De l'inférence sémantique
Exceptionnellement, l'ordre n'est pas suivi : les annexes 1 et 3 sont autonomes (elles ont leur propre page) et les addenda 2 se retrouvent ici ; les addenda quatre passent en seconde partie de l'annexe 1 (après la terminologie), comme les principes ont désormais leur propre page.
On peut admirer à quel point de pareils conseils permettent d'éviter les erreurs, mais il resté à se demander si, pour empêcher un faux pas, ils n'en viennent pas à prescrire l'immobilité. Milhaud (1898) [À propos de Bacon].
Encore en 1624, le Parlement de Paris défendait, à peine de vie, de tenir ni enseigner aucune maxime contre les auteurs anciens et approuvés. J. Duval-Jouve (1844)
Il n'y point d'absurdités si insupportables qui ne trouvent des approbateurs. Quiconque a dessein de piper le monde est assuré de trouver des personnes qui seront bien aises d'être pipées; et les plus ridicules sottises rencontrent toujours des esprits auxquels elles sont proportionnées. Charles Waddington (1857) citant la Logique de Port-Royal (1662)
le monde est tout confit, déchiré et vilainé d'opinions fantastiques, forgées en son propre cerveau. Charron (Discours chrétiens. 1600) - cité par Lafargue.
Logique et psychologie Remarques & extraits « inintégrables » et néanmoins pertinents.
Extrait de la Logique de Port-Royal (1662) cité par J. Philibert Damiron (1836) - C'est pourquoi, quand on n'a pas dessein de faire connaître simplement en quel sens on prend un mot, mais qu'on prétend expliquer celui auquel il est communément pris les définitions qu'on en donne ne sont nullement arbitraires, mais elles sont liées et astreintes à représenter non la vérité des choses, mais la vérité de l'usage et on les doit estimer fausses si elles n'expriment pas véritablement cet usage, c'est-àdire si elles ne joignent pas aux sons les mêmes idées qui y sont jointes par l'usage ordinaire de ceux qui s'en servent. Et c'est ce qui fait voir aussi que ces définitions ne sont nullement exemptes d'être contestées, puisque l'on dispute tous les jours de la signification que l'usage donne aux termes. » Or, quoique ces sortes de définitions de mots semblent être le partage des grammairiens, puisque ce sont celles qui composent les dictionnaires, qui ne sont autre chose que l'explication des idées que les hommes sont convenus de lier à certains sons, néanmoins on peut faire sur ce sujet plusieurs réflexions très-importantes pour l'exactitude de nos jugements.
La première, qui sert de fondement aux autres, est que les hommes ne considèrent pas souvent toute la signification des mots, c'est-à-dire que les mots signifient souvent plus qu'il ne semble, et que, lorsqu'on en veut expliquer la signification, on ne représente pas toute l'impression qu'ils font dans l'esprit.
Car signifier, dans un son prononcé ou écrit, n'est autre chose qu'exciter une idée liée à ce son dans notre esprit en frappant nos oreilles ou nos yeux. Or il arrive souvent qu'un mot, outre l'idée principale que l'on regarde comme la signification propre de ce mot, excite plusieurs autres idées qu'on peut appeler accessoires, auxquelles on ne prend garde, quoique l'esprit en reçoive l'impression. l'impression.
Par exemple, si l'on dit à une personne : « Vous en avez menti », et que l'on ne regarde que la signification principale de cette expression, c'est la même chose que si on lui disait Vous savez le contraire de ce que vous dites. Mais, outre cette signification principale, ces paroles emportent dans l'usage une idée de mépris et d'outrage, et elles font croire que celui qui nous les dit ne se soucie pas de nous faire injure; ce qui les rend injurieuses et offensantes.
Quelquefois ces idées accessoires ne s ont pas attachées aux mots par un usage commun; mais elles y sont seulement jointes par celui qui s'en sert. Et ce sont proprement celles qui sont excitées par le ton de la voix, par l'air du visage, par les gestes, et par les autres signes naturels qui attachent à nos paroles une infinité d'idées, qui en diversifient, changent, diminuent, augmentent la signification en y joignant l'image des mouvements, des jugements, et des opinions de ceiui qui parle.
C'est pourquoi, si celui qui disait qu'il fallait prendre la mesure du ton de sa voix, des oreilles de celui qui écoute, voulait dire qu'il suffit de parler assez haut pour se faire entendre, il ignorait une partie de l'usage de sa voix, le ton signifiant souvent autant que les paroles même. Il y a voix pour instruire, voix pour flatter, voix pour reprendre. Souvent on ne veut pas seulement qu'elle arrive jusqu'aux oreilles de celui à qui on parle, m:us on veut qu'elle le frappe et qu'elle le perce; et personne ne trouverait bon qu'un laquais que l'on reprend un peu fortement répondit Monsieur, parlez plus bas, je vous entends bien, parce que le ton fait partie de la réprimande, et est nécessaire pour former dans l'esprit l'idée que l'on veut y imprimer.
