Essai de sémantique




Annexes 2-8




table d'orientation de la page des annexes
annexe 2 Corpus de « sémantique » (électronique)annexe 3 principes de la théorie (1987)annexe 4 synonymie conditionnelleannexe 5 sur le prototype
annexe 6 sur l'automatisation de la règle (Prolog)annexe 7 sur la polarisationannexe 8 un peu de grammaire


Annexe 2
Corpus du terme sémantique

Contextes recueillis dans l'Encyclopédie Universelle Larousse 2002 © électronique & et dans le Petit Robert électronique 2001

Les adjectifs déterminatifs se subdivisent en adjectifs possessifs, démonstratifs, indéfinis, numéraux, interrogatifs (et exclamatifs), relatifs et ont sur le plan sémantique des fonctions de détermination (l'autre maison), de quantification (deux maisons) ou d'actualisation (ma maison).  Ils ne peuvent se placer après le nom ni être en position d'attribut.

La grammaire traditionnelle classe les adverbes selon leur sens et distingue des adverbes de lieu (ici, là, devant, etc.), de temps (alors, parfois, etc.), de manière (aussi, vite, passionnément, etc.), de quantité (assez, encore, etc.), d'affirmation, de négation, de doute.  En fait, sur le plan sémantique et syntaxique, les adverbes peuvent avoir des valeurs très différentes :  ainsi les adverbes de manière (il marche lentement), de lieu (il habite ici), de temps (il viendra demain) équivalent à un complément circonstanciel.

(trait)  Propriété minimale pertinente qui permet de distinguer deux unités d'une langue donnée sur le plan phonologique, syntaxique et/ou sémantique.

(zeugme)  Coordination de deux ou plusieurs éléments qui ne sont pas sur le même plan syntaxique ou sémantique.  (Par exemple « Vêtue de probité candide et de lin blanc » [Hugo].)

asémantique :  Se dit d'une phrase qui ne peut recevoir aucune interprétation sémantique.  (Par exemple la phrase « la lampe pense à son frère ».)

autoréférence :  Propriété d'un énoncé dont le contenu sémantique est exclusivement en relation avec cet énoncé, et qui, par cela même, est susceptible d'engendrer une antinomie.  (Ainsi la phrase « Je mens toujours », qui donne lieu au paradoxe du menteur, se réfère en particulier à elle-même, car elle est l'affirmation du caractère mensonger de toutes mes phrases, et, comme telle, s'applique aussi à la phrase qui exprime cette affirmation.)

lexis — nom féminin — (grec  leksis, énonciation) —  énoncé logique, considéré indépendamment de la vérité ou de la fausseté de son contenu sémantique.

les écritures phonétiques, ou le signe, perdant tout contenu sémantique, représente un son ou un groupe de sons.

sémantisme — nom masculin —  Contenu sémantique d'une unité linguistique.  Mot au riche sémantisme.

synecdoque — nom féminin — (latin  synecdoche, du grec  sunekdokhê) — Variété de métonymie qui consiste à élargir ou à restreindre le contenu sémantique d'un mot (par exemple Voir au loin une voile [= un navire]).

procès — (1927) Ling. Contenu sémantique du prédicat; ce que le verbe peut affirmer du sujet (état, devenir, action).

Contenu sémantique; ensemble de valeurs prises en charge par un ou des signes.

Catégorie sémantique, forme dans laquelle s'insèrent certaines expressions d'un langage logique.

(péjoration) Changement sémantique par lequel un terme prend un sens péjoratif.

(compilateur)  La compilation commence par l'analyse lexicologique, syntaxique et sémantique du texte source

Logique —  Symbole complet, symbole qui comporte par lui-même un sens et une dénotation.  —  Théorie complète, théorie qui jouit de la propriété de complétude sémantique et/ou syntaxique.

Analyse componentielle, analyse sémantique des mots en composants ultimes, appelés traits sémantiques ou sèmes.

Composant sémantique, synonyme de trait sémantique.

Le lexique des créoles est, dans sa quasi-totalité, identique à celui des langues sources, compte tenu de changements phonétiques et sémantiques profonds ;  mais, par-delà cette diversité lexicale, les créoles manifestent une surprenante similitude, tant syntaxique que sémantique

L'emprunt peut être aussi uniquement sémantique :  il accroche à un mot déjà existant une signification nouvelle : c'est le cas pour caravane, dans le sens de « roulotte », qui vient de l'anglais caravan.

Une grammaire générative est formée de trois parties (ou composantes) : une composante centrale, la syntaxe, et deux composantes interprétatives, la phonologie et la sémantique.  La composante syntaxique, système de règles définissant les phrases permises dans la langue, est elle-même constituée de deux parties :  la base qui définit les structures fondamentales, et les transformations qui permettent de passer des structures profondes aux structures de surface des phrases sans altérer l'interprétation sémantique faite au niveau profond.

À cette catégorisation formelle (genre grammatical) vient se superposer, dans certains cas, une catégorisation sémantique (genre naturel) qui oppose les personnes et les objets (animés et non-animés) et, à l'intérieur de la classe des animés, les individus mâles et les individus femelles.

Si l'on vise à la description complète de la langue, la grammaire se compose alors de plusieurs parties : la phonétique (étude des sons), la syntaxe (étude des combinaisons de morphèmes) et la sémantique (étude des sens des morphèmes et de leurs combinaisons).  Depuis quelques années, un nouveau concept est apparu, celui de grammaire générative, ou la grammaire est censée générer l'ensemble infini des phrases d'une langue à partir d'un ensemble fini de règles.

hétéronyme — adjectif et nom masculin — Se dit de mots formant ensemble une structure sémantique (par exemple frère et sœur ou bien capitaine, lieutenant, général, etc.).

L'intonation sert à signaler la catégorie de base à laquelle appartient la phrase (affirmative, interrogative, impérative, etc.), ainsi que sa modalité expressive (affirmation péremptoire, doute, surprise, etc.).  Elle participe également à la structuration sémantique du message en permettant l'identification du thème (ce qui est donné par le contexte référentiel) et du rhème (ou apport d'information).

Action de surgir soudainement dans un domaine d'activité :  L'irruption de la sémantique dans la philosophie.

Bien que les langages actuels soient encore contraignants par leur syntaxe et la faiblesse de leur sémantique, ils permettent l'écriture de programmes très complexes, indépendants des machines sur lesquelles ils seront exécutés.

Groupe de mots figé ayant la valeur grammaticale et/ou sémantique d'un mot unique.  (On distingue les locutions verbales [faire grâce], nominales [mise en jeu], adverbiales [tout de suite], prépositives[au-dessus de], conjonctives [pour que].)

Le calcul des propositions et le calcul des prédicats remontent à l'Antiquité (IVe-IIIe s. avant J.-C.).  Aristote est le premier à expliquer systématiquement les principaux principes et les principales procédures logiques.  L'école de Mégare (Eubulide, Diodore, Philon) et les stoïciens (Chrysippe surtout) accroissent les formes d'inférence fondamentale et posent le problème de la sémantique en distinguant le signifiant linguistique du signifié et de l'individu dénoté.

(logogramme-idéogramme) Dessin correspondant à une notion (logogramme sémantique ou idéogramme) ou à une séquence phonique (logogramme phonétique ou phonogramme).

(mathématique) Le point de vue sémantique s'intéresse, sinon au sens à proprement parler, du moins à la possibilité pour une proposition d'être vraie dans une interprétation donnée du système symbolique.

(mélioration)  Changement sémantique par lequel un terme prend un sens plus favorable

(métamathématique)  Tarski a repris ce concept en l'élargissant aux théories formalisées en général et en en faisant un domaine spécifique, subdivisé en syntaxe et sémantique.)

C'est ainsi que la sémantique des logiques modales s'est notamment développée avec Kripke (1963) et surtout Hintikka (1969).

[Logique modale, système de logique qui comporte, en sus des connecteurs et quantificateurs de la logique classique, deux opérateurs unaires de modalité, l'un pour la nécessité (« il est nécessaire que... »), l'autre pour la possibilité (« il est possible que... »).]

(modèle - logique) Concept constituant un monde possible à l'égard duquel les formules d'un langage formalisé peuvent être dites vraies ou fausses.  (Le concept de modèle est fondamental dans la sémantique moderne et son importance a été mise en lumière par Tarski [1930], dont les travaux ont pu être affinés grâce à des résultats obtenus par Gödel antérieurement [théorème de complétude] et grâce à Skolem [1933].)

Négation d'une proposition p, proposition qui résulte de la proposition p par l'ajout du connecteur n (« n p » se lit « non-p »).  [Dans la sémantique bivalente classique, la proposition n p est vraie exactement si p est fausse, fausse exactement si p est vraie.]

La néologie sémantique peut être une métaphore figée passée en langue (une fourchette en matière de statistiques), des transferts ou extensions de traits sémantiques (aseptiser le climat social).

(onomasiologie)  étude sémantique qui consiste à partir du concept pour rechercher les signes linguistiques qui lui correspondent.  (S'oppose à sémasiologie.)

La Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal distingue neuf parties du discours :  le nom, le pronom, le verbe, l'adjectif, l'article, l'adverbe, la préposition, la conjonction et l'interjection.  À chacune de ces catégories est assigné un rôle sémantique particulier :  le nom désigne les êtres vivants et les objets du monde réel, l'adjectif définit des qualités, le verbe décrit les procès ou les états, l'adverbe modalise le jugement, les prépositions et conjonctions, l'interjection, l'article et le pronom établissent des relations logiques entre les mots ou entre les phrases ; ils ne signifient rien en eux-mêmes et sont nommés « parties mineures ».

La psychologie cognitive étudie de façon détaillée le rôle que cette représentation joue dans la suite des traitements requis dans l'activité psychologique :  ainsi la perception des syllabes successives doit contribuer à la segmentation de la parole entendue, à l'identification des mots, à l'analyse syntaxique et sémantique, enfin à la compréhension des phrases et du discours dans son ensemble ;  mais en même temps elle dépend de ces opérations.  C'est ce rôle fonctionnel de la perception qui fait qu'elle est aujourd'hui considérée comme un moment, ou une composante, du traitement de l'information et des activités cognitives.

les langages actuels sont encore très contraignants par leur syntaxe et la faiblesse de leur sémantique.  Ils permettent cependant d'entreprendre l'écriture de programmes (ou logiciels) d'une grande complexité, inimaginables avec les seuls langages machine ou d'assemblage.

