De l'inférence sémantique
Annexe 3
En résumé, on ne peut définir la logique la science des lois formelles de la pensée, sans s'exposer aux inconvénients suivants I» On contredit l'opinion commune et celle des plus grands philosophes; 2° On dénie le titre de logiciens à ceux qui semblent l'avoir le mieux mérité; 3° On retranche de la logique presque toutes les questions qui lui ont appartenu de temps immémorial, et en la réduisant à une partie des actes du raisonnement, on laisse de côté les procédés qui ont le plus grand besoin de règles; 4° On parle un langage 'technique, obscur, équivoque 5° On confond la logique avec une partie de la psychologie, ou bien on lui ôte tout rapport avec les sciences on supprime donc son caractère pratique et ses applications; 6° Si la logique doit ignorer tous les objets de la pensée et l'existence même de la vérité, elle enfantera nécessairement le criticisme ou scepticisme transcendantal 7° Enfin, cette définition est celle d'une école, non celle de tout le monde. - Charles T. Waddington (1857)
Extraits du TLF
signification-sens-compréhension-arbitraire
Le Trésor (TLF) situe sens (sémantique) sous signification. Ici on commence par l'article distinct à l'ordre SIGN...
SIGNIFICATION, subst. fém.
I. A. Ce que signifie, manifeste ou indique une chose, un fait matériel. Synon. sens (v. ce mot II A 1). Signification du monde, de la mort, de l'univers, de la vie; signification d'un événement, des choses. L'histoire... pure, celle qui ne serait composée que de faits (...), serait tout insignifiante, car les faits, par eux-mêmes, n'ont pas de signification (VALÉRY, Variété IV, 1938, p. 136):
1. ... les plumes qui descendaient du front de la princesse et le corsage éblouissant et pailleté de sa cousine semblaient avoir une signification, être pour chacune des deux femmes un attribut qui n'était qu'à elle et dont j'aurais voulu connaître la signification: l'oiseau de paradis me semblait inséparable de l'une, comme le paon de Junon; je ne pensais pas qu'aucune femme pût usurper le corsage pailleté de l'autre plus que l'égide étincelante et frangée de Minerve.
PROUST, Guermantes 2, 1921, p. 57.
[Constr. avec un adj. indiquant le domaine de la signification] Signification historique, politique d'un événement. L'étroite lueur du couteau, dans la Médée de Delacroix, prend une signification tragique parce que le mouvement entier du drame (...) aboutit, par le jeu des lignes, à cette lueur de couteau (FAURE, Espr. formes, 1927, p. 211):
2. Il faut sans aucun doute reconnaître que la pudeur, le désir, l'amour en général ont une signification métaphysique, c'est-à-dire qu'ils sont incompréhensibles si l'on traite l'homme comme une machine gouvernée par des lois naturelles, ou même comme un « faisceau d'instincts », et qu'ils concernent l'homme comme conscience et comme liberté. MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p. 194.
[À propos d'un geste, d'une manière de dire ou de faire] Elle ne cessait de poser sur Albertine les feux alternés et tournants de ses regards. (...) je craignais que ces regards incessamment allumés n'eussent la signification conventionnelle d'un rendez-vous d'amour pour le lendemain (PROUST, Sodome, 1922, p. 851). Il ébaucha un geste de la main, dont la signification m'échappa (VERCORS, Sil. mer, 1942, p. 29).
[À propos d'un emblème, d'un symbole] La fleur sacrée de l'Égypte et de l'Inde, le grand lotus. Des Esseintes cherchait le sens de cet emblème. Avait-il cette signification phallique que lui prêtent les cultes primordiaux de l'Inde (...)? (HUYSMANS, À rebours, 1884, p. 75). Le trésor des symboles où nous puisons les scènes de nos drames nocturnes est celui où s'alimente la mythologie des peuples: si ces symboles n'ont pas la signification constante que leur attribuent certaines théories, il n'en est pas moins vrai que les mêmes images restent douées d'un étrange pouvoir affectif, changeant sans doute de sens mais non d'intensité (BÉGUIN, Âme romant., 1939, p. 230).
B. 1. Ce que signifie un ensemble de signes, un propos ou un texte. Signification d'une expression, d'une leçon, d'un mythe, d'un oracle, d'une phrase, d'une prophétie; comprendre, pénétrer la signification d'un texte. En disant à la file les cent cinquante Ave, Serge ne les avait pas répétés une seule fois. Ce murmure monotone, cette parole sans cesse la même qui revenait, pareille au « Je t'aime » des amants, prenait chaque fois une signification plus profonde (ZOLA, Faute Abbé Mouret, 1875, p. 1292). Pour la tradition scolaire, il n'y a pas de sens qui ne se traduise par une signification exclusive, et il n'y a pas de signification dans un groupe de mots sans enchaînement logique, et sans cette logique tout pour elle est absurde (BREMOND, Poés. pure, 1926, p. 101).
En partic. [Dans un cont. nég.] Sens assignable. Propos sans signification. Je pensais (...) à celle-là, à sa danse, à sa voix qui chantait des chansons sans signification ni mots distinguables pour moi (FLAUB., Corresp., 1850, p. 176). Elle appliquait son visage à la crevasse, écoutant avec une douloureuse intensité d'attention ces mots harmonieux et cadencés dont chaque syllabe contenait un secret qu'elle eût donné sa vie pour savoir, et qui bruissaient vagues, fugitifs, dénués de signification à ses oreilles, comme le vent dans les feuilles et l'eau contre la rive (GAUTIER, Rom. momie, 1858, p. 276).
2. a) [À propos d'un signe ling., d'un mot] Sens déterminé et spécifique. Les différentes significations d'un mot; mot pris dans toute sa signification; donner une signification à un mot. Spirituel est un mot-clef, un mot dont la signification est une résonance. Il ne dirige pas l'esprit vers un objet de pensée, mais il ébranle tout un milieu affectif et imaginatif réservé (VALÉRY, Variété V, 1944, p. 274). Toute opération linguistique suppose l'appréhension d'un sens, mais (...) le sens ici et là est comme spécialisé; il y a différentes couches de signification, depuis la signification visuelle du mot jusqu'à sa signification conceptuelle en passant par le concept verbal (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p. 228).
En partic. [Dans un cont. nég.] Sens assignable. Je me voyais à la tribune aux prises avec des mots sans signification, des phrases incohérentes (REYBAUD, J. Paturot, 1842, p. 354). Collectivité est mot vide de signification tant que la Collectivité ne se noue pas en quelque chose (SAINT-EXUP., Pilote guerre, 1942, p. 380).
b) LING. Rapport réciproque unissant le signifié au signifiant. Pour Ferdinand de Saussure, la signification est une relation interne au signe qui réunit le signifiant au signifié; c'est une relation de présupposition réciproque et d'interdépendance qui fait que chacune des faces du signe ne peut se concevoir isolément (Lang. 1973).
Rem. La dissociation des concepts de sens et de signification est fréq. dans les théories sém. Cependant il n'y a pas de consensus et les deux mots recouvrent des déf. différentes selon les écoles ling. Pour certains, qui fondent la distinction sur l'oppos. de l'intension et de l'extension, le sens d'un signe corresp. à l'aspect intensionnel du concept alors que ,,la signification (...) d'un signe représente l'aspect extensionnel d'un concept (...). Si (...) on parle des significations possibles (des denotata) du signifiant ville ou town, on pense précisément à une certaine ville, ou à plusieurs villes, ou à toutes les villes`` (H.-E. BRECKLE, Sém., 1974, pp. 44-45).
Pour d'autres, plus nombreux, la distinction repose sur des oppos. telles que langue/discours ou type/instance. Ainsi: ,,La signification relève de l'énonciation et de la pragmatique; elle est toujours liée à la phrase`` (REY Sémiot. 1979), ou: ,,L'énoncé: Donne-le-moi a toujours la même signification, mais son sens varie pour chaque énoncé, selon le lieu, le temps, les interlocuteurs, l'objet visé`` (MOUNIN 1974, s.v. sens), ou encore, en permutant les termes de l'oppos.: ,,La phrase C'est réussi véhicule l'idée de « résultat favorable ». Pourtant, prononcée dans certaines circonstances et avec une intonation particulière, le sens littéral de « réussite » disparaît totalement au profit de la « signification », exactement contraire de « revers » ou d'« échec »: c'est réussi!`` (R. MARTIN, Inférence, antonymie et paraphrase, 1976, pp. 16-17).
3. [À propos d'une notion, d'un principe, d'une théorie] Sens, valeur. Si nous nous plaçons au point de vue génétique, la notion d'esprit perd toute signification, tout contenu (G. MARCEL, Journal, 1914, p. 121). Toute philosophie, si éloignée qu'elle puisse paraître de la commune condition, possède une signification temporelle et humaine (NIZAN, Chiens garde, 1932, p. 34).
C. STAT. Expression en termes de probabilités de l'acceptation ou du rejet d'une hypothèse statistique. Les résultats d'une expérience sont fluctuants. Nous devons pouvoir leur appliquer des méthodes probabilistes, conduisant à l'estimation de valeurs moyennes et de dispersions; ces dernières sont indispensables pour appliquer des tests de signification (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 2, 1964, p. 95). Techniques de mesure permettant l'interprétation des résultats expérimentaux (épreuves de signification, coefficients de corrélation, etc.) (Traité sociol., 1967, p. 149).
Seuil de signification. ,,Probabilité de l'erreur commise en rejetant l'hypothèse nulle`` (GDEL). Synon. seuil* de rejet.
D. PSYCH., vieilli. Délire de signification. Synon. anc. de délire d'interprétation*. Les termes anciens de « folie raisonnante » ou de « délire de signification » caractérisent bien l'activité mentale de ces délirants qui obéissent à un besoin presque irrésistible de tout expliquer en fonction de l'idée qui sert de thème central au délire (J.-D. GUELFI, P. BOYER, S. CONSOLI, R. OLIVIER-MARTIN, Psych., Paris, P.U.F., 1987, p. 232).
II. DR. Action de signifier (un jugement, un exploit); notification par voie judiciaire. Signification à domicile, à personne, au parquet, en mairie. Ce jugement, signifié roide le 21, autorisa un commandement le 22, une signification de contrainte par corps le 23, et un procès-verbal de saisie le 24 (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p. 608). La signification du jugement marque le point de départ des voies de recours (LUBRANO-LAVADERA, Législ. et admin. milit., 1954, p. 294).
SENS - A. [Signification]
1. Idée, signification représentée par un signe ou un ensemble de signes; représentation intelligible évoquée ou manifestée par un signe ou une chose considérée comme un signe. On pourrait prendre dans un sens métaphorique le vulgaire proverbe, Tout chemin mène à Rome, et l'appliquer au monde moral; tout mène à la récompense ou au châtiment (BAUDEL., Paradis artif., 1860, p. 348). La mariée me regardait (...) et je ne pouvais me tromper sur le sens de ce regard, c'était un regard de mépris (JOUVE, Scène capit., 1935, p. 195).
SYNT. Sens apparent, caché, ésotérique, général, littéral, philosophique; sens injurieux; sens d'une allégorie, d'un discours, d'une expression, d'une leçon, d'un mythe, d'un oracle, d'une phrase, d'une prophétie, d'un texte; sens d'un rite, d'un geste, d'un sourire; lieu chargé de sens; avoir plus d'un sens; attribuer un sens à des paroles; donner un sens à qqc.; interpréter dans le bon, le mauvais sens; pénétrer le sens d'un texte.
En partic. [Constr. avec une nég., ou empl. dans un cont. nég.] Signification assignable. Propos dépourvus de sens; rêves dénués de sens. Que me font des phrases stéréotypées qui n'ont pas de sens pour moi, semblables aux formules de l'alchimiste et du magicien qui opèrent d'elles-mêmes (RENAN, Avenir sc., 1890, p. 474). Pourquoi le mot de liberté me paraît-il, soudain, vide de sens? (J. BOUSQUET, Trad. du sil., 1936, p. 248).
