ b ⋀ b ℛ c ⇒ a ℛ b
(Chauvineau) (∀x)(∀y)(∀z) [[f(x, y) ⋀ f(y, z)] ⇒ f(x, z)]
note « Les relations « égale », « plus grand », « plus petit que... », « antérieur », « postérieur à... », « implique... » sont transitives. » Petit Robert. Le même dictionnaire signale aussi les trois catégories positives : réflexive, symétrique et transitive et la définition de la transitivité : « Se dit d'une opération ou d'une relation qui, lorsqu'elle lie un premier terme à un second, et ce dernier à un troisième, lie de la même façon le premier terme au troisième (et ainsi de suite) ». rem La parenthèse, et ainsi de suite, peut être considérée comme une caractéristique inductive de la propriété ; cf. la récurrence (N + 1).
1) bis — intransitivité (Chauvineau) : (∀x)(∀y)(∀z) [[f(x, y) ⋀ f(y, z)] ⇒ ˥<f(x, z)>]
2) symétrie (cf. converse) : a ℛ b ⇒ b ℛ a
(Chauvineau) : (∀x)(∀y) [f(x, y) ⇒ f(y, x)]
note Relation symétrique : relation binaire dans un ensemble, qui si elle est établie pour les éléments x et y, l'est aussi pour y et x. Petit Robert
2) bis — asymétrique (Chauvineau [adapté]) : (∀x)(∀y) [f(x, y) ⇒ ˥<f(y, x)>]
3) réflexive : a ℛ b ⋀ b ℛ a ⇒ a ℛ b
(Chauvineau) : (∀x) f(x, x)
note Relation réflexive : relation binaire sur un ensemble telle que tout élément de cet ensemble soit en relation avec lui-même. Petit Robert
3) bis — irréflexive (Chauvineau) : (∀x) ˥(f(x, x))
Blanché donne un exemple de la différence qu'il convient de faire entre non-réflexive et irréflexive : celle-ci est caractéristique de précéder, tandis que celle-là s'applique à estimer. Cf. estimer - s'estimer ; précéder - ˥se précéder. Et Chauvineau précise que l'antisymétrie est l'asymétie sur l'ensemble des couples distincts, dont il donne la formule en mathématiques :
(∀x)(∀y) [[f(x, y) ⋀ f(y, x)] ⇒ (x = y)]
Examen des relations et de leurs « propriétés »
Cet examen ne prétend pas qu'il existe un parallélisme entre la sémantique et la logique ou entre la sémantique et les mathématiques. Il aurait même un dessein opposé, sinon contraire.
— L'analogie que signale Chauvineau est réflexive et symétrique (même exemple que la ressemblance plus haut) et semble supposer une intersection entre x et y. On peut prendre comme exemple ‘pactiser’ et ‘transiger’ qui supposent également intersection. Toutefois, pactiser ℛ pactiser n'a pas de pertinence en sémantique, puisque même les phrases-exemples ne permettent pas la réflexivité :
π pactiser avec les rebelles ≠ π pactiser avec sa conscience
La réflexivité n'est pas plus sémantique dans le cas de ‘transiger’, dont une acception (celle du Petit Larousse [1918]) est difficilement explicable et n'a pas de correspondance dans Quillet.
transiger ≝ esquiver par une certaine souplesse π transiger avec l'erreur
π transiger avec son devoir ≝ s'autoriser de mauvaises raisons pour faire une chose contraire au devoir
La définition du Grand Larousse du XXe siècle est une monographie morale, dont Quillet semble s'être inspiré, mais qui ne confirme pas l'acception de 1918, ni d'ailleurs le sens que pourrait avoir esquiver comme superordonné. Le Grand Larousse du XXe siècle distingue en fait deux emplois dans l'acception.
π transiger avec son devoir, sa conscience, son honneur ≝ s'autoriser, pour des raisons plus ou moins valables ou spécieuses, à faire un compromis avec son ⊥, sa ⊥, etc., et à leur préjudice ; par suite, manquer à ce qu'exigerait strictement le ⊥, la ⊥, etc.
On note aussi que l'analogie sémantique n'est pas non plus symétrique, comme c'est ‘pactiser’ qui prend ‘transiger’ comme superordonné (en version inclusion logique, pactiser ⊂ transiger — transiger ⇗ pactiser), malgré l'existence d'une locution avec ‘pacte’, ≍ {compromis}, faire un pacte avec la vérité.