(quantificateur/quantifieur)  Symbole spécifique d'un langage formel, dont l'emploi syntaxique est régi par des règles de formation et d'inférence et dont l'emploi sémantique est régi par des règles d'interprétation.  (Les quantificateurs les plus utilisés sont le quantificateur existentiel et le quantificateur universel.) [Synonyme :  quanteur.]

L'origine du mot romantisme renvoie au substantif roman, qui, en ancien français, était synonyme de « langue vulgaire », par opposition à « langue noble », le latin.  D'ou un glissement sémantique qui, dès le XIIe s., a réduit l'extension du vocable romant, aux seuls récits composés en « langue vulgaire » et, à partir du XIVe s., n'a plus servi qu'à désigner des récits de chevalerie en vers, puis en prose.

sémantème — nom masculin — (de sémantique, d'après morphème) — Synonyme vieilli de lexème.  —  élément composant du sémème d'une unité lexicale, qui regroupe tous les traits sémantiques spécifiques de l'unité considérée.

sémantique nom féminin (bas latin  semanticus, du grec  sêmantikos, qui signifie) —  étude du sens des unités linguistiques et de leurs combinaisons.

étude des propositions d'une théorie déductive du point de vue de leur vérité ou de leur fausseté.  —  Aspect de la logique qui traite de l'interprétation et de la signification des systèmes formels, par opposition à la syntaxe, entendue comme l'étude des relations formelles entre formules de tels systèmes.

sémantique — adjectif —  Relatif au sens, à la signification des unités linguistiques.  /  Qui concerne la sémantique.  —  Champ sémantique, aire couverte, dans le domaine de la signification, par un mot ou un groupe de mots de la langue.  —  Trait sémantique, synonyme de sème.

L'avènement d'une discipline ayant le sens pour objet (la sémantique) a été relativement tardif (le terme a été créé par M. Bréal en 1897).  Considérant, à la suite de Saussure, que la langue devait être décrite « en elle-même et pour elle-même », c'est-à-dire avant tout comme une forme, les linguistes structuralistes ont établi une distinction rigoureuse entre forme et sens, ce qui laisse la possibilité de dégager un niveau d'analyse autonome :  le niveau sémantique.

— La sémantique structurale se fonde sur le concept saussurien de valeur, selon lequel la « signification » d'un signe ne se limite pas à la relation entre un signifiant et un signifié mais doit être également conçue comme résultant de la relation de ce signe avec d'autres signes : l'anglais sheep et le français mouton peuvent avoir la même signification mais ils n'ont pas la même valeur, puisque l'anglais comporte, en outre, mutton (viande de l'animal) ;  d'où le projet de constituer des « champs sémantiques » de termes, puis des « microsystèmes » dont les sens se délimitent réciproquement.  Dès lors, les comparaisons entre signes permettent de dégager des unités minimales de signification (les sèmes ou traits sémantiques) par des procédures analogues à celles utilisées en phonologie.

— La sémantique distributionnelle prend pour base que le sens des unités linguistiques est en relation étroite avec leur distribution, c'est-à-dire avec la somme des environnements dans lesquels elles apparaissent :  on pourra ainsi classer les divers sens d'un terme en fonction des constructions auxquelles il participe : l'adjectif fort, par exemple, appliqué à une personne, change de sens lorsqu'il est suivi d'un complément prépositionnel (un homme fort / fort aux échecs / fort en sciences). 

— La sémantique générative, prolongeant et critiquant la grammaire générative, part de la constatation que deux phrases de même sens peuvent avoir des structures profondes différentes.  Il faut donc envisager les structures profondes non plus au niveau syntaxique mais au niveau sémantique.  Cette structure sémantique profonde, très abstraite, est constituée d'un ensemble de traits logiques dont la combinaison aboutit aux structures de surface.

— Ainsi, la sémantique, qui était à l'origine une analyse du sens au niveau du mot, se situe désormais au niveau de la phrase, voire du discours (pragmatique).

sémantiquement — adverbe —  Du point de vue sémantique.

sémasiologie — nom féminin — (allemand  Semasiologie, du grec  sêmasia, signification) —  étude sémantique qui consiste à partir du signe linguistique pour aller vers la détermination du concept.

sème — nom masculin — (de sémantique, d'après phonème) —  Unité minimale de signification entrant, comme composant, dans le sens d'une unité lexicale.  (Synonyme :  trait sémantique.)

sémème — nom masculin — (de sème, d'après phonème) —  Entité sémantique constituée d'un faisceau de sèmes.

Analyse sémique, analyse visant à établir la composition sémantique d'une unité lexicale par la considération des sèmes qui la constituent.

Les stoïciens ont fondé une logique propositionnelle, caractérisée par la recherche des antinomies, une sémantique analysant les relations signifiant/signifié et surtout une morale, fondée sur une certaine conception psychophysiologique de l'homme et de la nature

Une autre école est celle du cercle de Copenhague, autour duquel naviguent des linguistes comme Louis Trolle Hjelmslev (1899-1965) et Viggo Brøndal (1887-1942).  Hjelmslev est le premier structuraliste qui pose le problème d'une sémantique générale en postulant un isomorphisme entre le plan du signifiant et le plan du signifié.

(subordination)  Relation de dépendance qui lie une proposition à une autre proposition qui lui sert de support syntaxique et sémantique.

synapsie — nom féminin — (grec  sunapsis, union) —  Unité sémantique composée de plusieurs morphèmes lexicaux (par exemple pomme de terre, pince à linge, chemin de fer).

Logique syntaxique, aspect de la logique qui traite des manipulations combinatoires effectuées sur les systèmes formels, par opposition à la logique sémantique.

[verbe]  Catégorie grammaticale qui regroupe l'ensemble des formes composées d'une base lexicale et d'un certain nombre d'affixes pertinents variant en nombre, en personne, en temps, dont la fonction syntaxique est de structurer les termes de l'énoncé, et dont le rôle sémantique est de décrire les actions, les états, les modifications relatifs aux éléments auxquels réfèrent les noms sujets.

(zéro)  Absence d'un trait formel ou sémantique, prenant valeur de trait pertinent, dans un système ou les unités se définissent les unes par rapport aux autres par la présence ou l'absence de ce trait.

Chaque utilisation concrète de la langue par un sujet parlant cette langue relève de ce qu'il appellera en opposition la performance, c'est-à-dire la réalisation concrète qu'il produit, séquence morpho-sémantique signifiante dans son contexte et « correcte » (conforme au modèle grammatical)

2 le composant lexical, ensemble des morphèmes définis par des traits qui les caractérisent au point de vue phonologique, morphologique, syntaxique et sémantique : père est un son [pdr], muni de ses caractéristiques (explosive labiale, etc.), qui est à la fois un nom, un nom commun, masculin singulier, animé, être humain, etc.

Il y trois composants dans une grammaire générative :  les composants syntaxique, phonologique et sémantique.  Le composant syntaxique est le principal composant, ne serait-ce que parce qu'il « contient un lexique qui lui-même est caractérisé par ses traits sémantiques intrinsèques » (note de bas de page significative).

À ce moment, la thèse chomskienne se résume ainsi, selon ses propres termes : « Une grammaire comprend un composant syntaxique, un composant sémantique et un composant phonologique.  [...]

Du début, jusqu'ici, les définitions (comme contextes) sont empruntées à l'EUL© 



À partir de ce point, les définitions (= contextes) sont tirées du Robert électronique.

Analogie — Relation entre les mots qui sont apparentés par le sens, les mots d'un champ sémantique.

Qui a pour objet des symboles (et non leur contenu).  ⇒ formalisé.  Méthode axiomatique.  Sémantique axiomatique.

2 Ling.  Classe à l'intérieur de laquelle sont placés, selon des critères sémantiques ou grammaticaux, les éléments d'un vocabulaire.

5 Ling.  Ensemble structuré (de notions, de sens, de mots).  Champ conceptuel, notionnel.  Champ sémantique, lexical.

Didact.  Groupement d'un petit nombre d'objets.  Cluster d'îles, d'étoiles.  Cluster de traits sémantiques.

Analyse de contenu :  analyse sémantique.

Second membre d'une définition (1°, 2°); énoncé servant à définir.  équivalence sémantique entre le définissant et le défini.

Les définissants sont librement choisis par le lexicographe.

Science de la filiation des mots, reconstitution de leur ascendance jusqu'à leur état le plus anciennement accessible.  L'étymologie est fondée sur les lois phonétiques et sémantiques.

évolution d'une langue; évolution phonétique, sémantique d'un mot.

SENS FIGURÉ, qui comporte le transfert sémantique d'une image concrète à des relations abstraites.  Subst.  Au propre et au figuré : au sens propre et au sens figuré.

La grammaire et la lexicologie, et la sémantique.

réseau* sémantique (IA)

Relation entre deux langues qui ont les mêmes structures ou entre deux systèmes sémantiques comparables.

Étude du sens des mots.  ⇒ sémantique.

L'énonciation fait partie de la pragmatique.  Syntaxe, sémantique et pragmatique

Qui correspond aux hypothèses d'une théorie quant à la genèse syntactique et (ou) sémantique des formes superficielles du discours.  Structure profonde.

(prosthèse) Adjonction, à l'initiale d'un mot, d'un élément (lettre, syllabe) non étymologique, sans modification sémantique ;  l'élément ainsi ajouté (ex.  le l de lendemain, le g de grenouille).

Réseau sémantique :  ensemble de processeurs interconnectés pour former une base de connaissance.

Spécialiste de sémantique.

Sémantique analytique, structurale, générative.  Sémantique synchronique, diachronique (ou historique).  La sémantique étudie les relations du signifiant au signifié, les changements de sens, la synonymie, la polysémie, la structure du vocabulaire (⇒ lexicologie).  Sémantique lexicale, de l'énoncé, de la phrase.  Sémantique paradigmatique (champs sémantiques), syntagmatique. 