Mais quelquefois ces idées accessoires sont attachées aux mots mêmes, parce quelles s'excitent ordinairement par tous ceux qui les prononcent. Et c'est ce qui fait qu'entre des expressions qui semblent signifier la même chose les unes sont injurieuses, les autres douces; les unes modestes, les autres impudentes; les unes honnêtes, et les autres déshonnëtes parce que, outre cette idée principale en quoi elles conviennent, les hommes y ont attaché d'autres idées qui sont causes de cette diversité. (...) C'est encore par là qu'on peut reconnaître la différence du style simple et du style figuré, et pourquoi les mêmes pensées nous paraissent beaucoup plus vives quand elles sont exprimées par une figure que si elles étaient renfermées dans des expressions toutes simples car cela vient de ce que les expressions figurées signifient, outre la chose principale, le mouvement et la passion de celui qui parle, et impriment ainsi l'une et l'autre idée dans esprit, au lieu que l'expression simple ne marque que la vérité toute nue. (suit l'analyse d'un demi-vers de Virgile) [...]
Ces idées accessoires étant donc si considérables, et diversifiant si fort les significations principales, il serait utile que ceux qui font des dictionnaires les marquassent, et qu'ils avertissent, par exemple, des mots qui sont injurieux, civils, aigres, honnêtes, déshonnêtes; ou plutôt qu'ils retranchassent entièrement ces derniers, étant toujours plus utile de les ignorer que de les savoir. » Arnauld, Antoine (1612-1694) Nicole, Pierre (1625-1695)
Logique succincte
Les trois principales opérations de notre esprit sont : 1° concevoir simplement Jes choses par la représentation intérieure qui nous en donne l'idée. L'idée est donc le résultat ou l'objet de cette première opération qu'on nomme aussi perception, 2° Juger, c'est unir deux idées en affirmant que l'une convient à l'autre, ou les désunir en niant que l'une convienne à l'autre. Pour cela, il faut apercevoir leur ressemblance ou leur différence. 3° Raisonner, c'est déduire un jugement d'un autre jugement précédent, dont il résulte comme conséquence. -- Quand vous dites : maison, homme, arbre, vous n'exprimez par ces mots que de simples objets représentés dans votre esprit. Le jugement a lieu quand vous liez l'idée d'un objet à l'idée d'un autre. (...) Si vous dites : cette maison est belle, vous exprimez un jugement qui nie la liaison des deux idées existantes dans votre esprit. Le raisonnement a lieu quand on porte un jugement comme étant la suite d'un autre. Vous formez un raisonnement en disant: Cette maison est belle, donc elle sera vendue chèrement; car le second jugement est déduit du précédent. -- (...) si [l'idée] représente un objet corporel, un arbre, une maison, etc., elle vient alors de l'imagination, ou faculté de produire des images. Il y a des idées dont nous concevons l'objet spirituellement et sans nous en former aucune image; par exemple : la beauté, la vertu, ou quelque autre qualité séparée par l'abstraction du sujet oîi elle réside. --- Les idées ne nous représentent pas les objets eux-mêmes, mais les notes, caractères, propriétés ou qualités qui les distinguent. Si toutes ces qualités conviennent effectivement à l'objet qu'on veut représenter, l'idée est juste; mais cela arrive rarement : l'expérience nous apprend à nous méfier de nos connaissances, et principalement de ce qui nous vient par l'imagination. Il y a plusieurs sortes d'idées : les idées sont générales, particulières ou singulières. Une idée singulière, ou individuelle est celle dont toutes les notes ensemble ne conviennent qu'à un individu, c'est-à-dire à un objet unique, entre tous ceux qui existent, en quelque genre que ce soit. Nous exprimons cet objet singulier ou individuel par un nom propre, et quelquefois par un nom commun, mais en y ajoutant un pronom démonstratif ou quelque autre marque déterminative, comme Socrate, Rome, cette maison, le livre que je lis, etc. Une idée dont toutes les notes conviennent à plusieurs individus n'est pas singulière, mais générale ou particulière :
1° Générale, si elle s'étend à tous les individus d'une même classe ou espèce : telle est l'idée exprimée par le mot homme, parce que ce qui constitue l'homme, la vie, le sentiment, la raison, appartient également à tous les individus de l'espèce humaine.
2° Particulière, si elle ne s'étend qu'à une partie des individus de la même espèce. Ainsi : quelques hommes, plusieurs étoiles, etc. (...) l'idée d'animal est plus étendue que celle d'homme ou de bête, puisqu'elle contient tous les individus de l'une et de l'autre espèce. L'animal est appelé genre par rapport à ces deux espèces. Remarquez que le genre par rapport à l'espèce inférieure, devient espèce par rapport au genre supérieur. Ainsi l'animal et la plante, qui sont deux genres, deviennent espèces par rapport à la créature vivante corporelle, qui est un genre supérieur.
