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Symboles & notations avec les équivalences chronologiques & html




Les symboles de la règle dans ses formes principales
lrdtse.png

Symboles récemment ajoutés :  dénotateur = ⇈ et correspondance dénotateur-objet ≘


Signes, symboles & notations
symboledésignationexempleremarquehtml
≀≀affinité≀≀remplacé par ≈ puis abandonné (animisme)≈
alors x, y si x, alors y , rempacé par ⊢ (le signe de l'inférence :  ⊢ {})∴, ∵/ ⊢
analogiecomme⊨
antitrucpoint d'insertion de la forme à sémantiser qui n'est pas répété dans la règle ou le module ⊥
appartenance∈
n'appartient pas∉
asémantiqueabandonné au profit du suivant∅, ⊘
asémantique{‽}indique l'incertitude, c'est-à-dire le blanc sémantique (asémie)‽
assertion apparu tardivement pour la signification en compagnie de la prédication ∋ ⊣
↗, ↘association+ valeur en exposantvaleur méliorative, péjorative, parasitaire↗, ↘
au sens de≍{qualité}signe de l'asymptote≍
au sens de (pas)pas au sens de≭
αaxiologiqueconditionα
boucleau terme d'un parcours générique↹
≺, ≻classeouverte-ferméeremplacés plus récemment ℄[...]≺, ≻ — ℄[...]
comme y modèle de x/x a pour modèle y analogie⊨
comparaisonopération générale implicite⊼
complémentairecontexteremplace l'ancienne / empruntée à la phonologie américaine∁
conjonctiona ∧/⋀ bet — s'emploie entre autres pour coordonner les conditions dans la règle⋀, ∧
congruencemarque l'équivalence≡
contexte étenduremplacé par la condition de non-contiguïté, ∦℄
contiguïtéx ∥ y∥
non-contiguïtéx ∦ y∦
↱, ↰coréférenceaussi ↷ ↶↱, ↰
définitionx ≝ yx « est défini par » y≝
différent deremplace la barre oblique (« n'est pas »)≠
domainebiologie⌂
δ doxologiquecondition (delta minuscule)δ
Δ doxastiqueverbe-opérateurΔ
désigne l'encyclopédie intériorisée␅
énoncéℙ
énoncé connecteurv. interdéfinition≎
espèceA ⇘ BA espèce de B remplace les précédents⇘
étymologiecondition⏼
équivalencea ≡ bcongruence « relative »≡
(il) existe∃
(il) n'existe pas∄
extensionvoir classe
flèche par défautx ⇛ y de x on passe à y : remplacée par ⇨& #8680;
→, ←flèches→ devientx ← y (vient de) | aussi  —> →
flottante (condition)remplacée par ∦devenue contextuelle non contiguë∦
C genre de D C ⇗ D remplace les formes précédentes⇗
Γgnostiqueverbe-opérateurΓ
homéonymequasi synonyme / rare≞
homonymerare∦
=identitétraduitinutilisée en sémantique des opérations
ωidéologieω[_]condition (oméga min.)ω
implicationa ⇒ b ⇒
implication inverse⇐
n'implique pas⇏
inclusiony ⊂ xy est inclus dans x | ne sert pas⊂
inclusion inversex ⊃ yx contient y | ne sert pas⊃
(sens) indirect℟
inférencec ⊢ {s}de c on infère s [c infère s]⊢
interactionB ⇄ Oprend parfois la place de boucle[1]⇄
interactionautre représentation | ne pas confondre avec ⇔ double implication↔
intersectiona ∩ ba inter b ; a intersecte b∩
(non) intersectionabsence de connexité ⋔
interdéfinitionsigne iconique⋈
métonymieHomère ⋉ ses œuvresinterdéfinition partielle | sert peu⋉
barre de Sheffer|grain introduisait un élément de sens ; auj. {s} — on peut donc la rendre à sa désignation d'origine, l'incompatibilité∣
métaphorecf. analogie⊫
métaphrasephrase en explicitant une autre | indique le métalangageℳ
paradigmeparcours de classe(s)⇕
μmumorphologiesignale une condition morphologiqueμ
¬négationnon¬
négationplutôt ˥non⌉
opérateurgrammatical-propositionnel | sert peu≬
opérateurgrammatical | sert peu∇
ωopérateuridéologiqueω
αopérateuraxiologiqueα
δopérateurdoxologiqueδ
σopérateursémantique | délaisséσ
opérateursémiotique∇
ςopérateursigma minréférence remplacé par β (bêta)β
oppositiona ≉ bremplacé par ≢≉, ≢
ou/ou bienaussi ⊻∨, ⊻
paradigmedit « ascenseur »⇕
[...] paradigme [ ]
φ paramètreconstante discursiveφ
φ phiφ
paraphraseplutôt ℘⇔ &8472;
flèchevers le haut⇧
flèchevers le bas⇩
flècheà droite⇨
flècheà gauche | ces flèches n'ont plus de fonction symbolique
partiel fragment d'application de la règle (rare)∂
permutationen conflit avec un signe d'interaction, remplacée par la substitution réciproque ↺ ↻ ⇆
°Cphatiquen'a pas d'emploi dans la théorie des opérations sémantiques℃
πphrase-exempleπ les grelots du carnavaltirée du dictionnaire π
possiblemodalité | n'a pas d'emploi◊
pour tout/qqsuniverselle, « quel que soit »∀
la plupartquanteur général℧
prédicatx ∋ y x prédique y∋
ne prédique pasx = Sujet, y = Prédicat∌
pronom objetsans avenir◈
pronom sujetsans avenir◇
propositioncf. ℙ énoncéℚ
quanteur asymptotela plupart℧
référenceℝ
référence niée℟[refrain]condition d'indirection du sens℟
rsintroduit la règle␞
introduit règleremplacée par Θ 
introduit ex/travincomplète, remplacée par Θ 
relationparfois Rℛ
sélectionopération générale implicite ;  parcours-comparaison-sélection⊽
sémantisationx ↷ yx sémantise y↷
sens opératoire{x}␎bloque la référence | sert peu
significationπ  « des vérités stables »Σ ∑
signification ∞
␏[rue]sitsituation — VAR  sitrécit& #9231
subordonnéperquisition ⇘ recherchepeut-être plus lisible que les flèches-crochets⇘
superordonnémarchandises ⇗ pacotilleidem⇗
substitutionx ↺ yx se substitue à y↺
synecdoqueprintemps⋊années⋊
parasynonymieéquivalence modulée
truc⊤
unionrare v. énoncé connecteur⋃
valeursens opératoire␎
vérité⋏
vérification√