GRAMM. Sens actif. V. actif I C 10. Sens passif. V. passif C 1 a.
2. En partic. Signification d'un élément signifiant d'une langue (ou d'un langage). Le style de Mallarmé doit précisément son obscurité, parfois réelle, à l'absence quasi totale de clichés, de ces petites phrases ou locutions ou mots accouplés que tout le monde comprend dans un sens abstrait, c'est-à-dire unique (GOURMONT, Esthét. lang. fr., 1899, p. 304):
5. Quand je fixe un objet dans la pénombre et que je dis: « C'est une brosse », il n'y a pas dans mon esprit un concept de la brosse, sous lequel je subsumerais l'objet et qui d'autre part se trouverait lié par une association fréquente avec le mot de « brosse », mais le mot porte le sens, et, en l'imposant à l'objet, j'ai conscience d'atteindre l'objet. MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p. 207.
SYNT. Sens ambigu, clair, étroit, large, précis, restreint, strict, vague; sens concret; sens courant, usuel; sens dérivé, original, primitif; sens fort, plein d'un mot; sens favorable, défavorable, péjoratif; sens usé, vieilli, vieux; sens figuré (v. ce mot A 2 b), métaphorique; sens propre (v. ce mot I A d ); altération, changement, évolution, extension de sens; filiation, classification des sens; mots de sens opposés; mot qui a plusieurs sens; chercher le sens d'un mot; prendre un mot dans un sens; dans tous les sens d'un mot, d'un terme; sens d'un symbole chimique, mathématique.
Au sens + adj. Dans l'acception, la signification (déterminée par l'adj.) du terme. Au sens pascalien, racinien, mathématique, politique, philosophique du terme; au bon, au mauvais sens du terme. Il n'y eut pas de la part de Swann, quand il épousa Odette, renoncement aux ambitions mondaines, car de ces ambitions-là depuis longtemps Odette l'avait, au sens spirituel du mot, détaché (PROUST, J. filles en fleurs, 1918, p. 470):
6. Le Cogito me fait l'effet d'un appel sonné par Descartes à ses puissances égotistes. Il le répète et le reprend en plusieurs endroits de son œuvre, comme le thème de son Moi, le réveil sonné à l'orgueil et au courage de l'esprit. C'est en quoi réside le charme, au sens magique de ce terme, de cette formule tant commentée, quand il suffirait, je crois, de la ressentir.
VALÉRY, Variété IV, 1938, p. 229.
Faux sens. Erreur sur la signification d'un mot dans un texte. Je produisais des thèmes et des versions bien éloignés de cette exactitude, de cette élégance et de cette concision. Tout ce qui sortait de ma plume abondait en solécismes et en barbarismes, en faux sens et en contre-sens (FRANCE, Vie fleur, 1922, p. 360).
Mot à double sens. Mot ayant une signification ambiguë sur laquelle le locuteur joue de façon à ce que les deux acceptions soient possibles dans le contexte. Est-il saoul ou ne l'est-il pas, ce président Desmazes, dont l'entrée est toujours avec, à la bouche, un mot à double sens cochon et qui a tout le long de la soirée la démarche titubante et le sourire salivant d'un pochard? (GONCOURT, Journal, 1894, p. 672). Je n'avais pas l'intention de m'éterniser dans cet échange de sourires et de mots à double sens que les adolescents prodiguent aux adolescentes (H. BAZIN, Vipère, 1948, p. 246).
LING., SÉMIOL. Effet de sens. Signification spécifique déterminée par le contexte et la situation. À chaque unité significative minima, correspond, dans la langue, un et un seul sens, et cela, malgré l'infinité de significations (ou effets de sens) qu'il peut avoir en fait dans le discours, et dont chacune représente un point de vue partiel, une visée particulière sur le sens (DUCROT-TOD. 1972, p. 160).
Rem. Pour les valeurs de chaque terme dans l'oppos. sens/signification, v. signification.
B. [Fondement, justification]
1. Idée, suite d'idées, raisonnement auquel un objet de pensée se rapporte et se trouve ainsi justifié, fondé dans son existence. Distinction, question qui a un sens. Tout ce qui n'est pas pensée est le pur néant; puisque nous ne pouvons penser que la pensée et que tous les mots dont nous disposons pour parler des choses ne peuvent exprimer que des pensées; dire qu'il y a autre chose que la pensée, c'est donc une affirmation qui ne peut avoir de sens (H. POINCARÉ, Valeur sc., 1905, p. 276). Dire que les Français sont des lâches n'a pas plus de sens que de dire que les ouvriers ne rêvent que de devenir des petits bourgeois (comme dit ma sœur). C'est vrai et c'est faux: la question est mal posée (VAILLAND, Drôle de jeu, 1945, p. 67).
Cela n'a pas de sens (de + inf.). Cela n'a pas de raison d'être. On ne pouvait même pas se demander d'où ça sortait, tout ça, ni comment il se faisait qu'il existât un monde, plutôt que rien. Ça n'avait pas de sens, le monde était partout présent, devant, derrière. Il n'y avait rien eu avant lui. Rien (SARTRE, Nausée, 1938, p. 171).
2. Manière de comprendre une chose, signification qu'a une chose pour une personne et qui constitue sa justification. Sens des choses, de l'univers, du travail; donner, trouver un sens à l'existence, à ses actes. Tout le précipitait à l'action politique: l'espoir d'un monde différent, la possibilité de manger quoique misérablement (...), la satisfaction de ses haines, de sa pensée, de son caractère. Elle donnait un sens à sa solitude (MALRAUX, Cond. hum., 1933, p. 227). Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix, car ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort (SAINT-EXUP., Terre hommes, 1939, p. 256).
Compréhension dans le TLF —
COMPRÉHENSION, subst. fém.
Capacité de comprendre (ou d'être compris); action de comprendre, résultat de cette action.
I. [D'un point de vue quantitatif] A. LOG., LING. Compréhension d'un concept, d'un terme. Propriété d'avoir en soi un certain nombre de caractères, de traits spécifiques; ensemble de ces caractères. Compréhension large. Anton. extension. Il n'est pas un seul mot qui ait pour deux individus la même compréhension, la même extension ni la même puissance d'émotivité (JOUHANDEAU, M. Godeau intime, 1926, p. 138) :
1. ... je l'appelle Jacques. Il est clair que ce nom propre est l'expression de l'idée complète de cet individu, c'est-à-dire, de toutes les idées qui la composent; je le réunis avec un certain nombre d'autres individus, différens de lui à beaucoup d'égards, mais qui ont aussi beaucoup de choses communes; j'en forme une classe d'individus (...) je forme ainsi successivement les mots et les idées d'Européen, d'homme, d'animal, et enfin d'être, qui est le terme le plus général dont on puisse s'aviser, puisqu'il s'étend à tout ce qui existe. Il est clair que ces idées très-composées vont toujours renfermant un plus grand nombre d'individus, ce qui constitue leur extension, mais un moindre nombre de circonstances de chacun d'eux, ce qui constitue leur compréhension; ...
DESTUTT DE TRACY, Élémens d'idéologie, Idéologie, 1801, p. 106.
B. THÉOL., vx. Connaissance compréhensive, science totale et parfaite que Dieu a de lui-même et de tous les êtres ou (plus rarement) qu'un être peut avoir de Dieu dans certaines conditions. Atteindre à la frontière même de l'ordre divin, où tout est intelligence, amour, compréhension (LACORDAIRE, Conf. de Notre-Dame, 1848, p. 97). La moindre parole de là-haut dans nous, cela répand (...) bien du jour, bien de la compréhension, bien de la croyance et bien de la paix dans notre imbécillité (LAMARTINE, Le Tailleur de pierre de Saint-Point, 1851, p. 502).
II. [D'un point de vue qualificatif] Faculté/action de saisir par l'esprit quelque chose.
A. [Par actualisation d'une connaissance mémorisée antérieurement] Faculté/action de saisir intellectuellement le rapport de signification qui existe entre tel signe et la chose signifiée, notamment au niveau du discours. Compréhension du langage. Si la maîtresse improvise une leçon (...) l'attention sort en couleur, en relief, des fronts, des yeux, (...) la compréhension miroite et chatoie au fin bout des museaux (FRAPIÉ, La Maternelle, 1904, p. 92). La connaissance trop littérale des écritures est un obstacle à la compréhension des textes : on finit par ne plus s'interroger du tout sur le sens des paroles qu'on cite (GREEN, Journal, 1947, p. 127) :
2. C'est un problème fort embarrassant (...) que la question de savoir ce qui, psychologiquement, constitue la compréhension des mots : c'est un fait que nous comprenons immédiatement un mot sans l'intermédiaire d'image. Cela s'explique par notre schéma de la sensation-clé. Un mot compris ouvre immédiatement dans notre cerveau un certain registre d'expériences toutes faites. Notre cerveau réagit mécaniquement devant un mot qui lui est adapté, et le mot éveille ainsi, dans ce sens précis, des résonnances définies.
RUYER, Esquisse d'une philos. de la struct., 1930, p. 164.
Rem. Compréhension est pris parfois au sens passif de « possibilité d'être compris ». (Quasi-)synon. clarté; (quasi-)anton. confusion, mystère, obscurité. Il faut que le musicien ait établi l'autorité ou seulement la compréhension de son style par des ouvrages assez nombreux (E. DELACROIX, Journal, 1852, p. 454). Personne (...) n'avait (...) osé diviser à ce point l'efficace de la parole de la facilité de compréhension. Personne n'avait distingué si consciemment les deux effets de l'expression par le langage : transmettre un fait, produire une émotion (VALÉRY, Variété III, 1936, p. 17).
B. [Par effort de réflexion] Faculté/action de saisir intellectuellement les causes et les conséquences qui se rattachent à telle chose et qui l'expliquent. La fièvre de ces gens venait (...) de l'intérêt qu'ils portaient à leur propre compréhension du Mystère de la Chambre jaune. Chacun avait son explication et la tenait pour bonne (G. LEROUX, Le Mystère de la chambre jaune, 1907, p. 125) :
3. Observer, prendre des notes, les rassembler systématiquement, toute cette froide compréhension par l'extérieur nous mène moins loin que ne feraient cinq minutes d'amour. Nous ne pénétrons le secret des âmes que dans l'ivresse de partager leurs passions mêmes.
BARRÈS, Huit jours chez Monsieur Renan, 1888, p. 127.
En partic. [D'un point de vue métaphys.] Compréhension de l'existence, du monde, des phénomènes, de la vie, etc. :
4. L'infini n'est pas seulement le futur toujours ouvert devant l'effort de notre esprit et la pénétration de notre pensée; il est encore (...) l'indéterminé; il n'est pas seulement une possibilité inépuisable de méditation, il signifie encore l'impossibilité d'enserrer; on n'en a jamais fini de comprendre (au sens où compréhension signifie intellection) ce qu'il est impossible de comprendre (au sens où comprendre signifie embrasser) : l'esprit de finesse, de plus en plus attiré dans les entrailles de l'intelligible, est de plus en plus saisi d'angoisse devant la grandeur immense à étreindre...
JANKÉLÉVITCH, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957, p. 40.
SYNT. Compréhension parfaite; effort de compréhension; dépasser, faciliter la compréhension.
PARAD. (Quasi-) synon. clairvoyance, entendement, intelligence, jugement, lucidité, perspicacité, sagacité; anton. bêtise, idiotie, stupidité.
C. [Par intuition] 1. Faculté/action de saisir spontanément la réalité de quelque chose. Cette intuition sociale, cette perception des choses qui est le génie de la Parisienne, la compréhension à demi-mot (E. et J. DE GONCOURT, Charles Demailly, 1860, p. 232). Je le [Claudel] sens plus qu'intelligent. Il a la compréhension du cœur, il sait pénétrer toute chose par l'intérieur (J. RIVIÈRE, Correspondance [avec Alain-Fournier], 1906, p. 59).