-- (...) Le jugement s'exprime par une proposition affirmative ou négative. Et comme dans le jugement il y a deux idées à joindre ou à séparer, de mène dans la proposition il y a deux termes qui expriment ces idées. Le premier est appelé sujet, l'autre, attribut. Dans la proposition affirmative, entre le sujet et l'attribut, se trouve le verbe, est, servant de lien ou de noeud pour joindre l'un à l'autre. Dans la proposition négative, ou l'on exprime que l'attribut ne convient pas au sujet, il faut ajouter une négation au verbe.
(...) La proposition est universelle , quand le sujet est pris universellement, comme lorsqu'on dit : Tous les hommes sont mortels. La proposition est particulière, quand le sujet est pris particulièrement. Exemple: Quelques hommes sont vertueux. La proposition est singulière, quand elle a pour sujet un seul individu. Exemple : Pierre est courageux. Il y a des propositions qui méritent une attention spéciale : ce sont celles qu'on nomme définitions, La définition est une courte proposition qui exprime la nature d'un objet. Pour être bonne, elle doit contenir le genre le plus prochain et la différence spécifique du sujet, c'est-à-dire indiquer à quel genre voisin le sujet appartient et par quels attributs il diffère de toute autre espèce de ce genre.
-- Le syllogisme est un raisonnement qui consiste en deux propositions dont on déduit une troisième ; il est ordinairement fondé sur un des deux principes suivants, où il n'y a pas d'erreur possible :
I. Ce qui convient à l'idée d'une généralité convient à chacun des individus qui composent cette généralité.
II. Ce qui ne convient pas à l'idée d'une généralité, ne convient à aucun des individus qui entrent dans la même généralité. Les deux premières propositions du syllogisme se nomment Prémisses ; la plus générale des deux prémisses se nomme Majeure; la moins générale, ordinairement la seconde, se nomme Mineure. La troisième proposition déduite des deux autres par une conséquence, légitime ou illégitime, se nomme Conclusion. Quand les prémisses sont vraies et la conséquence légitime, c'est-à-dire contenue dans les prémisses, le syllogisme est matériellement et formellement en règle, soit par exemple les syllogismes suivants :
SUR LE PREMIER PRINCIPE;
Toute injustice est défendue; Majeure. Or, l'usure est une injustice; Mineure. Donc l'usure est défendue.
SUR LE SECOND PRINCIPE.
Nul péché n'est permis; Majeure. Or, tout mensonge est un péché ; Mineure. Donc nul mensonge n'est permis. (...) Dans un syllogisme simple, il n'y a que trois propositions, et par conséquent trois sujets et trois attributs. Pour exprimer ces trois sujets et ces trois attributs, on ne se sert que de trois termes différents ; ainsi dans le syllogisme précédent [Tous les hommes sont mortels ; Or, tous les rois sont hommes ; Donc tous les rois sont mortels. Les rois sont mortels parce qu'ils sont] les trois termes sont :
1° Tous les hommes,
2° Mortels,
3° Tous les rois --AMJMG (1884)
William Hamilton (1788-1856), commenté par - Charles T. Waddington (1857) - « Tout homme est quelque animal », et l'on peut convertir cette proposition, puisque les quelques animaux que l'on a pensés comme attribut, sont précisément les hommes. On a donc la proposition: « Quelques animaux sont hommes ». (...) Il est évident qu'elle doit être ainsi formulée: « Quelques animaux sont tous les hommes », ou « Quelque animal est tout homme » car l'espèce du genre animal que l'on pense comme sujet sous cette expression quelque animal, est l'espèce humaine tout entière et sans restriction. Il n'est pas moins évident que la conversion légitime de cette proposition nous rendra notre proposition de tout à l'heure: Tout homme est quelque animal.