— (angl.  general semantics) Sémantique générale : sémiologie appliquée à la vie sociale.  —  Log.  étude générale des relations entre les signes et leurs référents.  La sémantique, la syntaxe et la pragmatique.  ⇒ sémiotique.

— Adj.  (1897)  —  Relatif à la sémantique; de la signification, du sens.  ⇒ sémique.  Aspect sémantique du langage, développement, différence sémantique.  Trait sémantique.   sème.  — (adapt. all.) Champ sémantique : ensemble de mots et de notions qui se rapportent à un même domaine conceptuel ou psychologique.  — Composant ou composante sémantique, d'une description linguistique, d'une grammaire générative.  — À Log.  Système sémantique :  tout système comportant un ensemble de symboles (son vocabulaire), des lois de formation ou règles permettant de former des propositions, des lois de désignation et des lois de vérité.  —  Se dit d'une phrase qui a un sens.  Phrase sémantique (opposé à asémantique).

sémasiologie — Science des significations, partant du mot pour en étudier le sens (opposé à onomasiologie).  ⇒ sémantique.

Qui concerne la structure du contenu (⇒ sémantique) et les unités minimales de signification (⇒ sème).  Analyse sémique.

(sens) Concept évoqué par un mot, une expression, correspondant à une possibilité de désignation (objet, sentiment, relation, etc.).  ⇒ acception, signification, signifié, valeur; sémantique.

Contenu du signe linguistique (opposé et lié au signifiant).  ⇒ 1.  sens.  L'étude des signifiés.  ⇒ sémantique.

(opposé à juxtaposition et à coordination) Construction dans laquelle une proposition non autonome est liée à une autre proposition qui lui sert de support syntaxique et sémantique;

(angl.  syntactics, Morris) L'une des parties de la sémiotique (avec la sémantique et la pragmatique).

(traduire) Faire que ce qui était énoncé dans une langue naturelle le soit dans une autre, en tendant à l'équivalence sémantique et expressive des deux énoncés

Qui concerne les unités de discours d'un niveau supérieur à la phrase.  Sémantique transphrastique.


Cooccurrents de l'adjectif « sémantique »

⊥ sémantique
analyse
catégorie ≡ classe
catégorisation ≡
classement
champ ≝ ensemble structuré
changement
complétude ∈ logique
composant ∈ grammaire générative
composantes ∈ grammaire générative
composition
contenu ≝ Ce que signifie un signe*
critères
emploi
emprunt
entité
équivalence
étude
évolution
genèse ∈ sémantique générative
glissement
interprétation
logique
logogramme lois ∈ sémantique
historique
modification
phrase
plan ≢ ⊥ syntaxique
point de vue
réseau ∈ intelligence
artificielle
rôle cf. grammaire
séquence +morpho
similitude
structuration
structure cf.
« dépendances internes » support
systèmes ∈ logique trait
transfert
unité
valeur

* La cooccurrence [8] de ‘contenu’ + ‘sémantique’ pose un problème apparemment pléonastique.


Cooccurrents du nom « sémantique »

sémantique
analytique
axiomatique ∈ logique
d'un langage ∈ informatique
diachronique cf. diachronie ≝ évolution des faits linguistiques dans le temps
distributionnelle cf. Classe distributionnelle, regroupant les éléments qui présentent les mêmes environnements. 
générale ∈ Korzybski
générative cf. grammaire générative
historique cf. diachronique
paradigmatique cf. axe
structurale cf. structuralisme
synchronique ≝ relatif aux aspects différents d'un même ensemble à un même moment d'une évolution
syntagmatique cf. axe
transphrastique ≝ Qui concerne les unités de discours d'un niveau supérieur à la phrase





Annexe 3
Principes d'une sémantique opératoire

Ces principes, qui sont ceux de la théorie de la sémantisation, formulée dans ma thèse d'État de 1987, se trouvent, par ordre alphabétique, en annexe à « De l'inférence sémantique ».



Annexe 4
sur la synonymie, dite synonymie conditionnelle

On examine dans cette annexe si la synonymie telle qu'elle se présente dans le discours peut faire l'objet de règles propres.  À titre d'hypothèse descriptive, la première correspond à la formule :  « un mot est synonyme d'un autre mot dans un contexte donné (c'est-à-dire en présence d'un ou de plusieurs mots ou expressions donnés) » .

 ⇨  Est écartée la contrainte absurde de « tous les contextes », généralement associée à l'idée de la possibilité de synonymes.  Un signe (forme, en réalité) n'y satisfait pas :  il est en effet impossible de prouver qu'un morphème demeure identique (entendez :  à lui-même) sémantiquement (ou autrement) dans tous les contextes ; pourquoi exigerait-on d'un synonyme qu'il possède une propriété qu'il n'a pas en tant que morphème ?

a ≡ b ∁ x  

VAR  a ≡ b ∁ […]

La variante se lit : « un mot est synonyme d'un autre mot dans un paradigme contextuel (une classe de cooccurrents) ». 

De ces deux formules générales, on peut dériver une règle plus élaborée :  [Toutes choses égales par ailleurs,] « si un mot est substituable à un autre mot dans le syntagme formé avec un troisième, on infère que ces deux mots sont synonymes dans le contexte du troisième » (synonymie restreinte) :

∵  c ↺ a ∁ ab ⊢ c ≡ a ∁ ⊥ b

Cette règle peut recevoir une interprétation négative, avec l'exemple qui suit, symbolisé plus bas :

‘apport’ ne se substitue pas à ‘appoint’ si ‘appoint’ a le sens de {complément}, {supplément}, ou {accessoire}

∄ apport ↺ appoint ∵  appoint ≍  {complément/supplément/accessoire}

∄ c ↺ a ⊢ a ≡ [d/e/f]

La formule se lit : « si la substitution de c à a est impossible, a est synonyme d'un paradigme de substitution d, e, f » et a pour conséquence :

a ≡ c ∵  a ≢  [d/e/f]

c'est-à-dire « ‘appoint’ est synonyme de ‘apport’ si ‘appoint’ est le contraire de ‘complément’/‘supplément’/‘accessoire’ », d'où l'on tire :

a ≡ [d/e/f] ∵  a ≍ {s}  VAR  a ≡ d ∵ {s} ∈ a

qui se lit : « un mot est synonyme d'un autre mot si cet autre mot comporte un élément de sens donné ». 


Note

{…} note le sens ou l'élément de sens,
≍ se lit a-le-sens-de ou « au sens de » et
∈ signifie « appartient à ». 
↺ indique la substitution ;
≢ le contraire (l'opposition) ;
≈ (devenue ≡) l'équivalence ;
≡ indique la synonymie ; 
∄ la négation (« n'existe pas ») ;
‘…’ un mot ;
/ des termes substituables / interchangeables ±modulo;
[…] un paradigme ;
⊢ l'inférence ;
∵ signifie « si et seulement si »  et
∁ « dans le contexte (de) ».


On peut faire intervenir la substitution comme opération conditionnelle, puisque c'est elle qui permet de décider :

b ↺ a ∵  b ↺ c

qui se lit :  « ‘appoint’ est substituable à ‘apport’ si ‘appoint’ est substituable à ‘concours’ ».

La synonymie peut obéir à plusieurs conditions, comme ici (⇒ s'interprète « implique », variante de {{s} {t}} ∈ c) :

a ≡ b ∵  a ≡ c & c ⇒  {{s} {t}}

qui se lit :  « un mot est synonyme d'un deuxième mot s'il est synonyme d'un troisième mot comportant deux éléments de sens donnés », dont la variante à trois éléments de sens sera :

a ≡ c ∵  {{s}{t}{u}} ∈ c

∈ se lit « appartient à »

La différence d'acception peut se représenter comme ceci (‘\' se lit « est différent de », aussi noté ≠) :

a ≡ c ∵  a \ b & c \ d

qui se lit :  « deux mots sont synonymes quand le premier et le second n'ont pas respectivement leurs synonymes réguliers ». 

La formulation peut passer du modèle ternaire au modèle quaternaire :

a ≡ b ⋀  a ≡ c ∵ a ∁ d

qui se lit :  « un mot est synonyme d'un deuxième et d'un troisième s'il a dans son contexte un quatrième mot donné ».


La contrainte pléonastique

∄ [a ≡ b] ∵  b ⇒  {{x}{y}{z}} ⋀ ∁ ⊥ a/a ⊥ ⇒  {{x}{y}{z}} 

VARappartenance ∄ [a ≡ b] ∵  {{x}{y}{z}} ∈ b ⋀ {{x}{y}{z}} ∈ ∁ ⊥ a/a ⊥

qui se lit :  « un mot n'est pas synonyme d'un autre si ce dernier comporte les mêmes éléments de sens que le contexte avant ou le contexte après le premier mot » ;  on peut en vérifier une application moins stricte sur l'insertion de ‘insensible’ dans l'énoncé π :

π conduite insensible qui obéit à de froids calculs


Note

⋀ signifie « et » ; 
⇒ « implique » ;
∄[ x ≡ y] « n'est pas synonyme de » ;
⊥ marque le point d'insertion du mot précédent (n'a qu'une valeur par formulation).


Si cette paraphrase est tolérable, on en déduit parallèlement que ‘froid’ et ‘insensible’ ne sont pas synonymes dans ce sens.  On comparera à :

dure conduite qui obéit à de froids calculsfroide conduite qui obéit à de durs calculs

La formule quaternaire peut prend en charge un élément de sens :

a ≡ b ⋀ c ∵  a ≡ d ⋀ a ⇒ {x}

qui se lit :  « un mot est synonyme d'un deuxième mot et d'un troisième mot s'il est synonyme d'un quatrième mot et qu'il comporte un élément de sens donné ».