Navré pour les inconvénients et les incohérences.  Certaines notations appartiennent à des époques spécifiques et à des ouvrages déterminés, comme le Traité de sémantique (devenu l'Essai) et ses versions antérieures.  Classés par ordre alphabétique de la notion/opération/relation représentée.






Les « Notions incontournables » sont intégrées à AZ





Les nouveaux emplois de « sur » en français moderne




l'évolution du sémantisme de la préposition
et son incidence sur le sens des verbes cooccurrents





Communication présentée devant la section linguistique du 48e Congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS), 14-16 mai 1980, Université Laval (Québec).





Hypothèse


Mon hypothèse de travail est issue d'une expérience personnelle et a d'abord reposé essentiellement sur ce qu'il est convenu d'appeler le sentiment linguistique.  Séjournant en France pour la préparation de ma thèse de doctorat de 3e cycle, il m'a été donné d'entendre non seulement neiger sur, mais aussi geler sur :  « Il gèle sur Paris. »

On pourrait penser qu'il s'agit d'un mouvement sémantique propre au sociolecte parisien, mais la consultation d'un recueil d'emplois nouveaux et de néologismes comme celui de Gilbert (1971) a confirmé la pertinence de la recherche.  Le mouvement qui affecte sur intéresse le français standard.

Retenons donc a priori que, de par son insertion dans certains contextes, par exemple sa cooccurrence avec un nom de ville, Paris, sur acquiert des valeurs nouvelles, c'est-à-dire non répertoriées dans les témoins habituels de l'usage.

Un premier dépouillement réunissait d'abord quelque deux cents énoncés.  Les tris successifs ont permis de réduire ce nombre à quelque cinquante énoncés, en écartant les anomalies flagrantes, faits de style ou autres.  Je vous livre ici les premiers résultats d'une recherche qui pourrait éventuellement s'étendre à d'autres prépositions qui manifestent les mêmes velléités (pour pourrait être envisagé).