2. Qualité, attitude d'une personne compréhensive, capable de saisir la nature profonde d'autrui dans une communion affective, spirituelle allant parfois jusqu'à une très indulgente complicité. Il y montrait une largeur de vues, un désir de compréhension, de conciliation, une qualité d'esprit, qui donnaient aussitôt à l'entretien un tour inhabituel (R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, L'Été 1914, 1936, p. 33). Un autre, qui offre aux conduites les plus contradictoires une inépuisable indulgence, qu'il nomme compréhension, et qui n'est que l'impuissance à juger et à prendre parti (MOUNIER, Traité du caractère, 1946, p. 694) :
5. Qu'est devenu l'esprit de tolérance? Que reste-t-il de la noble compréhension d'humanité qui fit la gloire de nos penseurs? La liberté de penser nous fait peur. Les revendications de justice nous épouvantent.
CLEMENCEAU, L'Iniquité, 1899, p. 238.
SYNT. Compréhension mutuelle, réciproque, sympathique, universelle; grande, meilleure compréhension; manquer de compréhension.
PARAD. (Quasi-)synon. bienveillance, bonté, largeur d'idées, libéralité, mansuétude, pitié, souplesse, tolérance; anton. dureté, incompréhension, intolérance, intransigeance, sévérité.
P. ext. [Le compl. désigne une entité, une chose abstr.] D'autres se bornent à n'avoir aucune compréhension du fait religieux. À leurs yeux, la religion n'est qu'un amas de superstitions (BARRÈS, Mes cahiers, t. 8, 1909-11, p. 38). Rouvr[ir] notre esprit à la sympathie et à la compréhension des formes orientales de la pensée (J.-R. BLOCH, Destin du Siècle, 1931, p. 310).
Rem. Compréhension ne s'emploie que rarement au plur. État dont les malheurs ne sont connus que des âmes affectées par la même maladie, et chez lesquelles se rencontrent de fraternelles compréhensions (BALZAC, Le Lys dans la vallée, 1836, p. 72). Le paysan n'y est point entraîné à des compréhensions, à des calculs (PESQUIDOUX, Le Livre de raison, 1928, p. 226).
Prononc. et Orth. : []. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. [1372 CORBICHON, Propriét. des choses, I, 26, édit. 1522 ds R. Hist. litt. Fr., t. 6, p. 466]; XVe s. « faculté de comprendre » (CHASTELLAIN, Œuvres, VII, 305, Kervyn, ibid.); 2. 1798 log. « totalité des idées que renferme un concept » (Ac.). Empr. au lat. class. comprehensio (de comprehendere, v. comprendre) « action de saisir ensemble » d'où « action de saisir par l'intelligence », Cicéron rendant par comprehensio le terme philos. gr. (v. TLL s.v., 2155, 75). Fréq. abs. littér. : 514. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 159, b) 206; XXe s. : a) 706, b) 1 514.
ARBITRAIRE. Ajoutez : (supplément de Littré - 1876)
5° S. f. Terme de mathématique. Une arbitraire, une quantité que l'on détermine. L'astronomie, qui est maintenant un grand problème de mécanique dont les éléments du mouvement des astres, leurs figures et leurs masses sont les arbitraires, seules données indispensables que cette science doive tirer des observations, LA PLACE, Expos. IV, Préface.
arbitraire — (Littré 1872)
1° Qui est produit par la seule volonté. La plupart des noms donnés aux choses ne sont pas des signes purement arbitraires. Le choix de tous les individus possibles a été purement arbitraire à Dieu, FÉN. III, 81. Qu'on soit juste, il suffit : le reste est arbitraire, VOLT. Loi nat. 2. Il semble que le salut soit une chose arbitraire, MASS. Délai. L'ardeur de leurs disputes insensées et leur religion arbitraire est devenue la plus dangereuse de leurs maladies, BOSSUET Reine d'Angl.
2° Qui est laissé à l'appréciation, à la décision du juge. Amende arbitraire. Peine arbitraire.
3° Despotique, qui n'a de règle que la volonté du prince et de ses ministres. Le pontificat qu'il rend arbitraire, BOSSUET Hist. II, 5. Ne parlons pas des corruptions qu'on a honte d'avouer ; parlons de la lâcheté ou de la licence d'une justice arbitraire, ID. Le Tellier. Tant que la levée des revenus s'exigera par des voies arbitraires, il est impossible que les peuples ne soient exposés à un pillage universel répandu par le royaume, VAUBAN. Dîme, p. 165. Ce rigide ennemi du pouvoir arbitraire, VOLT. Mort de Cés. I, 1.
4° S. m. Substituer l'arbitraire aux lois. Ce point de doctrine est au-dessus de l'arbitraire des conjectures. Dons Quichottes de l'arbitraire, Allons, morbleu ! de la valeur, BÉRANG. Christophe. Les auteurs ont donné dans l'arbitraire, MONTESQ. Esp. X, 3.
ARBITRAIRE, adj. et subst. — TLF
I. Emploi adj.
A. PHILOS., peu fréq. [En parlant du pouvoir constructif de l'esprit] ,,Qui dépend uniquement d'une décision individuelle, non d'un ordre préétabli, ou d'une raison valable pour tous.`` (LAL. 1968) :
1. C'est contre cet écoulement indéfini de la substance phénoménale, entretenu et causé par les lois formelles que l'on vient de dire, que s'élève, pour créer le réel, ce pouvoir arbitraire de l'esprit qui, suscité par une utilité de connaissance, immobilise et charge des liens de la vérité cette matière fluide, lui imposant, le temps de la saisir, une forme définie, la tirant du chaos pour la réaliser.
J. DE GAULTIER, Le Bovarysme, 1902, p. 288.
2. À supposer que cette proposition B soit vraie, il faudra en conclure que la distinction de l'apparence et de la réalité est elle-même suspendue à un décret arbitraire (et au fond contradictoire) de l'esprit.
G. MARCEL, Journal métaphysique, 1923, p. 296.
LOG. Proposition arbitraire ,,quand l'esprit n'y est pas contraint par les lois logiques, c'est-à-dire quand la proposition contradictoire ou contraire serait tout aussi bien possible.`` (GOBLOT 1920).
B. Gén. péj. [En parlant de formes de l'activité intellectuelle]
1. Qui ne tient pas compte des données observables de la réalité. Classification, conception, démarche arbitraire :
3. Les décisions du pouvoir paraissent devoir être l'effet d'une connaissance totale d'où se déduiraient les actes nécessaires et non d'une approche humaine produisant des intuitions arbitraires.
G. BELORGEY, Le Gouvernement et l'admin. de la France, 1967, p. 150.
4. ... si les descriptions et les théories du comportement interpersonnel présentées par les littératures ne dépassent guère le niveau de la « psychologie populaire » du moment et du lieu, et paraissent donc souvent aventurées et arbitraires, on doit souligner en revanche que le champ des problèmes interpersonnels qui y sont soulevés, excède considérablement ceux qui ont fait jusqu'à présent l'objet de recherches méthodiques de la part des disciplines scientifiques modernes.
Traité de sociol., t. 2, 1968, p. 340.
Simplification arbitraire :
5. En réduisant les objets à leurs qualités primaires, c'est-à-dire à ce qui se mesure, et est susceptible de traitement mathématique, Galilée les priva de leurs qualités secondaires et de leur durée. Cette simplification arbitraire a rendu possible l'essor de la physique. Mais en même temps elle nous a conduits à une conception trop schématique du monde, et en particulier du monde biologique.
CARREL, L'Homme, cet inconnu, 1935, p. 192.
En partic. Qui n'est pas établi selon les méthodes ou n'est pas conforme aux conclusions de la science :
6. Sans doute il [le savant] se persuade parfois que, malgré cette foncière insuffisance, les connaissances positives pourvoient assez aux besoins de la vie individuelle ou sociale; mais s'il l'affirme, c'est au nom d'une croyance arbitraire, par un décret qui n'a point dans la science son motif et sa justification.
BLONDEL, L'Action, 1893, p. 82.
7. La limite linguistique ne répond à aucune division naturelle; elle croise successivement toutes les zones. Plus capricieuses encore et glus arbitraires ont été les limites historiques. L'unité de la région repose exclusivement sur ce fond très ancien d'habitudes agricoles, contractées en conformité avec le sol.
P. VIDAL DE LA BLACHE, Tabl. de la géogr. de la France, 1908, p. 205.
2. [En parlant d'une législation, d'un pouvoir]
a) Non fondé sur les exigences de la justice distributive :
8. ... demander la représentation proportionnelle, c'est demander que chacune des forces, chacune des tendances du pays et de la société donne constamment sa mesure exacte. C'est vouloir que la part d'influence électorale et parlementaire de chaque parti soit exactement calculée sur sa force réelle dans le pays. C'est donc proclamer que toute législation est arbitraire, qui ne procède pas de la majorité vraie.
JAURÈS, Études socialistes, 1901, p. 96.
b) Qui, n'étant pas conforme à la loi écrite (ou à la loi morale non écrite), constitue un acte despotique :
9. L'article 10, qui, à l'origine, traitait seulement de l'arrestation arbitraire, mentionne aussi l'exil, sur l'initiative du représentant de l'Équateur. Le représentant du Mexique a introduit, comme article 9, le principe d'après lequel chacun a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes, contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la Constitution ou par la loi.
La Déclaration universelle des droits de l'homme, 1949, p. 16.
10. Cependant, leur absorbant étatisme [des sociétés collectivistes centralisées], la dictature d'un parti unique et sa discipline étroite, la force de leurs organisations planificatrices non contrôlées par les intéressés eux-mêmes, l'absence d'autogestion ouvrière garantissant contre le pouvoir arbitraire de la technocratie dans les usines, constituent de sérieux obstacles pour la promotion de l'importance de la vie morale parmi les œuvres de civilisation de ces sociétés.
Traité de sociol., t. 2, 1968, p. 170.
3. P. ext. [En parlant d'un bien] Qui se distribue sans norme apparente :
11. On me dirait demain : « Ayez seulement la foi, votre affaire est réglée. La gloire! Toutes les couronnes! » que l'on me jetterait, en somme, dans l'embarras le plus cruel. Je ne comprends même pas pourquoi la foi compte au petit nombre des vertus théologales. J'ai toujours pensé que les vertus pouvaient s'acquérir, se cultiver. Mais la foi, ce don arbitraire? Après des années d'inertie, je me rends, je capitule : je veux bien avoir la foi. Autant dire « je veux bien être nègre ».
G. DUHAMEL, Journal de Salavin, 1927, p. 145.
C. Emplois spéc.
1. [En réf. à supra I A]
DR. Qui dépend de la libre décision des juges. Amende arbitraire (Ac. 1798-1932).
MATH. Quantité, grandeur arbitraire. (Quantité, grandeur) À laquelle on attribue une valeur ,,que l'on a choisie et non mesurée ou calculée`` (Sc. 1962).
2. [En réf. à supra B 3]
LING. Caractère arbitraire, système arbitraire de signes linguistiques. Anton. motivé (cf. infra II C) :
II. Emploi subst. (le plus souvent au masc.).
A. Libre pouvoir de détermination; exercice du libre arbitre :
13. ... ce sont des règles canoniques et des mœurs qui prescrivent comment je dois m'acquitter de ce culte particulier. Ce n'est pas abandonné à mon arbitraire. C'est l'Église qui m'enseigne comment je dois les honorer. J'aime que les cérémonies au cours desquelles j'entre en conversation avec les morts soient des rites d'un caractère public.
BARRÈS, Mes cahiers, t. 6, 1907, p. 25.
B. Gén. péj. Caractère de ce qui est dénué de rigueur rationnelle.
1. [En parlant de l'esprit et de ses activités] :
14. L'élément personnel, ou, comme disent les philosophes, subjectif, est donc par définition écarté de l'ordre scientifique. La science est ainsi de tous les temps et de tous les esprits. Elle voit les objets, suivant l'éloquente formule de Spinoza, « sous le caractère d'éternité » Ce ne saurait être qu'en éliminant ce que la sensibilité apporte avec elle d'arbitraire, de passager, de caduc.