Plus généralement on tirera de l'observation de la synonymie une règle d'intersection sémantique (redondance) :

∵  a ↺ b  ∁ [ℙ /ℚ ] ⊢ a ∩ b

qui se lit :  « si un mot se substitue à un autre mot dans un paradigme d'énoncés alors il y a intersection sémantique entre ces deux mots » ;  cette règle est réciproque : 

∵ b ↺ a ∁ [ℙ /ℚ ] ⊢ ℙ ∩ ℚ

« si un mot se substitue à un autre mot dans un paradigme d'énoncés alors il y a intersection sémantique entre les énoncés du paradigme », dont on dérive la règle de synonymie par potentiel paraphrastique :

∀ ℙ ∩ ℚ ⋀ a ∈ ℙ /ℚ ⊢ a ≡ x

qui s'exprime :  « étant donné une intersection entre deux énoncés, un mot au moins peut être synonyme d'un autre mot ».  ∀ note « pour tout »

Ce qui nous rapproche de la règle fondationnelle de synonymie :

∀a ∁ ℙ ∋{s} ∃ b ↺ a ∁ ℙ ∋{s}

qui s'interprète :  « quel que soit l'emploi d'un mot a dans un énoncé ℙ  il existe un synonyme b pour ce mot a dans cet énoncé ℙ à sens égal »

Ces manipulations de l'équivalence permettent d'en arriver à une monosémie syntagmée par contrainte sémiotaxique ou, disons, à une règle fondationnelle de substitution et à la non ambiguïté sémantique (absence de polysémie pour un terme dans un syntagme) :

∀ ℙ ∃ {s} ∁ x⊥z

qui se lit : « dans tout énoncé, il n'existe qu'un sens possible pour une position donnée ». 

Si cette règle semble en contradiction avec certains exemples connus d'ambiguïté, c'est qu'on ne saisit pas tout de suite qu'elle implique qu'il y a autant d'énoncés qu'il y a de sens pour un mot donné, c'est-à-dire qu'une phrase dite ambiguë correspond à autant de phrases qu'il y a de paraphrases de cette phrase.

Enfin, on peut noter que l'intersection sémantique des éléments de sens peut être prise en charge par la condition ternaire et le verrouillage par un deuxième énoncé :

a ≡ b ∁ ℙ ∵  a ∁ ℙ⋀ b ∁ ℙ ⇔ c ∁ ℚ

ce qui se lit :  « un mot est synonyme d'un autre dans un énoncé s'ils peuvent apparaître dans ce même énoncé et peuvent se paraphraser par un troisième mot dans un deuxième énoncé ».

Dans une perspective où le sens est reproportionné (attribuable), il faut prévoir le « prêt » d'un élément de sens d'un mot à un autre :

a ≡ b ∵  a{z} ⋀ b{+{z}} ∁ ℙ  ⊢ b{z}

qui se traduit par :  « deux mots sont synonymes si un élément de sens du premier mot passe dans le sens du deuxième mot dans le contexte d'un énoncé donné (« acquisition » d'élément de sens) » .<

 ⇨  Cette provision est là pour mémoire.  La contagion, tel qu'on la connaissait aux débuts de la sémantique il y a 124 ans, nécessite normalement une assez longue fréquentation, quoique la société d'alors ne connaissait pas le déluge médiatique.  Néanmoins, il s'agit ici d'un recours provisoire ou d'un palliatif.

REM  Dans l'ensemble, cette démonstration me frappe aujourd'hui (2007) par sa sécheresse : elle est issue d'une synthèse de l'article que j'avais consacré (il y a plus de vingt ans) à la série apport/appoint — dont on ne trouve d'ailleurs pas l'écho chez Bertaud du Chazaud, sauf du côté de supplément/appoint/complément/accessoire, mais sans mention d'apport.  Comme quoi il manque toujours un bon cru dans les meilleures caves.

Soit:

π 1 « Il n'y a pas de milieu entre la soumission et la résistance » (DFC) qui fournit le candidat à la substitution.  ‘Entre-deux’.

entre-deux ↺ milieu ∁ [soumission] ⊥ [résistance]

formule qui applique une double condition paradigmatique.

 ⇨  Que j'ai peu cité ici même, mais qui ne me quittait pas en classe.  Il était enfoui dans la cave.  Il a survécu au cataclysme qui a emporté ma collection de Petit Larousse (une douzaine) et le Robert Méthodique, ainsi que le Dictionnaire Hachette.

Le synonyme suivant, ‘mesure’, candidat pour remplacer ‘milieu’ dans

π 2 « Garder le juste milieu », ne se prête pas à la commutation dans le premier énoncé, ici : 

‽/⊘ il n'y a pas de mesure entre la soumission et la résistance.

Toutefois, on est amené à ajouter une condition à la première formule, car on est incité à revenir sur l'action sous-jacente de l'énoncé 1 :  l'idée d'exclusion, sans compromis, alors que ‘juste milieu’ vient à l'esprit pour l'exemple 2, avec un remaniement à partir de ‘mesure', ajoutant ‘commune'.

entre-deux ↺ milieu ∁ [soumission] ⊥ [résistance] ⋀ [⇒{exclusion}]

les crochets [...] ouvrent des paradigmes: [soumission ∥ servitude ∥ asservissement ∥ esclavage ∥ sujétion ∥ assujetissement] et [résistance ∥ contestation ∥ désobéissance ∥ révolte ∥ rébellion ∥ insurrection ∥ mutinerie].  Paradigmes formés à partir du Dictionnaire analogique de Ch.  Maquet (1936).

Le déplacement naturel vers l'entrée consacrée à ‘entre-deux' réserve une surprise :  pas de confirmation et l'énoncé 3 : 

π 3 Il ne suffit pas de prévoir le début et la fin, il faut remplir l'entre-deux.   <≝ État intermédiaire entre deux extrêmes>DFC.

On note que l'exclusion n'est pas à l'ordre du jour, mais son contraire, la jonction.

Le même exemple (1, c'est-à-dire) figure dans le Lexis, avec deux candidats de plus à la substitution :  ‘intermédiaire’ et ‘moyen terme’.

intermédiaire ↺ milieu ∁ [soumission] ⊥ [résistance] ⋀ [⇒{exclusion}],

avec une ≝ ce qui est éloigné des extrêmes.  cf. la définition d'entre-deux du DFC

moyen terme ↺ milieu ∁ [soumission] ⊥ [résistance] ⋀ [⇒{exclusion}]

  rappel π 1 Il n'y a pas de milieu entre la soumission et la résistance

On notera que l'idée de jonction se trouve dans le sémantisme de la première acception d'intermédiaire dans le Lexis (donnée en vrac, avec trois sous-acceptions). 

intermédiaire ≝ qui se trouve entre deux limites, entre deux termes ;  qui est au milieu, au point de jonction de plusieurs lignes.
— π une solution intermédiaire ≝ de juste milieu ;  π nous vivons une époque intermédiaire ≝ de transition.  Lexis introduit l'explication par (=...).

Sans entamer une analyse poussée , on retiendra donc que dans la synonymie, il faut envisager non pas deux termes et une totalité de contextes irrecensable et qui ne prouverait même pas l'identité du premier ou du second terme, mais bien un énoncé-cadre où deux termes sont en mesure de commuter compte tenu de la satisfaction d'une ou de plusieurs conditions.

 ⇨  Cette question est centrale et ne se limite pas au vocabulaire général ≍ courant.

Je signalerai encore le fait que Lexis, de par sa taille, peut se permettre de nous donner un « Tenir le milieu », en plus du « Garder le juste milieu », au sens de (≍) {mesure}, mais qui loin de se confondre avec cette série, renoue avec l'exemple 1 et nous livre un énoncé où le pont est réalisé.

≝ être placé entre deux extrêmes; être un intermédiaire, un moyen terme.  π « espèce de restaurant champêtre qui tient le milieu entre le « bouchon » de province et la ginguette de Paris » (Balzac).  Moyen terme et intermédiaire sont automatiquement candidats.

Le Robert (NPR) 2007 confirme le rapport milieu-entre-deux-intermédiaire, livrant des syntagmes préfabriqués: « il y a un milieu », « il n'y a pas de milieu » et cite Pascal :  l'homme est dans la nature « un mileu entre rien et tout ». 

Pour « garder le juste milieu », il cite Diderot et donne comme analogiques — mesure et moyenne.  « Tenir le milieu » est confié à Camus, mais ne s'applique qu'à qqn.

Mesure, dans Robert, ouvre une autre voie: ‘borne’ , ‘limite’, d'où ‘précaution’, ‘retenue’, ‘circonspection’, ‘pondération’ ...

Manquent à l'appel ici, les dictionnaires de synonymes antérieurs à celui de Bertaud du Chazaud qui pèche par mutité, sous prétexte que « celui qui le consulte a sa propre phrase sous les yeux et serait en quête du mot à ne pas répéter... »  Dans l'hôtellerie, devancer les souhaits de ses hôtes est sans doute une qualité, mais ici je réserve mon jugement.  La même sécheresse se trouve chez Péchoin, tandis que Maquet faisait un effort pour mieux éclairer l'âme en peine.

Les ouvrages plus anciens ne sont pas sans défaut :  René Bailly donne seulement intermédiaire ≍{qqn} et milieu ≍{vie}, sauf dans un renvoi à centre, où l'on trouve un exemple qui laisse perplexe :  « Tout milieu est centre, mais tout centre n'est pas milieu ».  Dans un esprit de justice, j'ai jeté un coup d'oeil chez Bertaud du Chazaud, qui s'il donne des listes plus longues et à jour, passe également à côté de milieu ≍{{entre-deux}{intermédiaire}}, retenant les mêmes sens dominants que Bailly (pas Charles Bally).

 ⇨  Même renvoi dans le recueil du lexicographe Antoine-Léandre Sardou (1803-1894), Nouveau dictionnaire des synonymes français qui regroupe des articles de l'Encyclopédie, de D'Alembert, Beauzée, Bouhours, Girard, Roubaud et Lafaye (en plus des siens propres), et l'article (qui n'est pas signé, donc de lui) ne traite que des distinctions entre centre et milieu, sans allusion à l'intermédiaire.