Historique

Un bref rappel s'impose quant aux rapports que marque habituellement sur en français.  Brunot & Bruneau (1949) signalent qu'en ancien français, sur marque le lieu et le temps et plus exactement la position supérieure, dont découlent les emplois figurés, par analogie.  Selon eux, ce sont surtout les verbes qui commandent les prépositions qui vont ainsi étendre leur signification, qu'ils assimilent à un progrès dans l'abstraction — les prépositions tendent à devenir des mots vides.  Or, on notera que sur appartient aux relations casuelles considérées comme concrètes (locatif).  D'un point de vue sémantique, le vide est inquiétant, si l'on admet qu'il n'y a pas à proprement parler d'asémantisme et que l'interprétation peut passer pour un exercice d'ingéniosité ou d'imagination.

Bally (1909, 1932) est plus secourable :  en effet, une préposition régie par un verbe, nous dit-il, reproduit souvent l'idée verbale :  « passer à travers », « tourner autour », « entrer dans ».  On dispose là d'un fait utile.  Bally note encore qu'un même verbe prend des sens différents selon que son complément d'objet est précédé ou non d'une préposition ou d'une certaine préposition par opposition à une autre.  Compter offre un bon exemple :  compter (0), compter avec, compter sur.  Dresser également :  dresser qqn ou qch, dresser à, dresser contre.  Notons toutefois que le complément (le régime) seul peut entraîner ce genre de modification :  dresser un mât, un bilan, la table, un chien, une personne, l'oreille...  Il ne s'agit donc pas d'une prérogative de la préposition, mais de la syntagmation (cf.  Benveniste 1966).

Pour Dessaintes (1971), le choix de la préposition se fait en fonction du sens des termes entre lesquels s'établit un rapport déterminé :  inscrire∼la porte.  Cette subordination sémantique peut entraîner une dérivation ou une figuration dans les unités syntagmatiques appelées locutions ou expressions figurées.  La préposition, dans un tel cas, ne fait que marquer un rapport plutôt qu'elle n'exprime un sens.

Guiraud (1963) constate aussi un « allégement du contenu sémantique », et s'en félicite, puisque pour lui cet allégement conduit à un meilleur fonctionnement syntaxique.  Unité de surface de description ardue, selon Culioli (1968), la préposition marque certaines relations d'un schéma syntaxique, entre un verbe et un complément, un adjectif et un verbe, une proposition et un complément.  Le comportement de la préposition s'observe mieux, semble-t-il, entre le verbe et le complément, plus particulièrement si elle est censée emprunter ses traits lexicaux, si elle en a, au syntagme régi, ce qui pourrait expliquer sa polysémie, c'est-à-dire son vide apparent.


Démarche


Sur le document distribué (voir annexe), je présente d'une part la liste des relations qu'indique Grevisse pour toutes les prépositions (on se reportera également à l'essai de Spang-Hanssen 1963) et de l'autre un regroupement des relations marquées par sur qui s'inspire des dictionnaires courants :  Bordas, Petit Robert, Lexis, L3 (Larousse), listes que l'on peut comparer avec intérêt.

Si sur est censé marquer une relation on peut supposer que les termes entre lesquels cette préposition la marque peuvent être reliés de cette façon, c'est-à-dire qu'ils présentent une compatibilité sémantique, que l'on peut représenter comme la présence du sème relationnel dans la description sémique (ou le sémiogramme) de chacun des termes.

Ainsi la compatibilité sémique du syntagme tourner sur la droite tient à la redondance du sème direction dans tourner et droite.   Si droite ne fait pas problème, il faut admettre une paraphrase du genre de donner/prendre une direction.

Les deux grandes tendances que l'on peut discerner dans l'évolution de sur peuvent être identifiées au moyen des catégories abstrait/concret.  Cette dernière est liée à la prolifération de l'expression technique dans le vocabulaire général (relation d'action, de contact, de surface), tandis que la langue médiatique va privilégier un rapport indifférencié, du type que l'on trouve dans les dictionnaires pour les épithètes très générales :  relatif à, qui concerne; ex.  Référendaire, « qui concerne un (le) référendum ».  La préposition sur évolue donc vers les valeurs généralement assignées ou assignables aux prépositions « relationnelles » à et de :  dites valeurs indifférenciées de rapport.