≝ {accord constant avec [un principe, etc.]}
(pactiserfig ⊨ transigerfig) ⇏ (transigerfig ⊨ pactiserfig)
Toutefois, en syntagme, il y a « symétrie », mais c'est celle de l'équivalence et non de l'analogie, que ‘pactiser’ partage avec ‘composer’ (qui prend le sens de {transiger}, dans Quillet à pactiser). Le même dictionnaire ne recense pas cette acception à ‘composer’, ne donnant que π composer à l'amiable avec ses créanciers et le Petit Larousse n'a que π composer avec ses créanciers .
(pactiser ⊨ transiger) ⇒ (transiger ≡ pactiser) ∁ « ⊥ avec sa conscience » « ⊥ avec sa conscience »
L'application partielle (▴) de la règle n'a dans cette section que pour but l'illustration de la condition relationnelle appliquée sous forme de conjecture ≟. L'exemple vient du Grand Larousse du XXe siècle.
▴ ‘composer’ ∁ ⊥ avec sa conscience ⋀ ≟[⊨[accommoder]] ⊢ {biaiser}*
*Le Grand Larousse du XXe siècle présente deux sens, dont seul le premier me semble plausible, l'autre étant {faiblir}. On peut s'interroger sur le fait qu'il distingue cette acception de la précédente, ≍ {transiger}. On notera que la citation d'Alphonse Karr (composer avec les sots) a plutôt le sens de {capituler}, que signale le Quillet.
Dans la règle ci-dessus, les doubles crochets signalent 1) le terme retenu (sélectionné après parcours) dans un paradigme [accommoder] et 2) le préfixe indiquant la relation invoquée [ℛ[paradigme]]. Le signe préfixal global est celui de la conjecture. Sans coquetterie, car il s'agit effectivement d'une adaptation des données du lexicographe.
L'analogie donne lieu, comme on le sait, au raisonnement qui porte son nom et qui est généralement décrié, mais auquel certains ont tenté de redonner des lettres de noblesse. La formule de Cuvillier résume clairement ce dont il s'agit. On raisonne par analogie « quand on conclut d'une ressemblance constatée à une ressemblance non constatée. » De ce point de vue la métaphore en est une forme, même si l'explication classique et étymologique en fait le transport d'une signification propre d'un mot à un mot auquel elle ne convient qu'en vertu d'une comparaison sous-entendue (on écarte les thèses fusionnelles comme explications métaphoriques). C'est donc une analogie proportionnelle (un syllogisme à quatre termes, en quelque sorte, dont seule demeure la conclusion - a est à b ce que c est à d - avec des termes superflus). La catachrèse est une analogie « tortue »*, si la chose est possible, qu'on ravive à ses risques et périls : cf. « le fauteuil lui tendait les bras. »
* note au sens de (≍) « qui manque de justesse ».
Les catégories exploitées par l'analogie sémantiquement aussi bien que lexicalement sont l'aspect, la forme, la consistance, la couleur, le comportement, le mouvement, la taille (dimensions : largeur, hauteur, profondeur, épaisseur, volume), le temps, la durée, le lieu, la position, etc. Ce qui entraîne parfois des dysfonctionnements, comme celui de la « fleur de la jeunesse » qui est déjà la « fleur des ans ». La fleur est d'ailleurs riche en « ornements » : de partie reproductive de la plante elle devient plante, que le Petit Larousse [1918] considère comme une extension, mais ensuite, c'est la « figure » qui domine.
— L'exemple du tableau est référentiel (ou dénotatif) et non sémantique. Le rapport de la nacelle au ballon est celui du méronyme à l'holonyme, de la partie au tout (bien qu'on ne puisse guère en tirer une synecdoque) : c'est donc plus un exemple de contiguïté que d'appartenance sémantique. La relation d'appartenance est fondamentale dans la description du sens. Quand on utilise l'asymptote, pour marquer une acception, l'expression « composition ≍ {accommodement} », par exemple, peut se retourner et se lire « {accommodement} ∈ composition », x ∈ y, « x appartient à y » et non, comme en logique « x est y » ; ce qui d'ailleurs ne voudrait rien dire, cf. ‽ {publiquement} est (un) ‘professer’ correspondant au syntagme π professer une opinion.
Dans l'exemple du ballon ≍{aérostat}, l'appartenance est difficile à établir, comme il s'agit d'un appareil dont on donne une description et non d'une définition, à l'exception peut-être du gaz plus léger que l'air ∈ ballon. Cet exemple-ci est plus convaincant : {faits} ∈ affabulation.