Annexe 5
sur le prototype

Le prototype (Eleanor Rosch 1978, 1983) peut se définir comme la « représentation typique d'une classe », et fait, par exemple, de l'oiseau un moineau et du fruit une pomme.  [2010]  Il s'agit d'une hypothèse de catégorisation et de classification basée sur une étude de terrain dans une culture non occidentale :  je ne précise la chose que parce que je ne suis pas papou et non parce que je construis consciemment et délibérément une sémantique ethnocentrique.

[2010]  Je précise encore que je ne ne suis pas opposé à l'idée de taxonomies individuelles (elles sont observables, même dans les mouvements de colère, quand on décrète que « tous les X sont des voleurs »).  Mais on ne construit pas une théorie pour accommoder les erreurs de classement ni les mouvements d'humeurs.  Mon premier chien, Mamzelle, qui n'était pas un schnauzer, était persuadée que les chevaux étaient de grands chiens, alors que mes quatre schnauzers savent ce que sont les filles et les garçons (chez les schnauzers).  La construction individuelle de taxonomies varie certainement en fonction de la scolarisation de l'individu et plus particulièrement avec les connaissances scientifiques et leur degré d'élaboration.

Toutes les taxonomies (auxquelles je me réfère souvent en parlant de hiérarchies) sont constituées en principe sur la notion de généralité ou d'abstraction comparée (le superordonné est plus général que le subordonné), mais aussi sur l'idée qu'une classe est une collection d'objets ou d'êtres qui sont en intersection dans leur compréhension, le premier élément intersecté est évidemment le fait d'appartenir à la classe.

On notera qu'historiquement les taxonomies naturelles ont évolué et continuent d'évoluer, comme en témoignent les exemples antiques (bipède sans plume et animal sans fiel) et plus près de nous les étiquettes dépassées du Petit Larousse 1918.

On constate que le prototype se présente alors en exemplification (l'espèce prend la place du genre), c'est-à-dire le contraire de l'inclusion et suppose une formulation comme celles de (1), (2) et (3) : 

(1) ‽ fruit ⇘ pomme

« fruit est moins général que pomme » est dyssémantique.

(2) biocénose ⇘ animaux

« biocénose est moins général que animaux »

(3) biocénose ⇘ association

« biocénose est moins abstrait que association »

(2) et (3) sont également faux.

Biocénose :  Association d'animaux et de végétaux qui vivent en équilibre dans un biotope ou dans une station donnés.  La biocénose et le biotope constituent un écosystème (PR)

Biotope :  Milieu biologique déterminé offrant à une biocénose des conditions d'habitat relativement stables.  Biotope terrestre, marin (PR).

Quand ⇩ Lerot en 93 présente la sémantique prototypale, elle a déjà vingt ans.  On l'attribue à Eleanor Rosch dans les années 1970, qui la décrit comme une entreprise cherchant à échapper à une forme d'aristotélisme.  En réalité, elle généralise une erreur de jugement déjà connue du Larousse du XXe siècle.  Comme c'est souvent le cas, d'autres chercheurs plus connus lui ont emboîté le pas (G. Lakoff et Langacker, semble-t-il), se réclamant ainsi d'une position proche de celle Bloomfield, à propos de la toute-puissance du locuteur ⇩, et se rangeant sous le pavillon du cognitivisme (ce qui constitue une contradiction). 

Cf. les considérations générales de la page précédente, et cette étrange affirmation attribuée à Bloomfield :  « L'étendue du savoir humain est très petite en comparaison [de] tout ce qui forme l'univers du locuteur ».

 ⇨  Ce texte a été largement remanié en 2007.  J'ai corrigé quelques petites erreurs.  J'invite le lecteur à se souvenir que Rosch était, sauf erreur, psychologue et non logicienne :  il est clair qu'elle n'a aucune idée de ce qu'est une classe ni ce qui la fait.  Il est possible que les fruits partagent des traits génétiques, mais en faire une classe de pommes est franchement ridicule.

J'avais été frappé, vers le milieu des années 80, par un courant de recherches en sciences humaines qui prétendait fonder la scientificité du fait singulier.  On assiste au même phénomène avec le prototype, ou doit-on dire prototypisme ?  Que des étudiants anglo-saxons (200!) considèrent la chaise comme le meuble le plus représentatif augure mal de l'ameublement de leur future maison (ils dorment sans doute en classe, d'où la chaise comme lit).  La langue dans laquelle la question leur a été posée (piece of furniture) n'est probablement pas innocente.  Si j'avais à répondre à ce genre de questionnaire absurde (du genre :  avez-vous un mot fétiche ?), j'aurais dit bahut ou commode ou encore « dressoir ».  Le tiroir est important pour moi, car j'y ai dormi enfant, ainsi que dans la caisse que forme une table de cuisine retournée (pieds en l'air).  Mais on ne construit pas une théorie cognitive sur ce genre de fariboles.

Le prototype de (1) peut également être interprété, non pas dans l'ordre sémantique, à quoi nous oblige la notation « xy » (est hiérarchiquement inférieur dans l'abstraction), mais comme l'ébauche d'une extension (une extension à un membre), comme en (4) :

(4) ℄fruit[pomme]

Or il ne faut pas être grand clerc pour comprendre qu'une extension à un membre laisse à désirer.  Le bipède sans plumes de l'Antiquité en avait deux.

Donner l'aval à une telle formulation (le prototype serait donc mono-extensionniste) revient à faire l'économie du niveau sémantique.  Autrement dit, l'outil prototypal est un outil référentiel.  La référence est une sémantique sans généralité.  On ne perdra pas de vue que le niveau de la référence est techniquement moins abstrait d'une part que celui de l'élément de sens, mais également que celui de la langue objet (la dénotation est plus abstraite que la référence, puisqu'elle fonde la classe).  La « pomme » de (4) est comparable au il de « il part demain. », qui serait formulé par :

il ⊨* Jules.

*‘⊨’ note l'analogie.

Ce qui fait de Jules le modèle des « il ».  Or tous les fruits ne sont pas des pommes, pas plus que quand je dis « il » je désigne Jules. 

Plus haut, je faisais allusion à l'erreur que relève le LXX sous le vocable de métaphorétique (cf. le lion est un animal est une définition vicieuse ou métaphorétique), mais le prototypisme va plus loin.  La définition métaphorétique est déficiente par l'absence de la différence spécifique qui permettrait de constituer une définition complète et par l'écart qu'il y a entre le genre et l'espèce.  Avec le prototype, on a en réalité un cas de transport bien plus radical que le suppose la définition métaphorétique (du grec, mobile, transportable, parce qu'elle s'applique à autre chose que l'objet défini).  C'est un refus de l'abstraction, en permutant le membre de la classe avec la classe.

Psychologiquement, c'est une régression à l'âge où l'enfant croit que tout ce qui marche à quatre pattes est un chien, un mouton ou un cheval, selon sa première expérience.  Dans ce cas, pour moi, tous les moyens de transport sont des brouettes.

Plus sérieusement, le métaphorétisme radical du prototypisme va bien plus loin que la labilité que je proposais pour la relation entre supraterme et infraterme.  Je ne proposais pas de déplacer le terme, mais de montrer que la hiérarchie transporte la relation d'un niveau à l'autre.  Avec le prototypisme, c'est la relation qui risque d'être niée.

Au lieu d'un métaphorétisme énonçant que la chaise est un meuble (bancal), le prototypisme affirme que le meuble est une chaise (ou un divan, à égalité), que l'oiseau est un rouge-gorge (aux États-Unis), et un corbeau sur la Transcanadienne (5 000 km de corbeaux). 

On me reprochera de voler dans les plumes de ce rouge-gorge qui après tout n'avait pas l'ambition de remplacer tous les oiseaux, mais simplement de se proposer en « oiseau préféré ».  En réalité, Rosch maintient la notion de catégorie et de catégorisation et introduit même l'idée assez confuse de niveau de base (Basic Level) qui semble vouloir concurrencer la fréquence en lexicologie.  Mais il s'agit d'une théorie psychologique américaine centrée sur le questionnaire de terrain et donc héritière d'un passé très lourd, même si elle s'exporte plutôt bien et cherche à recruter à rebours Wittengenstein et Saussure, qu'on imagine mal sablant/sabrant le champagne avec Bloomfield et Skinner... J'oubliais Quine.

Entre l'iconisme, le monosémisme et le prototypisme, la description sémantique est mal engagée ⇩, curieusement fixiste quant à ses sources, entre le locuteur (pas idéal, celui-là) et la réalité.  Et toujours, en imposant à la sémantique des objectifs importés, comme cette idée de préférence dans la catégorisation.  Le prototype gagnerait à changer de nom et à prendre celui de stéréotype.

 ⇨  Sans compter le conceptualisme spatial qui semble avoir fait des petits. 

Pour ce qui est de la méthode, imaginons que sur la base de ce que j'ai entendu dire à une locutrice sur Fr2, je construise une théorie synonymique sur le fait que dans le syntagme « prévisions+X » alarmistes ne se distingue pas d'alarmantes.  L'horizon épistémique aujourd'hui doit beaucoup au passage de Popper et de ses cygnes (encore un paratype ⇩ ), comme l'a montré A. Kremer-Marietti.

 ⇨  Drôle de mot, que je viens de découvrir en mettant à jour le pied (footer) de la page.  Un hapax, certainement, produit de l'inconscient, croisement entre paradoxe, paradigme et prototype.



Annexe 6
sur le langage de programmation logique Prolog

Rôle de Prolog dans le cadre de la règle d'interprétation sémantique

Prolog est un langage déclaratif de programmation logique qui permet de rester très près de la langue « naturelle », les prédicats, comme les arguments, pouvant s'écrire sous la forme de mots de la langue. La seule convention à respecter dans l'idiolecte utilisé consiste à ne pas mettre de majuscules, réservées aux variables.

Dans Prolog, les conditions sont elles-mêmes des règles, comme on le pressentait intuitivement (des sous-règles), ce qui reconnaît à ce type de formalisme, proche de la langue quotidienne, à la fois une transparence et une qualité heuristique. 