Ainsi on a d'une part « une interaction de la théorie et de la pratique », mais on va trouver d'autre part « deux ateliers peuvent avoir une interaction organisationnelle l'un sur l'autre », où la conjonction cède la place à la préposition.  Ni le rapport d'accumulation ni celui de répétition ne suffisent à expliquer le phénomène où l'on voit sur prendre la valeur de entre, avec, dans un modèle morphologique lié à « l'action s'exerce sur », et à « agir sur ».

Gilbert répertorie d'ailleurs le verbe correspondant :  « les causes interagissent les unes sur les autres », auquel il assigne le sens d'influence réciproque.  C'est donc la sous-relation influence d'une relation cause plus générale qui prend de l'ampleur.  La catégorie moyen s'élargit pour englober instrument, tant dans la langue des mass media que dans la langue technique (celle-ci est d'ailleurs bien représentée dans la première).  L'ordinateur comme régime va polariser sur :  sortie sur imprimante, contrôle simultané sur écran.  Il n'y a qu'un pas de la conception assistée par ordinateur à la conception sur ordinateur.

Les voyages aériens attirent également sur :  on voyage, on réserve sur British Airways, sur Air Canada; on voyage sur un Boeing 747, etc.  Il en va de même pour l'aéroport, où le sème surface va commander sur, même dans un énoncé où le moyen de locomotion n'est pas l'avion.  « Avec cette voiture, en une heure, nous pouvons être sur l'aérodrome de X. »  Sur sélectionne alors le sens d'arriver.

La langue des media se caractérise par des compléments abstraits :  sujet, question, opinion, problème, qui polarisent sur.  La préposition prendra alors le sens de « à propos de », et manifestera un allégement syntaxique.  Mais on notera aussi l'élargissement de la catégorie moyen (garantie, appui).  Peut-être peut-on même avancer que l'instrumental va former une « nouvelle » catégorie propre :  le sémantisme de ce nouveau sur n'est pas encore stabilisé, dont voici un exemple —  Le livre de Sartre s'ouvre sur un récit.

À l'origine il y avait peut-être métaphore :  rideau de théâtre, porte ou fenêtre, à partir du fait qu'un livre s'ouvre.  Néanmoins, la paraphrase sera commencer par, mais l'origine reste anecdotique pour comprendre le sens actuel.  Les dictionnaires attestent un s'ouvrir(0) au sens de « commencer » dans le contexte séance, procès.  Une conférence peut donc s'ouvrir et si le premier sujet abordé est une querelle, on trouvera un énoncé du type :  « La conférence s'est ouverte sur une querelle de structure. »

La catégorie moyen est peut-être en conflit avec la catégorie agent dans cet exemple, ou même avec un résidu de lieu (à tel endroit).  Le sème endroit-lieu tend également à s'occulter dans un synonyme de s'ouvrir :  s'amorcer, qui se paraphrase également par « commencer », et qui suivra donc la même évolution.  Les mêmes contextes vont entraîner la même préposition, mais il y a conflit, puisqu'on trouve un énoncé comme :  « Un acte politique qui s'amorce sur le passé et débouche sur l'avenir. »  Emploi que l'on peut paraphraser par avoir son point de départ dans, où le sème lieu est maintenu avec valeur temporelle.

On peut avancer que dans ce cas précis sur modifie la description sémique d'avenir (on peut comparer à déboucher sur une issue).  Il se produit ce que Greimas (1966) appelle une suspension sémique.  Dans un contexte donné, telle assignation normal est bloquée au profit d'une autre moins courante :  prendre un café et prendre un bain ne se paraphrasent pas de la même façon.  Cette forme de sélection (qu'on en fasse des règles ou des restrictions comme dans la grammaire générative, cf. Ruwet 1968, 1972) s'appelle aussi parfois collocation (Firth 1964).  C'est-à-dire à dire que l'on pose la nécessité d'une compatibilité entre des lexèmes cooccurrents.  Encore là on a pu parler de règles de dépendance ou de redondance.  En fait la redondance sémique ou l'isosémie de Pottier (1974) par où les lexèmes cooccurrents partagent un sème au moins (ainsi prendre en cooccurrence avec café est censé posséder un sème liquide, doit parfois faire l'objet d'une opération.  La paraphrase de prendre, son sens, sera « absorber, consommer ».