P. BOURGET, Essai de psychol. contemp., 1883, p. 31.
15. ... l'artiste ne peut absolument pas se détacher du sentiment de l'arbitraire. Il procède de l'arbitraire vers une certaine nécessité, et d'un certain désordre vers un certain ordre; et il ne peut se passer de la sensation constante de cet arbitraire et de ce désordre, qui s'opposent à ce qui naît sous ses mains et qui lui apparaît nécessaire et ordonné.
VALÉRY, Variété 4, 1938, p. 254.
2. [En parlant du pouvoir] Substitution aux règles de la justice distributive ou aux normes fixes et impartiales de la loi, de la volonté variable et intéressée d'un homme ou d'un groupe. Synon. despotisme. Arbitraire administratif, seigneurial :
16. On peut seulement dire que si demain nous apporte la guerre, elle ne se fera pas par l'arbitraire d'un homme, mais sous la poussée des masses; non plus de peuple à peuple, mais au sein des peuples.
BARRÈS, Mes cahiers, t. 1, 1898, p. 248.
17. ... il est, suivant moi, absolument nécessaire que, pour éviter l'arbitraire et l'aventure, le fonctionnement des pouvoirs publics : Assemblée et Gouvernement, soit réglé pour l'essentiel, en attendant la Constitution qui devra être élaborée rapidement et soumise à l'approbation du peuple.
DE GAULLE, Mémoires de guerre, 1959, p. 620.
18. Dirigeant obliquement l'attaque, leurs adversaires reprochèrent à la bureaucratie, à la commission de commerce, aux entreprises nationalisées, leur arbitraire, leur négligence, leur gaspillage...
G. LEFEBVRE, La Révolution fr., 1963. p. 439.
C. Sens spéc.
DR. Arbitraire légal. ,,Faculté d'appréciation laissée par le législateur à la conscience du juge.`` (Lar. 19e).
LING. L'arbitraire du signe linguistique :
19. Dans l'intérieur d'une même langue, tout le mouvement de l'évolution peut être marqué par un passage continuel du motivé à l'arbitraire et de l'arbitraire au motivé; ce va-et-vient a souvent pour résultat de déplacer sensiblement les proportions de ces deux catégories de signes. Ainsi le français est caractérisé par rapport au latin, entre autres choses, par un énorme accroissement de l'arbitraire...
F. DE SAUSSURE, Cours de ling. gén., 1916, p. 184.
20. C'est en effet un double arbitraire qui caractérise le signe linguistique et qui est aussi, nous le verrons, la source d'une ambiguïté fondamentale affectant le langage : l'arbitraire du concept dans sa relation avec l'objet signifié, mais aussi et inséparablement l'arbitraire du signe sonore dans sa relation avec le concept signifié.
Traité de sociol., t. 2, 1968, p. 259.
MATH., subst. fém. ,,Quantité dont la valeur n'est pas fixe et doit être déterminée pour chaque valeur à résoudre.`` (Lar. 19e Suppl. 1878).
PRONONC. : [].
ÉTYMOL. ET HIST. 1. 1397 adj. dr. « qui dépend de la décision du juge » (J. FROISSART, Chron., II, 240, Buch. ds GDF. Compl. : Amende arbitraire); p. ext. 1533 adj. « qui ne dépend que de la volonté de l'homme » (RABELAIS, Pantagruel ds Dict. hist. Ac. fr. t. 3 : Les languaiges sont par institutions arbitraires); XVIe s. substantivé « pouvoir absolu » (Anc. Poés. franç., XI, 213 ds HUG. : Je ne failliz jamais de te complaire; Corps, âme et biens as eu en arbitraire); d'où 2. 1611 adj. « qui ne dépend que du caprice » (COTGR. : Arbitraire); substantivé 1748 (MONTESQUIEU, Esprit des lois, X, 3 ds Dict. hist. Ac. fr. t. 3 : Les auteurs ont donné dans l'arbitraire).
Empr. du lat. arbitrarius, attesté par PLAUTE, Amphytrion, 372 ds TLL s.v., 408, 53, au sens de « douteux », attest. isolée, peut-être à rapprocher de 2; au sens 1, b. lat. jur. « qui dépend de la décision du juge » dep. ULPIEN, Dig., 13, 4, 2 pr. ibid., 408, 40; « qui dépend de la volonté de l'homme » (p. oppos. à naturalis) AULU-GELLE, 10, 4, 3, ibid., 46.
STAT. Fréq. abs. littér. : 1 480. Fréq. rel. littér. : XIXe s. : a) 2 900, b) 1 174; XXe s. : a) 1 675, b) 2 182.
BBG. BACH.-DEZ. 1882. BARTHES (R.). Éléments de sémiologie. Communications. 1964, no 4, pp. 101-102; p. 111. BRUANT 1901. DUB. Pol. 1962, p. 74. ENGLER (R.). Compl. à l'arbitraire. Cah. F. Sauss. 1964, t. 21, pp. 25-32. FOULQ.-ST-JEAN 1962. GOBLOT 1920. LAL. 1968. MARCEL 1938. NOTER-LÉC. 1912. Pol. 1868. Sc. 1962. SPRINGH. 1962. ST-EDME t. 1 1824. VACHEK 1960.
d) GRAMMAIRE TLF
Par opposition à état*, activité exercée ou subie par l'agent; la notion d'action peut être signifiée par le verbe ou le substantif : 33. En termes de grammaire, l'action exprimée par le verbe. L'action de penser, de parler. Ce mot ne peut s'employer qu'avec les verbes qui indiquent une action : il est ridicule de dire, comme font plusieurs, l'action de languir. Littré.
34. Le terme s'oppose d'ordinaire à état dans les expressions : nom d'action, verbe d'action, action verbale... Mar. Lex. 1951.
? Phrase d'action, rare. Phrase qui suggère l'idée d'une activité, quelle que soit par ailleurs le mode d'expression de cette idée, par exemple : un verbe d'action (il chante un bel air; sortez d'ici!), un syntagme verbal comportant un part. prés. actif ou un subst. d'action (il est agaçant « il agace »; c'est la trahison « on trahit »), un subst. d'action en phrase nom. (trahison!), un procédé styl. comme l'intonation (silence! « faites silence ») :
35. Nous avons déjà reconnu cette sorte de potentiel de vie [action] dans les phrases d'apparence purement attributive et inerte, comme il est fatigant, il est bienfaisant. À plus forte raison se découvre-t-il (...) dans des phrases comme celles-ci : Paul court; tu chantes (...).
[Celles-ci] grâce aux verbes courir, chanter (...) qui énoncent des actions recèlent une puissance de vie; ce sont vraiment des phrases non plus simplement d'état, mais d'action. Le Bidois 1967, § 667.
? Substantif (ou nom d'action). Substantif dont le radical ou le suffixe évoquent une idée d'activité : la chasse; la fenaison; la pénétration... Rem. Le substantif d'action correspond à une vue globale de l'activité, sans réf. au temps, ni à la pers., ni au mode : 36. Certains noms, noms d'action (...) se rattachent à des racines verbales. Ils peuvent s'accompagner des mêmes compléments que lui : La marche au pouvoir. Gramm. Lar. 20e 1936, § 183.
37. Le nom d'action est un moyen d'exprimer le procès comme une substance et d'éliminer grammaticalement sujet et conjugaison verbale, avec tout ce qu'elle implique (temporalité, voix, modalité, etc.). Avec le nom d'action, on parle du procès comme d'une chose... Gal. Gramm. 1947, p. 21.
? Verbe d'action. Verbe dont le lexème suggère qu'un agent, à un degré quelconque, accomplit ou subit une activité : courir, chanter, etc., mais aussi souffrir, subir : 38. Verbe d'action, par opposition à verbe d'état, verbe qui exprime une action, comme courir, sauter, marcher, prendre, etc. Lar. encyclop. 1960.
39. ... à part la copule être (et ses équivalents), tout verbe impliquant ou pouvant donner à penser de l'agir, a droit d'être tenu, grammaticalement, pour verbe d'action... Le Bidois 1967, § 668.
action nom féminin
(latin actio)1. Fait, faculté d'agir, de manifester sa volonté en accomplissant quelque chose (par opposition à la pensée, à la réflexion). Être porté à l'action. Passer à l'action. Homme d'action.
- Mettre en action : réaliser. 2. Ce que l'on fait, manifestation concrète de la volonté de quelqu'un, d'un groupe ; acte.
Le Petit Larousse Copyright © Larousse / VUEF 2001
1. action [aksjT] n. f. . XIVe « manière d'agir »; XIIIe en parlant de personnes; déb. XIIe accium de grâce; lat. actio
I¨ 1¨ Ce que fait qqn et ce par quoi il réalise une intention ou une impulsion. Þ 1. acte, 2. fait. « Les actions les plus décisives de notre vie [¼] sont le plus souvent des actions inconsidérées » (A. Gide). « La plupart des hommes sont plus capables de grandes actions que de bonnes » (Montesquieu). Faire une bonne action. Þ B. A. Commettre une mauvaise action. Þ agissements, méfait. Action d'éclat. Þ exploit, prouesse. Pensées, paroles et actions. L'action de transporter : l'action qui consiste à transporter. Þ opération. Verbe d'action, qui exprime une action (opposé à verbe d'état).
2¨ Fait de produire un effet, manière d'agir sur qqn ou qqch. « L'action est le déploiement de la cause et la réalisation de l'effet » (Hamelin). Changement politique dû à l'action personnelle d'un ministre. Þ influence, intervention. Chercher des moyens d'action, un champ d'action. L'action du remède se fait sentir (Þ actif). Le gaz est comprimé par l'action d'un piston. Le mur s'est détérioré sous l'action de l'humidité, du gel. Þ effet. En action : en train d'agir, de produire son effet. Þ activité. Entrer, être, mettre en action.
à (av. 1960) Action psychologique : propagande insidieuse, tendant à accréditer dans une population certaines idées politiques. « Dans la guerre révolutionnaire, l'action militaire cède le pas à l'action psychologique » (Courrière).
3¨ Sc. (Phys.) Effet de l'ensemble des forces exercées par un système sur un autre. Action de Maupertuis : grandeur ayant les dimensions* du produit d'une énergie par une durée (ou d'une quantité de mouvement* par une longueur). - Principe de moindre action : en optique, principe de trajet minimal d'un rayon lumineux (principe de Fermat); en mécanique, principe selon lequel l'action, le long d'un trajet, est minimale. - Constante* d'action. à Principe d'égalité de l'action et de la réaction, selon lequel les interactions* qu'exercent l'un sur l'autre deux points matériels sont représentables par deux forces égales et opposées. Rayon d'action. Þ portée.
à Math. Action d'un ensemble W sur un ensemble E : application de W × E dans E. Þ opérant.
4¨ Absolt Exercice de la faculté d'agir (par opposition à la pensée, aux paroles), déploiement d'énergie en vue d'une fin. Þ activité, effort, 1. travail. Aimer l'action. Il lui faut de l'action. « Mais sans l'action, comme l'intelligence est stérile ! » (Martin du Gard). « La spéculation est un luxe, tandis que l'action est une nécessité » (Bergson). Ils se jetèrent alors dans l'action. Il est temps de passer à l'action (Þ agir, intervenir). Un homme, une femme d'action. - Liberté d'action.
Opération d'un agent (animé ou inanimé, matériel ou immatériel) envisagée dans son déroulement; résultat de cette opération :
1. L'action est l'application du mouvement à quelque chose ... J. Boucher de Perthes, De la Création, t. 1, 1841, p. 150.
I.? [En parlant de l'homme] A.? Au sing. Mise en ouvre, exercice du pouvoir ou du goût d'agir, et caractérisant, si cet exercice est habituel, un mode ou un style de vie. Synon. vie active :
état
I.? Manière d'être (soit stable, soit sujette à des variations) d'une personne ou d'une chose. Synon. caractère, degré, situation; anton. devenir, action, mouvement. A.? Manière d'être d'une personne.