Dans l'élaboration antérieure, les conditions étaient considérées comme potentiellement hiérarchisables et se verrouillant l'une l'autre.  Ce qu'a partiellement confirmé l'intégration au modèle prologien :  les conditions sont ordonnées et donc dépendantes les unes des autres.  Leur ordre optimal ne peut être établi qu'après mise en machine, l'arborescence originale de la conception sur papier étant corrigée au fur et à mesure des essais.

C'est par ordre décroissant de généralité que s'établit l'ordre d'application des conditions. 

La forme canonique de la règle est donc en Prolog :

au_sens_de(Forme,Valeur):-
condition_syntagmatique(Forme,Cooccurrent),  % en nombre suffisant
paraphrase(Cooccurrent,Valeur).  % Et ainsi de suite.

Le signe % du pourcentage introduit les commentaires du programmeur.

Les conditions varient, ainsi que leur mode d'application.  On note une dernière contrainte propre à Prolog, la redondance nécessaire d'un argument d'un prédicat à l'autre, d'où verrouillage (autre modèle technologique d'abord métaphorique).  Naturellement la règle avec variables a besoin d'une base de données ou base de faits ou de connaissances (relationnelle par définition en Prolog) qui prendra par exemple la forme suivante :

condition_syntagmatique(côtier,fleuve).
condition_syntagmatique(côtier,bateau).
condition_syntagmatique(côtier,pilote).
condition_syntagmatique(côtier,navigation).
condition_syntagmatique(côtier,défenses).
paraphrase(fleuve,"dont la source est proche des côtes").
paraphrase(pilote,"qui connaît les côtes").
paraphrase(bateau,"qui ne s'éloigne pas des côtes").
paraphrase(navigation,"qui se fait le long des côtes").
paraphrase(défenses,"installées le long de la côte"). 

% les guillemets permettent l'utilisation de blancs séparateurs entre les mots  % qui autrement devraient s'écrire avec des ‘_’ :  le_long_de_la_côte.

L'automatisation n'est pas une fin en soi :  je n'ai jamais caressé le rêve d'Edison, évoqué par Villiers-de-l'Isle-Adam dans l'Ève future, pas plus que je ne sois prêt à (ou près de) céder aux sirènes de l'Intelligence artificielle — la technique qui fait rêver c'est, pour un soi-disant scientifique, de l'idéologie.

La mise en Prolog permet de tester chaque application de la règle, pour en assurer sa rigueur, mais elle n'est pas un critère de vérité du modèle.  Elle se borne à en détailler les exigences et ne peut rien confirmer au-delà de sa postulation.

Extrait d'une des dernières communications [1990]

1.  Sens et règle

La découverte la plus pertinente que j'ai faite dans l'apprentissage de Prolog tient au fait qu'il est construit sur les clauses de Horn.  Soit (1) : 

(1) Po est satisfait si P1 et P2 et...Pn sont satisfaits.

Au cours des dix dernières années (Choul 1987a), j'ai travaillé à la mise en place d'une théorie de la sémantisation des formes utilisant le principe de l'inférence (Choul 1981; Choul 1982), soit (2), et dont dérive l'assignation du sens (Choul 1987c:118) qui prend la forme de (3) : 

(2) Si X alors Y. 
(3) Si X alors Y reçoit Z.

En termes de clauses de Horn ou de règles de Prolog, l'assignation aura une forme un peu particulière - intervertie.  La conclusion (tête de la règle) se présente d'abord et viennent ensuite les conditions (la queue) : 

(4) reçoit(Y,Z) si X. 

Dans un logiciel qui reprend les exemples de ma thèse d'État (qui n'est pas présenté ici), les conditions peuvent varier de deux à dix, mais il est rare qu'il faille dix conditions pour assigner un sens sans incertitude (notion préférable à l'ambiguïté).  Dans le programme, chaque condition est une question.  On retrouve ce système dans la résolution de l'anaphore, qui ne diffère de l'assignation du sens que par les matériaux mis en œuvre.

a.  Prolog ne connaît que la forme

C'est l'homme qui se sert du sens, jamais la machine, et ce n'est que dans la mesure où il est possible de coder du métalangage et qu'il y a raisonnement, même si ce n'est que sous la forme de l'unification, que la machine pourra et peut déjà simuler le comportement sémantique et sémiotique d'un être humain. 

b.  Toutefois Prolog raisonne

Prolog est un des rares langages à intégrer un moteur d'inférence, qui n'est donc pas à construire.  Le chaînage arrière (de question en question, Prolog cherche à satisfaire un but) permet en outre de construire un moteur de chaînage avant (qui lui va du connu vers l'inconnu).

2.  Prolog et les règles de production

En raison de ses caractéristiques inférentielles, Prolog se prête particulièrement bien à la représentation des connaissances sous la forme de règles décrivant les relations.  De même, fondamentalement, comme il est basé sur la logique des prédicats, la clause classique est déjà une relation.  La représentation en clause d'une base de connaissances relationnelle figure en (5) et en (6) la même relation sous forme de règle.

(5) habite_à(Z,X,Y).

(6) habite_la_même_ville(X,Y):-
habite_à(Z,X),
habite_à(Z,Y).

a.  Déclaratif et impératif

On voit d'après les deux éléments fondamentaux de Prolog qu'il diffère considérablement de Basic, par exemple, où les énoncés sont toujours des ordres, des instructions ou des commandes.  Même si Turbo Prolog en comporte un grand nombre (pour créer les fenêtres, afficher les messages, etc.), son fonctionnement essentiel est illustré par le prédicat et ses arguments (où seule l'uniformité de l'ordre importe) et la règle et ses conditions.

b.  Conditions et sens

L'avantage de la règle ci-dessus, c'est de pouvoir rechercher dans une base d'information ce qui est conforme à ses conditions.  Ces informations n'auront pas la forme de (5) dont la structure n'a rien de commun avec les conditions, mais de (7) : 

(7) habite_à(bruxelles,pierre).

(5) dans la forme qu'il a ci-dessus correspond à une interrogation de la base par le biais du but externe.  Dans la base, les prédicats auront la forme:

(8) habite_à(luxembourg,annie,nathalie).

Le schéma de raisonnement mis à notre disposition permet non seulement d'interroger une base de connaissances de l'intérieur, mais aussi d'approcher du sens sans le confondre avec les connaissances. 


La règle dans tous ses états - Une règle automatisable

Le terme de condition avait été adopté, dans un premier temps, sans souci de formalisation.  J'aurais pu retenir « circonstance » comme l'avait fait un temps Pottier [1963], comme je l'ai déjà signalé, mais avec l'automatisation informatique de la règle sous forme de « règle de production » en Prolog, le choix arbitraire et intuitif se révélait judicieux.  L'appareil de la règle, sans entrer dans les détails techniques de la programmation logique, prend l'aspect suivant : 

reçoit_le_sens(croquer,le_marmot,attendre,longtemps):-
sens(croquer,attendre),
sens(le_marmot,longtemps).

sens(le_marmot,longtemps):-
locution(croquer,le_marmot),
% paramétrique
not(référence(marmot,garçon)).
% référentielle

sens(croquer,attendre):-
locution(croquer,le_marmot),
% situationnelle
not(situation(croquer,manger)).

Le signe prologien ‘:-’ signifie « si », probablement parce que dans la règle de Prolog les conditions suivent le but.  Autrement c'est une variante (avec les moyens du clavier ascii) de l'inférence des logiciens [⊢]) ;  la forme canonique est la suivante :

prédicat(argument, argumentn). 

En Prolog, le signe de pourcentage ‘%’ introduit à l'intention du programmeur un commentaire que la machine (le moteur d'inférence) ne lit pas.

Prenons l'exemple déjà vu de « un nom impossible » : après un nom, impossible a le sens de « bizarre ».  Il n'y a qu'une condition, dite positionnelle, qu'on rendra simplement par suit(impossible, nom), pour obtenir :

a_le_sens_de(impossible, bizarre):-
suit(impossible, nom).

Pour assurer la redondance propre à Prolog (pour lier les variables), on ajoutera une condition paraphrastique, qui justifie également l'application de la valeur {bizarre}.  Les virgules et les points font partie de la syntaxe de Prolog.

a_le_sens_de(impossible, bizarre):-
suit(impossible, nom),
para(nom, bizarre).


Rappel du rôle de Prolog dans le cadre de la règle d'inférence sémantique

Ma notation semi-formelle dans la règle a fait grâce à Prolog l'objet d'un contrôle objectif (empirico-mécanique).  Elle est donc « reproductible », au sens scientifique, ce qui n'est pas le cas de la plupart des analyses sémantiques (non traduisantes), issues des études littéraires ou de la tradition exégétique du message divin (dans une société hiérarchique–autoritaire, le sens vient essentiellement d'en-haut).

La parenthèse « non traduisante » ci-dessus est destinée à dissocier la règle d'inférence de tentatives informatiques où la langue naturelle est traduite dans un symbolisme qui la dépouille de son sens, pour le lui rendre dans une interprétation non mécanique.  Prolog permet au contraire de modéliser un système expert sémantique qui simule le fonctionnement cognitif de l'être humain, sans transcodage.

La mécanisation de la règle permet d'une part de se débarrasser de certains artifices (en montrant leur inadéquation) et de l'autre de les marquer comme tels : la parasymbolisation ne sert donc en fin de compte qu'à mettre en évidence ce qui est sémantique.  Avant d'y revenir brièvement, je dois m'expliquer sur les vertus « nettoyantes » du passage par Prolog.  Je reprendrai le cas de la tentation de ne voir dans l'inférence qu'une implication :  si la valeur est impliquée par la forme, la règle disparaît tout simplement, car la consultation se fait directement dans la base de connaissances, avec un prédicat du type ci-dessous et un questionnement au moyen du moteur d'inférence, comme dans une base de données relationnelles, en tapant le mot cherché :

x_implique_y(impossible, bizarre)

% Prolog ne reconnaît pas les espaces après les virgules

x_implique_y peut être remplacé par
signe(impossible, bizarre),

car c'est le modèle saussurien de la solidarité du signe.  La condition oblige à passer du binaire au ternaire et manque de généralité, car elle devient lexicale :  signe(impossible, bizarre, nom).  La forme est celle d'un prédicat « signe(_) » à trois places ou arguments.