L'hypothèse du transfert préalable à la sélection peut être formulé ainsi : si l'on parvient à sémantiser un énoncé de façon satisfaisante (le comprendre ou lui assigner une paraphrase) alors qu'il manifestait une incompatibilité, il faut d'abord avoir procédé à un transfert sémique.  Dans faire baisser la criminalité sur un secteur, on remanie le contenu sémique de façon à transformer secteur(espace)=dans en secteur(surface)=sur.

Transfert et sélection

Le transfert opère une redondance qui assure une cohérence tout au moins provisoire, dans un modèle sémio-cognitif.  L'apparition ou le passage d'un sème nouveau dans un ensemble sémique peut suspendre ou occulter d'autres sèmes, contradictoires ou non affinitaires :  c'est la sélection dans le sémantisme qui, lui, peut se définir comme le sens brut ou potentiel d'un lexème (on peut l'assimiler à la description lexicographique — un ensemble de virtualités).  Les notions de transfert et de sélection réciproque sont empruntées à Weinreich (1969, 1980).

Paraphrase

La sélection assure un sens ou une acception, c'est-à-dire la possibilité de constituer une paraphrase satisfaisante.  La paraphrase n'est autre que la représentation naturelle du sens et doit faire apparaître les sèmes pertinents.  D'un point de vue lexicologique, la paraphrase correspond à la spécialisation d'un lexème dans un emploi (terme technique) ou dans un groupe de lexèmes, locutions ou unités terminologiques. 

Le mouvement sémantique observé dans les prépositions est donc le résultat de transferts denouveaux sèmes qui modifient par suspension ou occultation leur description sémique habituelle.  Si les synonymes de s'ouvrir suivent la tendance décrite plus haut, il est plausible qu'il en aille de même pour les antonymes.  L'apparition de conclure sur et de terminer sur peut très bien s'expliquer par la locution sur une note (gaie, triste, etc.), mais on observe surtout que, comme leurs antonymes, ces deux formes rivalisent avec les formes existantes :  conclure qch par (=lui donner comme conclusion), (se) terminer par (=comporter à la fin/finir d'une certaine façon).

C'est encore la valeur instrumentale qui va dominer, avec un résidu de lieu, peut-être sur le modèle de déboucher sur, mais il est encore possible d'y voir le point de vue se profiler :  opinion, position sur un problème.  La locution prendre position va s'orner d'un sur elle aussi.  On peut dire qu'avec les formes s'amorcer, s'ouvrir, conclure, se terminer, la préposition sur, si elle ne sélectionne pas vraiment une acception nouvelle, réalise cependant une spécialisation d'emploi, liée à la suspension sémique.  La même spécialisation d'ordre syntagmatique peut s'observer dans buter et s'orienter.  Avec buter (heurter), c'est contre qui est détrôné au profit de sur, sans doute d'après sa paraphrase « achopper sur », mais on peut discerner une sélection :  buter sur se rend par « être arrêté par », sans que sur prenne le sème agent ou cause, ou s'il le prend, celui-ci cohabite avec contact.

Avec s'orienter la sélection semble plus nette, comme dans cet exemple :  « Les recherches policières s'orienteront sur la capitale. »  Le sème diriger tend ici à céder la place à concentrer et le sème de destination (cf.  S'orienter vers les mathématiques) est remplacé par celui d'objet, tout en conservant celui de lieu. 

Avec informer, c'est la catégorie matière/sujet qui se développe, catégorie dont on a observé l'apparition avec s'amorcer, s'ouvrir, conclure et terminer.  Normalement, on informe qqn de qch, mais de plus en plus sur entre en concurrence avec de, lorsqu'il s'agit d'informations plus étendues (problème, question, situation).  On peut suggérer que le sens sélectionné ne sera plus mettre au courant, mais quelque chose comme « fournir des renseignements complets ou détaillés », c'est-à-dire rendre compte.

Cristalliser sur, de façon analogue, ne peut plus se paraphraser comme « devenir cohérent en prenant corps », puisqu'apparaissent les sèmes de direction et d'objet, ainsi que concentration et mobilisation.  La sélection sémantique accompagnée de spécialisation est assez nette.  Le sens combine celui de polariser à celui de fixer, et sur dans ce cas élargit la catégorie matière/sujet, pouvant se paraphraser par « à propos de ».