1. [État phys., psychique]
verbe
II. ? GRAMM. Mot exprimant un procès, un état ou un devenir, variant, dans de nombreuse langues, en nombre, en personne et en temps et ayant pour fonction syntaxique de structurer les termes constitutifs de l'énoncé. Le verbe, ange du mouvement (...) donne le branle à la phrase (Baudel., Paradis artif., 1860, p. 376). La théorie du verbe m'occupe donc ces jours-ci, et il me semble en tenir le principe. Il faut voir dans les grammaires les définitions qu'on donne du verbe! Cela me rappelle la définition de la ligne droite (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1900, p. 370). V. conjugaison ex. de Adam, conjugué ex. 1 et phrase ex. 12.
procès
3. LING. ,,Notion générale en laquelle se résolvent les différentes notions exprimées par le verbe: action (frapper), devenir (croître), état (demeurer)`` (Mar. Lex. 1951). Le mot peut exprimer un concept d'être, de chose ou de procès (exemple: Louis, table, manger) ou bien un pur rapport grammatical (exemple: le, un, de, par,...) (Traité sociol., 1968, p.268): 1. Les thèmes indo-européens dits «temporels» n'expriment pas le temps: un thème de «présent» grec indique le développement d'un procès; un thème d'aoriste, le procès purement et simplement; un thème de parfait, le procès accompli. A. Meillet, Introd. à l'ét. compar. des lang. indo-européennes, Paris, Klincksieck, 1964, pp.196-197. ? En partic. On dit d'un verbe qu'il indique un procès quand il exprime une «action» réalisée par le sujet de la phrase (...), que le verbe soit transitif ou intransitif, par opposition aux verbes qui indiquent un «état» (...), ou les transitifs qui indiquent le résultat d'un procès comme savoir (Ling. 1972).Terminologie lexicographique qui a cours en anglais
(Dunn)
"is a kind of" — hyponym/hypernym pair
With regards to "wheat" and "grain", we see a cyan link from "wheat" pointing towards "grain" we can understand this to mean that wheat "is a kind of" grain. Here, "wheat" is a hyponym and "grain" is a hypernym.
In the case of verbs this same cyan link can be understood better by "is one way to". So, for example, to trot "is one way to" walk.
"is an instance of" — hyponym/hypernym pair
In these relationships, the hyponym is specific and unique. For example, "Einstein" is an instance of a "physicist".
"is a member of", "is a part of", "is a substance of" — meronym/holonym pair
In these cases the meronym in some way belongs to the holonym. Examples: "robin" is a member of the "thrushes", a "wheel" is a part of a "wheeled vehicle", "caffeine" is a substance of "coffee".
These relations include (but are not limited to) hypernymy/hyponymy (superordinate/subordinate), antonymy, entailment, and meronymy/holonymy.
A synonym set — a set of words that are interchangeable in some context without changing the truth value of the preposition in which
they are embedded.
hypernym — The generic term used to designate a whole class of specific instances. Y is a hypernym of X if X is a (kind of) Y .
hyponym — The specific term used to designate a member of a class. X is a hyponym of Y if X is a (kind of) Y .
holonym — The name of the whole of which the meronym names a part. Y is a holonym of X if X is a part of Y .
meronym — The name of a constituent part of, the substance of, or a member of something. X is a meronym of Y if X is a part of Y .
WordNet
Sur les lois et la manie nomologique
on ne peut pas penser contrairement aux lois de la pensée. [il invoque le miracle, à côté de la contingence et du libre arbitre] Edmond Goblot (1918) [[Mais il suppose ainsi que les « lois de la pensée » (sic) lui viennent de l'extérieur]]
la loi de finalité qui règle la coexistence des êtres; - Louis Liard (1873)
les lois « macroscopiques » ne sont pas universelles, elles sont conditionnées. Seules les lois microscopiques pourraient l'être, en raison de trois facteurs : précision, petit nombre, généralité. Jean Ullmo (1938)
Et l'esprit peut, lui aussi, être soumis à des lois de plus en plus précises et adéquates. Henri Piéron (1904)
Victor Brochard (1880) veut réduire la « loi » de similarité à la « loi » de contiguïté. Premier argument : il n'y a point de ressemblance s'il n'y a point deux termes.
Victor Brochard (1880) applique le même argument à la loi de contiguïté et ce qui la sauve, c'est qu'elle est une application plus générale de la loi d'habitude. « L'esprit en effet se borne à accomplir les mêmes actes qu'il a déjà accomplis, sans les modifier et sans rien y ajouter »
ces lois sont inexplicables rationnellement, mais la dernière, on doit l'accepter de fait. Victor Brochard (1880) [Nenni.]
Tout ce que fournit, l'observation est concret et passager; elle ne donne que des faits, rien de général ni surtout d'immuable. L'idée de loi n'y est donc pas contenue on ne l'en fera jamais sortir, et si elle s'y rencontre, c'est qu'elle y a été apportée, c'est qu'elle y est venue d'ailleurs, c'est-à-dire, encore une fois, de la raison. - Charles T. Waddington (1857) Ça lui ferait mal d'admettre qu'il s'agit d'un phénomène subjectif.
On parle des lois de l'association des idées mais ces prétendues lois portent que telle idée peut, et non qu'elle doit susciter en nous telle autre et le véritable lien de nos pensées doit être cherché. Jules Lachelier (1885 [1896]) citant adversaires Cousin
Quelle est maintenant la signification des lois logiques? La logique est, à coup sûr, le type le plus parfait de la nécessité absolue, mais elle présente un minimum d'objectivité. Elle régit la surface des choses, mais n'en détermine pas la nature; elle demeure vraie, quelle que soit cette nature. La nécessité qu'elle implique sera sauvegardée, même si les êtres sont considérés comme doués de spontanéité, même si les êtres sont considérés comme libres. Elle est un maître absolu, mais infiniment éloigné de nous, une barrière infranchissable, mais en deçà de laquelle il y a plus d'espace que nous n'en pourrons jamais embrasser. Émile Boutroux (1895) [bel exemple de prose métaphysique]
Il n'y a pas lieu, pour le logicien, de se croire diminué par cette comparaison avec le juriste car les notions mêmes de loi, de preuve, de jugement ont exactement la même parenté avec le Droit, où le caractère normatif apparaît en pleine lumière. André Lalande (1929) [nomologie]
Une fois en possession des lois de la nature, il se place au coeur des choses les phénomènes lui apparaissent comme dépendant des lois qui les gouvernent il les voit non plus comme celui qui les constate, mais comme celui qui les produirait il les voit selon l'ordre de ) existence, et non plus selon l'ordre de la connaissance; d'esclave qu'il était vis-a-vis de la nature, suivant un mot, célèbre de Bacon, il est devenu maître c'est la science qui l'a affranchi. Victor Brochard (1881)
Proscrire l'universel, c'est introduire dans la pensée le désordre et l'anarchie. Ce n'est pas, comme on le dit, réaliser un progrès c'est revenir en arrière et ramener l'intelligence à ses formes inférieures. Victor Brochard (1881) Mais l'universel est d'origine morale (la loi=l'autorité)
Si les données de la logique sont des concepts correspondant à la réalité, il n'y a pas à craindre que l'esprit, en les rapprochant d'après la loi d'identité, se mette en opposition avec les faits car la nature apparemment obéit à cette loi, comme l'esprit lui-même. Victor Brochard (1881)
Adrien Naville (1890) - ce que les modernes appellent une loi, c'est donc un rapport conditionnellement nécessaire. Un théorème ou énoncé de loi est affirmation hypothétique universelle. Pour être formulé d'une manière complète il doit contenir les mots : si — et : toujours et partout. (...) Nos observations et nos expériences étant toujours particulières, avons-nous le droit d'en induire des affirmations qui portent, non seulement sur les cas observés, mais sur tous les cas imaginables ?
« Dans l'ordre de la nature, ce qui arrivera ressemblera probablement à ce qui est arrivé dans des circonstances semblables. » Telle est, d'après Reid et Dugald Stewart, l'expression fidèle de cette croyance instinctive la stabilité des lois de la nature, dont ils font le principe de l'induction. - Charles T. Waddington (1857)
Nous pouvons donc conclure que, relativement à la qualité, il n'y a que deux sortes de jugements, l'affirmatif et le négatif, qu'on ne saurait en admettre une troisième espèce sans ruiner le principe de contradiction, loi essentielle du jugement; qu'enfin, si l'on prend soin de demêler, à travers les voies souvent indirectes et détournées du langage, le vrai jugement, si l'on réussit à découvrir la forme logique de la pensée sous son enveloppe verbale, le jugement affirmatif est l'affirmation, le jugement négatif la négation d'un attribut toujours positif. Edmond Goblot (1913a)
la loi du milieu exclu, ou, d'une manière plus intelligible, par la loi de la nécessite alternative. [l'argument du dilemme ou de l'alternative, idem l'argument de l'identité (dit principe de)] Herbert Spencer (1892 [1870/72])
La continuité des choses n'est qu'une forme de la loi ou principe d'identité. A est toujours A; Martial de Fornel de la Laurencie (1906)O.-M. Schmitz-Dumont (critique de Paul Tannery (1879)) Le principe d'identité est la seule loi de la pensée (y sont ramenés les principes de causalité et de raison suffisante), qu'on affirme ou qu'on nie A = B ; A = non B
Le facteur intellectuel. D'abord deux conditions générales que déterminent la direction et la nature de l'association et qui sont la loi de moindre effort ou d'inertie; de nature mixte, semi-intellectuelle, semi-motrice — puis la loi de finalité, comme principe de systématisation, bien étudiée par Paulhan ici même [Rev. philos. ] et dans plusieurs ouvrages. Théodule Ribot (1903)
Le principe d'identité fut pris pour une loi fondamentale de l'esprit. Sa valeur, à vrai dire, dépend de la façon dont on le comprend. II peut inspirer des manœuvres intellectuelles profitables et logiques, il peut aussi se ramener à un pauvre truisme absolument vain. La formule de l'identité est assez malheureuse. Dire que A égale A, c'est ne rien dire. Frédéric Paulhan (1910)
Le principe de contradiction, en psychologie, est un cas de la loi d'inhibition systématique. Croire que terre tourne empêche de croire qu'elle est immobile. Et comme bien souvent nous avons des raisons de porter des jugements différents sur une même personne ou sur un même objet, il se produit alors une inhibition qui en certains cas s'exagère jusqu'à l'erreur. Par exemple les jugements que porte un homme sur ses semblables sont assez variables. En général ils oscillent brusquement d'un extrême à l'autre, l'homme est toujours porté à abonder dans son propre sens, et c'est une application de la loi d'association systématique. Frédéric Paulhan (1889a)
Il est évident que sans cette loi d'identité il ne pourrait y avoir de communication intelligente entre un esprit humain et un autre. Comment comprendre un homme qui ne maintiendrait pas la même pensée dans tes différentes expressions qu'il lui donne? Toute discussion, tout raisonnement serait impossible. - Alexandre Bain (1875 [1870])
Toutefois, comme l'homme n'est pas un empire dans un empire, comme non seulement nos raisonnements réussissent, mais qu'il est naturel qu'ils réussissent, il est légitime d'admettre qu'il y a dans les choses une tendance à l'ordre, à la classification, à la réalisation d'espèces et de lois. Émile Boutroux (1895)
M. Meyerson fait ressortir à ce propos le fait, déjà signalé par Rosenberger, que si Boyle n'a pas, en réalité, énoncé la loi qu'on lui attribue alors qu'il en avait tous les éléments en mains, c'est sans doute parce que, disciple trop rigoureux de F. Bacon, il a été arrêté par les principes de celui-ci. Ce serait là un des exemples de l'action néfaste de la philosophie scientifique du chancelier, si exagérément glorifié par tant d'auteurs. Heureusement cette action a été beaucoup moins étendue qu'on ne le prétend, de sorte que des exemples de ce genre sont rares. André Metz (1934) [en note]
Il [Meyerson] établit, en outre, que la science est bien loin de rechercher uniquement des lois : elle veut expliquer, c'est-à-dire atteindre les causes. Or il y a dans le concept de cause beaucoup plus que dans celui de loi. André Metz (1934)
matière d'une science, l'objet dont elle cherche les lois ; sa forme, l'ensemble des procédés qu'elle met en œuvre pour arriver à connaître ces lois - Louis Liard (1897)
Autre objection, concernant l'emploi du mot cause : le critique [Ernest Naville (1880)] préférant « la détermination des conditions nécessaires et suffisantes de la production des phénomènes et des lois de cette production. »
Au XIXe siècle, on fabriquait facilement une loi pour expliquer un phénomène, ainsi G. Ferrero, symbologiste, a une loi d'arrêt mental (sa thèse est l'inertie propre de la pensée), que réfute Théodule Ribot (1915).
ce terme exprime bien en effet notre opinion dernière, qui est que « la pensée symbolique » de Leibniz n'est pas proprement une pensée, encore qu'elle soit conforme aux lois logiques et convertible en pensée. L. Dugas (1896)
Le psittacisme est le grossissement, ou mieux la caricature et la charge d'un fait psychologique normal, que Leibniz appelle « la pensée aveugle ou symbolique ». C'est à cette pensée verbale qu'on veut surtout en venir on en prouvera la réalité, on en indiquera l'importance, et on en déterminera les lois. L. Dugas (1896)
la validité de l'analyse algébrique dépend, non de l'interprétation des symboles, mais uniquement des lois de leur combinaison Liard (1877) la logique algébrique de Boole
[Il y avait même des lois pour l'éther.]