Il en est de même, suivant M. Hamilton des propositions négatives, dont il distingue aussi quatre espèces, savoir 1° La proposition toto-totale qui se convertit en une toto-totale. Exemple « Aucun être libre n'est aucun être inintelligent » convertissez « Aucun être inintelligent n'est aucun être libre ». 2" La proposition toto-partielle, qui se convertit en une parti-totale. Ex « Aucun hommen'est quelque savant », c'est-à-dire savant d'une certaine manière; convertissez « Quelque savant n'est aucun homme », c'est-à-dire qu'une certaine science ne se rencontre chez aucun homme. 3° La proposition parti-totale qui se, convertir en une toto-partielle. Ex: « Quelque homme n'est aucun vertueux », c'est-à-dire nullement vertueux; convertissez: « Aucun être vertueux n'est quelque homme », c'est-à-dire dans une certaine espèce du genre homme. 4° La proposition parti-partielle, qui se convertit eu une autre parti-partielle. « Quelques grammairiens ne sont pas quelques savants », c'est-à-dire savants d'une certaine manière convertissez « Quelques savants ne sont pas quelques grammairiens », c'est-à dire ne se rencontrent pas dans une certaine espèce, de grammairiens. William Hamilton (1788-1856) cité par - Charles T. Waddington (1857)
Syllogisme inductif de Hamilton (1788-1856) ou (chez les scolastiques) induction parfaite ou argumentation par énumération des parties, c'est-à-dire un raisonnement qui consiste à affirmer on à nier d'un tout ce qui a été affirmé ou nié de toutes ses parties, comme dans l'exemple suivant: « La logique, la métaphysique la physique et la morale sont utiles or, ce sont là toutes les parties de la philosophie,- donc la philosophie est utile »; ou dans cet autre « L'idée de Dieu ne dérive ni du toucher, ni du goût, ni de l'odorat ni de l'ouïe, ni de la vue; or, ce sont là tous les sens; donc fidée de Dieu ne dérive point des sens ». A vrai dire, un raisonnement de cette sorte ressemble pi utôt à la première opération de l'arithmétique qu'à tout autre procédé de l'esprit, et c'est encore une question de savoir jusqu'à quel point on peut le ramener, soit à l'induction, soit même au syllogisme régulier. - Charles T. Waddington (1857)
« Si tels sont la nature et les rapports du tout logique et de ses parties, on voit évidemment quelles doivent être les conditions sous lesquelles les deux modes de conclusion logique sont possibles. L'un de ces modes, celui qui procède du tout aux parties, est le raisonnement déductif, ou le syllogisme proprement dit l'aulre, celui qui procède des parties au tout, est le raisonnement inductif. Le premier est gouverné par cette règle: ce qui appartient ou n'appartient pas au tout contenant, appartient ou n'appartient pas à chaque partie et à toutes les parties contenues ; le second, par celle-ci ce qui appartient ou n'uppartieni pas à toutes les parties constituantes, appartient ou n'appartient pas au tout constitué. Ces règles déterminent exclusivement toute conclusion formelle lesoulrepasser ouïes violer, c'est outrepasser ou violer la logique toutes deux sont également absolues. La corrélation des deux modes devient surtout frappante si on emploie les mêmes signes pour formuler l'opération ascendante du syllogisme inductif, et l'opération descendante du déductif.
| Inductif | Déductif |
| X, Y, Z sont A ; X,Y, Z sont (le tout) A ; donc B est A | B est A ; X, Y, Z sont (en) B ; donc X, Y, Z sont A |
| ou bien : | ou bien : |
| A contient X, Y, Z ; X, Y, Z constituent B ; donc A contient B | A contient B ; B contient X, Y, Z ; donc A contient X, Y, Z. |
Ces deux syllogismes présentent, chacun dans son espèce, une figure naturelle et parfaite c'est ce qu'on ne contestera pas du moins du déductif, qui est de la première figure, etc. » (...) Il maintient hardiment la légitimité de son syllogisme inductif dans la troisième figure, en s'opposant à toute conversion, attendu que, suivant lui, personne ne contestera une conclusion étahlie comme il suit
X, Y, Z sont (en) A;
X, Y, Z sont (le tout) B;
donc (le tout) Best (en) A.
Il ne faut donc pas, dit-il, apprécier l'argument d'après le type du déductif. W. Hamilton, cité/commenté par Charles T. Waddington (1857)
Platon pose donc la croyance comme un genre inférieur de connaissance. Dans son ébauche d'une théorie de la connaissance, en effet (4), il en distingue quatre degrés : deux sensibles et deux intelligibles et les deux degrés inférieurs (sensibles) sont la conjecture et la croyance. Celle-ci elle-même se subdivise en croyance vraie et croyance fausse. La croyance, en effet, peut être vraie et alors, quoiqu'inférieure à la science elle s'en rapproche si fort qu'en plusieurs endroits (notamment à la fin du Philèbe et à la fin du Mènon) Platon les place presque sur le même rang puisqu'il range les opinions vraies et les sciences parmi les biens. La croyance fausse, au contraire, paraît se confondre avec la conjecture. [Camille Bos] Camille Bos (1901)
Les associations suggérées et spontanées se divisent également en 2 groupes de 3 grandes catégories elles sont discursives, analytiques ou synthétiques; indifférentes, abstraites ou concrètes. Les associations discursives, coordonnées, vont de partie à partie, d'élément à élément d'un même composé, de contenu à contenu d'un même contenant, de produit à produit d'un même producteur (ou d'effet à effet d'une même cause), de producteur à producteur d'un même produit (ou de cause à cause d'un même effet), de facteur à facteur d'une même fonction, de fonction à fonction d'un même facteur, de synonyme à synonyme. Les associations analytiques sont du tout (inducteur) à partie (induite), de contenant à contenu, de composé à élément, de produit à producteur, de fonction à facteur, d'effet à cause. Les associations synthétiques sont exactement inverses des précédentes. Les associations abstraites sont généralisantes, et vont d'un terme à un terme plus général et plus abstrait qui contient le premier. Inversement les associations concrètes sont particularisantes et vont d'un terme à un terme plus concret, plus particulier, contenu dans le premier, ou à un qualificatif déterminant qui particularise le premier. Les associations indifférentes vont d'un terme à un autre sur le même plan d'abstraction et de particularité. Henri Piéron (1904)
SYLLOGISME (Logique).