Un verbe analogue, sensibiliser, va également entrer en collocation avec sur, et sensibiliser sur devient le concurrent de sensibiliser à/par.  La sélection sémique, issue de ce transfert, est également assez nette :  il n'est plus possible de paraphraser cet assemblage par « rendre capable de réactions de sensibilité ».  On pourra accepter rendre sensible à condition que sensible signifie « conscient et concerné ».  Le sur qui détermine cette paraphrase enrichit la catégorie sujet avec pour valeur « à propos de ».

Fantasmer est répertorié par Lexis avec le sens de « faire des fantasmes », comme intransitif.  Si les fantasmes prennent un objet, on aura fantasmer sur qch, au lieu du logiue :  fantasmer de.  Bien qu'il soit difficile de discerner une sélection sémique particulière, il est possible de voir le sur comme instrumental, ou encore avec la valeur de « à propos de ».

Conclusion

Toujours est-il que la préposition sur est en train de devenir la préposition à tout faire du français contemporain.  On n'articule plus à ou avec ou encore autour, mais bien sur.  Cette émergence et cette stabilisation s'accompagnent généralement d'une nouvelle acception.  Il est parfois possible de voir ce phénomène comme la montée d'un sème :  embrayer va colloquer avec sur en vertu de sa paraphrase, « enchaîner une chose sur une autre ».  Il en va de même pour repartir et démarrer.  Le régime sera généralement une idée, un sujet de réflexion, de discussion.

Tant que les répertoires ne font pas état d'une acception suffisamment stabilisée, il est difficile de trancher.  Peut-on vraiment affirmer par exemple que s'ouvrir sur gardera le sens de commencer + moyen ?  Ne doit-on pas voir plutôt matière ou sujet ?  Passage qu'on expliquerait par une transition par « rang dans une série » (ordre).

Ces quelques remarques avaient pour objet de montrer les tendances actuelles de sur :  cette préposition tend en effet à remplacer vers, dans, en, pour, de, par, par rapport à, contre, à, avec, au sujet de, ou à emprunter leurs valeurs, ce qui entraîne des modifications dans ses propres catégories.  Le phénomène semble avoir les mêmes conséquences qu'en anglais, c'est-à-dire que l'assemblage verbe+particule entraîne souvent l'apparition d'une nouvelle acception à la suite d'une sélection/spécialisation dans le sémantisme du verbe, après transfert d'un ou de plusieurs sèmes du régime ou de la préposition au verbe.

Cette analogie de comportement ne suppose pas une influence nouvelle de l'anglais sur le français, comme on en observe parfois en syntaxe ou, plus souvent, dans le lexique, mais suggère plutôt l'extension possible de la sélection prônée par Weinreich (1969) dans son étude des expressions idiomatiques, ou de la syntagmation de Benveniste (1966, 1967).  Le modèle syntagmatique tripartite (transfert-sélection-spécialisation) invite ainsi à examiner le rôle de la construction syntaxique dans le passage d'un sens à un autre.






notes

Notes — On pourra rapprocher ce tableau des diverses grilles de cas, apparues au cours de l'histoire de la grammaire et de la linguistique :  locatif, instrumental, génitif (nom à nom), datif (attribution), ablatif (origine, etc.), temps, sujet (nominatif), etc.
Les catégories (notions) sont intuitives et proviennent généralement d'ouvrages normatifs (dictionnaires & grammaires).   Elles n'ont pas fait l'objet de réduction, dont les renvois indiquent la voie à suivre.  Les croix signalent les emplois attestés (énoncés, exemples) et les croix entre parenthèses (x) les associations formelles (en conquérant) et les sens intuitifs (non attestés).

Les vingt principales relations prépositionnelles de Grevisse étaient en italique dans la version originale, qui s'est perdue au cours des années. Une liste tirée de Larive & Fleury (1895) se trouve dans l'aide-mémoire, sur la fiche Préposition.

On pourra rapprocher ces tableaux des diverses grilles de cas, apparues au cours de l'histoire de la grammaire et de la linguistique :  locatif, instrumental, génitif (nom à nom), datif (attribution), ablatif (origine, etc.), temps, sujet (nominatif), etc.