Bibliographie succincte sur Prolog

BORLAND INTERNATIONAL, Inc.  1986.  Turbo Prolog Owner's Handbook.  Scotts Valley: Borland International, Inc.
BIHAN, P.  ET P.E.  PARIZOT.  1987.  Exercices en Turbo Prolog, Paris: Eyrolles.
BIHAN, Patrice.  1987.  TURBO-PROLOG Une introduction à l'intelligence artificielle.  Paris: Eyrolles.
GOLDENTHAL, Nathan.  1987.  Turbo Prolog Programmer's Guide, Cleveland,OH: Weber Systems, Inc.
LAPORTE, J.  et D.  DELPORT.  1987.  Turbo Prolog Construisez des applications, Paris: Eyrolles.
SCHILDT, Herbert.  1987.  Advanced Turbo Prolog, Berkeley,CA: Osborne McGraw-Hill.
SHAFER, Dan.  1987.  Advanced Turbo Prolog Programming, Indianapolis,Ind.: Howard W.  Sams.
TOWNSEND, Carl.  1987.  Introduction to Turbo Prolog.  Berkeley: Sybex.
TREILLET, Michel.  1987.  Le livre de Turbo Prolog, Paris: P.S.I.
YIN, K.M.  and D.  SOLOMON.  1987.  Using Turbo Prolog, Indianapolis,Ia: Que Corporation.



Annexe 7
Polarisation

Tout comme les catégories événementielles peuvent se hiérarchiser et privilégier telle ou telle catégorie (l'une des cases secondaires occupe celle du sujet), l'analyse des redondances a permis de dégager la polarisation sémantique.  L'hypothèse est celle d'une inégalité dans la répartition des éléments de sens entre les divers mots de la phrase.

C'est une réflexion sur un outil emprunté qui m'a amené à constater des irrégularités autres que celles que représentent la cooccurrence de mots-outils et de « mots pleins ». La notion qui a déclenché l'examen comportait le formant iso– ≍ {égal, le même}, alors que la contribution au sens même d'un simple syntagme est largement déséquilibrée.

Soit l'énoncé assez pauvre sémantiquement, en particulier à cause de la métaphore (étincelle-pôles) :

« Une étincelle se produit entre les deux pôles du signe » (Dupriez)


étincelle se produire entre pôles signe
parcelle incandescente jaillie* du frottement/choc de deux corps arriver/ survenir intervalle extrémité unité linguistique constituée de l'association d'un Sa et d'un Sé
petite partielumière températuresortir ↹ arriver espace plus ou moins grand entre deux corps bout élément
portion se manifester partie

*les termes soulignés sont décomposés à la ligne suivante

On peut appliquer l'analyse à un exemple plus ordinaire (phrase-exemple du Bordas) :

« Une étincelle jaillit entre les deux fils électriques »

étincellejaillirentrefilsélectriques
parcelle incandescente qui jaillit du frottement/choc de deux corpssortir soudainementintervalle conducteur électrique constitué d'un ou de plusieurs brins métalliquesqui fonctionne à l'électricité
espace plus ou moins grand entre deux corps

On remarque tout de suite deux interdéfinitions :  jaillit-étincelle {jaillit} et électrique-fil {électrique}, et une connexité plus profonde entre 'étincelle' par l'entremise de {frottement} et 'électrique' ⇨ électricité dynamique {mouvement} (dans le développement encyclopédique du L80).  Le sens « résumé » à l'issue de l'analyse redondantielle sera donc :  « étincelle électrique »





Annexe huit (8)


Un peu de grammaire

En tant que structure syntaxique, la phrase (ses constituants) peut faire l'objet de transformations, soit d'effacement, de déplacement (permutation), d'addition (expansion/juxtaposition) et de substitution (effacement et remplacement).  Cette dernière pour une phrase à l'intérieur d'une période ;  autrement, il s'agit de ses constituants.

Ce coin désert est normalement très peu fréquenté 

Ce coin désert est normalement très peu fréquenté la nuit — expansion (nuit)

Ce coin très peu fréquenté est normalement désert — permutation (fréquenté ↔ désert)

Ce quartier désert est normalement très peu fréquentésubstitution (quartier ↺ coin)

Ce coin désert est très peu fréquenté — effacement (normalement ⇨ ∅)

La phrase a aussi une propriété reconnue au langage, celle qui consiste pour la langue à parler d'elle-même.  Il y aura donc des phrases métalinguistiques, auxquelles appartiennent les définitions :

la dénomination siglique du salaire minimum interprofessionnel de croissance est le S.M.I.C.  (Lexis)

les bactéries, les champignons, les plantes et les arbres sont des végétaux (L80)

le sceptique est celui qui se contente de voir et refuse de juger (D. Julia)


Un mot des cas

L'étude de la phrase donne lieu à l'emploi d'outils particuliers, comme les cas :

nominatif — Nicéphore est mon fils

ergatif -> accusatif — Gontran (erg +puissance) bat Frédégonde (accus –puissance)

causal — parce que tu as désobéi, tu es tombé

instrumental — avec ce couteau, tu ouvriras cette boîte

agentif — par son propre frère il a été volé

datif — à ton frère je donnerai ce livre

bénéfactif — pour Gargamel j'ai apporté ce cadeau

final — j'ai dit cela pour que tu réfléchisses

sociatif — Carmen est partie avec Hector/il mange du pain avec de la confiture

locatif : ETN (Espace-Temps-Notion)

Rotislav est en sueur LOC-notion

Mamoud vient en hiver LOC-temps

Rodophe est à la cave LOC-espace

Si j'ai marqué en rouge le mot « étude » c'est parce que je ne souscris pas à un modèle de compréhension (ni d'ailleurs de production) les faisant intervenir.  Cela ne veut pas dire que certaines notions apparentées n'interviennent pas dans l'application d'une règle d'inférence sémantique.


cas
cas exemple remarque
ergatifZ regarde
nominatifX vient
nominatif–accusatifX regarde Ysujet–complément d'objet direct
datifX lit un livre à Y
vocatifHubert, viens !appelatif « camarades, tous à la manif »
comitatifX vient avec ses chiensaccompagnement
instrumentalX blesse Y avec une daguemoyen
agentifA a été blessé par Bagent du procès si le sujet ne l'est pas
locatifl'enfant joue dans la cour
locatif directionnelle train va à Lyon
1 ablatifla barque s'éloigne du rivagevenant de l'extérieur
2 élatifle gorille sort de sa cagevenant de l'intérieur
3 allatifil vient vers moivers l'extérieur d'un lieu
4 illatifil entre dans la maisonvers l'intérieur
locatif inessifil est dans la maisonà l'intérieur
locatif abessifla maison est près de l'égliseprès de (extérieur)
locatif adessifle livre est sur la tableprès de (intérieur) sur — proximité immédiate
génitifla critique de Skinner de Chomskygénitif objectif — génétif subjectif

Les cas ont une utilisation partielle dans le sémiomodule, mais pas nommément :

[Skinner[critique]Chomsky] ≢ [Chomsky[critique]Skinner], cf. « la critique de Skinner de Chomsky ».

[Godefroid[blesse]Dagobert[avec[une dague]]]

Ce qui est clair, c'est que les cas fournissent les catégories des « situations » entre personnages, avec ou sans coordonnées, ou de personnages en rapport avec des coordonnées.  Ci-dessous on voit le rôle des prépositions en français.  Le lien entre les cas et la grille d'intelligibilité (les rôles et les circonstances des situations vient sans nul doute du fait que le latin est une langue casuelle.  À moins qu'il s'agisse d'un effet de diffusion de l'aristotélisme.


rapports avec les prépositions
locatif [concret]  (non mouvement)directionnel (mouvement)
intérieurextérieurintérieur extérieur
inessif (à, dans)abessif (près)élatif (venant de)ablatif (venant de)
adessif (sur, près) illatif (vers) allatif (vers)


Un mot des aspects

L'étude de la phrase et de la situation (référence) permet aussi d'envisager les aspects qui s'ajoutent aux catégories plus connues des temps, des modes et des voix.  Dans la perspective classique, l'aspect présente le point de vue sous lequel le locuteur envisage l'action exprimée par le verbe ;  c'est la façon d'envisager l'action dans son déroulement temporel.  Selon Robert, c'est la « distinction formelle indiquant la manière dont l'action exprimée par le verbe est envisagée dans sa durée, son développement ou son achèvement ».  L'aspect est caractéristique de certaines langues, mais en français, il passe souvent inaperçu, sauf aux yeux de certains linguistes.

inchoatif :  il commence à pleuvoir

non accompli ou imperfectif (en train de se faire — en cours de réalisation ⇨ progressif)  :  il rentre en ce moment ;  Aldebert mange une pomme

accompli ou perfectif (passé composé)  :  il est rentré à la maison ;  Ève a croqué le fruit

itératif — fréquentatif :  criaillercrier

achèvement (s'oppose à l'inchoatif, « se mettre à) :  cesser de/finir de

futur immédiat (proche) :  aller + infinitif/sur le point de

passé immédiat :  venir de

Pour les cas, comme pour les aspects, les voix, et ainsi de suite, on se reportera naturellement à des ouvrages spécialisés et plus savants pour un exposé plus complet de la question.  J'en fais état parce que certains linguistes ont tenté de construire une sémantique de la phrase et parce que dans le projet [irréalisable] d'une combinatoire universelle de sèmes ces éléments devaient ou devraient occuper une place déterminante. (note 2006/8)


Factitif & causatif

Dans l'emploi factitif, le sujet du verbe est la cause de l'action, sans agir lui-même (ex. faire réparer qqch).  On observe la chute du pronom complément au factitif (ex. on l'a fait asseoir).  Le factitif est une forme de l'aspect du verbe :  l'action exprimée est le résultat d'une autre action accomplie par le sujet ou d'autres que le sujet :

« Paul a fait tomber Quentin » → Quentin est tombé [mais pas de lui-même]

« Sidonie a fait constuire une maison » → la maison est construite [par quelqu'un d'autre que Sidonie]

L'assimilation se fait souvent avec le causatif ; les deux types acceptent le passage par faire.  Cependant, dans le causatif, le verbe est réversible :  l'objet peut devenir le sujet.  ‘tuer’ {{faire} {mourir}} est factitif ;  ‘boire/lire’ n'en sont pas :  il leur faut un « faire » (tour factitif) — il fait lire Paul/Victor Hugo. Cf. ‘raréfier/synthétiser’.

on casse la branche → la branche casse

on stoppe le train →  le train stoppe

on cuit le rôti →  le rôti cuit

on bouge qqch →  qqch bouge

La différence avec le passif, c'est qu'il n'y a pas d'agent.