Le syllogisme, dont le nom en grec signifie proprement conclusion, a été défini par Aristote un ensemble de trois propositions tel que les deux premières étant admises il y a nécessité d'admettre la troisième. Cependantcette définition conviendrait aussi bien à d'autres formes du raisonnement déductif, par exemple aux raisonnements mathématiques de cette sorte A =B, B = C donc A = C, ou encore A> B, B = C donc A > C. Il faut donc entendre ici par « propositions » des jugements de l'ordre qualitatif dont les deux termes soient des notions de genre et d'espèce; et c'est seulement à la condition de se placer à ce point de vue, lequel est d'ailleurs celui d'Aristote dans son Organon et de toute la logique traditionnelle, que le syllogisme peut être considéré comme le type ou le schéma du raisonnement déductif. On pourrait encore définir le syllogisme en disant qu'il a pour but, deux propositions étant données qui contiennent un terme commun, d'en tirer une troisième proposition qui en soit la conséquence nécessaire par l'élimination de ce terme commun et le rapprochement des deux autres termes. Les deux premières propositions s'appellent prémisses; la troisième s'appelle conclusion le terme commun aux deux prémisses s'appelle moyen terme; les termes non communs s'appellent extrémes. Soit ce syllogisme Toute institution humaine est imparfaite toute forme de gouvernement est une institution humaine donc toute forme de gouvernement est imparfaite le lecteur y distingue immédiatement les prémisses et la conclusion. Quant aux termes, les extrêmes sont forme de gouvernement et (chose) imparfaite; le moyen est institution humaine.
Au point de vue de l'extension, on peut voir que l'un des extrêmes, sujet de la conclusion, est compris dans l'autre attribut c'est pourquoi le premier s'appelle petit. terme ou mineur, et le second, grand terme ou majeur. Par cela même on donne le nom de majeure à celle, desdeux prémisses qui contient le grand terme, et le nom de mineure à celle qui contient le petit. Le moyen terme, qui est le pivot du syllogisme, doit son nom tout à la fois à sa fonction (il est le moyen de la démonstration, étant la raison ou la cause de la conclusion pourquoi toute forme de gouvernement est-elle imparfaite ? parce qu'elle est une institution humaine), à sa place (il est au milieu des extrêmes, intermédiaire entre l'un et l'autre) et à sonextension (il est en effet plus étendu que le petit et moins étendu que le grand). Aussi tout l'intérêt de la théorie du syllogisme réside-t-il dans l'interprétation du rôle qu'y joue le moyen terme et cette interprétation varie selon qu'on se place au point de vue de l'extension ou de la compréhension des termes. Au premier point de vue, qui est celui des logiciens de l'école, le moyen sert à faire voir que le petit que lui-même contient est comme lui contenu dans l'extension du grand ou exclu de cette extension. Le principe fondamental du syllogisme est alors le dictum de omni et nullo qui se formule ainsi Dictum de omni et nullo dicitur etiam de quibusdam et singulis ; et le syllogisme peut se symboliser, selon la méthode d'Euler, par les rapports de trois cercles qui s'enveloppent ou qui se coupent. Au second point de vue, le moyen sert à faire voir que le grand que lui-même contient est lui-même contenu dans la compréhension du petit ou qu'il en est exclu ; et le principe du syllogisme est alors le dictum de continenti et contento Quod dicitur de continenti dicitur etiam de contento ou, sous une forme qui s'applique plus expressément à la compréhension Proedicatum proedicati est etiam proedicatum subjecti. Les lois qui font dépendre la conclusion des prémisses et qui règlent les rapports des termes entre eux ont été déterminées par Aristote et résumées par les logiciens du moyen âge en formules latines dont on attribue la paternité à Pierre d'Espagne (Jean XXIII): Terminus esto triplex medius majorque minorque. Nunquam contineat medium conclusio fas est. Aut semel aut iterum medius generaliter esto. Latius hos quam præmissæ conclusio non Ambæ affirinantes vult, nequeunt generare negantem. Nuitlraque [?] si præmissa neget, nihil inde sequetur sequitur geminis ex particularibus unquam. Pejorem sequitur semper conclusio partem. On remarquera que les quatre premiers vers sont relatifs aux termes et les quatre derniers aux propositions. Le troisième contient une des conditions les plus importantes de la validité du syllogisme à savoir que le moyen terme doit être pris au moins une fois dans toute son extension le huitième signifie que si l'une des deux prémisses est négative ou particulière, la conclusion l'est forcément aussi. Comparésentre eux au seul point de vue de leur formeet abstraction faite de leur matière c.-à-d. du contenu des notions quiles composent, les syllogismes différent, soit par la figure, soit par le mode. La figure dépend de la place occupée par le moyen dans les prémisses. Or il n'y a que quatre combinaisons possibles ou le moyen est sujet dans la majeure et attribut dans la mineure, ou il est attribut dans les deux, ou il est sujet dans les deux, ou il est attribut dans la majeure et sujet dans la mineure. Ces quatre combinaisons constituent les quatre figures auxquelles on n'a pas donné de nom particulier et qu'on désigne simplement par des numéros 1e, 2e, 3e, etc. Elles sont résumées dans ce vers mnémonique où sub veut dire sujet (subjectum) et proe, prédicat, attribut (proedicatum) Sub præ, tum præ præ, tum sub sub, denique præ sub.