Les prépositions et leurs valeurs


Tableaux

Les tableaux portent sur les sept plus fréquentes prépositions — il y en a plus de soixante-dix compte tenu des locutions prépositives et des autres mots qui en jouent le rôle, voir préposition.

Valeurs des prépositions
Préposition/ValeuràdansdeenparpoursurRenvoi
Aboutissementxbut
Abstraction x
Accèsx
Accès figuréx
Accompagnementx
Accumulationxrépétition
Actionx
Âgexx
Agentxxx
Appositionx
Approximationxx
Approx. Tempsxx
Appartenancexxx
Appuix
Attributionxxx
Augmentatifx
Auteur actionxcause
Basex
Butxx
Caractérisationxxqualification
Causexxxxx
Choixx
Comparaisonxx
Comportementx
Composantsx
Concerné (matière)xxsujet
Notions/ValeursadansdeenparpoursurRenvoi

Valeurs des prépositions
Préposition/NotionàdansdeenparpoursurRenvoi
Concessionx
Conformité(x)xx
Conséquencexxeffet
Contact xsurface
Contenuxx lieu fig.
Convenablexxx
Correspondancex
Costumex
Datexxxxtemps
Degré intermédiairex
Dépensxhiérarchie
Destinationxxbut
DéterminationxModification
Dimensionsxxvolume
Directionxxxbut
Direction regard x
Dispositionxxposition
Disposition moralexx
Distancexx
Distributionxxxxrépartition
Duréexxxx
Échangexremplace
Effet xxconséquence
Éloignementxxdistance
Époquextemps
Notions/ValeursadansdeenparpoursurRenvoi


On se souviendra qu'en dehors de survivances liées à leur origine, le « sens » des prépositions est un phénomène purement syntagmatique, comme le montre le cas des prépositions polysémiques du type à et de. C'est leur contexte verbal immédiat qui assure leur valeur dans un énoncé donné. [Note du 22-X-2007.]

Prépositions/NotionsadansdeenparpoursurRenvoi
Limite tempsx terme
Lieuxx xxx xx
Lieu figuré /récipient xxxcontenu
Localisationxxlieu
Manièrexxxxx
Manière d'êtrex x
Marquex
Matièrexxxxsujet
Météoxétat
Mise en évidencex(x)
Mode de locomotionxxx
Modèlex
Modificationx
Momentxxxtemps
Motifxx
Mouvementx
Moyenxxxxxinstrument
Nombrexxxévaluation
Objet de l'actionxxxxxxverbe-co
Occupationxlieu
Oppositionx
Ordrex rang
Orientation x
Origine xxpoint
Notions/ValeursadansdeenparpoursurRenvoi

Préposition/ValeursàdansdeenparpoursurRenvoi
Participationx(x)appartenance
Partiexxexclusion
Passagexlieu
Poidsxxx
Point d'arrivéexlieu
Point de départxx
Point de départ (Temps)xx
Point de vuex
Positionx x
Possesseurx
Possessionxx
Prix xxxnombre
Proportionx xxxnombre
Provenancexxorigine
Proximité Lieuxlieu
ProximitéTempsxxtemps
Qualificationxdétermination
Qualitéxxxmodification
Quantitéxxxnombre
Rangxordre
Rapport (égard à)x
Rapprochement(x)distance
Réciprocitéxéchange
Référencex
Remplacement(x)x
Répétitionxxnombre
Répartitionx(x)nombre
Notions/ValeursadansdeenparpoursurRenvoi

Prépositions/ValeursadansdeenparpoursurRenvoi
Résultatxxeffet
Rôle(x)(x)
Séparationx exclusion
Simultanéitéx
Situation/ Espacexxxxlieu
Situation/ Tempsxx
Soumissionx
Soutien xbase
Spécialitéx
Successionxrang
Sujet (concerné)xx
Supérioritéx
Surfacex
Tempsxxxxxxx
Temps présentx
Temps (étendue)xx
Tendancexx direction
Terme (Mouvement)xbut
Terme (Temps)xxx
Transformationx
Unionx
Usagexxx
Valeurx
Verbe Complémentxxabstraction
Volume(x)(x)espace
Préposition/ NotionàdansdeenparpoursurRenvoi