« Arnauld lit un livre » — « un livre est lu par Arnauld »

« Hermann aime les schnauzers » ⇔ « les schnauzers sont aimés par Hermann » [abstraction faite ici de la différence de sens potentielle]

Morphologiquement, est causatif ce qui annonce ou indique la cause, la raison :   les suffixes –iser et –fier sont causatifs.  Robert ajoute :  ‘parce que’, ‘vu que’ sont des conjonctions causatives.

On oppose parfois l'aspect à la voix.  Dans les théories de l'énonciation, c'est la relation entre sujet énonciateur et son discours qui lui permet de :

1 dire ce qu'il fait au moment où il parle

2 constater un fait/une vérité purs et simples

3 faire un récit historique détaché

La voix c'est la relation entre le sujet de la phrase et le procès : « aspect de l'action verbale dans ses rapports avec le sujet, suivant que l'action est considérée comme accomplie par lui (voix active), ou subie par lui (voix passive) » (Vendryes, cité par Robert).


tableau des aspects
aspectexempleremarque
déterminéil parle latinaction décrite quant à son but
indéterminéil est bavardprédicat à valeur générale
duratifil est en train de négocierprogressif
ponctueltouché !aussi momentané
inchoatifil se mit à parlerdébut
résultatifj'ai dit !savoir ⋁ apprendre
accompliil est mortachèvement | ≡ perfectif ⇩ ou parfait
non accompliil meurt≡ imperfectif
sémelfactifcrier/pousser un cri ≉ fréquentatif
fréquentatifcrier sans cesse≡ itératif ≉ sémelfactif
générall'eau bout à 100°gnomique = atemporel | fait général d'expérience
particulierl'eau bout, ferme le gaz
perfectifarriversens du verbe borné dans son résultat
imperfectifse rendredurée

À l'époque où je partageais la thèse qui veut qu'il soit possible d'établir un inventaire de sèmes (traits sémantiques) dont les combinaisons décriraient le sens des mots, je me suis intéressé aux aspects et aux cas dans cette optique.  L'aspect en particulier se manifeste dans le « sens » des verbes :

chercher :  duratif ; non résultatif (imperfectif)
trouver :  ponctuel, résultatif (perfectif)
parler :  imperfectif
dire :  perfectif
être couvert :  accompli
se couvrir :  non accompli (inchoatif)

Mais le phénomène est difficilement généralisable et surtout quels seraient les principes de combinaisons si l'aspect est aussi présent dans les temps — passé composé & participe :  accompli ;  passé simple :  valeur ponctuelle ;  imparfait :  imperfectif (duratif/itératif) ?

REM  Les cas (locatif, instrumental, etc.) appartiennent à la référence ou à l'axiologie, comme les aspects (normalement les considérations sur le début ou la fin, ou la répétition d'une action ne devraient rien changer au sens) ⇩.  L'idée d'une combinatoire fondamentale est philosophiquement séduisante, mais le système lexical s'apparente plus à un ensemble où prévaut la règle d'entropie, au sens de la systémique, ou à une série d'ensembles sécants, sous-systèmes structurés labilement par la redondance de l'interdéfinition.


Un mot des modalités

On doit distinguer les modalités grammaticales des modalités logiques, en très petit nombre (probabilité/nécessité/obligation) :

probable/possible — il peut pleuvoir demain cf. possible/impossible

contingent/nécessaire — la mine doit sauter à 10 h — il pleut -> il doit pleuvoir

L'incertitude s'exprime par la contingence (cf. plus bas).  La modalité grammaticale comporte une longue liste, qui recoupe souvent les modes ou parfois les voix selon les sources ;  grosso modo, on peut considérer cette espèce de bric-à-brac comme regroupant ce qui n'est ni un cas ni un aspect (exception faite de l'ergatif - cas qui exprime l'agent du procès dans certaines langues, dont le basque et le tibétain [un exemple d'universalité]) :

On s'aperçoit ainsi que la grammaire classique, dite normative et mentaliste, était en réalité la transmission de certains cadres de référence (au sens ℝ) rendant intelligible le réel.

L'affirmative est une voix, avec la pronominale et la passive, assimilée à l'assertive (toute phrase qui n'est ni une interrogative ni une exclamative — Robert), mais qui peut être affirmative ou négative. 

L'interrogative, qui s'oppose à l'affirmative :  interrogative directe (ex. Tu viens ?); indirecte (ex. Je demandais s'il venait) —(Robert)

La déclarative qui énonce un jugement (ex. les verbes :  affirmer, annoncer, déclarer, juger).

La dubitative, exprimant le doute, comme son étymologie le suggère, prise en charge par le mode verbal subjonctif.

L'ergatif est un cas où le sujet d'une action s'exerce sur un objet (Sujet-Verbe-Objet), typique des verbes « transitifs ».

L'impérative ou jussive qui exprime un ordre (mode verbal).

L'indicative ou constative qui se borne à décrire (représente un procès comme simplement énoncé) et qui s'oppose au performatif (l'énonciation constitue l'action qui l'exprime :  je promets)

L'optative qui exprime le souhait/le désir et qui constitue un mode en grec, prise en charge par le mode subjonctif.

La subjonctive qui exprime le doute et l'incertitude, et comme mode verbal la volonté, aussi désigné comme mode potentiel, ou le potentiel, qui exprime ce qui est possible, ce qui peut arriver sous certaines conditions (ex. s'il me payait, je m'en irais) — (Robert).

Le futur éventuel ou contingent, aussi nommé subjonctif hypothétique :  dans le système verbal, exprimé par le conditionnel (Robert) ;  l'hypothétique comme tel en logique s'oppose au catégorique (assertion sans condition).

L'intensif qui exprime des degrés d'intensité, ne pouvant ni se mesurer par un nombre, ni se représenter par une étendue (cf. Robert). On notera aussi que Grevisse fait état d'une catégorie « affective ».

Ces catégories se recoupent et peuvent s'illustrer souvent par les mêmes phrases, ce qui rend la démonstration difficile, même s'il faut bien admettre qu'un même objet puisse être envisagé de divers point de vue.  L'utilité de regroupement pour la sémantique est relative, sinon franchement douteuse.  Il est entendu qu'un sujet interprétant doit être en mesure de distinguer une question d'un ordre, un souhait d'un doute, une hypothèse d'une affirmation.  Toutefois, en français, ces catégories sont généralement lexicalisées ou se reconnaissent à des marques externes, indépendantes du sens :  ordre des mots spécifique, accentuation, durée du matériau sonore, intonation, signes graphiques.

 ⇨  Le Dictionnaire Quillet de 1948 présente un tableau des interjections rangées selon « leur sens ».  Il y a là recensés vingt sens, de l'acceptation à la supplication, en passant par l'étonnement et l'indignation.  J'y reviendrai si je reprends le collier.

On peut éventuellement envisager une intégration au module (seule représentation de la syntaxe dans la règle).  Ces catégories ne pourront cependant entrer dans une application que si elles sont pertinentes et contribuent au sens.

[S[V]O]

π il écrit une lettre (Dubois et al.)

␞ ‽ lettre ⊢ {missive} ∁ [il[écrit]⊥objet résultatif]


Liste des conditions modulaires complémentaires potentielles

duratif = imperfectif
ponctuel
inchoatif = devenir
résultatif (+ objet résultatif) [état]
accompli = procès terminé = perfectif = terme d'une action
non-accompli = inaccompli = action en cours
général
particulier
comitatif = accompagnement
instrumental
agentif = agent
locatif = où

Les questions que l'on se posera seront toujours : 
1) en quoi cette conceptualisation permet-elle d'arriver au sens ? 
2) la condition est-elle discriminante ? 

La formulation potentielle serait :

␞ a ⊢ {d} ∁ ⊥ b ⋀ [instrumental]

␞ a ⊢ {d} ∁ ⊥ b ⋀ [résultatif]

Une objection importante à tout accroissement des conditions tient au fait que si l'on imagine que les opérations sont rapides, elles sont limitées par les empans de mémoire disponibles.  Si les conditions potentielles (sans leur nom technique, sous forme sans doute « indifférenciée ») peuvent être en grand nombre, celles qui sont appliquées en vue d'un sens seront plausiblement en petit nombre.

À la grammaire et la syntaxe transmises par l'école, on peut substituer une syntaxe propre au sens, une sémio-syntaxe ou sémiotaxe.  Il s'agit des rapports structurels des énoncés, en particulier au niveau syntagmatique.  Ils se traduisent par une incidence réciproque.  Chaque terme (position) est tout à tour base et opérateur de l'autre.  Il peut y avoir hiérarchie, soit :

A ⇄ B

A ⇄ [B ⇄ C]

[A ⇄ B] ⇄ C

A ⇄ [B] ⇄ C

[gestion] ⇄ [financière]

[bonne ⇄ [gestion ⇄ financière]]

[[jeune ⇄  élégant] ⇄ prétentieux]

[jeune ⇄ [prétentieux] ⇄ élégant]

La petite brise la glace

1) [La [petite brise]] ⇄ [[la] [glace]] (petite = légère)

2) [La [petite]] ⇄ [brise] ⇄ [la [glace]] (petite ∈ humain)


Fin de l'essai de sémantique
 —  révision achevée le 25-04-12 01:49:30





supra

eul  Les citations de l'Encyclopédie Universelle Larousse (EUL) portent un © Larousse / VUEF 2001