Aristote n'admet que trois figures, la première où le moyen est sujet dans l'une des prémisses et attribut dans l'autre (et qui comprend par conséquent la quatrième), la deuxième où il est attribut dans les deux prémisses, et la troisième où il est deux fois sujet. La quatrième figure a été, dit-on, détachée de la première par le médecin philosophe Galien, d'où le nom de figure galénique qu'on lui donne quelquefois. En outre, d'après Aristote, la première figure est seule parfaite.; les deux autres sont dites. imparfaites et doivent se ramener à la première pour devenir complètement démonstratives. Il semble bien cependant que ces différentes figures représentent toutes trois des formes également naturelles et légitimes du raisonnement, comme Lachelier a essayé de le démontrer. Le mode d'un syllogisme dépend, de la quantité et de la qualité des propositions qui le composent. On sait que les logiciens distinguent, à ce double point de vue, quatre espèces de propositions, les universelles affirmatives et négatives et les particulières affirmatives et négatives, symbolisées respectivement par les quatre voyelles A, E, I, 0. Sans entrer ici dans le détail dés divers procédés employés pour déterminer les modes concluants, disons qu'on en reconnait généralement 19 dont 4 dans la première figure, 4 dans la deuxième, 6 dans la troisième et 5 dans la quatrième. Les scolastiques leur ont donné des noms conventionnels en prenant pour squelettes de ces noms les trois voyelles qui symbolisent dans chacun d'eux les propositions composantes. En voici la liste rédigée en vers mnémotechniques Barbara, celarent, darii, ferio, data Primæ Cesare, camestres, festino, baroko, Secundæ Tertia, darapti, disamis, datisi, felapton, Bocardo, ferison, habet quarta insuper addit Bramantip, camenes, dimaris, fesapo, fresison. Le syllogisme que nous avons donné plus haut comme exemple étant composé de trois universelles affirmatives, A, A, A, appartient au mode Barbara de la première figure. Tout ce qui vient d'être dit concerne le syllogisme simple ou catégorique, dans lequel les trois termes sont affirmés ou niés purement et simplement, mais il y a aussi des syllogismes composés dans lesquels l'affirmation on la négation implique en outre soit une condition soit une alternative. Tels sont le syllogisme hypothétique (si a est b, il est c; or il est b donc il est c ou au contraire, or il n'est pas c, donc il n'est pas b) et le syllogisme disjonctif (a est b ou c or il est b, donc il n'est pas c ou au contraire, or il n'est pas b, donc il est c) auxquels se rattache le dilemme qui est une combinaison de l'un et de l'autre et qui pourrait se schématiser ainsi si a est b ou b', il est c or il est b ou b'; donc il est c ou au contraire, il n'est ni b ni b', donc il n'est pas c. En outre, du syllogisme simple dérivent des syllogismes plus ou moins irréguliers, dont les principaux sont l'enthymème, l'épichérème, le polysyllogisme qui se décompose en prosyllogisme et épisyllogisme, le sorite etc. Le syllogisme a été porté aux nues par la scolastique qui en a fait la méthode unique, universelle après l'avoir d'ailleurs réduit à une mécanique, à la fois vide et compliquée, ou l'application des règles dispensait de réfléchir aux idées mêmes et à leurs rapports. Mais, d'une part, autre chose est la déduction, opération vivante de l'esprit, susceptible de revêtir une infinité de formes concrètes, autre chose le syllogisme, formule théorique, idéale, schématique de la déduction artificiellement réduite à ses éléments essentiels. Il est vrai que tout raisonnement, pour être correct, doit pouvoir se ramener à un ou plusieurs syllogismes mais il serait trop long et le plus souvent inutile d'opérer cette réduction c'est, dit Leibniz, comme si l'on voulait. toujours compter sur les doigts, même dans les calculs des hautes mathématiques. D'autre part, la déduction (et à plus forte raison le syllogisme) ne saurait être la méthode unique, universelle.