Paul Tannery (cité par Milhaud (1898)) Toute proposition sur l'espace est donc subjectivement contingente et ne diffère pas à cet égard des autres propositions qui peuvent être formulées comme lois de phénomènes extérieurs.
Il entre, en effet, dans les énoncés de ces lois [inertie, action-réaction, mouvements relatifs], des notions dont la réalité concrète échappe à toute observation. Saurons-nous jamais, en présence d'un point matériel au repos ou en mouvement, à quelles forces il est ou n'est pas soumis ? Gaston Milhaud (1898)
Il n'est pas vrai que la recherche expérimentale nous fasse découvrir des causes dont nous induisions des lois. Edmond Goblot (1918)
La cause étant l'antécédent constant, on ne peut savoir si un antécédent est cause sans savoir d'abord s'il est constant il faut connaître la loi pour pouvoir parler de la cause. Edmond Goblot (1923)
Pour la science positive, toujours selon Jean Ullmo (1938), une loi universelle n'est pas quelque chose d'absolument vrai, mais quelque chose d'absolument simple.
la geôle du syllogisme
Notes de lecture résiduelles
Le raisonnement étant une opération par laquelle l'esprit établit un rapport entre deux idées à l'aide d'une troisième qui leur a été comparée tour à tour, il est clair que ces trois termes de la pensée sont combinés deux à deux dans trois jugements, dont les deux premiers sont les principes et le troisième la conséquence. - Charles T. Waddington (1857)
la forme n'est que le rapport de ces deux choses (prémisse et conclusion), rapport que nous avons appelé conséquence - Joseph Tissot (1847)
La conditionnelle n'apparaît comme telle dans le syllogisme hypothétique cf. - Joseph Tissot (1847)
Joseph Tissot (1847) considère la syllogistique comme une science, et qu'il n'y a pas lieu de mettre en doute son utilité, cela après avoir passé cinq pages sur le sorite...
Joseph Tissot (1847) pp 251-252 (257 Adobe) l'utilité de la forme syllogistique, pour le fond et pour la forme (expression, usage, dit-il)
J. Philibert Damiron (1836) le syllogisme - Ce qui le ramène à une sorte d'opération mathématique, dont le principe et les règles sont empruntés à cet axiome : deux quantités égales à une troisième sont égales entre elles, ou elles sont inégales quand l'une est égale et l'autre inégale à cette mesure commune.
Euler cité par J. Philibert Damiron (1836) - Tout C est contenu dans A, Or tout A est contenu dans B, Donc tout C est contenu dans B.
L'adaptation que J. Philibert Damiron (1836) fait du syllogisme, d'après Euler, Tout E (c'est l'espèce) est dans G (le genre); Or tout I (l'individu) est dans E, Donc il (I) est aussi dans G.
Qu'est-ce que le syllogisme ? une manière d'établir qu'une généralité quelconque a tels ou tels attributs, qu'un objet particulier rentre par les données qu'il présente dans cette généralité, que par conséquent il en a les attributs. J. Philibert Damiron (1831) Le syllogisme est essentiellement synthétique.
syllogisme (déduction) réduit à sa plus grande simplicité - opération intellectuelle composée de la perception du principe général, de celle des données par lesquelles le cas particulier rentre dans le général ; celle des résultats obtenus par suite du rapprochement. J. Duval-Jouve (1844) argument composé de trois propositions dont la dernière est déduite de l'une des premières au moyen de l'autre. majeure (moyen terme + grand terme), mineure (petit terme + moyen terme), conclusion (petit terme + grand terme) [terme = extension]
règles aristotéliciennes du syllogisme p. 291 J. Duval-Jouve (1844)
comme le moyen (terme) doit pouvoir être sujet et attribut, c'est toujours sur l'espèce que doit tomber la recherche du moyen - J. Duval-Jouve (1844)
Supposons maintenant qu'il ait été constaté que la température de 100° est la cause de l'ébullition de l'eau, nous serons évidemment fondés à dire que : « Toutes les fois que l'eau sera soumise à la température de 100°, elle sera en ébullition. » [!] Nouteau (1897)
On fait un syllogisme dans le cas où l'on n'aperçoit pas immédiatement le rapport qui existe entre deux idées : on en cherche alors une troisième qui joue le rôle d'intermédiaire. Nouteau (1897)
Le raisonnement est une opération par laquelle on montre qu'une proposition est la raison, c'est-à-dire fournit l'explication d'une autre proposition. Exemple : Tout homme est mortel, donc Socrate est mortel. La première de ces deux propositions rend raison, rend compte de la seconde. De même : Tous les hommes qui ont existé jusqu'à ce jour sont morts, donc tous les hommes sont mortels. La première de ces deux propositions sert encore de fondement à la seconde. Nouteau (1897)
Ce qui rend surtout le cercle vicieux manifeste c'est qu'il y est question d'un ensemble, d'une collection, et que l'on conclut en affirmant chez l'un des individus une propriété que l'on a d'abord déclarée appartenir à tous. Il semble que le défaut soit déjà moins apparent si à la formule « Tous les hommes sont mortels », on substitue celle-ci a Tout homme est mortel )). Mais au fond la difficulté n'a pas disparu. Milhaud (1898a)-le rationnel
aux critiques de l'Ecole anglaise. On sait en quoi consistent ces critiques. Soit le syllogisme Tous les hommes sont mortels; Socrate est homme; Socrate est mortel. Ce raisonnement est un cercle vicieux, car je ne peux affirmer la première proposition que si je suis convaincu de la vérité de la dernière. Milhaud (1898a)-le rationnel
Le syllogisme n'est-il pas en outre essentiellement le raisonnement déductif, c'est-à-dire le procédé par lequel l'esprit rattache une affirmation a une autre plus générale qui la comprend? Au fond même, n'est-ce pas pour retrouver ce caractère du syllogisme qu'on sent le besoin d'y voir des attributs, éléments de quelque compréhension qui les renferme, et des espèces, parties de genres qui les contiennent, de façon à saisir clairement la marche déductive de la pensée? Milhaud (1898a)-le rationnel
On peut expliquer la contradiction par son contraire l'identité. L'identité est ce qui s'accorde, la contradiction, ce qui s'exclut. Le rôle ou la fonction logique de l'identité explique le rôle de la fonction logique de la contradiction. L'identité absolue (A est A) n'existe pas plus que la contradiction pure; si elle existait, elle serait sans intérêt. La seule identité qui soit à considérer est l'identité abstraite, celle qu'on remarque entre des termes ou des êtres différents, entre deux corps chimiques, deux hommes, deux sociétés par exemple. Les termes identiques ne sont pas réellement identiques le terme homme, appliqué à Socrate, n'est pas le même que le terme homme appliqué a Wellington les termes, dits identiques, sont seulement des termes « substituables » ou interchangeables. Mais on n'a intérêt à échanger une chose que contre une autre différente. Les termes « substituables » sont donc à la fois autres et mêmes; c'est à ce titre seulement qu'ils sont utilisables, qu'ils entrent dans des raisonnements. Mais ce qui est vrai de l'identité absolue l'est aussi de la contradiction, prise à la rigueur. Ni l'identité ni la contradiction ne se suffisent à elles-mêmes; elles s'appellent, se complètent et se font valoir l'une l'autre. Trois termes absolument identiques ne feraient pas un syllogisme; trois termes entièrement différents, non plus; trois termes différents, ayant un élément commun, Socrate, homme et mortel, voilà ce qui constitue un raisonnement. « Le syllogisme rapproche et met en valeur ce que les trois-termes ont d'identique, mais sans que ce qui les sépare soit complètement écarté ». L. Dugas (1911) à propos de Paulhan (Logique de la contradiction)
syllogisme plus (vers l'inférence)
ABDUCTION. Dans la langue d'Aristote, ce mot désigne un syllogisme dans lequel la mineure est moins évidente que la conclusion, de telle sorte que l'attenlion se détourne (abducere) de celle-ci pour se reporter sur la mineure. il en donne cet exemple : « La science peut être enseignée; or la justice est une science donc la justice peut être enseignée. » C'est la mineure qui attire l'attention de l'esprit et qu'il importe de mettre en évidence pour justifier la conclusion. A. Bertrand. — Lexique de philosophie.
Alfred Binet (1886) affirme que les termes des raisonnements logiques sont des percepts. [ce qui est une réduction à son seul point de vue] le percept devient l'unité de composition mentale
Comment cette théorie [des trois images] ne serait-elle pas applicable de plein droit au syllogisme puisqu'elle en vient ? [justement, n'y a-t-il pas là comme une retour au point de départ ?] Alfred Binet (1886)
Alfred Binet (1886) s'oppose à la critique que fait Spencer le l'ordre des prémisses du syllogisme, parce qu'elle bouscule l'ordre de ses propositions
Trois images qui se succèdent, la première évoquant la seconde par ressemblance, et la seconde suggérant la troisième par contiguïté: voilà le raisonnement. Alfred Binet (1886)
Alfred Binet (1883) s'efforce de dégager le raisonnement du carcan du syllogisme.
Le raisonnement consiste dans l'établissement d'une association entre deux états de conscience, au moyen d'un état de conscience intermédiaire [l'intrusion du moyen terme] qui ressemble au premier état et qui est associé au second. Alfred Binet (1883) [On peut à la rigueur considérer la forme syntagmatique comme le premier état et cette forme mémorisée comme état intermédiaire, liée au troisième état de conscience, le sens, mais je ne vois pas très bien le sens et ses conditions se situer dans la perception]

Alfred Binet (1883) finit, avec son état de conscience intermédiaire, par se couler dans le moule du syllogisme.