Si l'on reprend un exemple déjà vu, l'équivalence de ‘composer’ et ‘transiger’ peut emprunter la formulation de Blanché pour l'égalité des classes F et G.
composer ≡ transiger ≝ (accommodement ∈ composer) ≡ (accommodement ∈ transiger)
qui se lit « l'équivalence de composer et transiger se définit par l'équivalence de l'appartenance de l'élément de sens accommodement à composer et à transiger. »
Pour faire un parallélisme avec les conventions de Blanché et de Chauvineau, on peut modifier le rapport marqué par le signe de l'appartenance, ‘∈’, mais on n'emploiera pas les capitales. Comme les accolades ici encadrent le sens et les éléments de sens, on peut écrire :
{{sombre}{triste}} ∈ ‘se rembrunir’ est donc l'équivalent de (x, y) ∈ A.
et qui se lisent « les éléments de sens sombre et triste appartiennent à se rembrunir » et x et y appartiennent à A.
Les propriétés ne présentent pas de problèmes : irréflexive, asymétrique, intransitive (Blanché), explicables par le clivage de nature des objets en présence.
▴ ‘rembrunit’ ∁ nouvelle qui ⊥ les assistants ⋀ ≟[{attrister} ∈ ⊥] ⊢ {assombrit}
On note ici encore la relation d'appartenance s'inscrit dans la condition conjecturale, qui peut se lire « si {attrister} appartient à rembrunir », comme la condition sémiotaxique se lit « si ‘rembrunit’ est en cooccurrence entre ‘nouvelle’ et ‘assistants’. »
Je rappelle que dans cette section les règles sont uniquement des illustrations de l'intervention d'une relation et sont donc incomplètes. Le signe de la perpendiculaire (antitruc) marque le point d'insertion du terme. Le signe de complémentarité ∁ introduit les conditions, et la condition contextuelle sémiotaxique en premier. ⊢ se lit « infère ». Le signe ⋀ signifie « et ». Et naturellement ∈ se lit « appartient à ».
Comme il s'agit d'un verbe, dans le dernier exemple, on peut songer à des applications utilisant le module :
▴ ‘rembrunit’ ∁ nouvelle qui ⊥ ⋀ [⊥[ assistants]] ⋀ ≟[{attrister} ∈ ⊥] ⊢ {assombrit}
▴ ‘rembrunit’ ∁ qui ⊥ ⋀ [nouvelle[⊥]assistants] ⋀ ≟[{attrister} ∈ ⊥] ⊢ {assombrit}
— Cette relation n'a rien de commun avec l'associativité en mathématiques et pourrait même être interprétée comme l'inverse puisque sa présence affecte le « résultat ». Il est cependant possible de la neutraliser, comme c'est le cas dans la substitution synonymique. L'association, comme je l'ai déjà dit ailleurs sur ce site, est le nom que Bernard Pottier donnait à la connotation dans sa Linguistique générale (1974) et que j'ai retenu, en raison du succès d'incompréhension qu'a notamment connu le terme de connotation dans un sens qui est exactement l'inverse de celui qu'il avait dans la philosophie classique où le concept comportait des « notes » et où le concept concret était « connotatif », c'est-à-dire lié à un sujet. Cf. Thonnard (1950:29, 32) et auparavant, John Stuart Mill.
rem On peut considérer que Goblot (1918) a été l'un des artisans de cette confusion moderne, comme tendent à le prouver ces passages tirés de sa Logique :
« La dénotation et la connotation d'un mot peuvent s'entendre subjectivement et objectivement. Cette distinction ne semble pas avoir d'importance en ce qui concerne la dénotation. Sans doute, vous et moi, nous n'attribuons pas le concept homme aux mêmes sujets, parce que nous ne connaissons pas les mêmes hommes ; mais si nous nous entendions sur la connotation, nous ne risquerions pas d'être en désaccord sur la dénotation, car nous attribuerions ou refusions la qualité d'homme d'après les mêmes règles. Nous admettons sans peine que le concept puisse être attribué à des sujets que nous ne connaissons pas dès qu'ils ont les caractères qui nous le font attribuer aux sujets que nous connaissons. C'est la connotation qui est la signification du mot, et décide de son emploi, c'est-à-dire de sa dénotation. »
« S'instruire, en général, accroître la connotation subjective [c'est moi qui souligne] des mots de son langage. Elle peut varier de deux manières : 1° Ou bien les limites de la connotation restent les mêmes ; si elles ont été fixées au moyen d'une définition, cette définition subsiste. Le cadre ne change pas, mais il se remplit, soit qu'une nouvelle expérience y importe des éléments nouveaux, soit que le raisonnement y fasse apercevoir ce qui y était enveloppé à notre insu. Si j'apprends une nouvelle propriété du triangle ou un nouveau détail de l'anatomie du chien, la connotation des notions de triangle et de chien s'enrichit pour moi sans s'élargir ni se restreindre, et leur dénotation reste la même. »
« 2° Ou bien la nouvelle connaissance oblige à quelque remaniement des anciennes, et les limites mêmes de la signification du mot se trouvent changées ; on distingue ce que d'abord on confondait, ou, au contraire, un supplément d'information, une analyse plus pénétrante permet d'identifier ce qui semblait d'abord hétérogène. Une nouvelle définition est nécessaire, plus étroite ou plus large. Ainsi, à mesure que nous nous instruisons, la compréhension subjective des mots, tantôt s'enrichit sans changer de limites, tantôt se resserre, s'étend ou se déplace. » Edmond Goblot (1918)
De connotation subjective à subjectivité de la connotation, il n'y a qu'un pas, c'est-à-dire une transformation. On se demande ce qui serait advenu s'il avait employé « définition » ou « compréhension », qui sont, ici, techniquement, les équivalents.