Elle garantit la vérité de la conclusion si les prémisses sont vraies mais elle ne garantit pas la vérité des prémisses. Elle est donc subordonnée àune méthode supérieure par laquelle s'établissent les principes dont elle ne fait que tirer les conséquences et l'une des formes de cette méthode supérieure est la méthode expérimentale ou inductive, absolument irréductible au syllogisme. Cependant, même considéré sous sa forme théorique et schématique, le syllogisme, outre l'intérêt spéculatif qu'il est impossible de lui refuser, peut encore être utile, soit comme exercice logique pour apprendre à décomposer et recomposer le raisonnement, soit comme instrument de contrôle pour analyser et mettre à l'épreuve un raisonnement obscur et compliqué, soit comme instrument d'exposition pour présenter un raisonnement sous sa forme la plus brève et la plus précise. D'autres objections plus graves ont été faites par les modernes contre le syllogisme, mais elles portent en réalité contre la déduction elle-même. Ainsi on lui a reproché d'être une pure tautologie et par conséquent d'être impuissant à rien découvrir c'est l'accusation de Descartes « Pour la logique, dit-il dans le Discours de la méthode, ses syllogismes et la plupart de ses autres instructions servent plutôt à expliquer à autrui les choses qu'on sait qu'à les apprendre. » Stuart Mill prétend que le syllogisme contient une pétition de principe et par conséquent ne peut rien prouver et cette critique suppose comme la précédente que toute déduction n'est au tond qu'une suite d'identités. Sans entrer dans l'examen de cette délicate question, rappelons le jugement de Leibniz sur la valeur du syllogisme « Il faut avouer quela forme scolastique des syllogismes est peu employée dans le monde et qu'elle serait trop longue et embrouillerait si on la voulait employer sérieusement. Et cependant, je tiens que l'invention de la forme des syllogismes est une des plus belles de l'esprit humain, et même des plus considérables. C'est une espèce de mathématique universelle, dont l'importance n'est pas assez connue, et l'on peut dire qu'un art d'infaillibilité y est contenu, pourvu qu'on sache et qu'on puisse s'en bien servir (Leibniz, Nouveaux Essais, liv. IV, ch. xvn, par. 4.). E. BOIRAC.
BIBL.: ARISTOTE, Organon, Analytiques Premiers. PORT-ROYAL,Logique, 3°partie. BOSSUET,Logique. LEIBNIZ, Nouveaux Essais, liv. IV. ch. XVII. KANT,Logique. STUART MILL,Philosophie de Hamilton, ch. xx à xxiv; Système de logique, liv. I et II. RENOUVIER, Logique, t. II. TAINE,l'Intelligence, liv. IV, LACHELIER, De natura syllogismi Paul JANET,De la nature du syllogisme, dans Revuephilosophique. t. XII. BROCHARD, Logique de Stuart Mill, ibid, t. XII. LIARD, les Logiciens anglais contemporains.
« Tout être organisé forme un ensemble, un système unique et clos, dont les parties se correspondent mutuellement et concernent la même action définitive par une action réciproque. Aucune de ces parties ne peut changer sans que les autres changent aussi. » G. Cuvier, cité par Cassirer, d'après B. Malmberg, Les nouvelles tendances de la linguistiques, p. 322, reproduit par Peytard et Genouvrier, p. 98.
Au sujet du dictionnaire de l'Académie, Fénelon, dans sa Lettre à M. Dacier, secrétaire perpétuel de l'Académie française, sur les occupations de l'académie (1714), cite Horace à propos de l'usage.

Syntaxe (structurale). Étude, analyse descriptive appliquée à un ensemble d'énoncés et fondée sur des critères explicites (distributions et/ou oppositions; constituants immédiats), permettant de déterminer les unités qui composent les énoncés et d'établir les relations hiérarchiques que ces unités entretiennent entre elles. La syntaxe structurale peut se caractériser par un triple refus: refus des ellipses, refus des considérations sémantiques, refus de distinguer entre la syntaxe et la morphologie (...). Par une suite d'opérations, l'analyse permet de dégager les unités qui composent les énoncés et les relations hiérarchiques que ces unités entretiennent entre elles (D. D. L. 1976).
Syntaxe (générative). Partie générative de la grammaire, constituée d'une base donnant les structures profondes des phrases et des transformations donnant les structures superficielles, qui a pour fonction d'engendrer selon des règles formelles toutes les suites de morphèmes considérées comme grammaticales dans une langue donnée et elles seules. Synon. composante syntaxique (v. ce mot infra dér.). La syntaxe générative intègre certains aspects de la syntaxe structurale, mais elle prétend à la fois résoudre les difficultés auxquelles se heurtait la syntaxe structurale et rendre compte du fait que tout sujet parlant peut émettre ou comprendre un nombre indéfini d'énoncés, même s'il ne les a jamais prononcés ou entendus (D. D. L. 1976).
Attribution ou prédication ?