Car nous n'avons jamais voulu dire qu'une pensée ne puisse se développer en syllogismes Dan Badareu (1925)
Tout l'art du raisonnement déductif consiste à trouver un moyen terme de comparaison entre les deux idées qui doivent se souder dans la conclusion. Martial de Fornel de la Laurencie (1906)
p ⊃ q.q ⊃ r : ⊃ : p ⊃ r — André Lalande (1929), en note
Il y a pourtant une partie du raisonnement qui n'est pas en dernière analyse tautologie pure; c'est celle qui consiste à attribuer à l'individu la qualité du genre « tout homme est mortel, donc Pierre est mortel. » Paul Regnaud (1887)
Il ne faut pas voir dans la déduction, qu'étudie le troisième livre, un procédé de découverte, comme l'ont faussement cru les logiciens. La déduction n'est qu'une « explication » à partir de propositions supposées vraies; l'unité de la logique déductive, ce n'est pas la proposition en général, c'est une proposition postulée. à propos de Ch. Mercier, Henri Dufumier (1912)
Enfin le syllogisme prête, lui aussi, à des objections qui n'ont jamais été clairement réfutées : tautologie ou cercle vicieux, tels sont les deux écueils où il se heurte. Tous les hommes sont mortels, - cette majeure implique la conclusion. Tout homme est mortel, - cette expression fait disparaître le cercle vicieux; mais le mot Tout, qu'il exprime une essence métaphysique ou l'existence d'un genre, soulève des difficultés insolubles. Émile Boutroux (1895)
Cependant, peut-on leur répondre [aux empiristes qui en font une apostériorité], cette syllogistique représente exactement le procédé de raisonnement de la conscience réfléchie. Émile Boutroux (1895) [Alors pourquoi est-elle ruinée aujourd'hui? Argument qu'il ne pouvait prévoir, mais c'est toujours le cas des métaphysiciens qui vivent dans l'absolu et l'universel ⇩]
La logique syllogistique peut donc être considérée comme une méthode, un ensemble de symboles par lesquels l'esprit se met en mesure de penser les choses, un moule dans lequel il fera entrer la réalité pour la rendre intelligible. C'est en ce sens que nous répondrions à la question de la nature et du degré d'intelligibilité des lois logiques.
Quant à la question de l'objectivité des lois logiques, il peut paraître, au premier abord, inutile de la poser, car rien ne semble plus certain ni plus incontestable. Émile Boutroux (1895)
Jacques Picard (1927) est encore prisonnier du syllogisme, même s'il le nomme déduction.
Quelle est en effet l'essence propre de la déduction? N'est-ce pas de poser par la mineure un sujet, ordinairement concret, dans la sphère compréhensive d'un concept développé dans la majeure, de subsumer, comme on dit, ce sujet afin de pouvoir dans la conclusion montrer que le sujet, lié par la subsomption à une partie du concept, doit être aussi lié à l'autre inséparable partie? ce que la forme hypothétique du syllogisme explique bien si S est A, il est B, mais S est A. donc S est B; ou, sous forme catégorique A est lié à B; or, S est A, donc S est B. Georges Fonsegrive (1896)
Conclure que Socrate est mortel [sic], ce serait ranger Socrate dans la classe des hommes, dont la mortalité est un attribut. La perception d'un objet extérieur suppose un acte d'identification semblable. Alfred Binet (1886)
Tel est le nerf de la preuve [syllogisme] : le cas particulier est considéré comme prouvé quand il est contenu dans le cas général Alfred Binet (1886)
s'appuie sur la critique que Mill a faite du syllogisme Alfred Binet (1886)
p. 187 (215 acroR) les quatre figures - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1
intersection ? (de Morgan, cité par - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1) la plupart des B sont C, la plupart des B sont A, donc quelque A sont C
quantification du prédicat (Hamilton) cité dans - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1, p.acroR 221
Est-il besoin de dire que jamais une manipulation quelconque de simples noms, en tant que noms, n'a donné ni pu donner la moindre connaissance sur les Choses - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1
Syllogisme selon - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1 - L'attribut A est la marque de l'attribut B
l'objet donné (C) a la marque A
donc l'objet donné (C) a l'attribut B — les parenthèses sont de moi
le syllogisme ne peut prouver rien de plus que ce qui est contenu dans les prémisses. - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1 - pétition de principe : d'un principe général on ne peut inférer d'autres faits particuliers que ceux que le principe même suppose connus.
Si l'on nous demandai comment, alors, nous savons que le duc [de Wellington qui est alors vivant] est mortel, nous répondrions probablement parce que tous les hommes le sont. - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1
Socrate n'est pas mortel ; il est mort. - et il n'est pas mortel parce qu'il est homme, mais parce qu'il est (a été - dans son cas) vivant
mais combien de nos meilleurs écrivains en philosophie confondent sans cesse les termes avec les propositions un enthymème avec une consécution immédiate, ou bien encore une proposition particulière avec celle dont le sujet est individuel, etc., etc. - Charles T. Waddington (1857) en note
Confirmation de Henri Poincaré (1908) : c'est Russell qui ramène le syllogisme classique à l'hypothétique.
Cela devient évident quand on considère les prémisses du pseudo-syllogisme « A est égal à B; B est égal à C ». Il serait absurde de considérer comme termes les attributs « égal à B, égal à C », car alors le syllogisme aurait quatre termes. Les véritables termes sont A, B, C. Louis Couturat (1912)
Le raisonnement proprement dit est une opération par laquelle on extrait de deux principes ce qu'ils ont de commun, pour en former un jugement qui eu est la conséquence. Toute la vertu de ce procédé consiste en ce une les deux termes que l'on associe ou que l'on sépare dans le dernier jugement, ont été rapproches d'un troisième et mêmeternie dans les deux premiers: c'est celle double comparaison qui en a montré la convenance ou la disconvenance. - Charles T. Waddington (1857)
enfin ! Il faut donc renoncer à la forme syllogistique ainsi comprise, pour légitimer le procédé inductif
Paul Tannery (1878) ne cache pas la vraie nature de son projet d'algèbre logique : « Je me suis proposé de constituer au contraire un symbolisme qui fût calqué sur ce langage, et qui, par conséquent, pût être appliqué à la théorie du syllogisme de l'école. »
Appliquons ces diverses règles.
1° figure. p est nécessairement positif, donc la majeure est négative, donc la mineure est affirmative; or m y est positif; donc il doit être aussi positif dans la majeure, qui sera donc Δ > p+m. La mineure sera δ m ∓ s . et la conclusion d > Δ - δ > p ± s. universelle ou particulière suivant la quantité de la mineure. Paul Tannery (1878)
Quoi de plus rigoureux en effet que cette forme : A est en B, B est en C, donc A est en C, d'après ce principe que tout ce qui est dans le contenu est dans le contenant ? [ce qui saute aux yeux, c'est que le schéma habituel est A-B, C-A, C-B, ou M-T, t-M, t-T] Paul Janet (1881) [la forme donnée par Janet se prête particulièrement bien à la pétition de principe, ou à la tautologie si l'on procède de la façon qu'il indique (les trois cercle concentriques en commençant par celui qui est le sujet de la conclusion)]
si tout B est A et si tout C est B, alors tout C est A. (Omnis) ⊼ A-B, C-A, C-B de Lachelier
Le point vicieux de cette objection, c'est de ne pas voir que la conclusion n'est contenue et accordée dans les prémisses qu'en tant qu'elles sont réunies; elle ne l'est pas en tant qu'elles sont séparees. Or, dans l'esprit de celui qui nie la conclusion, les prémisses sont séparées l'une de l'autre; il n'y pense pas en même temps pour que la conclusion se dégage de ces prémisses, il faut que les deux prémisses soient rapprochées, et ce rapprochement est le fait de celui qui prouve, et non de celui qui nie ou qui doute, ou qui demande une preuve. Sans doute, les deux prémisses sont accordées mais elles ne le sont que séparément; c'est de la réunion, qui fait jaillir la conclusion de leur rencontre cette réunion conduit donc à une vérité différente de celles qui étaient accordées; et par conséquent il n'y a pas de pétition de principe, quoique la conclusion soit contenue dans les prémisses. [suit un exemple qui a la qualité de ceux de Gettier, dont il ne donne d'ailleurs pas la conclusion qui serait sans doute que le triangle est le plus court chemin d'un point à un autre, ses prémisses étant que X] (X ⇨) d'une part, j'accorde que la ligne droite est le plus court chemin d'un point à un autre; de l'autre j'accorde, que le triangle est une figure qui a trois côtés et trois angles; - vérité nouvelle ⇨ Y (Y ⇨) Il n'y a là que deux propositions séparées, sans lien logique. Mais, si quelqu'un vient à me faire remarquer que chaque côté du triangle est une ligne droite, je vois aussitôt que c'est un plus court chemin, et par conséquent [?] qu'il est plus court que la réunion des deux autres; c'est donc là une vérité nouvelle que j'acquiers et qui n'était nullement contenue dans les prémisses séparées, par conséquent, que je n'accordais pas encore je ne l'ai accordée que lorsqu'on m'a montré les deux prémisses réunies mais cette concession ultérieure, c'est la conclusion même. Paul Janet (1881)
« A, B, C sont trois concepts, et nous sommes supposés connaître que A est une partie de B, B une partie de C mais, jusqu'à ce que nous mettions ces deux propositions ensemble, nous ne savons pas que A est une partie de C. Nous avons perçu B en C intuitivement par comparaison directe mais qu'est-ce que B? Par supposition, B est, et on perçoit qu'il est, A plus quelque chose. Nous avons donc perçu par intuition directe que A plus quelque chose est une partie de C, sans percevoir que A est une partie de C » Mill dans la Philosophie de Hamilton, cité par Brochard (1881)
Ils ont fait la logique à peu près comme les alchimistes ont été les précurseurs de la chimie. Brochard (1881)
Ce qui donne souvent l'apparence de cercle vicieux au syllogisme, c'est la trivialité, la banalité, l'inutilité des exemples que l'on invoque, car qui a jamais raisonné ainsi [suit la mort annoncée Socrate, avec la variante de « tout ce qui vit meurt », en quoi il m'a devancé] Paul Janet (1881)
Mais, au contraire, il arrive très souvent, comme l'a remarqué P. R. [Port-Royal], que c'est la conclusion qui préexiste sous forme de thèse ou de question. [le jeu s'intitule dessine-moi un syllogisme] [je me demande comment on sait que c'est une conclusion si l'on n'a pas le syllogisme correspondant]
En conséquence 1° II est faux que le syllogisme soit une pétition de principe. 2° Le fameux axiome Dictum de omni et nullo reste le principe fondamental de toute déduction syllogistique. P. JANET, de l'Institut. Paul Janet (1881)
Le schéma est le même pour l'extension
B=M, C=G, A=P
M est G
P est M
donc P est G
enthymème : omission d'une prémisse (par. ex. majeure [Tout...]) s'appuie sur « parce que » cf. - Louis Liard (1897) p. 51 (54)
selon Rabier, l'interprétation d'Euler est extensive et non compréhensive
Si A s'affirme de tout B et B de tout C, il est nécessaire que A s'affirme de tout C
2° Si A est nié de tout B et si B est affirmé de tout C, il s'ensuit que A est nié de tout G.
3°Si A est vrai de tout B et si B est vrai de quelque C, il s'ensuit que A est vrai de quelque C. 4° Si A est nié de tout B et si B est affirmé de quelque C, il s'ensuit que A est nié de quelque C.
Gt ⊂ Mt ;
Mt ⊂ Pt ;
Gt ⊂ Pt
⊂ = est inclus (Rabier d'après Aristote, mais la majeure et la mineure sont interverties), mais on peut représenter l'inclusion (compréhension) par « inclut », c'est-à-dire ⊃
Mt ⊃ Gt ;
Pt ⊃ Mt ;
Pt ⊃ Gt
Par exemple, ce syllogisme hypothétique : Si Dieu est bon, il faut l'aimer, se ramène à ce syllogisme catégorique : Un Dieu bon est aimable, or Dieu est un Dieu bon, donc Dieu est aimable. - Élie Rabier (1899) ma version : on ramène le syllogisme à la forme conditionnelle (celle des inférences immédiates) A-E-I-O
la proposition de relation de Lachelier (1907) donne des syllogismes (de relation) truistiques (qui tombent sous le sens)
Il y a cependant, semble-t-il, une différence entre la façon dont le mathématicien identifie les figures et les nombres et celle dont on met en rapport les termes d'un syllogisme. Car dans ce dernier cas, on montre que deux termes sont les mêmes à un certain point de vue, parce qu'ils soutiennent entre eux des relations d'implication, de contenant à contenu. En mathématiques, au contraire, c'est généralement en substituant des égalités les unes aux autres que l'on établit la nécessité de la conclusion, c'est-à-dire que le mathématicien montre que deux figures sont égales parce qu'on peut les superposer dans leur ensemble, ou faire coïncider les parties respectives de chacune (égalité géométrique), ou bien que deux nombres sont égaux parce qu'on y retrouve les mêmes nombres plus simples ou la même quantité d'unités (égalité arithmétique). Antoine Roux (1925)
L'inconvénient des exemples géométriques dans la discussion des jugements ou des syllogismes tient à ce que la géométrie a le même rapport évident à ses objets que la logique.