Comme l'association « sémantique » n'est pas une relation parallèle à une relation ou une opération logique, on ne lui attribuera pas de propriétés logiques. Il s'agit, qu'elle soit sociale ou individuelle, d'une valeur parasite. Le seul développement que j'aie apporté à la notion depuis son adoption tient en deux choses : le signe qui la note (↘, ↗) et l'admission au rang d'association des unités lexicales, glaive↗litt.. La convention dans les deux cas (élément de sens et unité lexicale) situe le mot ou l'élément en indice dans l'association péjorative et en exposant dans l'association méliorative, soit a↘b et c↗{d}. La pertinence de l'association neutre (→?) n'est encore qu'imparfaitement établie. Si l'on tient compte de la dernière phase du modèle, la signification, une association neutre est impossible, parce qu'il n'y a pas de jugement neutre, uniquement indifférent (seul « milieu » entre convenance/disconvenance opinion favorable/défavorable).
Dernière précision générale : l'association a peut-être été employée par Pottier en souvenir des rapports associatifs de Ferdinand de Saussure, ou de la tradition associationniste en psychologie, mais en ce qui me concerne, ce n'est pas le cas. Il est clair, toutefois, que le fait de reconnaître une relation entre deux objets, O1 et O2 fait d'eux une association à quelque niveau indéterminé. De même, le fait de parler de connexion implique une association psychologique ou autre. Même si cette section donne la priorité à quelques expressions liées entre elles, on ne perdra pas de vue que toutes les marques qu'utilise le lexicographe sont des associations potentielles : fig., philos., didact., fam., vx, etc., bien que Méd. et Math. peuvent être considérées comme des conditions de la règle du nom de domaine, dont le symbole est : ⌂. Soyons systématiques :
␞ systématique ∁ esprit ⊥ ≟[↗] ⊢ {{décidé} {d'avance}} (voir plus bas)
Le Petit Larousse [1918] offre un syntagme de plus comme exemple, π homme systématique. La flèche peut se suffire à elle-même dans les cas comme celui-ci où l'exemple et son explication est accompagné d'une note d'usage, ici « se prend en mauvaise part ». [Il m'a semblé s'agir d'une erreur, la mise au point ⇩.]
On notera que la définition : {dont les actions sont réglées, décidées d'avance avec précision} n'est pas recensée dans le Quillet qui par contre fait état d'opposition systématique ≍ {opposition faite de parti pris et quoi qu'il arrive}. Le même dictionnaire note, à propos du mot ‘système’, cette fois, « se dit souvent en mauvaise part » — π Il pousse trop loin l'esprit de système ≝ la tendance à tout ériger en système. Pour le Petit Larousse ‘par système’ (1) et ‘esprit de système’ (2) sont marqués implicitement, c'est-à-dire par leur définition même. Les termes parti pris, penchant, réduire sont certainement aussi marqués que ‘système’, au moins dans un sens.
1) ≝ de parti pris ;
2) ≝ penchant à tout réduire en système, à agir de parti pris
⇨ On a peut-être noté que j'avais été obligé d'opérer un choix dans la définition que donnait le Petit Larousse [1918] pour « homme/esprit systématique ». J'étais bien inspiré car cette acception est une erreur de lecture de la part des rédacteurs du Petit Larousse 1911/1918, comme le montrent le Grand Larousse du XXe siècle, qui reprend, à n'en pas douter son prédécesseur du siècle d'avant. Je signale d'abord le texte du Dictionnaire complet illustré de 1911 :
1911 Homme, esprit systématique ≝ qui, dominé par un certain ensemble d'idées, veut en faire partout l'application et y ramener toute chose. — Se dit en mauvaise part.
rappel 1918 Homme, esprit systématique ≝ dont les actions sont réglées, décidées d'avance avec précision. (Se prend en mauvaise part.)