La réduction de tous les jugements à des jugements d'attribution (à copule)*⇩ est l'erreur fondamentale de la Logique classique on sait combien elle a duré, et combien elle a engendré d'opinions fausses et pernicieuses. C'est grâce à elle que, pendant des siècles, on a cru que tout raisonnement déductif est réductible au syllogisme, ou, qui pis est, que la Logique repose sur le seul principe de contradiction. La linguistique s'accorde avec la logique pour condamner cette conception et lui retirer tout fondement, même historique. Les jugements d'attribution ne sont pas la règle, mais plutôt l'exception; loin de constituer la forme générale et normale des jugements, ils ne sont qu'une forme toute particulière. La forme générale est le jugement de prédication, où le prédicat peut être un verbe quelconque, seul ou accompagné de compléments. Louis Couturat (1912)
*⇨ [Attributive] Proposition conçue comme affirmant ou niant une qualité d'un sujet, par opposition, soit à la proposition conçue comme décomposée en un sujet et un prédicat (comprenant la copule), soit à la proposition formée de deux termes unis par une relation. (Lalande, p.97, article auquel renvoie l'expression « jugement ou proposition d'attribution »).
Dans L'Archéologie du savoir, Foucault énumère certains traits qu'il assigne au savoir scientifique, recueilli par le GDEL :
[a] Un savoir, ce dont on peut parler dans une pratique discursive (voir [f]), qui se trouve par là spécifiée : le domaine constitué par les différents objets qui acquéreront ou non un statut scientifique [...]
[b] un savoir, c'est aussi l'espace dans lequel un sujet peut prendre position pour parler des objets auxquels il a affaire dans son discours [...]
[c] un savoir, c'est aussi le champ de coordination et de subordination des énoncés où les concepts apparaissent, se définissent, s'appliquent et se transforment [...]
[d] enfin un savoir se définit par des possibilités d'utilisation et d'appropriation offertes par le discours [...]
[e] il y a des savoirs qui sont indépendants des sciences (qui n'en sont ni l'esquisse historique ni l'envers vécu), mais [...]
[f] il n'y a pas de savoir sans une pratique discursive définie ; et toute pratique discursive peut se définir par le savoir qu'elle forme.
Le graphique est le même que celui du chapitre 12.

On n'ose parler de verbalisme, mais ni les répétitions ni la circularité ne manquent. À l'en croire, donc, le discours parle du savoir et celui-ci (en échange) le spécifie (c'est-à-dire, je suppose, qu'il devient le discours du/de la X [X étant une matière (à discours)]), mais [a] ne fournit là aucun trait définitoire, à l'exception du domaine. C'est ce domaine qui est le X. Discours de la zoologie, de la paléontologie, mais aussi du structuralisme, du marxisme, etc. On notera que les objets deviennent scientifiques dans le domaine qui fait l'objet d'un discours qui parle d'un savoir, ainsi que le savoir lui-même. Néanmoins le paléontologue peut tenir un discours sur les qualités de café, comme sur les conditions scientifiques de la paléontologie (un discours épistémologique sans savoir correspondant, autre que le domaine dont il parle [dont l'ichtyolithe serait un objet]).
Le discours porte sur des objets et comporte un agent, le sujet (humain), et c'est à lui que Foucault ménage un espace [b] pour qu'il y prenne position. Mais cet espace n'est que la place du sujet dans le discours, et non dans le savoir. On ne prend pas position dans un savoir, mais par rapport à un savoir, ainsi que par rapport à un discours, sans mettre en cause le savoir indépendamment du sujet devenu alors objet d'un autre discours.
Avec [c] la gêne s'accroît (cas d'animisme structuraliste, en plus de dédoubler la « pratique discursive » ou le discours, version structurale de « ils se marièrent et eurent beaucoup de concepts »). Les propriétés (je parle des articulations) qu'il donne aux énoncés appartiennent aux propositions, ou sa phrase est ambiguë. D'autre part, les concepts sont les acteurs d'une étrange pièce jouée dans ce champ. On n'est d'ailleurs pas sûr de l'endroit où les concepts apparaissent : dans le champ ou dans les énoncés. On a un domaine, un espace, un champ. Le savoir de Foucault est spatial. Ce champ est repris au sein de [f] : si le savoir est le champ, ce champ est celui de la pratique discursive.
Avec [d], le discours offre des possibilités d'utilisation et d'appropriation qui définissent le savoir. Et si c'était le savoir qui permettait d'exploiter le discours ? Il devient de plus en plus clair que spatialement le savoir c'est le discours.
[e] constitue sans doute la seule véritable information sur le savoir — il y a des savoirs en dehors de la science.
Le dernier extrait d'Archéologie du savoir, [f], confirme la circularité : le savoir n'existe pas hors de la pratique discursive (le discours pour les intimes). Et le discours forme le savoir qui le définit (le savoir spécifie la pratique discursive). Somme toute, on avait deviné : le discours c'est le savoir. Et le savoir est un discours. Il est clair qu'il a succombé à la « mode linguistique » d'après 1960 [ou qu'il a contribué à la lancer, le livre datant de 69].
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