Pour conserver à notre syllogisme son vrai caractère, il faudrait donc dire : Si quelque sujet a la qualité Homme, il a la qualité Animal ; S'il a la qualité Animal, il a la qualité Mortel ; Donc. s'il a la qualité homme, il a la qualité mortel. [critique de la syllogistique relationnelle ou compréhensiviste] Edmond Goblot (1910)
On eût dit [en ramenant le syllogisme aux relations de compréhension] Le sujet d'une particulière, l'attribut d'une affirmative reçoivent de leur fonction dans le jugement un accroissement indéterminé de leur compréhension. Edmond Goblot (1910)
D'où les règles 1° si le grand et le petit terme sont pris dans les prémisses dans une compréhension incomplètement déterminée, ils doivent être pris de même dans la conclusion; 2° le moyen terme peut être pris au plus une fois dans une compréhension incomplètement déterminée. Edmond Goblot (1910)
La première figure consiste, soit à affirmer une qualité P (grand terme) d'un sujet S (petit terme) parce que cette qualité appartient. universellement à un genre M dans lequel S est contenu, soit à nier une qualité P d'un sujet S parce qu'elle est exclue universellement d'un genre M dans lequel S est contenu. Ce qui appartient au genre a les qualités du genre, et n'a pas les qualités exclues- du genre.
La seconde figure consiste à exclure un sujet S, d'un genre P, soit parce que ce sujet a un caractère M, qui est nié universellement du genre P, soit parce qu'il n'a pas un caràclère M qui est affirmé universellement du genre P. – Ce qui n'a pas un caractère du, genre, ou qui a un caractère exclu du genre, n'appartient pas au genre.
La troisième figure consiste à dire soit que deux attributs P et P', affirmés séparément d'un môme sujet M, et l'un au moins universellement, peuvent se rencontrer ensemble, soit que, l'un étant affirmé, l'autre nié d'un même sujet M, et l'un au moins universellement, ils peuvent être l'un sans l'autre. Si deux attributs coïncident dans un certain sujet, ils ne sont pas incompatibles; si l'un se rencontre dans un certain sujet où l'autre n'est pas, ils ne sont pas nécessairement liés. Edmond Goblot (1910)
Si l'on énonce ainsi un raisonnement a = b, b = c, donc a = c, il est impossible d'y trouver une majeure et une mineure, un grand et un petit termes; b n'est pas un moyen terme. Il faut énoncer la majeure sous-entendue, le principe qu'on applique. Et voici le syllogisme mis en forme (Barbara) Deux quantités séparément égales à une même troisième sont égales entre elles; Or les deux quantités a et c sont séparément égales à une même troisième (qui est b) 1; Donc les deux quantités a et c sont égales entre elles.
note 1 Le moyen terme doit être identique dans les deux prémisses. L'addition (qui est b) est ce que j'appelle une constatation logique. Edmond Goblot (1913)
l° l'extension d'un terme ne doit pas être plus grande dans la conclusion que dans les prémisses; 2° le moyen terme doit être pris moins une fois universellement. Edmond Goblot (1910)
Et l'on pense que pour échapper à la pétition de principe, il suffit, d'interpréter le syllogisme en compréhension ? je ne pourrais pas dire que S est contenu en extension dans P, si je ne savais que M qui contient S est contenu en extension dans P. Pourrais-je donc dire que P est contenu en compréhension Edmond Goblot (1910)
dans S, si je ne savais que P est contenu en compréhension dans qui est contenu dans S ? Tout raisonnement qui ne se borne pas formuler explicitement une conséquence - implicitement contenue dans les prémisses, est autre chose qu'un syllogisme. Edmond Goblot (1910)
Ou bien le concept est interprété en extension; le jugement est alors catégorique Tout ce qui est A est aussi B; Quelque x qui est A est aussi B Ou bien le concept est interprété en compréhension, le sujet n'a pas de quantité; le jugement n'est ni universel ni particulier, mais apodictique. Dans ce cas, il n'est pas catégorique, mais hypothétique; il exprime en effet une relation de principe à conséquence, de condition à conditionné Si x est A, x est B, quel que soit x. Edmond Goblot (1910)
Extraire une proposition spéciale d'une plus générale qui la contient, c'est faire usage du savoir que l'on possède, cesn'est pas l'accroître. Et jamais cela ne s'est appelé démontrer. Démontrer, c'est s'appuyer sur des propriétés admises pour en établir de nouvelles, ou complètement hétérogènes, ou plus générales; dans les deux cas le syllogisme en est incapable. Edmond Goblot (1910)
si la démonstration était composée de syllogismes, elle serait un polysyllogisme, c'est-à-dire que la conclusion d'un syllogisme servirait de prémisse au suivant. Or ce n'est pas ainsi que se font les articulations du raisonnement. On fait un syllogisme nouveau chaque fois qu'on fait appel à un principe nouveau, et ce n'est pas par ses prémisses, mais bien par sa conclusion que le syllogisme nouveau s'insère dans la trame du raisonnement. Goblot (1927)
nous ne pouvons pas être assurés de la mortalité de tous les hommes, à moins d'être déjà certains de la mortalité de chaque homme individuel. Si l'on dit que la mortalité de Socrate est douteuse avant d'avoir été extraite de la majeure, (...) cette majeure est par là même frappée d'incertitude et ne peut, par conséquent servir à légitimer la conclusion. Liard (1883), sur Mill - tous ce qui vit est mortel
Si l'on suit la démonstration de Paul Tannery (1878) dans la première partie de son article, il est clair que la science ne pouvait pas progresser avec un tel appareil logique ; il restreint cependant la portée du syllogisme aux sciences expérimentales, qu'il dit de classification.
Son rôle [celui du syllogisme] est donc borné aux sciences de classification; il s'applique en général au problème de déterminer, par l'analyse des caractères d'un échantillon, le nom spécifique des objets ou des êtres que représente cet échantillon. Ce rôle est donc essentiellement analytique. Paul Tannery (1878)
La cause par laquelle on démontre l'existence d'un attribut, est le genre auquel le sujet appartient, parce que ce genre emporte nécessairement avec lui l'attribut. Ce n'est là d'ailleurs qu'une question de terminologie. Dans le syllogisme, ce genre est exprimé par le moyen terme. Ernest Pannier (1882) commentant Aristote [en note]
cette formule ne diffère pas essentiellement de la formule aristotélique Tout B est C, tout A ou quelque A est B, donc tout A ou quelque A est C Lucien Arréat (1881)
A est en B, B est en C, donc A est en C. Tout ce qui est dans le contenu est dans le contenant. Voilà la forme achevée du syllogisme. Lucien Arréat (1881)
La théorie du syllogisme a accrédité cette opinion, que la nécessité d'une proposition ne peut être établie qu'en tirant cette proposition d'une autre qui la contienne.
Il est reconnu que toutes les figures du syllogisme se ramènent il la première tout syllogisme revient donc, soit à attribuer une qualité (grand terme) a un sujet (petit terme), parce qu'elle appartient universellement (dictum de omni) à un genre (moyen terme) dont ce sujet est individu ou espèce soit à exclure une qualité d'un sujet, parce qu'elle est exclue universellement (dictum de nullo) d'un genre dont ce sujet est individu ou espèce. En d'autres termes, il consiste a tirer une proposition spéciale ou singulière d'une majeure qu'on peut, avec Port-Royal, appeler proposition contenante, au moyen d'une proposition applicative, la mineure. Ainsi nous pouvons déduire de la proposition générale, relative aux angles du polygone, la proposition spéciale relative à ceux du triangle. Des propriétés de l'ellipse on déduira celles du cercle. Ces déductions sont des syllogismes. Edmond Goblot (1898)
Si l'on fait l'analyse formelle d'une démonstration, on y trouvera un ou plusieurs syllogismes. Cette forme de raisonnement sort toutes les fois qu'il s'agit de faire usage d'un axiome ou d'une proposition antérieurement établie pour !'app!iquor au cas que l'on considère. Mais l'analyse formelle laisse un résidu, a savoir des propositions qui ne font partie d'aucun syllogisme et ce résidu, qui semble avoir échappe jusqu'ici, est fort important là se trouve tout le savoir positif que l'esprit introduit en passant d'une proposition a une autre. [il parle de mathématiques] Edmond Goblot (1898)
dans la logique classique (scolastique) l'obstacle à la conversion simple était, dans les cas où elle n'était pas possible, l'inégale extension du sujet et du prédicat - Louis Liard (1897)
raisonner, ce ne serait pas de faire rentrer une notion dans une autre, mais substituer, dans des propositions données, des notions équivalentes à des notions équivalentes. Tous les syllogismes reposeraient sur le principe de la substitution des semblables (Stanley Jevons) - Louis Liard (1897)
Dans les propositions, l'ordre des termes n'est pas changé ; mais l'ordre des propositions elles-mêmes est renversé, la conclusion de l'un des syllogismes formant la majeure de l'autre. Quant aux termes, le grand est commun à tous deux, mais le moyen terme de l'un est le petit terme de l'autre. Dans la prémisse mineure commune, les termes, quoique identiques, ont une relation différente dans la pensée, par suite de la nature différentedu procédé. - William Hamilton (1840)
Émile Boirac (1891) [cours d'] prétend qu'on découvre une liaison nouvelle dans le syllogisme (il doit être le seul) et si le petit et le moyen ne sont pas contenu d'avance à quoi joue-t-on ? textuel : je peux sans me contredire douter que je sois mortel (!)
toute erreur est une erreur de raisonnement - Émile Boirac (1891) [cours d']
le sophisme de l'étymologie - Émile Boirac (1891) [cours d']
En logique, toute conclusion est déterminée ratione formæ, la conséquence étant nécessairement renfermée dans la conception même des prémisses - William Hamilton (1840)
Le syllogisme est une interprétation et non un raisonnement (inférence) - John Stuart Mill (1862 [1889]) T. 1
Ce syllogisme (...) ne diffère pas quant à la forme des syllogismes ordinaires de la première figure mais il en diffère quant à la matière, en ce que le moyen, au lieu d'être un terme général, est une collection de termes particuliers. - Jules Lachelier (1871)
Aristote : L'homme,le chevalet le mulet vivent longtemps;
Or tous les animaux sans fiel sont l'homme, le cheval et le mulet
Donc tous les animaux sans fiel vivent longtemps.
cette conclusion consiste, à l'inverse de la conclusion déductive, à tirer de la collection complète des cas particuliers une règle générale qui n'en est que le résumé.
Mais, au lieu de poser le rapport de l'espèce au genre entre deux termes, on peut l'exclure, et alors la proposition est, comme on sait, universelle négative ou particulière négative, selon que le sujet dont l'attribut est nié (l'espèce exclue comme telle d'un certain genre) est pris en totalité ou borné à l'une de ses propres espèces. Exemples : Nul homme n'est heureux: Quelques hommes ne sont pas justes. - Charles Renouvier (1854 [1875])
Le grand et le petit portent le nom commun d'extrêmes, et forment la matière de la conclusion ; le grand en est l'attribut et le petit le sujet. - Joseph Tissot (1847) - (...) ces trois termes doivent être entre eux dans un rapport tel qu'ils forment une série d'idées, et que deux d'entre elles au moins doient subordonnées l'une à l'autre, comme l'espèce l'est au genre.
la nature du rapport entre les extrêmes est la même que celle des extrêmes au moyen. Nota notæ est nota rei ipsius - Joseph Tissot (1847)


| B | C |
| A | B |
| A | C |
Pour un exposé du syllogisme à même Aristote, on se reportera à l'essai de Charles T. Waddington (1857) intitulé « De la découverte du syllogisme »
supra · ∥ · Plan détaillé · ∥ · Bibliographie