Grand Larousse du XXe siècle ∥ En mauv. part, Qui a un système, n'agit que d'après ce système : Un médecin systématique est dangereux — Dont les actions sont réglées, décidées d'avance rigoureusement : Les hommes systématiques sont fort ennuyeux.
On comprend ce qui s'est passé, dans le souci de faire court et de transcrire, les signes graphiques (deux-points et tiret) ont été mal interprétés et le sens d'un emploi est devenu celui de l'autre, ce qui explique l'absence de l'homme systématique dans Quillet. Mais la mise en règle doit être être corrigée.
␞ systématique ∁ esprit ⊥ ≟[système↘] ⊢ {{qui a} {un système}}
L'information se rapporte au sens « en mauvaise part » de ‘système’ ≝ ensemble d'idées préconçues, d'après lesquelles on classe et l'on juge les faits (Grand Larousse du XXe siècle). Ce dictionnaire signale « contredire par système » et « se faire un système de », ≍ {tenir de parti pris, avec entêtement, à} ; π se faire un système de sa mauvaise conduite.
L'analyse du Petit Robert consiste à doter la péjoration d'un sens en propre. Je cite :
« 4° Qui pense ou agit selon un système. Esprit systématique. ⇨ (⇏) déductif, 2. logique, méthodique. — Péj. Qui est péremptoire et dogmatique, préfère son système à toute autre raison. ⇨ doctrinaire, dogmatique. »
Mais le sens courant est également marqué, cette fois « Souvent péjor. » sans que la définition elle-même le soit : « Cohérent, soutenu ; qui ne se dément pas. », avec un exemple interprété, que je transcris dans le schéma de la règle.
▴ ‘systématique’ ∁ refus ⊥ ⋀ ≟[↘] ⊢ {entêté}
Le Petit Robert a donc choisi de réhabiliter la sémiotaxie « esprit systématique », alors que la forme x de y dans le Petit Larousse 1918 est clairement péjorative, comme je l'ai signalé plus haut, en 2). L'article ‘système’ du Petit Robert opte encore une fois pour l'ambiguïté :
« 5° Absolt ESPRIT DE SYSTÈME : tendance à organiser, à relier les connaissances particulières en ensembles cohérents. « les bons esprits ont à la fois l'esprit de finesse et l'esprit de système » (Benda). — Péj. Tendance à faire prévaloir la cohérence interne, l'intégration à un système, sur la juste appréciation du réel. ⇨ systématisation. »
Il est suivi par le Trésor de la langue française :
Esprit de système. « Tendance à organiser les connaissances particulières en un tout cohérent » (FOULQ.-ST-JEAN 1962)*. Je vous fais cet aveu, monsieur, pour que vous ne soyez pas désagréablement surpris si mes réponses manquent tout à fait d'esprit de système (A. FRANCE, Vie littér., 1890, p. 192). Péj. Tendance à privilégier l'organisation théorique, les valeurs dogmatiques, en négligeant les faits réels; en partic., synon. de esprit de parti*.
* J'ai trouvé un « P. Foulquier et R. Saint-Jean, Dictionnaire de la langue philosophique (1969) », mais l'expression existait bien avant comme le montre le commentaire de Littré, ci-dessous.
Comme je ne suis pas un habitué du TLF, il m'est difficile de trouver une justification dans le fait de dater une définition postérieurement à l'exemple qui la suit. Cela me fait penser à la technique du Petit Robert qui consiste à créer des sens en fonction des exemples d'emplois qu'ils ont recueillis. On pourrait très bien imaginer que l'esprit de système de Benda obligeait le PR à faire une acception acceptable.
Littré me tire une épine du pied et semble me donner raison, d'abord avec une citation de Voltaire (à prendre en mauvaise part et que j'abrège) et ensuite par une note (anti-)synonymique :
1) Il faut se défendre de l'esprit de système. 2) ESPRIT DE SYSTÈME, ESPRIT SYSTÉMATIQUE. L'esprit de système est la disposition à prendre des idées imaginées pour des notions prouvées. L'esprit systématique est la disposition à concevoir des vues d'ensemble. L'un est un défaut, l'autre peut être une qualité.
Je laisse le lecteur trancher. Car il s'agit désormais, comme disait Goblot, de « connotation subjective », quel qu'en soit le sens.
rem On peut voir une analogie entre la relation associative (relation de sens associé ou de terme associé) et l'implication telle qu'on l'applique à l'analyse d'une acception. Cf. médisance ⇒ {exact} et quolibet ↘moquerie.
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